vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2001351 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | ROCHICCIOLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 février 2020, Mme B E, représentée par Me Rochiccioli, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 novembre 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a déclaré sa demande de naturalisation irrecevable ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de lui accorder la naturalisation et à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- la décision est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle est présente sur le territoire depuis plus de dix ans de manière régulière ;
- cette décision est également entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que son séjour est stable, qu'elle a obtenu plusieurs diplômes de l'enseignement supérieur, qu'elle n'a pas d'attaches familiales en Iran et que le centre de ses intérêts matériels se situe en France ;
-elle remplit les conditions posées par les circulaires du 12 mai 2000 et du 16 octobre 2012.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les observations de Me Pollono substituant Me Rochiccioli, avocat de Mme E, et de Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, a présenté une demande de naturalisation auprès du préfet de police de Paris qui a été déclarée irrecevable par une décision du 15 avril 2019. Mme E a formé un recours contre cette décision devant le ministre de l'intérieur. Par une décision du 14 novembre 2019, le ministre de l'intérieur a rejeté son recours contre la décision du préfet de police de Paris du 15 avril 2019 et déclaré sa demande de naturalisation irrecevable. Par la présente requête, Mme E demande l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur du 14 novembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du ministre de l'intérieur du 14 novembre 2019 :
2. En premier lieu, par une décision du 30 août 2018 publiée au Journal officiel de la République française le 2 septembre 2018, la directrice de l'accueil, de l'accompagnement des étrangers et de la nationalité, compétente à cet effet en vertu de l'article 3 du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du gouvernement, a donné délégation à Mme C D, attachée d'administration de l'Etat, à l'effet de signer au nom du ministre de l'intérieur la décision attaquée. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 21-17 du code civil : " () la naturalisation ne peut être accordée qu'à l'étranger justifiant d'une résidence habituelle en France pendant les cinq années qui précèdent le dépôt de la demande ". Aux termes de l'article 21-18 du code civil : " Le stage mentionné à l'article 21-17 est réduit à deux ans : 1° Pour l'étranger qui a accompli avec succès deux années d'études supérieures en vue d'acquérir un diplôme délivré par une université ou un établissement d'enseignement supérieur français ; (). ". Un étranger en situation irrégulière au regard des dispositions relatives au séjour et au travail des étrangers ne peut être regardé comme remplissant la condition de résidence posée par les dispositions précitées.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme E a déposé sa demande de naturalisation le 7 août 2018. Si elle a été mise en possession de plusieurs titres de séjour en qualité d'étudiante depuis l'année 2008, elle ne disposait pas, entre le 1er janvier 2016 et le 19 mai 2017 d'un tel titre en raison du refus du 20 avril 2016 par lequel le préfet de police de Paris a refusé de renouveler ledit titre de séjour. Elle n'a été remise en possession d'un nouveau titre de séjour qu'à compter du 19 mai 2017, à la suite du réexamen de sa situation par la préfecture de police de Paris en exécution de l'arrêt du 19 mai 2017 de la Cour administrative d'appel de Paris annulant la décision du 20 avril 2016.
5. D'une part, si Mme E soutient que l'annulation de l'arrêté du 20 avril 2016 emporte disparition de celui-ci avec effet rétroactif, et qu'elle doit ainsi être regardée comme ayant été en situation régulière de manière ininterrompue durant les cinq années qui ont précédé sa demande de naturalisation en 2018, il ressort des pièces du dossier que l'arrêt de la Cour administrative d'appel de Paris a uniquement enjoint l'administration, en exécution de l'annulation qu'il prononce, au réexamen de la situation de l'intéressée à compter de la lecture de l'arrêt. En outre, l'intéressée ne disposait pas, entre le 31 décembre 2015, date d'expiration de son dernier titre de séjour avant la décision de refus de renouvellement du préfet de police de Paris et l'arrêt de la Cour administrative d'appel, d'aucun titre de séjour. Dans ces conditions, les pièces produites au dossier ne permettent pas d'établir que Mme E a bénéficié de manière ininterrompue d'un droit au séjour durant les cinq années précédant sa demande de naturalisation et plus particulièrement au cours de la période allant du 31 décembre 2015 au 19 mai 2017.
6. D'autre part, dès lors que sa situation n'a été régularisée qu'à compter du 19 mai 2017, l'intéressée ne pouvait justifier, à la date de sa demande de naturalisation d'une résidence habituelle d'une durée de deux années à raison des études supérieures qu'elle réalisait alors.
7. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur a pu, sans erreur de fait ou de droit, déclarer sa demande irrecevable.
8. En troisième lieu, Mme E ne peut utilement invoquer les termes des circulaires ministérielles du 12 mai 2000 et du 16 octobre 2012, qui se bornent à énoncer des orientations générales que le ministre de l'intérieur a pu adresser aux préfets pour les éclairer dans l'examen des demandes d'accès à la nationalité française et ne comporte ainsi aucune interprétation d'une règle de droit positif ou description des procédures administratives au sens de l'article L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration.
9. En quatrième et dernier lieu, eu égard au motif qui la fonde, les circonstances invoquées par Mme E que son séjour en France est stable, qu'elle a obtenu plusieurs diplômes de l'enseignement supérieur, qu'elle n'a pas d'attaches familiales en Iran et que le centre de ses intérêts matériels se situe en France, sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme E doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme E, n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme E la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 25 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
Le rapporteur,
F. A
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026