mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1913296 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | ALIX AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par l'effet de la loi n° 2018-607 du 13 juillet 2018 relative à la programmation militaire pour les années 2019 à 2025 et portant diverses dispositions intéressant la défense, le tribunal des pensions militaires d'invalidité de Rennes a transmis au tribunal administratif de Rennes le dossier de l'instance introduite par M. A C.
Par une ordonnance du 3 décembre 2019, le président du tribunal administratif de Rennes a transmis au tribunal administratif de Nantes la requête présentée par M. C.
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 23 avril 2018, le 16 février 2022 et le 20 avril 2022, M. A C, représenté par Me Dubois, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 28 décembre 2017 par laquelle le ministre des armées a refusé de faire droit à la demande de révision de sa pension militaire d'invalidité, au titre de séquelles de méniscopathie interne du genou gauche, d'épanchement articulaire et d'amyotrophie de la cuisse et du mollet ;
2°) de fixer son taux d'invalidité à 30% ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- l'infirmité dont il souffre au genou gauche ne résulte pas d'une maladie, mais d'une blessure entièrement imputable à son accident de service du 6 décembre 1966, au cours duquel son ménisque a été touché, de sorte que le minimum indemnisable de 10% d'invalidité requis pour les blessures est atteint ;
- les séquelles de cet accident ont été notamment constatées sur des radiographies de 2001 et de 2007, ainsi que sur une IRM du 13 mars 2008, dont il ressort un défect osseux à hauteur du plateau tibial, conséquence de l'accident de 1966, et non une méniscopathie ;
- à titre subsidiaire, si la qualification de maladie était toutefois retenue, l'étendue de cette infirmité, déjà été évaluée au taux de 15% le 29 septembre 2008, porté à 25% par une expertise du 21 juillet 2017, justifie qu'il soit retenu un taux d'invalidité de 30%.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 août 2019, le 16 mars 2022 et le 11 mai 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la première demande de pension militaire de M. C pour l'infirmité de " méniscopathie du genou gauche " a fait l'objet, par une décision du 28 juillet 2008, d'une décision de rejet du ministre de la défense, au motif que cette infirmité résultait d'une maladie contractée hors période de guerre et que son taux était inférieur au minimum indemnisable de 30% ; cette décision étant devenue définitive, en l'absence de recours contentieux, le requérant n'est pas recevable à invoquer, à l'occasion d'une nouvelle demande de pension, l'origine traumatique de la même affection ;
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juin 2018.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de M. Jégard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a servi dans l'armée de terre du 26 août 1964 au 21 avril 2001, date de sa radiation des cadres au grade de lieutenant-colonel. Il est titulaire d'une pension militaire d'invalidité, concédée à titre définitif au taux de 15% à compter du 21 avril 2001, par un arrêté du 7 mai 2001, en raison d'une " névralgie cervico-brachiale gauche chez un droitier, déficit moteur portant sur les muscles distaux innervés par le cubital gauche ". Par une demande enregistrée le 1er octobre 2015 par l'administration, le requérant a sollicité la révision de cette pension afin que soit prise en compte une infirmité nouvelle, soit un " blocage " du genou gauche. Par une décision du 28 décembre 2017, le ministre des armées a rejeté sa demande, au motif que l'infirmité évaluée globalement au taux de 25% résulte pour partie de maladie sans lien avec le service, et d'autre part de maladie dont les séquelles entraînent un degré d'invalidité inférieur à 30%. Par sa requête, M. C demande au tribunal d'annuler cette décision, et de fixer son taux d'invalidité à hauteur de 30%.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Ouvrent droit à pension : / 1° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'événements de guerre ou d'accidents éprouvés par le fait ou à l'occasion du service ; / 2° Les infirmités résultant de maladies contractées par le fait ou à l'occasion du service ; / 3° L'aggravation par le fait ou à l'occasion du service d'infirmités étrangères au service ; / 4° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'accidents éprouvés entre le début et la fin d'une mission opérationnelle, y compris les opérations d'expertise ou d'essai, ou d'entraînement ou en escale, sauf faute de la victime détachable du service. ". Aux termes de l'article L. 121-4 de ce code : " Les pensions sont établies d'après le taux d'invalidité résultant de l'application des guides barèmes mentionnés à l'article L. 125-3. Aucune pension n'est concédée en deçà d'un taux d'invalidité de 10 %. ". Aux termes de l'article L. 121-5 du même code : " La pension est concédée : / 1° Au titre des infirmités résultant de blessures, si le taux d'invalidité qu'elles entraînent atteint ou dépasse 10 % ; / 2° Au titre d'infirmités résultant de maladies associées à des infirmités résultant de blessures, si le taux global d'invalidité atteint ou dépasse 30 % ; / 3° Au titre d'infirmités résultant exclusivement de maladie, si le taux d'invalidité qu'elles entraînent atteint ou dépasse : / a) 30 % en cas d'infirmité unique ; / b) 40 % en cas d'infirmités multiples. ".
3. En premier lieu, M. C fait valoir que l'infirmité dont il souffre au genou gauche ne résulte pas d'une maladie, mais d'une blessure imputable à un accident de service dont il a été victime le 6 décembre 1966, au cours duquel son ménisque a été touché. Si le requérant établit avoir, ainsi qu'il l'allègue, heurté ce jour-là son genou au cours d'une chute alors qu'il se trouvait en service, il ne résulte toutefois pas de l'instruction que l'infirmité dont il souffre serait en lien avec cet accident. Au contraire, à la date du 5 avril 1967, il était seulement fait état d'une arthrographie normale du genou gauche avec une absence de lésion méniscale, l'absence de séquelle était confirmée lors d'une visite médicale le 31 décembre 1968, et en 1980, M. C était noté 1 au titre des membres inférieurs dans son profil médical " SIGYCOP ". En outre, alors saisie de cette infirmité, la commission consultative médicale a, dans un avis du 8 juillet 2008, estimé que celle-ci ne résultait pas du traumatisme du requérant au genou gauche en 1966, mais d'une maladie décelée le 1er octobre 1990 au cours d'une séance de sport. Au regard de ces éléments, la production par M. C d'un compte-rendu de radiographie daté du 31 octobre 2007 indiquant un " antécédent traumatique ", et d'une IRM du genou gauche du 13 mars 2008 relevant un " traumatisme en 1967 avec notion d'un petit arrachement osseux " ne permet pas, contrairement à ce que soutient le requérant, de démontrer que l'infirmité litigieuse résulterait d'une blessure imputable à son accident du 6 décembre 1966, et non de la maladie qui lui a été diagnostiquée en 1990. Par suite, l'administration n'a pas commis d'illégalité en qualifiant l'infirmité au genou gauche de M. C de maladie, de sorte que ce moyen doit être écarté, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur.
4. En second lieu, ainsi qu'il a été dit, l'administration a retenu dans la décision contestée un taux d'invalidité de 25% concernant l'infirmité au genou gauche de M. C. Dans son rapport d'expertise du 21 juillet 2016, le médecin généraliste qui a examiné le requérant à la demande de l'administration a relevé une force motrice limitée à la flexion et extension du genou gauche par rapport au côté droit et une douleur à la palpation de la face interne de ce genou, et a conclu à des lésions méniscales et une impotence fonctionnelle plus importantes qu'en 2010, ainsi qu'à une modification des mensurations et une persistance d'épanchement, avant de proposer un taux d'invalidité de 25%. Il ne résulte pas de l'instruction qu'en retenant cette proposition pour fixer à 25% le taux d'invalidité de M. C au titre des séquelles de sa maladie au genou gauche, et non un taux de 30%, l'administration aurait insuffisamment apprécié l'étendue de l'invalidité du requérant. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C, ainsi que celles tendant à ce que son taux d'invalidité soit fixé à 30% doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance la somme que demande le requérant au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au ministre des armées et à Me Dubois.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
La rapporteure,
L. B
Le président,
S. DEGOMMIERLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026