vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2001980 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | PATUREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 février 2020 et le 30 décembre 2020, M. B A, représenté par Me Patureau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 février 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique dirigé contre la décision du 25 juin 2019 par laquelle le préfet de police de Paris a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer sa demande de naturalisation dans un délai d'un mois sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision explicite du ministre de l'intérieur ne lui a été notifiée qu'après l'introduction de sa requête devant le tribunal administratif et ne pouvait donc faire partie de l'ordonnancement juridique lorsqu'il a introduit son recours ; ses conclusions sont dirigées contre la décision explicite du 13 février 2020 qui s'est substituée à la décision implicite ;
- la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique est insuffisamment motivée en droit et fait puisqu'il n'a pas été répondu à sa demande de communication des motifs présentée en application de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; il n'a pas souhaité ne pas déclarer ses revenus de l'année 2017 mais c'est la conséquence d'une erreur indépendante de sa volonté, la case de ses revenus n'ayant pas été pré-remplie par son employeur ; il ne s'est pas aperçu de l'erreur et l'a immédiatement corrigée quand il l'a apprise ;
- il justifie d'une résidence stable, continue à caractère permanent en France conformément aux articles 21-16 et 21-17 du code civil, et de la circulaire du 27 juillet 2010 ;
- il a l'ensemble de ses centres d'intérêts en France, qui est le centre de ses attaches personnelles et professionnelles ; il justifie d'une intégration professionnelle sur le territoire français depuis mars 2009 ;
- il respecte les conditions de bonne vie et bonnes mœurs prévues par les dispositions de l'article 21-23 du code civil.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête de M. A.
Il soutient que :
- il a explicitement rejeté le recours hiérarchique de M. A par une décision du 13 février 2020 ; la décision implicite contestée par M. A a donc disparu de l'ordonnancement ; la demande de M. A est donc dépourvue d'objet dès l'origine et donc irrecevable ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative ;
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a déposé une demande de naturalisation auprès des services de la préfecture de police de Paris. Par une décision du 25 juin 2019, le préfet de police a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation. M. A a exercé, par un courrier du 16 septembre 2019, un recours hiérarchique contre la décision du préfet de police de Paris du 25 juin 2019. M. A demande l'annulation de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique.
2. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " Hors le cas prévu à l'article 21-14-1, l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". L'article 48 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française dispose que : " () Lorsque les conditions requises par la loi sont remplies, le ministre chargé des naturalisations propose, s'il y a lieu, la naturalisation ou la réintégration dans la nationalité française. Lorsque ces conditions ne sont pas remplies, il déclare la demande irrecevable. / Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Ce délai une fois expiré ou ces conditions réalisées, il appartient à l'intéressé, s'il le juge opportun, de déposer une nouvelle demande ".
3. En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993 que les décisions par lesquelles le ministre statue sur les recours préalables obligatoires se substituent à celles des autorités préfectorales qui lui sont déférées. Par suite, la décision expresse du 13 février 2020, qui a eu pour effet de retirer la décision implicite, par laquelle le ministre a rejeté le recours préalable obligatoire formé par M. A, s'est substituée à la décision préfectorale du 25 juin 2019. Les conclusions de l'intéressé initialement dirigées contre la décision implicite de rejet du ministre doivent dès lors, comme il l'indique au demeurant dans son mémoire en réplique, être regardées comme dirigées contre la décision explicite du 13 février 2020.
4. Par ailleurs, si le silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. La décision du 13 février 2020 du ministre de l'intérieur s'étant substituée, ainsi qu'il vient d'être dit, à sa décision implicite, le moyen tiré de ce que cette dernière décision serait dépourvue de motivation ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que pour ajourner à deux ans la demande de naturalisation présentée par M. A, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur le motif tiré de ce que le comportement de l'intéressé à l'égard de ses obligations fiscales avait été sujet à critiques.
6. En vertu des dispositions citées au point 2 du jugement, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte les renseignements défavorables recueillis sur le comportement du postulant.
7. Si M. A soutient que l'absence de déclarations de ses revenus au titre de l'année 2017 ne lui est pas imputable et provient d'une erreur de son employeur alors qu'il a toujours déclaré régulièrement ses revenus, il ressort des pièces du dossier qu'il n'a pas rectifié sa déclaration de revenus de l'année 2017 sur laquelle le montant de ses revenus était déclaré nul. Il n'a entrepris de rectifier sa déclaration de revenus de l'année 2017 qu'en juillet 2019 postérieurement à la décision d'ajournement prononcée par le préfet de police de Paris. La circonstance qu'au demeurant l'intéressé n'est pas imposable demeure sans incidence sur la matérialité des faits constatés lesquels ne sont pas exagérément anciens et ne sont pas dépourvus de gravité. Ainsi, le ministre de l'intérieur a pu, dans le cadre du large pouvoir d'appréciation dont il dispose pour accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite, prendre en compte ces faits, qui n'étaient pas exagérément anciens à la date de la décision contestée, pour ajourner à deux ans la demande de naturalisation de M. A.
8. En dernier lieu, les circonstances alléguées par M. A, selon lesquelles il justifie d'une résidence stable, continue et à caractère permanent en France, que le centre de ses attaches personnelles et professionnelles se trouve en France et qu'il respecte les conditions de bonne vie et de bonnes mœurs sont sans incidence sur la légalité de la décision contestée, eu égard au motif qui la fonde.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Marie Béria-Guillaumie, présidente,
M. Bruno Echasserieau, premier conseiller,
Mme Agathe Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
La présidente-rapporteure,
M. C
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
B. ECHASSERIEAU
La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
No 2001980
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026