mardi 25 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2000645 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | REIGNE |
Vu la procédure suivante :
Par l'effet de la loi n° 2018-607 du 13 juillet 2018 relative à la programmation militaire pour les années 2019 à 2025 et portant diverses dispositions intéressant la défense, le tribunal des pensions militaires d'invalidité de Poitiers a transmis au tribunal administratif de Poitiers le dossier de l'instance introduite par M. C A par requête du 16 août 2018.
Par une ordonnance du 6 janvier 2020, le président du tribunal administratif de Poitiers a transmis au tribunal administratif de Nantes la requête présentée par M. A.
Par une requête reçue le 16 août 2018 au greffe du tribunal des pensions militaires d'invalidité de Poitiers, et des mémoires enregistrés les 25 août 2020, 12 février 2021 et 21 septembre 2021, M. C A, représenté par Me Reigné, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 juin 2018 par laquelle le ministre de la défense a rejeté sa demande de pension militaire d'invalidité ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner, avant dire droit, une expertise médicale ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Reigné en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour elle de renoncer à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- c'est à tort que le ministre a considéré que son infirmité, à savoir une lésion sciatique poplité externe droit ayant entraîné un pied droit en varus équin, n'est pas imputable au service ;
- l'aggravation de son infirmité est en lien avec l'activité physique intensive qu'il a dû pratiquer durant son service militaire.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 mars 2019, 25 septembre 2020, 15 juin 2021 et 12 mai 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Jégard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 10 mars 1967, a été incorporé dans le cadre de son service national le 6 août 1991 et rayé des contrôles le 1er juillet 1992. Par une demande enregistrée le 17 mars 2016, il a sollicité une pension militaire d'invalidité pour une séquelle de lésion du sciatique poplité externe droit ayant entraîné un pied droit varus équin et nécessité une arthrodèse sous-astragalienne puis une ostéotomie du calcaneum avec libération de la cheville. Par décision du 25 juin 2018, sa demande a été rejetée au motif que cette pathologie n'était pas imputable au service. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Ouvrent droit à pension : /() / 3° L'aggravation par le fait ou à l'occasion du service d'infirmités étrangères au service ( ) ". Aux termes de l'article L. 121-5 du même code : " La pension est concédée : / 1° Au titre des infirmités résultant de blessures, si le taux d'invalidité qu'elles entraînent atteint ou dépasse 10% ; / 2° Au titre d'infirmités résultant de maladies associées à des infirmités résultant de blessures, si le taux global d'invalidité atteint ou dépasse 30 % ; ". Aux termes de l'article L. 121-7 du même code : " En cas d'aggravation par le fait ou à l'occasion du service d'une infirmité étrangère à celui-ci, seule cette aggravation est prise en considération. / Toutefois, si le pourcentage total de l'infirmité aggravée est égal ou supérieur à 60 %, l'intégralité de l'invalidité est prise en considération. " Pour l'application de ces dispositions, une infirmité doit être regardée comme résultant d'une blessure lorsqu'elle trouve son origine dans une lésion soudaine, consécutive à un fait précis de service. Dans le cas contraire, elle doit être regardée comme résultant d'une maladie.
3. Aux termes, par ailleurs, de l'article L. 121-2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, dans sa version applicable à l'espèce : " Est présumée imputable au service : () / 3° Toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1, L. 461-2 et L. 461-3 du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le militaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ces tableaux / 4° Toute maladie constatée au cours d'une guerre, d'une expédition déclarée campagne de guerre, d'une opération extérieure mentionnée à l'article L. 4123-4 du code de la défense ou pendant la durée légale du service national, à compter du quatre-vingt-dixième jour de service effectif et avant le soixantième jour suivant la date de retour sur le lieu d'affectation habituelle ou la date de renvoi du militaire dans ses foyers. En cas d'interruption de service d'une durée supérieure à quatre-vingt-dix jours, la présomption ne joue qu'à compter du quatre-vingt-dixième jour suivant la reprise du service actif. " Il résulte des dispositions combinées et précitées des articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre que lorsque le demandeur d'une pension ne peut bénéficier de la présomption légale d'imputabilité au service, il incombe à ce dernier d'apporter la preuve d'une relation certaine et déterminante entre une blessure reçue ou une maladie contractée par le fait ou à l'occasion du service. Cette preuve, qui peut être apportée par tous moyens de nature à emporter la conviction des juges, ne saurait résulter de la seule circonstance que l'infirmité soit apparue durant le service, ni d'une hypothèse médicale, ni d'une vraisemblance, ni d'une probabilité, aussi forte soit-elle. Si ces principes n'interdisent pas aux juges de fond, faisant usage de leur pouvoir souverain d'appréciation, de puiser dans l'ensemble des renseignements contenus au dossier une force probante suffisante pour former leur conviction et décider en conséquence que la preuve de l'imputabilité doit être regardée comme établie, c'est à la condition de motiver expressément leur décision sur ce point en mentionnant les éléments qui leur semblent justifier en l'espèce une dérogation à ces principes.
4. Il résulte de l'instruction que M. A souffre, depuis l'enfance, d'une lésion du nerf sciatique à l'origine d'une déformation en pied creux varus à droite. Il soutient que sa pathologie s'est aggravée en lien avec le service, à raison d'une activité physique intensive. Il ressort de la fiche de synthèse médicale que lors de son incorporation, le 7 août 1991, il présentait une déformation en pied creux varus à droite, sans cependant présenter de gêne fonctionnelle. Il a ainsi été déclaré apte au service. Il ressort de son livret médical que, durant son service national, des douleurs à la marche sont apparues en lien avec sa pathologie, et qu'il a été exempté de marche à compter du 5 mars 1992. En outre, le 24 avril 1992, il a subi une intervention chirurgicale consistant en une double arthrodèse sous astragalienne du pied droit. A raison de l'aggravation de sa pathologie durant le service national, M. A a, le 8 juillet 1992, sollicité le bénéfice d'une pension militaire d'invalidité, qui lui a été refusée par décision du 26 janvier 1995 au motif que l'infirmité invoquée entraînait un degré d'invalidité inférieur à 10 %, taux ne pouvant ouvrir droit à une pension. Il ressort des pièces du dossier que postérieurement, à compter de 2011, M. A s'est plaint de nouvelles douleurs au niveau de sa cheville droite, lesquelles ont nécessité des infiltrations, puis, le 22 décembre 2015, une arthropathie de la cheville droite. Si l'expert désigné par le ministre de la défense dans le cadre de l'instruction de sa demande de pension d'invalidité a estimé, dans un rapport du 28 novembre 2017, que le taux d'invalidité de M. A pouvait désormais être évalué à 30 %, il a également conclu qu'il était en lien avec un état antérieur constitué avec un pied en varus équin, mais sans lien avec le service. Il ressort de ces éléments que depuis 1992, la pathologie du pied de M. A s'est aggravée, justifiant que son taux d'invalidité qui était évalué à 10 % en 1992 soit désormais évalué à 30 %. Toutefois, alors que cette aggravation est apparue près de 20 ans après la fin de son service national, M. A ne produit aucun élément, notamment d'ordre médical, de nature à justifier que celle-ci serait en lien avec le service. Dès lors, et sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise médicale, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 25 juin 2018 par laquelle le ministre des armées lui a refusé le bénéfice d'une pension militaire d'invalidité.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Reigné et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2022.
La rapporteure,
C. B
Le président,
S. DEGOMMIERLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026