jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2000162 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | CERF |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 8 janvier 2020, 3 novembre 2020 et 24 décembre 2020, M. B A, représenté par Me Cerf, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 1er juillet 2019 par laquelle le préfet de police a déclaré irrecevable sa demande de naturalisation, la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté le recours formé contre cette décision et la décision du 25 février 2020 par laquelle le ministre y a substitué un rejet de sa demande de naturalisation ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder au réexamen de sa demande de naturalisation dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions préfectorale et ministérielle sont insuffisamment motivées ;
- la décision ministérielle du 25 février 2020 méconnaît l'article 21-16 du code civil dès lors qu'il réside régulièrement avec son épouse depuis 2014 en France, où vivent ses enfants et petits-enfants et où il possède un bien immobilier, que son patrimoine a été en partie financé par des fonds d'origine française puisqu'ils provenaient d'une assurance-vie française et d'une plus-value sur la vente d'un bien immobilier situé en France, qu'il dispose de ressources lui permettant de subvenir à ses besoins issues notamment du versement de sa retraite marocaine, ainsi que le permet la circulation du 12 mai 2000, qu'il a sollicité, en vain jusqu'au 5 octobre 2021, une carte de résident depuis 2017 et que ses séjours au Maroc depuis 2016 s'expliquent par la nécessité de prendre en charge sa mère malade, décédée le 3 mars 2018, ce qui constitue un motif légitime ;
- pour les mêmes raisons, cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés le 7 août 2020 et le 9 novembre 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation doivent être regardées comme dirigées exclusivement contre sa décision du 25 février 2020 ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- si une injonction devait être prononcée, le délai accordé ne pourrait être inférieur à neuf mois.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 1er juillet 2019, le préfet de police a déclaré irrecevable la demande de naturalisation de M. A, ressortissant marocain né le 11 octobre 1943. Le silence gardé par le ministre de l'intérieur sur le recours formé par l'intéressé contre cette décision a fait naître une décision implicite de rejet. Par une décision du 25 février 2020, le ministre a expressément rejeté ce recours et substitué à la décision préfectorale une décision de rejet de la demande de naturalisation du postulant.
2. Aux termes de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " Dans les deux mois suivant leur notification, les décisions prises en application des articles 43 et 44 peuvent faire l'objet d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations, à l'exclusion de tout autre recours administratif. Ce recours, pour lequel le demandeur peut se faire assister ou être représenté par toute personne de son choix, doit exposer les raisons pour lesquelles le réexamen de la demande est sollicité. Il constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. () " Il résulte de ces dispositions que la décision du ministre de l'intérieur du 25 février 2020, qui s'est implicitement mais nécessairement substituée à sa décision implicite, s'est également substituée à la décision préfectorale du 1er juillet 2019. Par suite, les conclusions de la requête à fin d'annulation et les moyens dont elles sont assorties doivent être regardés comme dirigés contre la seule décision ministérielle du 25 février 2020.
3. En premier lieu, la décision attaquée indique que le ministre de l'intérieur a rejeté la demande de naturalisation de M. A au motif que le centre d'intérêt permanent du postulant n'est pas en France mais au Maroc, pays où il séjourne le plus souvent, qu'il ne déclare aucun revenu auprès de l'administration fiscale française, alors que, par ailleurs, il ne réside en France, depuis 2014, que sous couvert d'un titre de séjour temporaire portant la mention " visiteur ". Dans ces conditions, cette décision comprend les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée ayant été prise sur le fondement de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 21-16 du code civil doit être écarté comme inopérant.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Ce délai une fois expiré ou ces conditions réalisées, il appartient à l'intéressé, s'il le juge opportun, de déposer une nouvelle demande ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en considération la durée de présence en France, le niveau et l'origine des ressources du postulant en tant qu'élément de son insertion dans la société française ou encore le fait que le postulant ne justifie pas de la fixation en France du centre de ses intérêts familiaux et matériels.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A disposait à partir de 2014 jusqu'au 5 octobre 2021 d'une carte de séjour portant la mention " visiteur ", tout comme son épouse dont il n'est par ailleurs pas justifié de la présence en France, et a séjourné au Maroc pendant cinq mois en 2016, neuf mois en 2017 et environ sept mois en 2018. S'il soutient que ces séjours ont été rendus nécessaires par la maladie de sa mère, la production de deux ordonnances de médicaments au nom de sa mère datées de janvier et juillet 2017, un bulletin d'hospitalisation de cette dernière du 13 au 21 février 2018 indiquant qu'elle est diabétique et souffre d'hypertension ainsi que son bulletin de décès établi le 3 mars 2018 indiquant qu'elle souffrait d'insuffisances respiratoire et rénale ne permet pas de justifier de la nécessité de la présence de M. A auprès d'elle pendant ces très longues périodes de 2016 à 2018. Dans ces conditions et en dépit de la présence en France des enfants et petits-enfants de M. A et de sa qualité de propriétaire d'un bien immobilier en France, le ministre de l'intérieur n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en rejetant la demande de naturalisation du postulant.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mlle Wunderlich, présidente,
Mme Le Lay, première conseillère,
Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
La rapporteure,
H. CLa présidente,
A.-C. WUNDERLICHLe greffier,
Y. LECLERC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026