LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1914135

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1914135

jeudi 2 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1914135
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantREGENT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 décembre 2019 et 26 juin 2020, M. A B, représenté par Me Régent, demande au tribunal ;

1°) d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2019 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a maintenu à son encontre l'obligation de quitter le territoire français édictée le 14 août 2018 ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique à titre principal de lui délivrer un titre de séjour portant mention " vie privée et familiale " et à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ;

3°) de lui enjoindre de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le temps de la fabrication du titre de séjour ou du réexamen de sa demande ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant du refus de titre de séjour :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen au regard de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article L. 313-14 de ce code dès lors qu'il justifie, au regard de son handicap et du soutien quotidien apporté par les membres de sa famille, de motifs exceptionnels alors qu'il ne pourra pas faire l'objet d'un accompagnement identique en Algérie ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de base légale eu égard à l'illégalité de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 avril 2020, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 décembre 2019.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les observations de Me Régent, avocate du requérant.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant algérien né le 18 mars 1979, est entré en France le 16 mai 2013 sous couvert d'un visa de court séjour. Il a bénéficié d'un certificat de résidence en raison de son état de santé du 26 juillet 2016 au 25 juillet 2017. Il a sollicité le renouvellement de son certificat de résidence. Par un arrêté du 14 août 2018 dont la légalité a été confirmée par un jugement n°1810870 du 30 avril 2019 du tribunal administratif de Nantes, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré. Le 14 juin 2019, M. B a sollicité son admission au séjour exceptionnelle sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 27 septembre 2019, le préfet a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré.

Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, la décision attaquée vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 dont elle fait application ainsi que les éléments concernant la situation personnelle de M. B, notamment la circonstance qu'il est célibataire et sans enfant ainsi que les éléments concernant ses attaches personnelles et familiales en France. La circonstance qu'elle renvoie, pour les éléments relatifs à son état de santé notamment, à l'arrêté du 14 août 2018 dont l'intéressé a nécessairement eu connaissance ne suffit pas à la faire regarder comme insuffisamment motivée sur ce point. Dans ces conditions, la décision attaquée comprend les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'article L.313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit qu'une carte de séjour temporaire peut être délivrée à l'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir. Cet article, dès lors qu'il est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, ne s'applique pas aux ressortissants algériens, dont la situation est régie de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Cependant, bien que cet accord ne prévoie pas de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, un préfet peut délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit et il dispose à cette fin d'un pouvoir discrétionnaire pour apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet de la Loire-Atlantique a examiné la possibilité d'une telle régularisation. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B, qui souffre d'une amaurose congénitale de Leber, affection ophtalmologique rare et dégénérescente, le rendant fortement handicapé et dépendant ainsi que l'a reconnu la décision du 25 novembre 2016 de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la Loire-Atlantique ayant fixé son taux d'incapacité entre 80 et 95 %. Il ressort des certificats médicaux et des attestations produits par le requérant qu'il nécessite l'aide de tierces personnes pour certains actes quotidiens comme faire les courses, faire cuire des aliments ou prendre les transports en commun et que cette aide lui est apportée par sa sœur, son cousin et son neveu qui habitent à proximité immédiate de son domicile. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B, qui peut vivre seul, ne pourrait bénéficier des mêmes adaptations qu'en France tels qu'une canne blanche ou un téléphone à synthèse vocale ni d'un accompagnement en Algérie par ses parents et les autres membres de sa fratrie. Si ses parents ont attesté ne pas pouvoir ni l'héberger ni assurer sa prise en charge financière, prenant déjà en charge leur fille handicapée, et si un frère atteste ne pas être en capacité de s'occuper de lui, aucun élément ne permet d'établir que ses deux autres sœurs et son autre frère résidant en Algérie ne pourraient lui apporter l'aide nécessaire dans l'accomplissement des démarches administratives ou de certains actes de la vie quotidienne alors que sa pathologie ne nécessite qu'un suivi médical régulier mais espacé de dix-huit mois. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ne pourrait retrouver en Algérie la vie sociale qu'il mène en France, notamment par la présence des membres de sa famille ou au sein de l'association des séniors maghrébins, lui permettant de rompre l'isolement dû à son handicap. En outre, son engagement dans le protocole d'expérimentation médicale, débuté le 29 mai 2013 auprès du centre hospitalier universitaire de Nantes afin d'identifier les gènes responsables de cette pathologie, n'a duré que trente-six mois et est désormais achevé. Dans ces conditions, M. B, qui vit en France depuis seulement six ans à la date de la décision attaquée et n'a pas déféré à une précédente obligation de quitter le territoire français, ne justifie pas de motifs exceptionnels justifiant une mesure de régularisation. Par suite, le préfet de la Loire-Atlantique n'a commis ni erreur de droit ni erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire usage de son pouvoir de régularisation à titre exceptionnel.

5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que M. B, par la seule aide quotidienne de membres de sa famille et par sa participation en tant que bénévole aux activités de l'association mentionnée ci-dessus, ne justifie pas l'intensité des liens personnels qu'il a tissés en France ni de son isolement en Algérie. Dans ces conditions, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, eu égard à ce qui vient d'être dit, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, que M. B invoque à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.

7. En second lieu, pour les mêmes raisons que celles évoquées aux points 4 et 5, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. B.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 27 septembre 2019. Par suite, sa requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Régent.

Délibéré après l'audience du 19 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Giraud, président,

Mme Le Lay, première conseillère,

Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.

La rapporteure,

H. C

Le président,

T. GIRAUD

La greffière,

C. GENTILS

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions