jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1913084 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 novembre 2019, M. D A C, représenté par Me Rodriguez Devesas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 octobre 2018 par laquelle la directrice territoriale de Nantes de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a suspendu ses droits aux conditions matérielles d'accueil offertes aux demandeurs d'asile ;
2°) d'enjoindre à titre principal à l'OFII de procéder au calcul de l'allocation aux demandeurs d'asile depuis sa demande d'asile dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de le condamner à lui verser le montant correspondant dans un délai de deux mois, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de ses droits aux conditions matérielles d'accueil dans un délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- le signataire de la décision attaquée n'est pas identifié en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il a respecté les obligations posées par son assignation à résidence.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 juillet 2022, l'Office français de l'immigration de l'intégration conclut au rejet des conclusions à fin d'annulation et à ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction.
Il fait valoir que :
- les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- M. A C s'étant vu reconnaître la qualité de réfugié le 16 décembre 2019, il ne peut plus prétendre au bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Par une décision du 20 novembre 2019, M. A C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant soudanais né le 25 janvier 1987, est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, le 20 octobre 2016 afin d'y solliciter l'asile. Le 21 novembre 2016, il a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Par deux arrêtés du 16 juin 2017, le préfet du Var a décidé de remettre M. A C aux autorités italiennes et l'a assigné à résidence. Le recours de ce dernier à l'encontre de ces arrêtés a été rejeté par un jugement n° 1702208 du tribunal administratif de Toulon, confirmé par un arrêt n° 17MA03657 du 13 mars 2018 de la cour administrative d'appel de Marseille. Par un courrier du 30 octobre 2017, l'office a notifié au requérant son intention de suspendre ses droits aux conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'a " pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités et/ou n'a pas répondu aux demandes d'informations " et l'a invité à présenter des observations. Par un courriel du 15 novembre 2017, M. A C a présenté de telles observations en contestant le motif retenu. Par une décision du 16 novembre 2017, l'OFII lui a notifié la suspension de ses conditions matérielles d'accueil au motif qu'il ne s'est pas présenté au rendez-vous auquel la préfecture du Var l'a convoqué pour un renouvellement de " convocation Dublin ". Le 26 septembre 2018, M. A C a présenté une nouvelle demande d'asile, examinée selon la procédure accélérée comme présentée en vue de faire échec à une mesure d'éloignement. Le même jour, il a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'OFII, qui lui a notifié concomitamment l'intention de suspendre ces dernières pour le même motif que celui énoncé ci-dessus. Par une décision du 17 octobre 2018, la directrice territoriale de Nantes de l'OFII a procédé à cette suspension. M. A C demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ". La décision attaquée comprend la mention dactylographiée " La directrice territoriale Anne B " et une signature manuscrite difficilement lisible précédée de la mention " PO ". L'OFII fait valoir que la décision attaquée a bien été signée par Mme B, dont elle produit la délégation de signature, sans toutefois contester que la mention " PO " signifie " pour ordre " et implique que le signataire de la décision attaquée est distinct de la personne ayant donné l'instruction de signer. Alors que les prénom, nom et qualité de la personne ayant effectivement signé la décision attaquée ne sont pas mentionnés, cette dernière est entachée d'un vice de forme.
3. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que le signataire de la décision attaquée n'est pas identifié. Dans ces conditions, il n'est pas établi que cette décision a été prise par une autorité bénéficiant d'une délégation régulière de signature du directeur général de l'OFII. Par suite, cette décision est entachée d'incompétence
4. Il résulte de ce qui vient d'être dit, sans qu'il soit besoin de se prononcer les autres moyens de la requête, que M. A C est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 744-9, alors applicable, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Pour les personnes qui obtiennent la qualité de réfugié () ou le bénéfice de la protection subsidiaire (), le bénéfice de l'allocation prend fin au terme du mois qui suit celui de la notification de la décision. () ". Il résulte de l'instruction que la décision accordant à M. A C le statut de réfugié lui a été notifiée le 26 décembre 2019.
6. Eu égard aux motifs d'annulation retenus, le présent jugement implique seulement que l'OFII réexamine le droit de M. A C au bénéfice des conditions matérielles d'accueil du 17 octobre 2018 au 31 janvier 2020. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre à l'OFII d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. M. A C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Rodrigues Devesas renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'OFII le versement à cette dernière de la somme de 1 200 euros.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 17 octobre 2018 par laquelle la directrice territoriale de Nantes de l'OFII a suspendu les conditions matérielles d'accueil de M. A C est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'OFII de procéder au réexamen du droit de M. A C au bénéfice des conditions matérielles d'accueil pour la période allant du 17 octobre 2018 au 31 janvier 2020.
Article 3 : L'OFII versera à Me Rodrigues Devesas une somme de 1 200 euros (mille deux cents euros) en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D A C, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Rodrigues Devesas.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mlle Wunderlich, présidente,
Mme Le Lay, première conseillère,
Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
La rapporteure,
H. ELa présidente,
A.-C. WUNDERLICHLa greffière,
L. BILLAUD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026