mardi 13 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2001116 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CARADEUX CONSULTANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 29 janvier 2020, le 5 novembre 2020 et le 16 janvier 2023, M. et Mme C et J A B, M. F H, M. I H et M. E H, représentés par Me Diversay, demandent au tribunal :
1°) d'annuler le certificat d'urbanisme opérationnel du 13 août 2019 par lequel la maire de Couëron a déclaré non-réalisable le détachement d'un lot à bâtir ainsi que la décision du 28 novembre 2019 de rejet de leur recours gracieux formé le 7 février 2020 contre ce certificat d'urbanisme ;
2°) d'enjoindre à la maire de Couëron de leur délivrer un certificat d'urbanisme positif, ou, à défaut, de réexaminer leur demande de certificat d'urbanisme, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Couëron une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le signataire de l'arrêté attaqué ne justifie pas de sa compétence ;
- il méconnaît l'article A. 424-2 du code de l'urbanisme faute de viser les avis recueillis et leur sens ;
- le motif fondant le caractère irréalisable de l'opération projetée tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article B.1.1.1 du PLUM est infondé dès lors que l'impasse desservant le terrain d'assiette est une impasse, comportant une aire de retournement, existante à la date d'approbation du plan local d'urbanisme métropolitain, répondant à la définition donnée par le lexique du règlement de ce plan, de sorte qu'elle déclenche une bande constructible principale ;
- le motif tiré de l'absence de desserte du réseau au réseau d'eau potable et d'assainissement est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 juin 2020 et le 15 novembre 2022, la commune de Couëron, représentée par Me Caradeux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thomas, première conseillère ;
- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public ;
- les observations de Me Gallot, substituant Me Diversay, avocate de M. et Mme A B et de MM. H,
- et les observations de Me Noury, substituant Me Caradeux, avocat de la commune de Couëron.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A B ainsi que MM. H demandent au tribunal d'annuler le certificat d'urbanisme opérationnel du 13 août 2019 par lequel le maire de Couëron a déclaré non-réalisable le détachement d'un lot à bâtir de la parcelle cadastrée section CI n°53, située en zone UMd2 du plan local d'urbanisme métropolitain, ainsi que la décision du 28 novembre 2019 de rejet de leur recours gracieux contre ce certificat d'urbanisme.
2. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté de la maire de la commune de Couëron du 3 juillet 2018, dont les mentions attestent du caractère exécutoire, M. G D, 9ème adjoint à l'aménagement du territoire, à l'urbanisme et à l'agenda 21, signataire de la décision attaquée, a reçu délégation à l'effet notamment de signer toutes les correspondances se rapportant aux autorisations ou refus d'autorisation d'occupation des sols et aux certificats d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. Aux termes de l'article A. 424-1 du code de l'urbanisme : " La décision expresse prise sur une demande de permis de construire, d'aménager ou de démolir ou sur une déclaration préalable prend la forme d'un arrêté. () ". Aux termes de l'article A. 424-2 du même code : " L'arrêté prévu au premier alinéa de l'article A. 424-1 : () d) Vise les avis recueillis en cours d'instruction et leur sens ". Les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de ces dispositions, qui ne sont pas applicables à un certificat d'urbanisme.
4. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour déclarer non-réalisable l'opération projetée de division d'un terrain pour la construction d'une maison d'habitation, la maire s'est fondée sur les motifs tirés de ce que le terrain d'assiette n'est pas desservi par les réseaux d'eau potable et d'assainissement, et de ce que celui-ci se trouve en bande constructible secondaire et ne peut donc servir, en vertu de l'article B.1.1.1 du règlement de la zone UMd2 du plan local d'urbanisme métropolitain, à l'opération de division en vue de construire projetée.
5. Aux termes de l'article B.1.1.1 du règlement de la zone UM du plan local d'urbanisme métropolitain de Nantes Métropole (PLUm), dans le secteur UMd2 : " Les impasses existantes ne déclenchent pas de bande constructible principale sauf pour les impasses existantes à la date d'approbation du PLUm et celles autorisées dans les conditions définies ci-dessus. ". Le lexique du règlement du PLUm définit comme suit une " impasse existante " : " Voie sans issue existante : / - soit de domanialité publique, / - soit de domanialité privée et répondant aux 4 critères cumulatifs suivants : / - desserte de plusieurs constructions disposant d'accès distincts / - ouverture à la circulation du public (véhicules légers et piétons / cycles) / - aménagement pour permettre la circulation des véhicules légers et piétons / - intégration d'une aire de retournement pour les véhicules légers. ". Il ressort des pièces du dossier que la voie desservant le terrain d'assiette du projet est une voie sans issue qui existait à la date d'approbation du PLUm. Toutefois, si les bas-côtés de l'impasse de la Jaunaie sont plus larges, devant l'entrée d'un entrepôt, au niveau de la bifurcation qu'elle comporte avant de s'orienter vers le nord-est, cet aménagement ne saurait constituer pour autant une aire de retournement au sens des dispositions précitées du règlement du PLUm. Dans ces conditions, l'impasse de la Jaunaie ne constitue pas une " impasse existante " à la date d'approbation du PLUm, figurant au lexique de son règlement et ne déclenche par suite pas de bande constructible principale, laquelle est, en conséquence, déclenchée par la rue Henri Gautier et la rue de la Jaunaie, situées à plus de 17 mètres du terrain d'assiette du projet, lequel se situe ainsi en bande constructible secondaire, dans laquelle ne sont pas admises les constructions principales nouvelles. La circonstance qu'une telle aire de retournement puisse être réalisée, comme le soutiennent les requérants, sur le terrain d'assiette du projet, et puisse faire l'objet du permis de construire à venir, alors même que le projet faisant l'objet de la demande du certificat d'urbanisme n'en faisait pas mention, est sans incidence sur cette qualification. Par suite, la maire de Couëron n'a pas entaché sa décision d'un inexacte application des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain en déclarant irréalisable l'opération de division en vue de construire projetée au motif qu'elle se trouvait dans la bande constructible secondaire. Il résulte de l'instruction que la maire de Couëron aurait pris le même certificat d'urbanisme négatif attaqué en se fondant sur ce seul motif.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision attaquée.
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Couëron, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée sur le fondement de cet article par les requérants. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants le versement d'une somme à verser à la commune de Couëron au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A B et de MM. H est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Couëron au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B, désigné représentant unique en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, et à la commune de Couëron.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023.
La rapporteure,
S. THOMAS
Le président,
A. DURUP DE BALEINELa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026