mercredi 2 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1912624 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CALVO PARDO |
Vu la procédure suivante :
I/ Par une requête enregistrée le 4 novembre 2019 sous le n°1912050,
M. A B, représenté par Me Calvo Pardo, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet de la Seine Saint-Denis du 15 mai 2019 ajournant à deux ans sa demande d'acquisition de la nationalité française ;
2°) d'annuler la décision implicite du ministre de l'intérieur rejetant son recours hiérarchique et confirmant cette décision préfectorale;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation tant au regard du motif retenu que de son insertion professionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable à l'encontre de la décision préfectorale et elle a perdu son objet à l'encontre de la décision implicite attaquée dès lors que celle-ci a été retirée par une décision expresse du 23 octobre 2019 ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
II/ Par une requête enregistrée le 19 novembre 2022 sous le n°1912624,
M. A B, représenté par Me Calvo Pardo, demande au tribunal :
1°) de prononcer la jonction de l'instance avec sa requête enregistrée sous le
n° 1912050 ;
2°) d'annuler la décision du ministre de l'intérieur du 23 octobre 2019 maintenant la décision d'ajournement prise par le Préfet de la Seine Saint Denis et, par voie de conséquence, annuler la décision d'ajournement de deux ans de la demande d'acquisition de la nationalité française prise par le Préfet de la Seine Saint Denis en date du 15 mai 2019 à son encontre ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à un réexamen de sa demande de naturalisation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation tant au regard du motif retenu que de son insertion professionnelle et de l'intensité de ses liens privés et familiaux en France.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable à l'encontre de la décision préfectorale et elle a perdu son objet à l'encontre de la décision implicite attaquée dès lors que celle-ci a été retirée par une décision expresse du 23 octobre 2019 ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 1er janvier 1972, de nationalité congolaise, a sollicité l'acquisition de la nationalité française. Par une décision du 15 mai 2019, le préfet de la Seine Saint-Denis a décidé d'ajourner cette demande à deux ans. Saisi d'un recours hiérarchique, le ministre de l'intérieur a, par une décision implicite puis par une décision explicite du 23 octobre 2019, dont le requérant demande l'annulation au tribunal, confirmé la décision du préfet.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 1912050 et 1912624 présentées par M. B relatives à une même demande de naturalisation, ont fait l'objet d'une instruction commune et présentent à juger des questions semblables compte tenu de l'argumentation développée. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour qu'il soit statué par un seul jugement.
En ce qui concerne la décision du préfet de la Seine-Saint Denis du 15 mai 2019 et la décision implicite du ministre de l'intérieur :
3. Aux termes de l'article 45 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " Dans les deux mois suivant leur notification, les décisions prises en application des articles 43 et 44 peuvent faire l'objet d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations, à l'exclusion de tout autre recours administratif. / Ce recours () constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. / Le silence gardé par le ministre chargé des naturalisations sur ce recours pendant plus de quatre mois vaut décision de rejet du recours ". Il résulte de ces dispositions que les décisions par lesquelles le ministre en charge des naturalisations statue sur les recours préalables obligatoires se substituent à celles prises par le préfet.
4. Par application des dispositions précitées, la décision implicite du ministre de l'intérieur s'est substituée à la décision du préfet de la Seine Saint-Denis du
15 mai 2019. Toutefois, par une décision explicite du 23 octobre 2019, le ministre de l'intérieur a rejeté le recours hiérarchique présenté par M. B et a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation. Cette décision expresse du ministre s'est substituée à sa précédente décision implicite. Il en résulte que les conclusions de la requête dirigées contre la décision préfectorale du 15 mai 20119 et contre la décision implicite du ministre de l'intérieur doivent être regardées comme exclusivement dirigées contre la décision explicite du 23 octobre 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a ajourné à deux ans la demande de naturalisation de M. B.
En ce qui concerne la décision explicite du ministre de l'intérieur du 23 octobre 2019:
5. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 visé ci-dessus : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte les renseignements défavorables recueillis sur son comportement.
6. Pour ajourner à deux ans la demande de naturalisation de M. B, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur le motif qu'il avait fait l'objet d'une procédure
n° 2014-010304 pour détention et usage de faux documents administratifs le 8 août 2013 à Bobigny qui a donné lieu à un rappel à la loi le 24 septembre 2014 par le tribunal de grande instance de Bobigny.
7. En l'espèce, il est constant que le requérant a été mis en cause, en qualité d'auteur dans le cadre d'une procédure pour détention et usage de faux document administratif le 8 août 2013 qui a donné lieu à un classement sans suite après rappel à la loi. La circonstance tirée de ce qu'une infraction n'a pas donné lieu à des poursuites pénales ne fait pas obstacle à sa prise en considération et alors même qu'un rappel à la loi est une mesure alternative aux poursuites qui n'est susceptible d'être proposée qu'en cas de reconnaissance, par la personne mise en cause, de la matérialité des faits qui lui sont reprochés. Au demeurant, M. B ne conteste pas la matérialité des faits en cause mais explique dans ses écritures qu'étant en situation irrégulière sur le territoire français, il a utilisé un faux titre de séjour afin de travailler. Ces faits n'étant pas dénués de gravité et n'étant pas exagérément anciens à la date de la décision attaquée, le ministre de l'intérieur a pu, eu égard au large pouvoir dont il dispose pour apprécier l'opportunité d'accorder ou non la nationalité française à l'étranger qui la sollicite, ajourner à deux ans la demande de naturalisation de M. B sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation.
8. Les autres circonstances soulevées par le requérant sont incidence sur la légalité de la décision attaquée eu égard au motif qui la fonde.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. B doivent être rejetées en toutes leurs conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 1912050 et n°1912624 de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Marowski, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2022.
Le rapporteur,
Y. C
La présidente,
C. LOIRATLa greffière,
S. LEGEAY
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N° 1912050;1912624
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026