jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2001630 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | MAINGOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 février 2020, Mme A B, représentée par Me Maingot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours formé contre la décision du 9 août 2019 par laquelle le préfet de la Haute-Savoie a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation ;
2°) d'ordonner à l'administration de procéder au réexamen de sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Elle fait valoir que :
- la décision préfectorale est entachée d'incompétence ;
- la décision préfectorale est insuffisamment motivée en méconnaissance notamment de l'article 27 du décret du 30 décembre 1990 ;
- les décisions attaquées sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle a été embauchée par Monoprix à compter du 10 septembre 2018, qu'elle a par la suite été employée en contrat à durée indéterminée, qu'elle percevait un salaire mensuel brut de 1576 euros ainsi qu'un 13ème mois, et qu'actuellement, elle suit une formation en vue de créer son entreprise ;
- sa demande de naturalisation satisfait aux conditions de recevabilité posées par les articles 21-16, 21-17, 21-23 et 21-24 du code civil.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 octobre 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.
Par ordonnance du 4 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 4 avril 2022 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Hannoyer, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante kosovare, demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours formé contre la décision du 9 août 2019 par laquelle le préfet de la Haute-Savoie a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation. Toutefois, par décision en date du 14 mai 2020, produite par le ministre, celui-ci a expressément maintenu l'ajournement à deux ans de la demande à compter du 9 août 2019. Mme B doit dès lors être regardée comme demandant l'annulation de cette décision du 14 mai 2020, qui s'est substituée à la décision implicite de rejet antérieure.
2. En premier lieu, la décision ministérielle du 14 mai 2020 s'étant substituée à la décision préfectorale du 9 août 2019, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, de l'insuffisance de motivation, et de l'erreur manifeste d'appréciation dirigés contre cette dernière sont inopérants et doivent par suite être écartés.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 21-15 du même code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret susvisé du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Ce délai une fois expiré ou ces conditions réalisées, il appartient au postulant, s'il le juge opportun, de formuler une nouvelle demande ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte son degré d'insertion professionnelle ainsi que le niveau et la stabilité de ses ressources.
4. Pour ajourner la demande d'acquisition de la nationalité française de Mme B, le ministre s'est fondé sur le motif tiré de ce que l'examen du parcours professionnel de l'intéressée, apprécié depuis sa globalité depuis son entrée en France, ne permet pas de considérer son insertion professionnelle comme pleinement réalisée en l'absence de ressources suffisantes et stables.
5. D'une part, la décision attaquée a été prise par le ministre dans le cadre de son pouvoir d'appréciation sur le fondement des dispositions précitées de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993. Dès lors, la circonstance que Mme B remplirait les conditions de recevabilité exigées par les articles 21-16, 21-17, 21-23 et 21-24 du code civil sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors qu'elle n'a pas été prise sur leur fondement.
6. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que, à la date de la décision attaquée, Mme B était sans emploi et inscrite à Pôle emploi depuis le 24 janvier 2020, après avoir démissionné en vue de créer une entreprise, et qu'elle avait perçu à titre de salaires les sommes de 1 987 euros en 2017, 6 342 en 2018 et 16 466 euros de janvier à novembre 2019. Dans ces conditions, le ministre de l'intérieur, eu égard au pouvoir dont il dispose pour apprécier l'opportunité d'accorder ou non la nationalité française à l'étranger qui la sollicite, n'a pas entaché la décision attaquée d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que Mme B n'avait pas, à la date de la décision attaquée, pleinement réalisé une insertion professionnelle, et ne disposait pas de ressources stables et suffisantes.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 14 mai 2020 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2': Le présent jugement sera notifié à Mme A B, et au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Hannoyer, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
Le rapporteur,
R. HANNOYER La présidente,
M. BERIA-GUILLAUMIE
La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026