vendredi 2 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2000445 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BISALU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 janvier 2020, Mme C B épouse A, représentée par Me Bisalu, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 février 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours contre la décision préfectorale du 30 juillet 2019 ajournant à deux ans sa demande de naturalisation ait été prise par l'autorité compétente ;
- cette décision n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle justifie de son intégration sur le territoire, où elle vit depuis plus de 18 ans, dans la mesure où elle maîtrise la langue française, bénéficie d'une situation professionnelle stable et n'a jamais été l'auteure d'une infraction pénale caractérisée.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 septembre 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dans la mesure où à la date à laquelle elle a été introduite, le 13 janvier 2020, aucune décision implicite portant rejet du recours gracieux reçu le 19 septembre 2019 n'était intervenue ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B épouse A a déposé une demande de naturalisation auprès du préfet de la Seine-Saint-Denis, qui l'a rejetée par une décision du 30 juillet 2019. Mme B épouse A a formé un recours contre cette décision devant le ministre de l'intérieur, qui a confirmé le rejet de sa demande de naturalisation, d'abord par une décision implicite, puis par une décision expresse du 18 février 2020, qui s'y est substituée. Par sa requête, Mme B épouse A doit être regardée comme demandant l'annulation de cette dernière décision.
2. En premier lieu, la décision expresse du ministre de l'intérieur du 18 février 2020 s'est substituée à la décision implicite née du silence gardé sur le recours préalable obligatoire formé par la requérante à l'encontre de la décision du préfet du 30 juillet 2019, pendant une durée de quatre mois à compter de la réception de ce recours, le 19 septembre 2019. Par suite, les moyens de légalité externe, tirés de l'incompétence de l'auteur de la décision implicite ou de l'insuffisance de motivation dont cette décision serait entachée, ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger. ". En outre, aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte les renseignements défavorables recueillis sur le comportement du postulant.
4. Le ministre de l'intérieur a ajourné à deux ans la demande de naturalisation de Mme B épouse A au motif que celle-ci a fait l'objet d'une procédure pour violences volontaires sur une personne chargée de service public, à l'origine d'une interruption temporaire de travail de moins de huit jours, ayant donné lieu à un rappel à la loi le 15 octobre 2014.
5. Il est constant, ainsi qu'il ressort des pièces du dossier, et en particulier du courrier 29 mai 2019 par lequel le procureur de la République a informé le ministre de l'intérieur que Mme B épouse A a fait l'objet d'une procédure qui a été classée sans suite après rappel à la loi le 15 octobre 2014, que celle-ci s'est rendue coupable des faits ainsi retenus à son encontre par la décision attaquée. Compte tenu de la nature de ces faits, encore récents à la date de la décision attaquée, et quand bien même ces faits n'ont pas donné lieu à l'exercice de poursuites pénales, le ministre de l'intérieur, eu égard au large pouvoir d'appréciation dont il dispose quant à l'opportunité d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite, n'a pas commis d'erreur de droit ni d'erreur manifeste d'appréciation en ajournant à deux ans la demande de naturalisation de Mme B épouse A pour le motif susmentionné.
6. En troisième et dernier lieu, si Mme B épouse A entend se prévaloir de son intégration personnelle et professionnelle sur le territoire français, une telle intégration est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, compte tenu du motif sur lequel elle se fonde.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le ministre de l'intérieur, que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B épouse A doivent être rejetées de même que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B épouse A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B épouse A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
Mme Thierry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 décembre 2022.
La rapporteure,
V. D
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026