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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2001332

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2001332

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2001332
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSELARL LEXCAP ANGERS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 février 2020, et un mémoire, enregistré le 12 janvier 2023, Mme D B, représentée par Me Amandine Diers, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la décision du 31 juillet 2019 et la décision notifiée le 5 décembre 2019 par lesquelles le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi lui a réclamé le versement de sommes au titre des actions de formation professionnelle continue réalisées au cours de l'année 2013, et de la décharger de la totalité de ces sommes ;

2°) à titre subsidiaire, d'annuler ces décisions en tant que lui est réclamé le versement d'une somme globale égale à 11 779,28 euros et de la décharger de cette somme ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il appartiendra au défendeur de justifier de l'existence, de la régularité et de la publication de la délégation du préfet de la région Pays de la Loire à l'autorité signataire des décisions attaquées ;

- les décisions sont entachées d'erreur de faits, d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur de droit ; elle a déjà réglé les dépenses dont le préfet de la région Pays de la Loire n'a pas admis le rattachement à son activité de formation professionnelle continue de sorte que les décisions attaquées conduisent à ce qu'elle paye une nouvelle fois ces dépenses.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 septembre 2022, le préfet de la région Pays de la Loire demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par Mme B.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période au cours de laquelle l'affaire serait susceptible d'être appelée à l'audience et de la date, fixée au 16 janvier 2023, à partir de laquelle une clôture d'instruction à effet immédiat pourrait intervenir.

La clôture de l'instruction à effet immédiat est intervenue le 6 février 2023.

En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, un moyen d'ordre public, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision du 31 juillet 2019 qui a disparu de l'ordonnancement juridique du fait de la formation du recours administratif contre cette décision, qui présente un caractère obligatoire, a été communiqué aux parties le 9 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;

- le décret n° 2009-1377 du 10 novembre 2009 ;

- le décret n° 2014-1240 du 24 octobre 2014 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 30 mars 2023 à partir de 9h45 :

- le rapport de M. E,

- et les conclusions de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Le 1er mars 2005, Mme D B, travailleuse indépendante, a ouvert, sur le territoire de la commune d'Angers, un institut de beauté spécialisé dans la prothésie ongulaire, exploité sous l'enseigne "Beauté des ongles Institut". Mme B a déposé une demande d'enregistrement en qualité de prestataire de formation au métier de prothésiste ongulaire et, le 14 novembre 2006, l'organisme de formation "Beauté des ongles" a été enregistré. Cet organisme, qu'elle exploite à titre individuel, a fait l'objet, au cours du mois de mars de l'année 2015, d'une procédure de contrôle portant sur l'ensemble des moyens financiers, techniques et pédagogiques utilisés pour les prestations de formation professionnelle continue déclarées par Mme B comme ayant été dispensées au cours de l'année 2013. Cette déclaration procède de la mise en œuvre de l'article L. 6352-11 du code du travail en vertu duquel un organisme de formation enregistré, qui réalise des actions entrant dans le champ de la formation professionnelle continue, adresse, chaque année, à l'autorité administrative, un document retraçant l'emploi des sommes reçues et dressant un bilan pédagogique et financier de leur activité, accompagné du bilan, du compte de résultat et de l'annexe du dernier exercice clos. A l'issue de ce contrôle et après la production d'observations par Mme B, le préfet de la région Pays de la Loire a, par une décision du 31 juillet 2019, mis à sa charge le versement au Trésor public, d'une part, sur le fondement de l'article L. 6362-7-1 du code du travail, d'une somme de 8 110 euros correspondant, selon les termes de cette décision, "aux remboursements non effectués aux cocontractants", d'autre part, sur le fondement des articles L. 6362-5 et L. 6362-7 du même code, d'une somme globale de 5 292,23 euros représentant le montant des dépenses rejetées au motif que leur rattachement à l'activité de formation professionnelle continue n'avait pas été justifié. Conformément à l'article R. 6362-6 du code du travail, Mme B a saisi le préfet de la région Pays de la Loire d'un recours contre cette décision. Par une décision notifiée au moyen d'un courrier daté du 5 décembre 2019, cette autorité a partiellement fait droit à ce recours en ramenant le montant réclamé sur le fondement de l'article L. 6362-7-1 du code du travail à 7 575 euros, et celui dû au titre des articles L. 6362-5 et L. 6362-7 du même code à 4 954,28 euros. Mme B sollicite l'annulation des décisions précitées et demande à être déchargée du paiement de tout ou partie des sommes restant à sa charge.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 31 juillet 2019 :

2. Aux termes de l'article R. 6362-6 du code du travail : " L'intéressé qui entend contester la décision administrative qui lui a été notifiée en application de l'article R. 6362-4, saisit d'une réclamation, préalablement à tout recours contentieux, l'autorité qui a pris la décision. / Le rejet total ou partiel de la réclamation fait l'objet d'une décision motivée notifiée à l'intéressé. ".

3. Il résulte de ces dispositions que le recours administratif qu'elles instituent présente le caractère d'un recours préalable obligatoire à la saisine éventuelle du juge. La formation de ce recours a pour effet de faire disparaître de l'ordonnancement juridique la décision qui en est l'objet, à laquelle se substitue la décision statuant sur ce recours. Dès lors, la décision du préfet de la région Pays de la Loire notifiée par le courrier du 5 décembre 2019 s'est entièrement substituée à celle du 31 juillet 2019 qui avait été notifiée à Mme B en application de l'article R. 6362-4 du code du travail. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de cette dernière décision sont irrecevables et ne peuvent dès lors qu'être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision notifiée par le courrier du 5 décembre 2019 et les conclusions à fin de décharge de la somme dont le versement est réclamé par cette décision :

En ce qui concerne la compétence de l'auteur de la décision litigieuse :

4. La décision attaquée relève de la compétence du préfet de la région Pays de la Loire. Aux termes de l'article 38 du décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements : " Le préfet de région peut donner délégation de signature () : () 4° Pour les matières relevant de leurs attributions, aux chefs ou responsables des services déconcentrés des administrations civiles de l'Etat dans la région. / (). Selon l'article 1er du décret n° 2009-1377 du 10 novembre 2009, alors en vigueur, relatif à l'organisation et aux missions des directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRRECTE) : " Dans chaque région, la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi exerce, sous l'autorité du préfet de région () les missions définies à l'article 2, à l'exception de celles relatives aux actions d'inspection de la législation du travail mentionnées au 1° dudit article ()". L'article 2 de ce même décret prévoit que la DIRECCTE est chargée notamment des " actions de développement des entreprises et de l'emploi, notamment dans les domaines () de la formation professionnelle continue () ".

5. La décision attaquée, prise au nom du préfet de la région Pays de la Loire, a été signée par M. F C, directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi des Pays de la Loire. Par un arrêté du 31 octobre 2018, le préfet de la région Pays de la Loire a donné délégation à M. C à l'effet de signer les décisions relevant des attributions de la DIRRECTE, au nombre desquelles figurent les actions dans le domaine de la formation professionnelle. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'habilitation du signataire de la décision attaquée manque en fait.

En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision prise sur le fondement de l'article L. 6362-7-1 du code du travail :

6. En vertu de l'article L. 6362-7-1 du code du travail : " En cas de contrôle, les remboursements mentionnés aux articles L. 6362-4 et L. 6362-6 interviennent dans le délai fixé à l'intéressé pour faire valoir ses observations. / A défaut, l'intéressé verse au Trésor public, par décision de l'autorité administrative, une somme équivalente aux remboursements non effectués. ". Ces dispositions instituent une sanction qui vise à réprimer le défaut de remboursement des seules sommes versées par les organismes financeurs ou les cocontractants pour financer des actions de formation professionnelle continue n'ayant pas été exécutées.

7. Il est constant que Mme B n'a pas, dans le délai qui lui a été imparti pour présenter ses observations, procédé au remboursement de la somme globale de 7 575 euros aux différents financeurs mentionnés à la page 16 de la décision attaquée de sorte que le préfet de la région Pays de la Loire a mis à sa charge, sur le fondement de l'article L. 6362-7-1 du code du travail, le versement au Trésor public de cette somme.

8. Aux termes de l'article L. 6354-1 du code du travail : " En cas d'inexécution totale ou partielle d'une prestation de formation, l'organisme prestataire rembourse au cocontractant les sommes indûment perçues de ce fait ". Selon l'article L. 6362-4 du même code, dans sa rédaction en vigueur jusqu'au 1er janvier 2015 : " Les employeurs justifient de la réalité des actions de formation qu'ils conduisent lorsqu'elles sont financées par l'Etat, les collectivités territoriales, le fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels, l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 ou les organismes collecteurs des fonds de la formation professionnelle continue. / A défaut, ces actions sont réputées ne pas avoir été exécutées et donnent lieu à remboursement auprès de l'organisme ou de la collectivité qui les a financées. ". L'article L. 6362-6 du même code, dans sa rédaction alors applicable, antérieure à l'entrée en vigueur de la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 : " Les organismes prestataires d'actions de formation entrant dans le champ de la formation professionnelle continue au sens de l'article L. 6313-1 présentent tous documents et pièces établissant la réalité de ces actions. A défaut, celles-ci sont réputées ne pas avoir été exécutées et donnent lieu à remboursement au cocontractant des sommes perçues conformément à l'article L. 6354-1 ", en vertu duquel en cas d'inexécution totale ou partielle d'une prestation de formation, l'organisme prestataire rembourse au cocontractant les sommes indûment perçues de ce fait.

9. Il résulte de l'instruction que le montant global de 7 575 euros dont le versement au Trésor public a été mis à la charge de Mme B par l'article 1er de la décision attaquée correspond aux sommes exposées par les personnes ayant financé des journées de formation au métier de prothésiste ongulaire. Mme B ne conteste pas devoir verser la somme de 750 euros à l'institut "Esthétic center" à Angers. Elle soutient en revanche que la décision attaquée est entachée d'erreur de droit, d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation dès lors qu'elle ordonne le versement de la somme globale restante de 6 825 euros. Elle estime que la réalité des actions de formation financées à hauteur de cette somme est justifiée. Il résulte également de l'instruction que, pour considérer que la réalité de ces actions n'était pas établie, le préfet de la région Pays de la Loire a essentiellement relevé qu'elles avaient été organisées durant les journées d'ouverture de l'institut de beauté exploité par Mme B, soit du mardi au samedi inclus, et dans les locaux de cet institut, alors que, compte tenu du programme de formation prévue, qui incluait en particulier une pratique sur une main artificielle, et des exigences liées à l'accompagnement de la personne suivant cette formation, sa réalisation n'était pas compatible avec la prise en charge de la clientèle de l'institut.

10. Pour contester ce motif, Mme B indique que son institut de beauté est ouvert à la clientèle du mardi au vendredi inclus à partir de 9h00 et jusqu'à 19h00 ainsi que le samedi à partir de 10h00 et jusqu'à 18h00, qu'elle exerce seule son activité au sein de cet institut et que, si le chiffre d'affaires mensuel de cette seule activité ne baissait pas durant les mois au cours desquels elle dispensait des actions de formation, c'est en raison d'une adaptation des horaires durant lesquels elle accueillait sa clientèle. Elle soutient ainsi que, lors de journées de formation, la présence des stagiaires était prévue entre 9h30 et 13h00 puis entre 14h00 et 17h30, de sorte que sa clientèle venait dans les locaux de l'institut entre 9h00 et 9h30, entre 13h00 et 14h00 et après 17h30. Elle ajoute que le chiffre d'affaires moyen réalisé sur une journée d'ouverture correspond à l'accueil de quatre clientes.

11. Il résulte de l'instruction que les actions de formation concernées par le versement de la somme globale de 6 825 euros ont été organisées, en 2013, au sein des locaux de l'institut de beauté de Mme B situé à Angers, du mardi 12 au vendredi 15 février, du mardi 26 février au samedi 2 mars, du mardi 5 au samedi 9 mars, les jeudi 28 et vendredi 29 mars, le mardi 23 avril, du mardi 14 mai au samedi 18 mai, du mardi 28 mai au samedi 1er juin, du mardi 4 juin au samedi 8 juin, les vendredi 26 et samedi 27 juillet, ainsi que les jeudi 3 et vendredi 4 octobre. La simple indication, par Mme B, du chiffre d'affaires moyen réalisé sur une journée d'ouverture de son institut, lequel a été calculé en divisant le chiffre d'affaires réalisé sur l'année 2013 par le nombre de jours d'ouverture à sa clientèle au cours de cette même année, ne permet pas d'établir que, lors de chacune des journées précitées, Mme B a effectivement accueilli sa clientèle sur les créneaux de 9h à 9h30, de 13h à 14h et de 17h30 jusqu'à 18h00 le samedi et jusqu'à 19h00 du mardi au vendredi. Les attestations qu'elle produit, qui ont été rédigées aux mois de décembre de l'année 2022 ou de janvier de l'année 2023, soit près de dix années après l'exercice contrôlé, se bornent à faire état de ce que les personnes les ayant établies ont été des clientes de l'institut, venant parfois en dehors des heures d'ouverture de cet établissement lors de journées d'accueil de stagiaires, mais sans préciser en particulier les dates auxquelles elles s'y sont déplacées. L'argumentation de Mme B, rappelée au point 10, n'est surtout étayée par aucun document attestant de la réalité de prises de rendez-vous sur les créneaux précités. Mme B, qui ne tenait d'ailleurs pas de comptabilité séparée pour ses différentes activités, ne justifie pas davantage, notamment en ne produisant aucune facture, de l'effectivité de prestations qui auraient été réalisées sur ces mêmes créneaux auprès de sa clientèle. La simple circonstance, que pour la formation financée par l'association Fonds de gestion du congé individuel de formation des Pays de la Loire, cette organisme paritaire collecteur agréé au titre du congé individuel de formation, du bilan de compétence, du congé pour validation des acquis de l'expérience et de la formation en dehors du temps de travail, aurait considéré comme établie la réalité de cette formation ne faisait pas obstacle à ce que l'autorité préfectorale usât du pouvoir d'appréciation, qu'elle tient des dispositions précitées du code du travail, pour vérifier si la formation en cause déclarée par Mme B avait bien été dispensée. Dans ces conditions, quand bien même la requérante justifierait, par la production notamment des attestations de présence, de la présence des stagiaires lors des différentes journées de formation dont les dates sont mentionnées ci-dessus, le préfet de la région Pays de la Loire a pu, sans erreur de droit, erreur de fait ou erreur d'appréciation, estimé que la réalité de l'action de formation telle qu'elle devait se déployer au regard du programme indiqué et des exigences d'accompagnement de la stagiaire par la formatrice n'était pas justifiée sur ces mêmes journées.

En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision prise sur le fondement des articles L. 6362-5 et L. 6362-7 du code du travail :

12. Aux termes de l'article L. 6362-5 du code du travail, dans sa version applicable en l'espèce, correspondant à celle en vigueur jusqu'au 1er janvier 2019 : " Les organismes mentionnés à l'article L. 6361-2 sont tenus, à l'égard des agents de contrôle mentionnés à l'article L. 6361-5 : / 1° De présenter les documents et pièces établissant l'origine des produits et des fonds reçus ainsi que la nature et la réalité des dépenses exposées pour l'exercice des activités conduites en matière de formation professionnelle continue ; / 2° De justifier le rattachement et le bien-fondé de ces dépenses à leurs activités ainsi que la conformité de l'utilisation des fonds aux dispositions légales régissant ces activités. / À défaut de remplir ces conditions, les organismes font, pour les dépenses considérées, l'objet de la décision de rejet prévue à l'article L. 6362-10 ". En vertu de cet article, les décisions de rejet de dépenses prises par l'autorité administrative ne peuvent intervenir, après la notification des résultats du contrôle, que si une procédure contradictoire a été respectée. Selon l'article L. 6362-7 du même code, dans sa version applicable en l'espèce, correspondant à celle en vigueur jusqu'au 1er janvier 2019 : " Les organismes prestataires d'actions de formation entrant dans le champ de la formation professionnelle continue au sens de l'article L. 6313-1 versent au Trésor public, solidairement avec leurs dirigeants de fait ou de droit, une somme égale au montant des dépenses ayant fait l'objet d'une décision de rejet en application de l'article L. 6362-10 ". Ce dernier article dispose que les décisions de rejet et de versement prises par l'autorité administrative ne peuvent intervenir, après la notification des résultats du contrôle, que si une procédure contradictoire a été respectée.

13. Il résulte de l'instruction que la somme globale de 4 954,28 euros, mise à la charge de Mme B par l'article 2 de la décision en litige, correspond au montant des dépenses qui ont été déclarées par l'intéressée comme se rattachant à l'exercice de son activité de formatrice au titre de la formation professionnelle continue et qui ont été considérées, par le préfet de la région Pays de la Loire, comme n'étant pas liées à cet exercice. Il résulte également de l'instruction que les dépenses en cause sont celles qui ont été exposées pour les besoins des journées de formation mentionnées au point 11 et que la réalité des actions de formations organisées sur ces journées ayant été à bon droit remises en cause pour les motifs exposés au même point, l'autorité préfectorale n'a pas commis d'erreur de droit, d'erreur de fait ou d'erreur d'appréciation au regard des dispositions citées au point 12 du code du travail. Ces dispositions autorisant cette autorité à mettre à la charge d'une prestataire d'action de formation professionnelle continue le règlement au profit du Trésor public d'une somme correspondant au montant des dépenses engagées par cette prestataire et déclarées par elle, à tort, comme étant liées à cette activité de formatrice, la circonstance, invoquée par Mme B, qu'elle a réglé les charges correspondantes à ces dépenses et qu'elle soit ainsi dans l'obligation de verser une nouvelle fois les sommes en cause est sans incidence sur la légalité de l'article 2 de la décision en litige.

14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation totale ou partielle de la décision du préfet de la région Pays de la Loire mettant à la charge de Mme B la somme globale de 7 575 euros à verser au Trésor public, notifiée par le courrier du 5 décembre 2017 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions tendant à la décharge de tout ou partie de cette somme et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion professionnelle.

Une copie en sera adressée au préfet de la région Pays de la Loire et, pour information, à la directrice régionale des entreprises, de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités des Pays de la Loire.

Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Luc Martin, président,

M. David Labouysse, premier conseiller,

Mme Nathalie Caro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.

Le rapporteur,

D. E

Le président,

L. MARTIN

La greffière,

V. MALINGRE

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion professionnelle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

V. MALINGRE

No 2001332

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