mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2001422 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 février 2020, M. E B, représenté par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision notifiée le 23 janvier 2020 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui renouveler son attestation de demande d'asile et lui a rappelé l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;
3°) de condamner l'Etat à verser à son conseil une somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de renouvellement de l'attestation de demande d'asile :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en ce qu'elle vise le 7° de l'article L. 743-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, article qui n'existe pas ;
- le signataire de la décision attaquée était incompétent pour ce faire ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 723-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision de rappel de l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est entachée d'erreur de fait ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 743-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 octobre 2020, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il n' y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation ;
- aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
29 janvier 2021.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant éthiopien né le 14 août 1986, est entré irrégulièrement en France le 20 mars 2011, selon ses déclarations. Le 23 mai 2011, il a déposé une demande d'asile, laquelle a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 26 juillet 2011. Par décisions du 20 février 2012 et du 9 octobre 2013, M. B a fait l'objet de mesures d'éloignement prises respectivement par le préfet du Pas-de-Calais et par le préfet de l'Isère. Le 23 avril 2019, il a déposé une nouvelle demande d'asile, laquelle a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 12 juillet 2019. Par arrêté notifié à l'intéressé le
23 janvier 2020, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son attestation de demande d'asile et lui a rappelé l'obligation de quitter le territoire français dont il faisait l'objet.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision portant refus de renouvellement de l'attestation de demande d'asile :
Sur l'exception de non-lieu à statuer invoquée par le préfet de la Loire-Atlantique :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
3. Si le préfet de la Loire-Atlantique fait valoir qu'il a abrogé l'arrêté attaqué par arrêté du 17 juillet 2020, eu égard aux conséquences qu'un refus de renouvellement d'attestation de demande d'asile est susceptible d'avoir sur la situation du requérant, notamment en ce qui concerne le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, la décision attaquée doit être regardée comme ayant produit des effets. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de cette décision ne sont pas devenues sans objet. Il y a donc lieu d'écarter l'exception de non-lieu à statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, la décision attaquée vise, notamment, le 7° de l'article L. 743-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que M. B a fait l'objet de deux mesures d'éloignement encore exécutoires et que sa demande de réexamen de sa demande d'asile doit être regardée comme ayant été introduite en vue de faire échec à une mesure d'éloignement. La décision attaquée mentionnant ainsi de manière suffisamment précise les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
5. En deuxième lieu, la décision attaquée a été signée par Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture de la Loire-Atlantique. Par arrêté du
17 septembre 2019, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet lui a donné délégation à l'effet de signer notamment les décisions relatives aux attestations de demandes d'asile (délivrance, refus de délivrance, refus de renouvellement, retrait). Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 743-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable : " Par dérogation à l'article L. 743-1, sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention relative au statut des réfugiés, signée à Genève le 28 juillet 1951, et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, adoptée à Rome le 4 novembre 1950, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin et l'attestation de demande d'asile peut être refusée, retirée ou son renouvellement refusé lorsque : () 7° L'office a pris une décision de rejet dans les cas prévus au I et au 5° du III de l'article L. 723-2 () ". Aux termes de l'article
L. 723-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'office statue en procédure accélérée lorsque : I. - () 2° Le demandeur a présenté une demande de réexamen qui n'est pas irrecevable () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. B a déposé une première demande d'asile le 26 juillet 2011, laquelle a été rejetée par l'OFPRA le 29 juillet 2011. Le 3 mai 2019, le requérant a déposé une demande de réexamen de sa demande d'asile auprès de l'OFPRA, laquelle a été placée en procédure accélérée. Le requérant, qui soutient avoir déféré aux deux précédentes demandes d'éloignement dont il a fait l'objet et être retourné dans son pays d'origine, n'apporte aucun élément probant au soutien de ses allégations. Dans ces conditions, le préfet a pu, sans commettre ni erreur de droit ni erreur manifeste d'appréciation, refuser à M. B le renouvellement de son attestation de demande d'asile sur le fondement du 7° de l'article
L. 743-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne le rappel par le préfet de la Loire-Atlantique des mesures d'éloignement antérieures prises à l'encontre de M. B :
8. Aux termes de l'article L. 743-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sans préjudice des articles L. 556-1 et L. 571-4, lorsque l'étranger sollicitant l'enregistrement d'une demande d'asile a fait l'objet, préalablement à la présentation de sa demande, d'une mesure d'éloignement prise en application du livre V, celle-ci, qui n'est pas abrogée par la délivrance de l'attestation prévue à l'article L. 741-1, ne peut être mise à exécution tant que l'étranger bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français dans les conditions prévues aux articles L. 743-1 et L. 743-2. () "
9. Le rappel par le préfet de la Loire-Atlantique des mesures d'éloignement antérieures dont fait l'objet M. B n'a pas pour effet de modifier l'ordonnancement juridique et ne présente par suite pas de caractère décisoire. En tout état de cause, d'une part, ainsi qu'il a été dit précédemment, M. B n'établit pas qu'il aurait exécuté les mesures d'éloignement dont il faisait l'objet et que celles-ci auraient perdu leur caractère exécutoire. D'autre part, si les dispositions citées ci-dessus de l'article L. 743-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile font obstacle à l'exécution des mesures d'éloignement prises, antérieurement au dépôt d'une demande d'asile, à l'encontre d'un étranger dont la demande d'asile est en cours d'instruction, elle ne font pas obstacle à ce que celles-ci lui soient rappelées. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur de droit invoqués par M. B ne peuvent, en tout état de cause, qu'être écartés.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à Me Rodrigues Devesas et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Simon, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022
Le rapporteur,
P-E. A
La présidente,
C. LOIRAT
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026