mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2001669 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 février 2020, M. G F A, représenté par Me Rodrigues-Devesas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 mai 2019 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a retiré le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, à l'OFII de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à son profit et de procéder au calcul des sommes dues dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir et de lui verser le montant correspondant dans un délai de deux mois à compter de cette notification, et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de cette notification par jour de retard ;
3°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'est pas établi qu'il aurait reçu une information préalable telle que prévue par les dispositions de l'article L.744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que l'autorité administrative aurait procédé à un entretien de vulnérabilité avant de prendre la décision attaquée, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 744-6 de ce code ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation en ce qu'elle se fonde sur le motif tiré du non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation compte tenu de sa vulnérabilité.
M. F A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 mars 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme E a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. G F A, ressortissant soudanais né le 20 avril 1987, a sollicité le 29 janvier 2019 la reconnaissance du statut de réfugié et a pu bénéficier le 29 janvier 2019 des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile. Ayant considéré, après l'examen du dossier de l'intéressé, que les autorités allemandes étaient responsables de l'instruction de sa demande d'asile, le préfet de Maine-et-Loire a, par deux arrêtés du 7 février 2019 dont la légalité a été confirmée par le tribunal, décidé, d'une part, de transférer l'intéressé aux autorités allemandes et, d'autre part, de l'assigner à résidence dans le département de la Loire-Atlantique. Par une décision du 13 mai 2019, dont M. F A demande l'annulation dans la présente instance, l'OFII a retiré les conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait.
2.Par une décision du 20 mars 2020, le bureau d'aide juridictionnelle a admis M. G F A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Les conclusions tendant à ce que le requérant soit provisoirement admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sont ainsi devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
3.En premier lieu, par une décision du 1er janvier 2016, publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur n°2016-2 du 15 février 2016, le directeur général de l'OFII a donné à Mme B D, directrice territoriale à Nantes, délégation à l'effet de signer toutes les décisions se rapportant aux mission de l'OFII dans la région des Pays de la Loire. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte attaqué doit, dans ces conditions, être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise le motif de retrait des conditions matérielles d'accueil tiré de ce que l'intéressé n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités. Ainsi, la décision attaquée est suffisamment motivée en droit comme en fait. Le moyen tiré de son défaut de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au présent litige : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévues à l'article L. 744-1 est subordonné : () 2° Au respect des exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes./ Le demandeur est préalablement informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le fait de refuser ou de quitter le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation mentionnés au 1° du présent article ainsi que le non-respect des exigences des autorités chargées de l'asile prévues au 2° entraîne de plein droit le refus ou, le cas échéant, le retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ".
6. Il ressort d'un procès-verbal du 23 avril 2019 de l'union judiciaire de la DPAF de Loire-Atlantique, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, que M. F A ne s'est pas présenté afin de signer son assignation à résidence du 5 au 22 mars 2019, le 26 mars 2019, les 2 et 4 avril 2019, entre le 8 et le 12 avril 2019 et entre le 15 et le 18 avril 2019. Le requérant n'apporte aucun élément sérieux de nature à remettre en cause ces mentions. Dans ces conditions, le requérant doit effectivement être regardé comme ayant pris la fuite au sens de l'article 29 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Pour ce motif, l'OFII, en se fondant sur la circonstance qu'il n'a pas respecté ses obligations de présentation aux autorités, a fait une exacte application des dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et su séjour des étrangers et du droit d'asile précité.
7. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. F A a été informé dans une langue comprise par lui des conditions et modalités de suspension, de retrait et de refus des conditions matérielles d'accueil lors de la signature de l'offre de prise en charge de l'OFII. Le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise à l'issue d'une procédure irrégulière doit ainsi être écarté comme manquant en fait.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. L'évaluation de la vulnérabilité du demandeur est effectuée par des agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant reçu une formation spécifique à cette fin. ".
9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment des captures d'écran du dossier du requérant, produites par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que M. F A a bénéficié lors de l'enregistrement de sa demande d'une évaluation de sa vulnérabilité, évaluée à 1 sur une échelle de 1 sur 3. L'intéressé n'est donc pas fondé à soutenir que sa situation de vulnérabilité n'aurait pas été examinée. Les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'un défaut d'examen de sa situation doivent donc être écartés comme manquant en fait.
10. En dernier lieu, si le requérant produit quelques documents médicaux, ces éléments insuffisamment circonstanciés quant à la nature et la gravité de la pathologie dont il est atteint ne sont pas suffisants pour établir que l'appréciation portée par l'OFII sur sa vulnérabilité serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. F A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. F A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G F A, à Me Rodrigues-Devesas et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. C de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.
La rapporteure,
S. E
Le président,
A. C DE BALEINE La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026