jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2000517 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEXCAP RENNES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 janvier 2020, M. A B, représenté par Me Rouhaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler le certificat d'urbanisme délivré le 22 juillet 2019 par le maire de la commune d'Essarts-en-Bocage en tant qu'il porte la mention d'un sursis à statuer ainsi que la décision du 13 novembre 2019 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Essarts-en-Bocage la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le certificat d'urbanisme est insuffisamment motivé en méconnaissance de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que le maire n'a pas vérifié si les conditions d'un sursis à statuer étaient remplies à la date de la délivrance du certificat d'urbanisme et s'est cru lié par la simple circonstance qu'un nouveau document d'urbanisme serait approuvé dans le délai du sursis ;
- ce certificat méconnaît l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme dès lors que son projet ne compromet ni ne rend plus onéreuse l'exécution du plan local d'urbanisme intercommunal alors en cours d'approbation compte tenu de sa faible importance et alors qu'il répond à l'objectif d'affirmer le caractère de centralité des bourgs de l'intercommunalité et la concentration des nouvelles constructions à vocation d'habitation uniquement au niveau des entités urbaines principales ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir dès lors qu'en réalité, la commune souhaite faire évoluer les droits à construire sur les parcelles en cause en raison de son échec à trouver un accord avec le propriétaire de la parcelle AD 94 dans le cadre d'une opération d'aménagement foncier.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 juin 2020, la commune d'Essarts-en-Bocage, représentée par Me Tertrais, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la mention du sursis à statuer comprise dans le certificat d'urbanisme attaqué ne fait pas grief à M. B ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Diniz, rapporteure publique,
- et les observations de Me Meunier, substituant Me Rouhaud, représentant M. B, et celles de Me Tertrais, représentant la commune d'Essarts-en-Bocage.
Considérant ce qui suit :
1. Le 23 mai 2019, M. B a sollicité la délivrance d'un certificat d'urbanisme pour la réalisation d'un projet de lotissement sur les parcelles AD 93 et AD 94 situées rue du Colombier à Essarts-en-Bocage. Le 22 juillet 2019, le maire de cette commune lui a délivré un certificat d'urbanisme positif portant mention d'un sursis à statuer. Par un courrier du 18 septembre 2019, M. B a sollicité le retrait de cette mention. Par une décision du 13 novembre 2019, le maire d'Essarts-en-Bocage a rejeté ce recours gracieux. M. B demande l'annulation du certificat d'urbanisme en tant qu'il porte la mention d'un sursis à statuer et de la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " () L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ". Aux termes de l'article L. 410-1 du même code : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : () Le certificat d'urbanisme précise alors expressément laquelle ou lesquelles des circonstances prévues aux deuxième à sixième alinéas de l'article L. 424-1 permettraient d'opposer le sursis à statuer ". Aux termes de l'article L. 424-1 de ce code, dans sa version applicable au litige : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement. () ".
3. Le certificat d'urbanisme du 22 juillet 2019 vise les articles L. 410-1, L. 153-1 et L. 424-1 du code de l'urbanisme et indique la possibilité d'opposer un sursis à statuer à une demande de permis de construire au motif que le projet est de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme intercommunal valant programme local de l'habitat (PLUIh) qui sera approuvé dans le délai du sursis. Le visa de l'article L. 153-1 du code de l'urbanisme constitue une simple erreur matérielle dès lors qu'est expressément citée une partie des dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, le certificat d'urbanisme précise qu'un sursis à statuer est susceptible d'être opposé en application du 2e alinéa de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme qui renvoie expressément à l'article L. 153-11 du même code. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation au regard des exigences posées à l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il résulte de la combinaison des articles L. 153-11, L. 410-1 et L. 424-1 du code de l'urbanisme que tout certificat d'urbanisme délivré sur le fondement de l'article L. 410-1 a pour effet de garantir à son titulaire un droit à voir toute demande d'autorisation ou de déclaration préalable déposée dans le délai indiqué examinée au regard des règles d'urbanisme applicables à la date de la délivrance du certificat. Figure cependant parmi ces règles la possibilité de se voir opposer un sursis à statuer à une déclaration préalable ou à une demande de permis, lorsqu'est remplie, à la date de délivrance du certificat, l'une des conditions énumérées à l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme. Une telle possibilité vise à permettre à l'autorité administrative de ne pas délivrer des autorisations pour des travaux, constructions ou installations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme.
5. M. B ne conteste pas que le PLUIh en cours d'élaboration présentait un état d'avancement suffisant à la date de la délivrance du certificat d'urbanisme litigieux ni que le projet incluait, tant dans son règlement que dans son zonage, le classement en zone agricole des parcelles AD 93 et AD 94 précédemment classées en zone 1 AU. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le maire d'Essarts-en-Bocage se soit cru lié par la circonstance que ce document d'urbanisme était en cours d'élaboration et n'aurait ainsi pas examiné si les conditions tenant à ce que le projet soit de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse son exécution à la date de délivrance du certificat. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
6. En troisième lieu, M. B soutient que le caractère modeste du projet ne compromet pas le parti d'aménagement, retenu par les auteurs du PLUIh, de construire 2 400 logements en dix ans, et répond à leur objectif d'affirmer le caractère de centralité des bourgs de l'intercommunalité et la concentration des nouvelles constructions à vocation d'habitation uniquement au niveau des entités urbaines principales dans la mesure où le projet se situe au cœur du bourg de la commune déléguée de l'Oie. Toutefois, il ne conteste pas que le projet de PLUIh prévoit le classement en zone agricole des parcelles AD 93 et AD94 afin de répondre à l'objectif de mise en valeur et de préservation des terres agricoles. Dans ces conditions, la création d'un lotissement sur ces parcelles compromet, à la date de la délivrance du certificat d'urbanisme attaqué, l'exécution du PLUIh en cours d'élaboration. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme doit être écarté.
7. En quatrième et dernier lieu, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
8. Il résulte de ce qui vient d'être dit que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation du certificat d'urbanisme délivré le 22 juillet 2019 par le maire d'Essarts-en-Bocage en tant qu'il porte la mention d'un sursis à statuer ni de la décision du 13 novembre 2019 par laquelle il a rejeté son recours gracieux. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune, la requête doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune d'Essarts-en-Bocage, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. B la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la commune d'Essarts-en-Bocage au même titre.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 :Les conclusions de la commune d'Essarts-en-Bocage présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune d'Essarts-en-Bocage.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mlle Wunderlich, présidente,
Mme Le Lay, première conseillère,
Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
La rapporteure,
H. CLa présidente,
A.-C. WUNDERLICH
Le greffier,
Y. LECLERC
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026