jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1913218 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BOURGEOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 décembre 2019 et le 26 mai 2020, Mme B D, représentée par Me Bourgeois, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 13 mai 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande de naturalisation, ainsi que la décision du 20 février 2020 portant rejet de son recours gracieux formé contre cette décision ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision du 13 mai 2019 est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- le refus litigieux est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que l'incohérence relevée sur son acte de mariage résulte de l'usurpation d'identité de son ex-mari, dont elle a divorcé en 2011, qui ne lui est pas imputable, et qu'elle justifie de son intégration en France, où elle réside depuis 2006 et où elle exerce une activité professionnelle d'aide-soignante.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par Mme D ne sont pas fondés.
La demande d'admission de Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle a été rejetée par une décision du 16 novembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de Mme Diniz, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante ivoirienne née le 24 décembre 1974, a déposé une demande de naturalisation auprès du sous-préfet de Torcy, qui a transmis sa demande au ministre de l'intérieur. Par une décision du 13 mai 2019, le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande. Mme D a formé un recours gracieux contre cette décision, rejetée par une autre décision du ministre de l'intérieur du 20 février 2020. Par sa requête, Mme D demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision du ministre de l'intérieur 13 mai 2019, qui vise l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 et l'article 47 du code civil, précise que Mme D a produit, lors de la constitution de son dossier, la copie intégrale de son acte de mariage avec M. A A le 2 septembre 2006 en Côte d'Ivoire, alors qu'il apparaissait que ce dernier était décédé le 9 mars 2003, soit 3 ans avant leur union, de sorte que cet acte de mariage est dépourvu de caractère probant, et que sa situation matrimoniale ne peut être établie avec certitude. La décision attaquée comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il résulte de cette motivation que le ministre a procédé à un examen réel et sérieux de la situation de Mme D. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
4. En dernier lieu, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " Hors le cas prévu à l'article 21-14-1, l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : " () / Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation () sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement se fonder sur la circonstance que le postulant a, au soutien de sa demande, présenté des documents d'état civil étranger dépourvus de caractère probant, au sens de l'article 47 du code civil.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'acte de mariage produit par Mme D dans le cadre de sa demande de naturalisation fait état de son mariage le 2 septembre 2006 avec M. A A, pourtant décédé le 9 mars 2003 et que pour ce motif, le procureur de la République du tribunal de grande instance de Nantes a prononcé, le 27 février 2017, le sursis à exploitation de cet acte. Si Mme D soutient qu'elle a été elle-même victime de l'usurpation d'identité de M. A, elle ne produit toutefois aucun élément à l'appui de cette allégation. Dans ces conditions, eu égard au large pouvoir d'appréciation dont il dispose, le ministre de l'intérieur a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, rejeter la demande de naturalisation de la requérante pour les motifs cités au point 2, en dépit des circonstances qu'elle justifie avoir divorcé de son ex-époux en 2011 et qu'elle soit professionnellement intégrée en France.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme D doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions présentées en ce sens par Mme D ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. En vertu des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, le juge ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais de procédure à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par Mme D doivent, dès lors, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Iselin, président,
Mme Le Lay, première conseillère,
Mme Frelaut, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
La rapporteure,
L. C
Le président,
B. ISELINLa greffière,
L. BILLAUD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026