mercredi 12 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2001218 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | NERAUDAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 janvier 2020, M. E B, représenté par Me Neraudau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 décembre 2019 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le rétablissement dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui octroyer les conditions matérielles d'accueil de manière rétroactive à compter de sa demande ;
3°) de condamner l'Office français de l'immigration et de l'intégration à verser à Me Neraudeau une somme de 1 700 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le signataire de la décision attaquée était incompétent pour ce faire ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'a pas reçu les informations prévues à l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'elle n'a pas été précédée de l'entretien personnel de vulnérabilité ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de fait ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit ;
- l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas procédé à l'examen particulier de sa situation ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 mai 2020, l'Office français de l'immigration de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du
12 février 2020.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant guinéen né le 9 octobre 1993, a présenté une demande d'asile enregistrée au guichet unique des demandeurs d'asile le 6 décembre 2017. Le même jour, il a accepté l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Par arrêté du 26 janvier 2018, la préfète de la Loire-Atlantique a décidé de le remettre aux autorités allemandes responsables de sa demande d'asile. M. B a été déclaré en fuite le 24 mai 2018. A l'expiration du délai de transfert, M. B a vu sa demande d'asile placée sous procédure normale le 11 octobre 2019. Par courrier du 17 octobre 2019, il a sollicité, par l'intermédiaire de la ligue des droits de l'homme, le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par sa requête,
M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 12 décembre 2019 par laquelle l'OFII a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par une décision du 1er janvier 2016, publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur n°2016-2 du 15 février 2016, le directeur général de l'OFII a donné à Mme A C, directrice territoriale à Nantes, délégation à l'effet de signer toutes les décisions se rapportant aux mission de l'OFII dans la région Pays de la Loire. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué sera donc écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vice notamment les articles L. 744-1, L. 744-6,
L. 744-9 et D. 744-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que M. B ne justifie pas le non-respect des obligations auxquelles il avait consenti lors de l'acceptation de l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et que l'évaluation de sa situation personnelle et familiale ne fait pas apparaître de facteur particulier de vulnérabilité au sens de l'article L. 744-6. La décision attaquée mentionnant ainsi de manière suffisamment précise et circonstanciée les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté comme manquant en fait.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévues à l'article L. 744-1 est subordonné : 1° A l'acceptation par le demandeur de la proposition d'hébergement ou, le cas échéant, de la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 744-2. Ces propositions tiennent compte des besoins, de la situation personnelle et familiale de chaque demandeur au regard de l'évaluation prévue à l'article L. 744-6, des capacités d'hébergement disponibles et de la part des demandeurs d'asile accueillis dans chaque région ; 2° Au respect des exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. / Le demandeur est préalablement informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le fait de refuser ou de quitter le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation mentionnés au 1° du présent article ainsi que le non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile prévues au 2° entraîne de plein droit le refus ou, le cas échéant, le retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. ().
5. Il ressort des pièces du dossier qu'à l'occasion de l'enregistrement de sa demande d'asile le 8 décembre 2017, M. B a reçu, dans une langue qu'il comprend, les informations prévues à l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure ainsi invoqué doit être écarté comme manquant en fait.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. () ".
7. Le requérant ne conteste pas qu'il a bénéficié, à l'occasion du dépôt de sa demande d'asile, d'un entretien durant lequel son niveau de vulnérabilité a été évalué. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que, préalablement à la décision attaquée, la situation de M. B a fait l'objet d'un avis Medzo par le médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Dans ces conditions, ainsi que cela résulte au surplus des termes de la décision attaquée, il ressort des pièces du dossier que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a examiné le degré de vulnérabilité de M. B préalablement à la décision attaquée. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure.
8. En cinquième lieu, il résulte des termes de la décision attaquée que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a procédé à l'examen particulier de la situation de M. B, y compris son degré de vulnérabilité. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de droit ainsi invoqué doit être écarté.
9. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction résultant de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile () ". Si les termes de cet article ont été modifiés par différentes dispositions du I de l'article 13 de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, il résulte du III de l'article 71 de cette loi que ces modifications, compte tenu de leur portée et du lien qui les unit, ne sont entrées en vigueur ensemble qu'à compter du 1er janvier 2019 et ne s'appliquent qu'aux décisions initiales, prises à compter de cette date, relatives au bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées et acceptées après l'enregistrement de la demande d'asile. Les décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018.
10. Il ressort des pièces du dossier que M. B n'a pas renouvelé son attestation de demandeur d'asile entre le 12 juin 2018 et 11 octobre 2019, alors qu'il faisait l'objet d'une décision de transfert aux autorités allemandes prise par la préfète de la Loire-Atlantique le 26 janvier 2018. Si le requérant soutient que ce sont les services préfectoraux qui ont refusé de procéder à ce renouvellement, il n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations alors qu'il a été déclaré en fuite le 24 mai 2018. Par ailleurs, si le requérant fait état d'une agression et d'un traitement médical qu'il aurait dû suivre en conséquence, les éléments qu'il produit datent de l'année 2018. En outre, dans son avis du 10 décembre 2019, le médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a seulement recommandé un hébergement sans caractère d'urgence dans un lieu indifférent sans plus d'observation. Dans ces conditions, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a pu, sans commettre ni erreur de fait, ni erreur de droit ni erreur manifeste d'appréciation, rejeter la demande de M. B pour le motif mentionné ci-dessus.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, Me Neraudau et à l'Office français de l'immigration de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Simon, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2022.
Le rapporteur,
P-E. D
La présidente,
C. LOIRAT
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026