mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2001703 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | VEAUVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 février 2020 et 4 mars 2022, M. A B, représenté par Me Veauvy, demande au tribunal :
1°) de condamner l'université de Nantes à lui verser la somme de 30 745,60 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation, en réparation des préjudices résultant des illégalités commises lors de son embauche, de sa période d'essai et de son licenciement ;
2°) de mettre à la charge de l'université de Nantes la somme de 3 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'a pas pu parapher son contrat de travail ni en connaître l'ensemble du contenu avant son embauche ;
- le contrat de travail était incomplet faute d'être accompagné d'un descriptif précis du poste, en méconnaissance des dispositions de l'article 4 du décret n°88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;
- les missions qu'il a exercées ne correspondent pas à celles mentionnées dans le contrat de travail ;
- aucune visite médicale d'embauche n'a été réalisée ;
- il n'a pas disposé d'un référent handicap et n'a pu bénéficier d'un aménagement de son poste de travail, en méconnaissance des dispositions de l'article 6 sexies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la lettre de licenciement ne comportait aucune motivation ;
- le licenciement ne repose sur aucun fait de nature à le justifier ;
- il a pris connaissance très tardivement de sa convocation à l'entretien préalable de licenciement, de sorte qu'il n'a pas été mis en mesure d'assurer sa défense ;
- il est fondé à solliciter une indemnisation de 12 298 euros correspondant aux traitements qu'il aurait dû percevoir jusqu'à l'expiration de son contrat, une indemnisation de 10 947,60 euros correspondant aux allocations chômage auxquelles il aurait pu prétendre en l'absence d'éviction anticipée ainsi qu'une indemnisation totale de 7 500 euros au titre de son préjudice moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2023, l'université de Nantes conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- sa responsabilité ne peut être engagée qu'à raison du seul licenciement eu égard à l'autorité de la chose jugée par le tribunal dans son jugement du 23 juillet 2019 ;
- il n'y a pas de certitude quant à l'exécution complète du contrat de travail de M. B ;
- le préjudice résultant de l'absence de versement de l'allocation de retour à l'emploi n'est pas réel et certain ;
- la décision de licenciement n'est pas à l'origine des problèmes de santé du requérant.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mars 2020.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'éducation ;
- le code du travail ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delohen,
- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été recruté en qualité d'opérateur logistique auprès de l'unité de formation et de recherche (UFR) de sciences pharmaceutiques et biologiques de l'université de Nantes dans le cadre d'un contrat à durée déterminée d'un an à compter du 1er septembre 2016. Le 19 octobre 2016, la présidente de l'université de Nantes a décidé de licencier l'intéressé au terme de sa période d'essai pour insuffisance professionnelle. A la suite du recours formé par M. B, le tribunal administratif de Nantes a annulé cette décision par un jugement n° 1702233 du 23 juillet 2019. Par un courrier du 21 octobre 2019, M. B a demandé à l'université de Nantes de réparer les préjudices résultant des illégalités commises lors de son embauche, de sa période d'essai et de son licenciement, pour un montant total de 19 798 euros. Cette demande a été rejetée le 13 décembre 2019. M. B demande au tribunal de condamner l'université de Nantes à lui verser la somme de 30 745,60 euros en réparation des mêmes préjudices.
Sur la responsabilité de l'administration :
En ce qui concerne l'embauche et la période d'essai :
2. En premier lieu, M. B fait valoir qu'il n'a pu parapher l'ensemble des pages de son contrat de travail ni en connaître le contenu avant son embauche. Toutefois, le contrat de travail qu'il verse au dossier, daté du 1er septembre 2016, a été signé par ses soins avec la mention " lu et approuvé ". Au demeurant, aucune obligation législative ou réglementaire n'impose que toutes les pages d'un contrat de travail soient paraphées. Par conséquent, aucune faute n'est imputable à l'université de Nantes à ce titre.
3. En deuxième lieu, M. B, employé à compter du 1er septembre 2016 par l'université de Nantes, établissement national d'enseignement supérieur et de recherche, avait, à compter de cette date, la qualité d'agent public de cet établissement. Dès lors, le requérant ne peut utilement se prévaloir, pour soutenir que son contrat de travail était irrégulier, des dispositions de l'article 4 du décret n° 88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale, lesquelles ne sont pas applicables aux agents contractuels de l'Etat et de ses établissements publics.
4. En troisième lieu, M. B soutient avoir reçu une affectation administrative non prévue par son contrat de travail sous l'autorité de l'institut de recherche en santé (IRS-UN). Il résulte toutefois de l'instruction, notamment de la fiche de poste publiée à l'occasion de l'appel à candidatures, que l'IRS-UN constitue un simple bâtiment d'exercice de ses missions, lesquelles étaient exercées pour le compte de l'UFR des sciences pharmaceutiques et biologiques.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat, dans sa version applicable au litige : " Aucun agent non titulaire ne peut être engagé : () / 4° S'il ne remplit pas les conditions d'aptitude physique exigées pour l'exercice des fonctions compte tenu des possibilités de compensation du handicap ; Les mêmes certificats médicaux que ceux exigés pour être nommé à un emploi de fonctionnaire titulaire par la réglementation en vigueur doivent être produits au moment de l'engagement. () / Les examens médicaux sont assurés par les services médicaux de l'administration ou, à défaut, pris en charge par l'administration dans les limites des tarifs de remboursement du régime général de sécurité sociale et sous réserve qu'ils ne donnent pas lieu à remboursement à d'autres titres () ".
6. M. B soutient, sans être contredit, qu'aucune visite médicale préalable à sa prise de poste n'a été réalisée. Dès lors, il est fondé à soutenir que cette faute est de nature à engager la responsabilité de l'université de Nantes à son égard.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article 6 sexies de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version applicable au litige : " Afin de garantir le respect du principe d'égalité de traitement à l'égard des travailleurs handicapés, les employeurs visés à l'article 2 prennent, en fonction des besoins dans une situation concrète, les mesures appropriées pour permettre aux travailleurs mentionnés aux 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° et 11° de l'article L. 5212-13 du code du travail d'accéder à un emploi ou de conserver un emploi correspondant à leur qualification, de l'exercer et d'y progresser ou pour qu'une formation adaptée à leurs besoins leur soit dispensée, sous réserve que les charges consécutives à la mise en œuvre de ces mesures ne soient pas disproportionnées, notamment compte tenu des aides qui peuvent compenser en tout ou partie les dépenses supportées à ce titre par l'employeur. / Ces mesures incluent notamment l'aménagement de tous les outils numériques concourant à l'accomplissement de la mission des agents, notamment les logiciels métiers et de bureautique ainsi que les appareils mobiles. "
8. Contrairement à ce qui est soutenu, l'université de Nantes n'était pas tenue, en application des dispositions citées au point précédent, de prévoir la possibilité de consulter un référent handicap. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que la situation de M. B nécessitait des mesures particulières d'accompagnement de l'agent ou d'aménagement de son poste de travail. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que son ancien employeur aurait manqué à ses obligations en la matière.
En ce qui concerne le licenciement :
9. Par le jugement précité en date du 23 juillet 2019, doté de l'autorité absolue de la chose jugée, le tribunal a annulé la décision du 19 octobre 2016 par laquelle la présidente de l'université de Nantes a décidé de licencier M. B au motif que celle-ci reposait sur des faits dont la matérialité n'était pas établie. Cette illégalité fautive engage la responsabilité de l'université de Nantes à l'égard de l'intéressé.
Sur les préjudices et la réparation :
10. En vertu des principes généraux qui régissent la responsabilité de la puissance publique, un agent public irrégulièrement évincé a droit à la réparation intégrale du préjudice qu'il a effectivement subi du fait de la mesure illégalement prise à son encontre. Sont ainsi indemnisables les préjudices de toute nature avec lesquels l'illégalité commise présente, compte tenu de l'importance respective de cette illégalité et des fautes relevées à l'encontre de l'intéressé, un lien direct de causalité. Pour l'évaluation du montant de l'indemnité due, doit être prise en compte la perte des rémunérations ainsi que celle des primes et indemnités dont l'intéressé avait, pour la période en cause, une chance sérieuse de bénéficier, à l'exception de celles qui, eu égard à leur nature, à leur objet et aux conditions dans lesquelles elles sont versées, sont seulement destinées à compenser des frais, charges ou contraintes liés à l'exercice effectif des fonctions. Il y a lieu de déduire, le cas échéant, le montant des rémunérations nettes et des allocations pour perte d'emploi qu'il a perçues au cours de la période d'éviction. La réparation intégrale du préjudice de l'intéressé peut également comprendre, à condition que l'intéressé justifie du caractère réel et certain du préjudice invoqué, celle de la réduction de droits à l'indemnisation du chômage qu'il a acquis durant la période au cours de laquelle il a été employé du fait de son éviction de son emploi avant le terme contractuellement prévu.
11. Il résulte de l'instruction que le contrat de M. B courait du 1er septembre 2016 au 31 août 2017. Le licenciement de l'intéressé, prononcé le 19 octobre 2016, a pris effet le 31 octobre 2016. Aucun des éléments versés au dossier ne permet d'envisager que M. B n'aurait pas pu exercer ses missions jusqu'au terme prévu de son contrat, soit au 31 août 2017. Dès lors, l'intéressé est fondé à soutenir qu'il disposait d'une chance sérieuse de bénéficier de son traitement au cours de la période courant du mois de novembre 2016 au mois d'août 2017. Le traitement mensuel net de l'intéressé s'élevait à 1 229,80 euros, suivant son bulletin de salaire pour le mois d'octobre 2016. Il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressé aurait, au cours de cette période, exercé une autre activité professionnelle lui ayant procuré des revenus. Par suite, il sera fait une exacte appréciation de ce préjudice résultant directement du licenciement infondé de l'intéressé en fixant à 12 298 euros la somme destinée à le réparer.
12. Par ailleurs, si M. B sollicite une indemnisation au titre de l'allocation de retour à l'emploi (ARE) dont il aurait été privé durant l'année suivant le terme de son contrat, il résulte de l'instruction, et notamment d'un courrier de la directrice de Pôle emploi du 30 septembre 2020 en réponse à sa demande d'attestation, que l'ouverture des droits de M. B à l'ARE pour la période consécutive à la fin de ce contrat revêt un caractère purement hypothétique, l'intéressé n'ayant jamais déclaré ce contrat de travail à Pôle emploi. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à se prévaloir d'un préjudice réparable à ce titre.
13. En outre, il n'est pas établi que l'absence de convocation à une visite médicale de M. B, qui a pu accéder à l'emploi pour lequel il postulait, serait à l'origine d'un préjudice indemnisable.
14. Enfin, la décision de licenciement en cause a nécessairement affecté M. B, eu égard à la situation d'insécurité dans laquelle elle l'a placé. En revanche, il n'est pas établi que cette mesure serait à l'origine de la dépression sévère dont aurait souffert le requérant, qui soutient que son état de santé a été de nature à entraver ses recherches d'emploi. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral résultant du licenciement en fixant à 1 000 euros la somme destinée à le réparer.
15. Il résulte de ce qui précède que l'université de Nantes doit être condamnée à verser à M. B une indemnité de 13 298 euros, sous déduction de la somme de 8 000 euros versée à titre de provision en exécution de l'ordonnance n° 2001667 en date du 15 avril 2020 du juge des référés du tribunal administratif de Nantes.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
16. M. B a droit aux intérêts au taux légal à compter du 22 octobre 2019, date de réception de la demande préalable par l'université de Nantes, sur la somme de 13 298 euros. Les intérêts courront sur la somme de 8 000 euros du 22 octobre 2019 jusqu'à la date de versement de la provision par l'université de Nantes et, pour le surplus, soit 5 298 euros, du 22 octobre 2019 jusqu'à la date de l'exécution du présent jugement.
17. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 11 février 2020, date d'enregistrement de la requête. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 22 octobre 2020, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
18. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Veauvy, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive, de mettre à la charge de l'université de Nantes le versement à Me Veauvy de la somme de 1 500 euros.
D É C I D E :
Article 1er : L'université de Nantes est condamnée à verser à M. B la somme de 13 298 euros, sous déduction de la somme de 8 000 euros versée par l'université de Nantes à titre de provision.
Article 2 : M. B a droit aux intérêts sur la somme mentionnée à l'article 1er ci-dessus et à la capitalisation des intérêts échus, dans les conditions énoncées aux points 16 et 17 du présent jugement.
Article 3 : L'université de Nantes versera à Me Veauvy, avocat de M. B, la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Veauvy et à l'université de Nantes.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
Mme Martel, première conseillère,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.
Le rapporteur,
D. DELOHENLe président,
C. CANTIE
La greffière,
F. MERLET
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
F. MERLET
No 2001703
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026