jeudi 12 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1913411 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Président 5 |
| Avocat requérant | SCP ATLANTIQUE AVOCATS ASSOCIES (SAINT-HERBLAIN) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 5 décembre 2019 et 10 juin 2021, Mme G D, représentée par Me Salquain, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 novembre 2019 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique l'a mise en demeure, de réaliser des travaux d'urgence dans les logements et les parties communes de l'immeuble sis 13 rue du Chanoine C à Nantes, dont elle est propriétaire, à peine d'exécution d'office des travaux à ses frais et a mis à sa charge l'hébergement temporaire des occupants du logement ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué procède d'une erreur d'appréciation dès lors que l'immeuble est investi par des occupants sans droit ni titre ;
- les baux obtenus par ces occupants ont été conclus avec sa mère, Mme E D, qui n'avait aucun droit sur cet immeuble dont l'usufruit lui avait été attribué ;
- elle n'a jamais donné à bail des chambres au sein de la maison dans laquelle vivait sa mère qui a fait l'objet d'une mesure de tutelle, en raison de sa santé mentale, avant son décès ; les seuls baux existants, au nom de sa mère, Mme E D, ont été conclus illégalement, à l'instigation de son frère, M. F D ; dans ce contexte, une procédure en référé a été diligentée afin d'expulser ces occupants illégaux et engager la responsabilité de son frère ;
- il ne lui incombe pas de prendre en charge le relogement d'occupant sans droit ni titre.
Vu- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Caro, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions du rapporteur public, M. B.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'une visite de contrôle réalisée le 13 novembre 2019 par deux inspecteurs de salubrité au secteur hygiène du pôle protection des populations Nantes Métropole, le préfet de la Loire-Atlantique, a, par un arrêté du 18 novembre 2019, mis en demeure Mme D, propriétaire de l'immeuble situé 13 rue du Chanoine C à Nantes, de réaliser, dans un délai de quinze jours, les travaux permettant de supprimer le danger imminent représenté par cet immeuble, d'en assurer la mise en sécurité et de mettre en place, à compter de la notification de l'arrêté, un hébergement adapté à la situation des occupants de ce logement. Par la présente requête, Mme D demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 1331-26 du code de la santé publique : " Lorsqu'un immeuble, bâti ou non, vacant ou non, attenant ou non à la voie publique, un groupe d'immeubles, un îlot ou un groupe d'îlots constitue, soit par lui-même, soit par les conditions dans lesquelles il est occupé ou exploité, un danger pour la santé des occupants ou des voisins, le représentant de l'Etat dans le département, saisi d'un rapport motivé du directeur général de l'agence régionale de santé ou, par application du troisième alinéa de l'article L. 1422-1, du directeur du service communal d'hygiène et de santé concluant à l'insalubrité de l'immeuble concerné, invite la commission départementale compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques à donner son avis dans le délai de deux mois : / 1° Sur la réalité et les causes de l'insalubrité ; / 2° Sur les mesures propres à y remédier. / () ". L'article L. 1331-26-1 du même code dispose également que : " Lorsque le rapport prévu par l'article L. 1331-26 fait apparaître un danger imminent pour la santé ou la sécurité des occupants lié à la situation d'insalubrité de l'immeuble, le représentant de l'Etat dans le département met en demeure le propriétaire, ou l'exploitant s'il s'agit de locaux d'hébergement, de prendre les mesures propres à faire cesser ce danger dans un délai qu'il fixe. Il peut prononcer une interdiction temporaire d'habiter. / Dans ce cas, ou si l'exécution des mesures prescrites par cette mise en demeure rend les locaux temporairement inhabitables, les dispositions des articles L. 521-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation sont applicables. / ()".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de la construction et de l'habitation : " Pour l'application du présent chapitre, l'occupant est le titulaire d'un droit réel conférant l'usage, le locataire, le sous-locataire ou l'occupant de bonne foi des locaux à usage d'habitation et de locaux d'hébergement constituant son habitation principale. Le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer le relogement ou l'hébergement des occupants ou de contribuer au coût correspondant dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-1 dans les cas suivants : lorsqu'un immeuble fait l'objet d'une déclaration d'insalubrité, d'une mise en demeure ou d'une injonction prise en application des articles L. 1331-22, L. 1331-23, L. 1331-24, L. 1331-25, L. 1331-26-1 et L. 1331-28 du code de la santé publique, si elle est assortie d'une interdiction d'habiter temporaire ou définitive ou si les travaux nécessaires pour remédier à l'insalubrité rendent temporairement le logement inhabitable. . / ()".
4. Enfin, les dispositions des articles L. 1331-26 et L. 1331-26-1 du code de la santé publique n'ont ni pour objet, ni pour effet de permettre à l'autorité administrative de prescrire la réalisation de travaux par le propriétaire de locaux à la fois inoccupés et libres de location et dont l'état ne constitue pas un danger pour la santé des voisins. Le juge administratif, saisi d'un recours de plein contentieux contre un arrêté d'insalubrité, doit tenir compte de la situation existant à la date à laquelle il se prononce et peut, au besoin, modifier les mesures ordonnées par l'autorité administrative. Lorsqu'il constate que, postérieurement à l'intervention de l'arrêté qui lui est déféré, le bail a été résilié et que les locaux, qui ne menacent pas la santé des voisins, se trouvent désormais à la fois inoccupés et libres de location, il lui appartient d'annuler l'arrêté en tant qu'il ordonne la réalisation de travaux par le propriétaire et de ne le laisser subsister qu'en tant qu'il interdit l'habitation et, le cas échéant, l'utilisation des lieux.
5. A l'appui de sa contestation de l'arrêté, Mme D expose, sans être contredite par le préfet en défense, que des occupants sans droit ni titre se sont installés à son insu et avec la complicité de son frère, dans la maison familiale, où vivait sa mère, laquelle a fait l'objet d'une mesure de tutelle, en raison de la dégénérescence de ses facultés cognitives. Il résulte de l'instruction et notamment des baux produits, que ceux-ci ont été conclus les 22 août 2012 et 23 novembre 2015 au nom de Mme E D, mère de la requérante, laquelle n'était pas propriétaire de l'immeuble litigieux, ni même usufruitière, eu égard aux deux actes de donation successifs en 1991 puis 2001, était âgée de 93 ans en 2015 et a fait l'objet d'un placement sous tutelle par un jugement du juge des tutelles de Nantes du 28 mars 2019. En outre, il résulte également du courrier du 2 décembre 2020 de l'avocat formant un recours gracieux contre l'arrêté du 2 novembre 2020 portant insalubrité à titre remédiable de l'immeuble, versé à l'instance par le préfet, que début septembre 2020, la police nationale a expulsé ces occupants après une bagarre aux couteaux entre marginaux et que l'immeuble a pu être récupéré par Mme D et a été muré. Dans ces conditions, le logement, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'il menace la santé ou la sécurité des voisins, se trouve désormais à la fois inoccupé et libre de location. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique ne pouvait la mettre en demeure d'effectuer des travaux sur le fondement de l'article L. 1331-26-1 du code de la santé publique, ni lui imposer de procéder au relogement de ces occupants.
6. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 18 novembre 2019 du préfet de la Loire-Atlantique doit être annulé.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros à verser à Mme D au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D E C I D E:
Article 1er : L'arrêté du 18 novembre 2019 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a mise en demeure Mme D, de réaliser des travaux d'urgence dans le logement dont elle est propriétaire et a mis à sa charge l'hébergement temporaire des occupants du logement est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à Mme D la somme de 1500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme G D et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Article 4 : Les mots " ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires " sont remplacés par les mots " ministre de la santé et de la prévention " à l'article 3 du dispositif et dans la formule exécutoire.
Copie du présent jugement sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 janvier 2023.
La magistrate désignée,
N. A
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention
en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis
en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°1913411
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026