mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2001605 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GALLOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 10 février 2020 et le 16 juillet 2020, M. et Mme D C, représentés par Me Daumont, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 16 décembre 2019 par laquelle le conseil municipal de la commune de La Roche-Blanche a approuvé le plan local d'urbanisme ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Roche-Blanche une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération attaquée méconnaît l'article L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales, faute pour la commune de justifier de l'envoi d'une convocation dans le délai prévu ;
- la délibération méconnaît l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme dès lors que ne figurent pas au dossier soumis à enquête publique les avis du conseil régional, de la chambre des métiers, de la chambre du commerce et de l'industrie et de l'autorité en charge des transports ;
- la délibération méconnaît l'article R. 123-8 du code de l'environnement dès lors que manquent plusieurs avis de personnes publiques associées, que le titre du dossier d'enquête publique faisait référence à la " révision générale du PLU ", alors qu'il s'agit d'une élaboration , qu'il n'est pas fait état de la caducité du plan d'occupation des sols et de l'application du règlement national d'urbanisme et donc de la teneur et des enjeux de la procédure, qu'il n'est pas précisé que les délibérations du 11 avril 2011 et du 26 janvier 2015 ont été annulées, que le résumé non-technique est volumineux, technique et inaccessible car non distinct du rapport de présentation ; que les délibérations des 3 octobre 2016 et 24 septembre 2018 auraient dû figurer au dossier d'enquête publique ;
- la délibération méconnaît l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme dès lors que le plan local d'urbanisme a pour effet de fermer à l'urbanisation l'ensemble du territoire communal à l'exception du périmètre d'une zone d'aménagement concerté ;
- la délibération méconnaît l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme en tant qu'elle est incompatible avec le plan local de l'habitat qui prévoit 55 logements neufs pour la commune de La Roche-Blanche alors que le plan local d'urbanisme en prévoit 84 voire 157 si la zone d'aménagement concerté des Clonières est prise en considération dans son ensemble ;
- la délibération méconnaît l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme en tant qu'elle est incompatible avec le schéma de cohérence territoriale du Pays d'Ancenis, lequel prévoit en l'axe 2 relatif à " la préservation et à la valorisation de l'espace " de son document d'objectifs et d'orientations de privilégier une identification des potentiels de comblement de l'enveloppe urbaine existante plutôt que de réaliser des opérations en extension urbaine ; la commune privilégie une urbanisation en extension qui aboutit sur la zone d'aménagement concerté des Clonières à la consommation de 13,9 ha de terres agricoles et en instituant une zone 2 AUe en extension du bourg côté ouest ;
- la délibération est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle définit une zone 1AUz, une zone 2AUz, une zone 2 AUe sur des terres agricoles cultivées qui auraient dû être préservés de l'étalement et de l'extension urbains ;
- la délibération est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle classe en zone agricole l'intégralité des hameaux, qui sont déjà urbanisés, ne sont pas exploités, ne constituent pas nécessairement le siège d'une exploitation agricole, ne présentent pas nécessairement un intérêt ou un potentiel agronomique, biologique ou économique ; les auteurs du plan auraient dû prévoir un sous-zonage ;
- la zone humide identifiée sur leur parcelle cadastrée section B n°744 est un étang artificiellement créé qui ne présente pas les caractéristiques d'une zone humide ; cette identification repose sur un inventaire datant de 2011.
Par des mémoires enregistrés les 9 avril 2020 et 10 novembre 2020, la commune de La Roche-Blanche, représentée par Me Gallot, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable faute pour les requérants de justifier de leur qualité de propriétaires sur le territoire de la commune ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,
- les observations de Me Daumont, avocate des requérants et de Me Gallot, avocate de la commune de La Roche-Blanche.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 4 mai 2015, le conseil municipal de La Roche-Blanche a prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme de la commune. Par une délibération du 18 mars 2019, le conseil municipal a arrêté le projet de plan local d'urbanisme intercommunal, qui a fait l'objet d'une enquête publique du 17 septembre au 18 octobre 2019. Par une délibération du 16 décembre 2019, la commune de La Roche-Blanche a approuvé le plan local d'urbanisme, qui classe en zone agricole la parcelle cadastrée section B n° 744 dont M. et Mme C sont propriétaires et qui y identifie une zone humide. Les requérants demandent au tribunal d'annuler cette délibération.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de moins de 3 500 habitants, la convocation est adressée trois jours francs au moins avant celui de la réunion. ". Il ressort des pièces du dossier que les conseillers municipaux ont été convoqués à la séance du conseil municipal du 16 décembre 2019 par un courrier électronique du 6 décembre 2019, le projet de plan local d'urbanisme leur ayant été adressé par voie électronique le 9 décembre 2019. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales doit être écarté.
3. Aux termes de l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan arrêté est soumis pour avis : / 1° Aux personnes publiques associées à son élaboration mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 ; (). ". L'article L. 132-7 du même code dispose que : " L'Etat, les régions, les départements, les autorités organisatrices prévues à l'article L. 1231-1 du code des transports, les établissements publics de coopération intercommunale compétents en matière de programme local de l'habitat, les collectivités territoriales ou les établissements publics mentionnés à l'article L. 312-3 du présent code, les établissements publics chargés d'une opération d'intérêt national ainsi que les organismes de gestion des parcs naturels régionaux et des parcs nationaux sont associés à l'élaboration des schémas de cohérence territoriale et des plans locaux d'urbanisme dans les conditions définies aux titres IV et V. / Il en est de même des chambres de commerce et d'industrie territoriales, des chambres de métiers, des chambres d'agriculture et, dans les communes littorales au sens de l'article L. 321-2 du code de l'environnement, des sections régionales de la conchyliculture. Ces organismes assurent les liaisons avec les organisations professionnelles intéressées. / (). "
4. Il ressort de courriers électroniques produits par la commune de La Roche-Blanche, que les personnes publiques visées par ces dispositions, et notamment le conseil régional, la chambre des métiers, et la chambre de commerce et de l'industrie ont été associées à l'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal et ont été invitées à formuler leurs avis sur le projet. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de la délibération attaquée, un service de transports urbains ait été organisé sur la commune. En tout état de cause, la communauté de communes du Pays d'Ancenis, à supposer que la compétence " mobilité " lui ait été transférée, laquelle relevait dans le cas contraire de la commune, a été consultée. Par suite, le moyen tiré de l'absence de consultation de l'ensemble des personnes publiques devant être associées à l'élaboration du plan local d'urbanisme doit être écarté.
5. Aux termes de l'article R. 123-8 du code de l'environnement, dans sa version applicable : " Le dossier soumis à l'enquête publique comprend les pièces et avis exigés par les législations et réglementations applicables au projet, plan ou programme. / Le dossier comprend au moins : / 1° Lorsqu'ils sont requis, l'étude d'impact et son résumé non technique, le rapport sur les incidences environnementales et son résumé non technique, et, le cas échéant, la décision prise après un examen au cas par cas par l'autorité environnementale mentionnée au IV de l'article L. 122-1 ou à l'article L. 122-4, ainsi que l'avis de l'autorité environnementale mentionné au III de l'article L. 122-1 et à l'article L. 122-7 du présent code ou à l'article L. 104-6 du code de l'urbanisme ; / 2° En l'absence d'évaluation environnementale le cas échéant, la décision prise après un d'examen au cas par cas par l'autorité environnementale ne soumettant pas le projet, plan ou programme à évaluation environnementale et, lorsqu'elle est requise, l'étude d'incidence environnementale mentionnée à l'article L. 181-8 et son résumé non technique, une note de présentation précisant les coordonnées du maître d'ouvrage ou de la personne publique responsable du projet, plan ou programme, l'objet de l'enquête, les caractéristiques les plus importantes du projet, plan ou programme et présentant un résumé des principales raisons pour lesquelles, notamment du point de vue de l'environnement, le projet, plan ou programme soumis à enquête a été retenu ; / 3° La mention des textes qui régissent l'enquête publique en cause et l'indication de la façon dont cette enquête s'insère dans la procédure administrative relative au projet, plan ou programme considéré, ainsi que la ou les décisions pouvant être adoptées au terme de l'enquête et les autorités compétentes pour prendre la décision d'autorisation ou d'approbation ; / 4° Lorsqu'ils sont rendus obligatoires par un texte législatif ou réglementaire préalablement à l'ouverture de l'enquête, les avis émis sur le projet plan, ou programme ; / 5° Le bilan de la procédure de débat public organisée dans les conditions définies aux articles L. 121-8 à L. 121-15, de la concertation préalable définie à l'article L. 121-16 ou de toute autre procédure prévue par les textes en vigueur permettant au public de participer effectivement au processus de décision. Il comprend également l'acte prévu à l'article L. 121-13. Lorsque aucun débat public ou lorsque aucune concertation préalable n'a eu lieu, le dossier le mentionne ; (). ".
6. Il ressort des pièces du dossier que les avis des personnes publiques associées ayant émis un avis explicite figurent au dossier d'enquête publique, plusieurs de ces personnes n'ayant pas émis d'avis explicite, de sorte qu'il ne peut pas être fait grief au dossier de ne pas les contenir, le dossier faisant état de l'ensemble des personnes consultées et de ce que les personnes consultées n'ayant pas émis d'avis sont réputées avoir émis un avis favorable. Si le titre du dossier d'enquête publique, " révision générale du PLU " est inapproprié dès lors qu'il s'agit de l'élaboration d'un tel document, cette imprécision sémantique concerne le seul titre du dossier, la délibération du 18 mars 2019 arrêtant le projet de plan et les avis d'enquête publique publiés dans la presse locale faisant état d'une " élaboration ". Par ailleurs, et en tout état de cause, le plan d'occupation des sols n'était pas caduc à la date à laquelle la commune de La Roche-Blanche a décidé d'élaborer un plan local d'urbanisme et les administrés ont été informés de cette caducité, intervenue le 27 mars 2017, dans un bulletin municipal, les requérants n'expliquant pas en tout état de cause en quoi l'information sur cette caducité intervenue en cours d'élaboration du PLU était susceptible d'influer sur le déroulement de l'enquête publique. En outre, le dossier d'enquête publique comprenait la délibération du 11 avril 2011 par laquelle le conseil municipal avait décidé, une première fois, d'élaborer un PLU, avant d'abandonner cette procédure, les motifs de cet abandon étant expliqués dans la délibération du 4 mai 2015 par laquelle le conseil municipal de La Roche-Blanche a prescrit, une seconde fois, l'élaboration du plan local d'urbanisme de la commune. Si les requérants font état d'une délibération du 26 janvier 2015 qui aurait dû figurer au dossier d'enquête publique, ils ne précisent pas le contenu et la portée de cette délibération. Par ailleurs, ni le volume du résumé non-technique, ni son degré de technicité pas davantage que la circonstance qu'il se situe à la fin du rapport de présentation ne méconnaissent les dispositions précitées, lesquelles ne prévoient pas la production de la délibération du conseil municipal sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables, les procès-verbaux des séances du conseil municipal des 3 octobre 2016 et 24 septembre 2018 à l'occasion desquelles avaient été débattues ces orientations figurant au demeurant au dossier. Il suit de là que le moyen tiré de l'incomplétude du dossier d'enquête publique doit être écarté.
7. Aux termes de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : / 1° L'équilibre entre : / a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; / b) Le renouvellement urbain, le développement urbain et rural maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux, la lutte contre l'étalement urbain ; / c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; () 3° La diversité des fonctions urbaines et rurales et la mixité sociale dans l'habitat, en prévoyant des capacités de construction et de réhabilitation suffisantes pour la satisfaction, sans discrimination, des besoins présents et futurs de l'ensemble des modes d'habitat, d'activités économiques, touristiques, sportives, culturelles et d'intérêt général ainsi que d'équipements publics et d'équipement commercial, en tenant compte en particulier des objectifs de répartition géographiquement équilibrée entre emploi, habitat, commerces et services, d'amélioration des performances énergétiques, de développement des communications électroniques, de diminution des obligations de déplacements motorisés et de développement des transports alternatifs à l'usage individuel de l'automobile ; (). ". Lorsqu'il est saisi d'un moyen tiré de la méconnaissance de la disposition précitée en raison des obligations imposées par les documents d'urbanisme, il appartient au juge administratif, d'exercer un simple contrôle de compatibilité entre les règles fixées par ces documents et les dispositions précitées de l'article L. 101-2 du code l'urbanisme.
8. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport de présentation du PLU, que les nouveaux logements de la commune sont projetés à 16,5% dans les " dents creuses " de l'enveloppe urbaine du bourg, à 13,5% par changement de destination et par " reconquête " de logements vacants, à 28,5% dans la tranche 1 de la zone d'aménagement concerté (ZAC) qui est située dans l'enveloppe agglomérée du bourg et à 41,5% dans les tranches 2 et 3 de la ZAC situées en extension de l'enveloppe urbaine. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'urbanisation de la commune serait projetée uniquement dans une zone agricole vierge de toute construction, à l'exclusion de tout développement au sein des hameaux, dans lesquels les changements de destination sont autorisés et que le plan local d'urbanisme méconnaîtrait ainsi le principe d'équilibre suscité.
9. Aux termes de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu ainsi que les cartes communales sont compatibles avec : / 1° Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 ; / () 4° Les programmes locaux de l'habitat prévus à l'article L. 302-1 du code de la construction et de l'habitation. (). "
10. D'une part, le plan local de l'habitat (PLH) prévoit, sur la période 2014-2020, la création de 55 logements sur le territoire de la commune de La Roche-Blanche. D'autre part, le plan local d'urbanisme de la commune projette la création de 84 logements au sein des tranches 1, 2 et 3 de la ZAC des Clonières, la réalisation des tranches ultérieures, qui portent à 157 la capacité d'accueil totale de cette ZAC, ayant été reportée sur le prochain document d'urbanisme de la commune. Par conséquent, la circonstance que le nombre de logements projetés dans la ZAC des Clonières soit supérieur à l'objectif fixé par le PLH n'est pas de nature à rendre le PLU incompatible avec ce PLH.
11. Aux termes du document d'orientations et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale du Pays d'Ancenis : " Afin d'assurer le respect des grands équilibres entre développement des espaces urbains et à urbaniser et préservation des espaces ruraux, naturels, agricoles et forestiers, le Scot du pays d'Ancenis se doit de : / Modérer la consommation d'espaces agricoles et naturels par le développement urbain (). / 2.1.1.1. Le renouvellement urbain comme préalables aux extensions urbaines. / L'urbanisation des terrains situés au sein de l'enveloppe urbaine existante valorisant au maximum les gisements fonciers (dents creuses, espaces en friche ou pollués) et immobiliers (bâtis vacants, abandonnés ou délabrés) est un préalable à toute urbanisation en extension urbaine. / Prescriptions. / Pour le développement de l'habitat, des services et de l'accueil d'activités : / Les documents d'urbanisme devront identifier les potentiels de comblement de l'enveloppe urbaine (friches, dents creuses, ) lors de leur élaboration afin d'optimiser ces potentiels lors de la construction du projet de PLU ; / les communes devront privilégier la réalisation d'opérations de renouvellement urbain à celles nécessitant la consommation de nouveaux espaces non urbanisés ; / Dans le cas d'opérations nouvelles hors de l'enveloppe urbaine, leur aménagement en continuité de l'existant et en profondeur devra systématiquement être recherché afin de promouvoir une bonne intégration urbaine ; / Les conditions d'extension des hameaux et villages sont exposées dans l'axe 1 (p ;11) / La prise en compte des enjeux agricoles devra systématiquement s'effectuer afin de limiter les impacts sur les activités agricoles. ".
12. Le plan local d'urbanisme prévoit le développement de l'urbanisation au sein de l'enveloppe agglomérée du bourg par le comblement de " dents creuses " et par la réalisation de 3 tranches de la ZAC des Clonières qui a été considérée comme se trouvant dans l'enveloppe agglomérée du bourg. En dehors du bourg, la création de nouveaux logements est limitée aux possibilités de changements de destination identifiées dans le règlement graphique. Enfin, ces changements de destination sont complétés par la " reconquête " de logements vacants. Par suite, le PLU valorise les gisements fonciers et immobiliers au sein de l'enveloppe urbaine existante. Si les requérants contestent que cette ZAC se trouve dans l'enveloppe agglomérée du bourg, la configuration de cette enveloppe, en ce qu'elle intègre le périmètre de la ZAC, est conforme au schéma illustrant " l'enveloppe urbaine " figurant dans le document d'orientations et d'objectif du schéma de cohérence territoriale du Pays d'Ancenis. En tout état de cause, le périmètre de cette zone se trouve en extension et en profondeur du bourg, limité en profondeur par les parcelles déjà bâties le long de la RD 25 au nord-est et le long de la RD 18 au sud-est, de sorte que cette opération en dehors de l'enveloppe urbaine, aménagée en continuité de l'existant et en profondeur, est compatible avec les objectifs précités du schéma de cohérence territoriale du Pays d'Ancenis.
13. Le PLU prévoit également une zone 2 AUe de 0,95 ha à l'extrémité ouest de la commune, laquelle se trouve sur un espace agricole identifié comme " pérenne " par le Scot du Pays d'Ancenis. Toutefois, cette seule coïncidence entre une zone constructible et un espace agricole pérenne (EAP) n'est pas de nature à établir une incompatibilité entre le PLU et le Scot, les requérants ne chiffrant pas l'ensemble des espaces agricoles pérennes du territoire du Scot ou de la commune, alors qu'il ressort des pièces du dossier que cette zone d'une faible superficie représente 0,09% du territoire agricole de la commune, lequel recouvre 95,4% du territoire total de la commune, le total d'EAP du territoire du Scot s'élevant à 69 400 ha. Par ailleurs, l'axe 1.4.3.2 " protéger l'espace agricole et naturel et valoriser les paysages " du DOO du Scot prescrit que " les documents d'urbanisme communaux délimiteront de manière fine l'espace agricole à protéger pour permettre, au minimum, la pérennité des 69 400 ha présentés ci-dessus ". La méthode d'intégration des espaces agricoles pérennes dans les PLU prévoit qu'à partir de la " localisation des espaces agricoles pérennes identifiés dans le Scot " s'établit la " délimitation des espaces agricoles pérennes dans le PLU ", de sorte que, d'après le schéma illustrant ce passage de la localisation à la délimitation, les espaces agricoles pérennes délimités dans le PLU ne coïncident pas nécessairement avec l'enveloppe de ces espaces seulement localisés dans le Scot. En outre, cette zone se trouve en extension de l'enveloppe agglomérée au bourg et est distinguable du reste de la zone agricole du fait de la présence de haies, de sorte que son périmètre est compatible avec la prescription du DOO du Scot selon laquelle " afin de mieux s'intégrer dans le tissu existant, les opérations nouvelles devront s'appuyer sur les éléments préexistants : le réseau viaire existant, les perspectives visuelles, le découpage parcellaire en lien avec le parcellaire existant (ancien parcellaire agricole parcouru de chemins vicinaux), les éléments paysagers marqueurs et identitaires (patrimoine naturel et bâti). ". Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le plan local d'urbanisme de La Roche -Blanche est incompatible avec le schéma de cohérence territoriale du Pays d'Ancenis.
14. Aux termes de l'article R. 151-17 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite, sur le ou les documents graphiques, les zones urbaines, les zones à urbaniser, les zones agricoles, les zones naturelles et forestières. / Il fixe les règles applicables à l'intérieur de chacune de ces zones dans les conditions prévues par la présente section. ".
15. Aux termes de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation. / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone et que des orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement en ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement, les constructions y sont autorisées soit lors de la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble, soit au fur et à mesure de la réalisation des équipements internes à la zone prévus par les orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement. / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU n'ont pas une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone, son ouverture à l'urbanisation est subordonnée à une modification ou à une révision du plan local d'urbanisme comportant notamment les orientations d'aménagement et de programmation de la zone. ". L'article R. 151-22 du même code dispose que : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ".
16. Il est de la nature de toute réglementation d'urbanisme de distinguer des zones où les possibilités de construire sont différentes. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par ce plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir mais sans être lié par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. La légalité des dispositions du règlement d'un plan local d'urbanisme s'apprécie au regard du parti d'urbanisme retenu, défini notamment par les orientations générales et par les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables. L'appréciation des auteurs du plan sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif que si elle est fondée sur des faits matériellement inexacts ou entachée d'une erreur manifeste ou d'un détournement de pouvoir.
17. Il ressort des pièces du dossier que le règlement du PLU classe en zone à urbaniser 1 AUz les parcelles correspondant aux tranches 2 et 3 de la zone d'aménagement concertée et grevées d'une orientation d'aménagement et de programmation. Il n'est pas contesté que les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone. Sous l'empire du précédent document d'urbanisme, savoir le plan d'occupation des sols, ces parcelles étaient classées en zone NAb destiné à l'urbanisation à court et moyen termes et plusieurs permis de construire ont été délivrés sur des parcelles situées à proximité immédiate, dans le cadre de la tranche 1 de la ZAC, parcelles classées en zone urbaine Uz dans le cadre du PLU. Le règlement du PLU classe également en zone 2 AUz des parcelles situées en continuité de la zone à urbaniser 1 AUz susmentionnée, correspondant aux tranches 4, 5 et 6 de la ZAC, mais fermées à l'urbanisation dans le cadre de l'exécution du PLU, leur ouverture à l'urbanisation étant différée en conformité avec les objectifs du PLH relatifs à la création de logements à La Roche-Blanche. Ces parcelles étaient classées sous l'empire du plan d'occupation des sols de la commune en zone NAa correspondant à un secteur naturel insuffisamment équipé ou non équipé destiné à l'urbanisation future. Si les requérants font valoir l'objectif de préservation des espaces agricoles, dès lors que ces parcelles sont à l'état naturel et sont pour partie actuellement exploitées, cet objectif doit être concilié avec l'objectif de création de logements et d'accueil de nouvelles populations. A cet égard, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en instaurant une zone à urbaniser sur des espaces agricoles d'une superficie limitée à 13,9 ha, la commune ait procédé à une conciliation manifestement erronée entre ces deux objectifs. Enfin, aux termes du rapport de présentation, dans sa partie " Les capacités de densification urbaine - Capacité résiduelle et potentiel de densification " : " La commune considère que la priorité doit être donnée à la ZAC qui offre suffisamment de potentiel (voir au-delà) pour les 12 ans à venir. Cette procédure est établie depuis plusieurs années et il faut lui permettre d'aboutir. Choix est donc fait de prioriser la ZAC. (). ". Par conséquent, l'ouverture à l'urbanisation de ces parcelles, en dépit de ce qu'elles comprennent de vastes espaces non bâtis et laissés à l'état naturel, répond à un parti d'urbanisme affirmé par les auteurs du PLU.
18. Le projet d'aménagement et de développement durables du PLU prévoit, pour " préserver l'identité des hameaux et le caractère agricole ", de " limiter le mitage de l'espace agricole et ne pas développer l'enveloppe des hameaux, les préservant ainsi qu'une urbanisation extensive " dans l'objectif de maîtriser le développement urbain et de le concentrer dans la zone agglomérée du bourg afin de conforter la centralité de celui-ci et de limiter l'impact sur la zone agricole et en réaction au développement des constructions dans les hameaux autorisé sous l'empire du plan d'occupation des sols, développement ayant contribué à " banaliser l'identité de ces hameaux " d'après les auteurs du PLU. Par suite, compte tenu de ce parti d'urbanisme, qui justifie le classement en zone agricole non constructible de parcelles situées dans des hameaux, la circonstance que ces parcelles déjà bâties ne présentent pas par elles-mêmes de potentiel agronomique, biologique ou économique ne fait pas obstacle à leur classement en zone agricole, dès lors qu'il n'est pas contesté qu'elles se situent dans un secteur pourvu d'un tel potentiel. S'agissant plus particulièrement de la parcelle B n°744 des requérants, celle-ci se situe non pas au sein mais en lisière d'un hameau peu dense, et s'ouvre au sud ainsi qu'au nord-est sur un vaste espace agricole et naturel. Si les requérants déplorent l'absence de " sous-zonage " au sein des hameaux, ils n'expliquent pas l'objet qu'aurait pu revêtir un tel sous-zonage ni en quoi ce sous-zonage aurait permis une meilleure cohérence du règlement du plan local d'urbanisme avec le projet d'aménagement et de développement durables ou une meilleure compatibilité de ce règlement avec le document d'orientations et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale du Pays d'Ancenis, en l'absence notamment de toute précision sur d'éventuels gisements fonciers au sein de ces hameaux, gisements qui seraient en tout état de cause subordonnées au parti d'urbanisme susmentionné d'absence de développement de l'enveloppe des hameaux.
19. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la délibération attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en tant qu'elle classe en zone à urbaniser 1 AUz les parcelles correspondant aux tranches 2 et 3 de la zone d'aménagement concertée et en zone agricole les hameaux, ainsi que la parcelle cadastrée section B n°744.
20. Aux termes de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation. () ". Aux termes de l'article L. 211-1 du code de l'environnement, dans sa rédaction applicable au 16 décembre 2019 : " on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire, ou dont la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l'année ; / () ". Il résulte de ces dernières dispositions qu'un terrain habituellement inondé ou gorgé d'eau constitue une zone humide, même lorsque la végétation, si elle y existe, n'y est pas dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l'année.
21. Les requérants soutiennent que l'identification d'une zone humide sur la parcelle cadastrée section B n°744 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, en l'absence d'intérêt pédologique et / ou floristique de l'étang artificiel dont la présence sur le terrain a motivé cette identification. A supposer que la partie de la parcelle B n°744 identifiée au titre d'une zone humide soit totalement dépourvue de plantes hygrophiles, la présence d'un étang indique que le terrain est habituellement gorgé d'eau, quand bien même cette retenue d'eau aurait été créée de la main de l'homme. Il suit de là que, dès lors que l'un des critères de l'article L. 211-1 du code de l'environnement est rempli, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'identification d'une zone humide sur leur propriété est entachée d'une erreur d'appréciation.
22. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération du 16 décembre 2019 approuvant le plan local d'urbanisme de La Roche-Blanche.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de commune, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, le versement d'une somme sur ce fondement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions que la commune présente également à ce titre.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de La Roche-Blanche présentées sur le fondement de l'article L. 761-1du code de l'urbanisme sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D C et à la commune de La Roche-Blanche.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. A de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.
La rapporteure,
C. BLe président,
A. A DE BALEINE
La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de Loire-Atlantique, en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2001605
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026