mardi 14 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2001982 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BARDOUL |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 février 2020 et 11 juillet 2021, sous le numéro 2001982, Mme B et M. E D, représentés par Me Bardoul, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 18 décembre 2019 par laquelle le conseil
communautaire de la communauté de communes Erdre et Gesvres a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal ;
2°) de mettre à la charge de la communauté de communes Erdre et Gesvres le versement d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la communauté de communes devra apporter la preuve que les conseillers communautaires ont été régulièrement convoqués lors de la séance du conseil communautaire du 18 décembre 2019 au cours de laquelle le plan local d'urbanisme intercommunal a été approuvé ;
- la communauté de communes d'Erdre et Gesvres devra apporter la preuve que la concertation prévue à l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme a bien été mise en place pendant toute la durée de l'élaboration du PLUi litigieux ;
- le classement par le plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes Erdre et Gèvres des parcelles ZT n°s 441 et 444 en zone agricole, secteur Ab, est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de la situation des parcelles, de leur absence de potentiel agronomique, biologique et économique, de l'ancien classement des parcelles en zone urbaine qui pourrait toujours se justifier compte tenu de la situation de dent creuse des parcelles ;
- l'emplacement réservé D 09 grevant la parcelle ZT n°441 est illégal en raison de l'absence de réalité de projet motivant cette servitude, le précédent document d'urbanisme prévoyant déjà le même projet au même endroit et l'objet de cet emplacement réservé, l'aménagement d'un carrefour étant contradictoire avec un classement en zone agricole ;
- l'identification d'une zone humide présumée sur les parcelles ZT n°s 441 et 444 est illégale dès lors qu'aucune justification n'est fournie dans le rapport de présentation sur la prétendue présomption de zone humide, que les autres pièces du PLUi ne permettent pas d'attester de l'existence de cette prétendue zone humide et que l'emplacement réservé aux fins d'aménagement d'un carrefour grevant la parcelle ZT 441 n'est pas compatible avec la présence d'une zone humide.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2021, la communauté de communes Erdre et Gesvres, représentée par la SELARL Lexcap, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Un mémoire a été enregistré pour la communauté de communes Erdre et Gesvres le 11 janvier 2023 et n'a pas été communiqué.
II - Par une requête et un mémoire enregistrés les 7 avril 2020 et 11 juillet 2021, sous le numéro 2003992, M. et Mme B et M. E D, représentés par Me Bardoul, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 février 2020 par lequel le maire d'Héric a refusé de leur délivrer un permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé rue de l'Isac sur le territoire de la commune ;
2°) d'enjoindre à la commune d'Héric, à titre principal, de leur délivrer l'autorisation sollicitée, dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de leur demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Héric le versement d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est illégale à raison de l'illégalité du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes Erdre et Gèvres qui classe la parcelle ZT n°444 en zone agricole, secteur Ab, compte tenu de la situation de la parcelle, de son absence de potentiel agronomique, biologique et économique et de l'ancien classement de la parcelle en zone urbaine qui pourrait toujours se justifier compte tenu de la situation de dent creuse de la parcelle ;
- la signataire de la décision ne justifie pas de sa compétence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2021, la commune d'Héric, représentée par la SELARL Lexcap, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public ;
- les observations de Me Bardoul, avocate des requérants, et celles de Me Oueslati, substituant Me Rouhaud, avocat de la communauté de communes Erdre et Gesvres et de la commune d'Héric.
Une note en délibéré, enregistrée le 18 janvier 2023, a été présentée par M. et Mme D à l'appui de la requête n° 2003992.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 18 décembre 2019, le conseil communautaire de la communauté de communes Erdre et Gesvres a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal, qui classe les parcelles cadastrées section ZT n°s 441 et 444 situées sur le territoire de la commune d'Héric en zone agricole et en sous-secteur Ab. Par un arrêté du 7 février 2020, le maire d'Héric a refusé de délivrer à M. et Mme D un permis de construire une maison individuelle sur la parcelle cadastrée section ZT n°444. Les requérants demandent au tribunal d'annuler la délibération du 18 décembre 2019 du conseil communautaire de la communauté de communes Erdre et Gesvres et la décision du maire d'Héric du 7 février 2020.
2. Les requêtes visées ci-dessus présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la délibération du 18 décembre 2019 du conseil communautaire de la communauté de communes Erdre et Gesvres :
3. Aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales, applicable en l'espèce en vertu de l'article L. 5211-1 du même code : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est adressée par écrit, au domicile des conseillers municipaux ou, s'ils en font la demande, envoyée à une autre adresse ou transmise de manière dématérialisée ". Aux termes de l'article L. 2121-12 du même code : " Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs. En cas d'urgence, le délai peut être abrégé par le maire sans pouvoir être toutefois inférieur à un jour franc ".
4. Si les requérants soutiennent, sans apporter d'éléments circonstanciés à l'appui de ce moyen, que les conseillers communautaires d'Erdre et Gesvres n'auraient pas été convoqués à la séance du conseil communautaire du 18 décembre 2019, la délibération attaquée fait état d'une convocation des membres du conseil communautaire en date du 11 décembre 2019. Un requérant qui soutient que les délais légaux d'envoi des convocations à un conseil municipal n'ont pas été respectés alors que, selon les mentions du registre des délibérations du conseil municipal, ces délais auraient été respectés doit apporter des éléments circonstanciés au soutien de son moyen. En l'absence d'éléments circonstanciés au soutien de leur moyen, les allégations des requérants ne sauraient conduire à remettre en cause les mentions factuelles précises de la délibération qui, au demeurant, font foi jusqu'à preuve du contraire.
5. Aux termes de l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : / 1° L'élaboration ou la révision du schéma de cohérence territoriale ou du plan local d'urbanisme ; / () II. ' Les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation sont précisés par : / 1° Le préfet lorsque la révision du document d'urbanisme ou l'opération sont à l'initiative de l'Etat ; / 2° L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement public dans les autres cas. / () IV. ' Les documents d'urbanisme et les opérations mentionnées aux I, II et III bis ne sont pas illégaux du seul fait des vices susceptibles d'entacher la concertation, dès lors que les modalités définies au présent article et par la décision ou la délibération prévue au II ont été respectées. Les autorisations d'occuper ou d'utiliser le sol ne sont pas illégales du seul fait des vices susceptibles d'entacher cette délibération ou les modalités de son exécution. ". Il résulte des dispositions du dernier alinéa de cet article du code de l'urbanisme que la légalité d'une délibération approuvant un plan local d'urbanisme ne saurait être contestée au regard des modalités de la concertation qui l'a précédée dès lors que celles-ci ont respecté les modalités définies par la délibération prescrivant l'élaboration de ce document d'urbanisme.
6. Si les requérants soutiennent, sans assortir le moyen de précisions, que la communauté de communes Erdre et Gesvres doit apporter la preuve que l'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal a fait l'objet de la concertation prévue à l'article L. 300-2 du code de l'urbanisme, aujourd'hui codifié à l'article L. 103-2, il ne ressort pas des pièces du dossier que les modalités de concertation définies par la délibération du 16 décembre 2015 du conseil communautaire d'Erdre et Gesvres n'auraient pas été respectées, les requérants n'ayant en outre pas répliqué sur ce point au mémoire en défense de la communauté de communes, lequel fait état du déroulement et du bilan de la concertation approuvés par la délibération du 28 novembre 2018 du conseil communautaire d'Erdre et Gesvres. Par suite, le moyen tiré de l'absence de concertation, qui n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit être écarté.
7. En vertu de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme définit notamment "les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques " et " fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain ". Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ". Aux termes de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées. ". L'article R. 151-17 de ce code dispose : " Le règlement délimite, sur le ou les documents graphiques, les zones urbaines, les zones à urbaniser, les zones agricoles, les zones naturelles et forestières. / Il fixe les règles applicables à l'intérieur de chacune de ces zones dans les conditions prévues par la présente section. ". Aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ". L'article R. 151-23 du même code précise que " peuvent être autorisées, en zone A : / 1° Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole ou au stockage et à l'entretien de matériel agricole par les coopératives d'utilisation de matériel agricole agréées au titre de l'article L. 525-1 du code rural et de la pêche maritime ; / 2° Les constructions, installations, extensions ou annexes aux bâtiments d'habitation, changements de destination et aménagements prévus par les articles L. 151-11, L. 151-12 et L. 151-13, dans les conditions fixées par ceux-ci. ".
8. Une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. Si, pour apprécier la légalité du classement d'une parcelle en zone A, le juge n'a pas à vérifier que la parcelle en cause présente, par elle-même, le caractère d'une terre agricole et peut se fonder sur la vocation du secteur auquel cette parcelle peut être rattachée, en tenant compte du parti urbanistique retenu ainsi que, le cas échéant, de la nature et de l'ampleur des aménagements ou constructions qu'elle supporte, ce classement doit cependant être justifié par la préservation du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles de la collectivité concernée, à plus forte raison lorsque les parcelles en cause comportent des habitations voire présentent un caractère urbanisé.
9. Il est de la nature de toute réglementation d'urbanisme de distinguer des zones où les possibilités de construire sont différentes. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par ce plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir mais sans être lié par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. La légalité des dispositions du règlement d'un plan local d'urbanisme s'apprécie au regard du parti d'urbanisme retenu, défini notamment par les orientations générales et par les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables. L'appréciation des auteurs du plan sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif que si elle est fondée sur des faits matériellement inexacts ou entachée d'une erreur manifeste ou d'un détournement de pouvoir.
10. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'une des orientations stratégiques du projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme intercommunal d'Erdre et Gesvres, dont le territoire est caractérisé par " la présence d'espaces agricoles dynamiques " est de limiter les impacts de la production de logements sur l'activité agricole en privilégiant le développement de ces logements aux espaces compris l'intérieur des enveloppes urbaines, en dehors des bourgs et de deux villages identifiés par le Schéma de cohérence territoriale, lesquels ne se situent pas sur le territoire de la commune d'Héric. Cette orientation est traduite dans une autre orientation du PADD, visant à " orchestrer le développement de l'habitat au sein et en prolongement des bourgs en s'appuyant sur différents potentiels de projets ", par un axe portant sur le renforcement des bourgs et la recherche et la priorisation des meilleurs espaces pour permettre le développement urbain en continuité des bourgs.
11. Pour mettre en œuvre ces orientations, le rapport de présentation prévoit que le classement en zone A des écarts et bâtis isolés met en avant le caractère agricole et rural de ces entités qui se situent toutes au sein de vastes zones agricoles et naturelles et met un terme au mitage de ces espaces, de sorte que le classement en zone A ne se limite pas à une analyse du caractère agricole spécifique à la parcelle ou de son potentiel agronomique et que confirmer le caractère rural et agricole de ces entités bâties en limitant leur développement permet de maîtriser le mitage du territoire. Plus précisément, est prévu un secteur Ab correspondant aux espaces agricoles en bordure des bourgs, villages et zones économiques où l'implantation de nouvelles constructions agricoles n'est pas autorisée, espaces qualifiés par le rapport de présentation de " zones tampons " entre les zones urbaines ou à urbaniser et le domaine agricole afin d'éviter des conflits d'usage entre l'habitat et l'agricole.
12. Il ressort des pièces du dossier que les parcelles en litige, classées en secteur Ab par le règlement du PLUi, se situent en dehors du bourg d'Héric. Si les parcelles bordent la rue de l'Isac, le long de laquelle sont érigées plusieurs constructions, le tènement ne saurait être regardé comme se trouvant en continuité du bourg, ce qui n'est même pas allégué, compte tenu de sa distance de 800 mètres environ avec celui-ci, et du caractère discontinu et de la faible densité des constructions le long de la rue de l'Isac. Par ailleurs, les deux parcelles, qui ne sauraient être qualifiées de " dent creuse " au regard de leur environnement bâti et non-bâti s'ouvrent au sud-est sur un vaste espace à caractère naturel et agricole classé en secteur Ab puis, plus à l'est, en zone agricole, et sont supposées supporter une zone humide. Ni l'absence actuelle d'exploitation agricole de ces parcelles, ni la circonstance que celles-ci ne pourraient faire l'objet d'épandage, lequel n'est pas consubstantiel à l'activité agricole, ni l'établissement sur une partie de la parcelle n°441 d'un emplacement réservé aux fins de réalisation d'un carrefour, n'établissent que les parcelles, qui sont en état de prairie d'après le rapport réalisé à la demande des requérants, seraient dénuées de tout potentiel agronomique, biologique ou économique ou ne concourraient pas à la préservation de ce potentiel s'agissant du secteur dans lequel elles se trouvent. Dans ces conditions, les deux parcelles répondant aux caractéristiques de la " zone tampon " que les auteurs du PLUi ont entendu établir entre des espaces déjà bâtis et la zone agricole, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que leur classement en secteur Ab de la zone A serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Par ailleurs, les auteurs d'un document d'urbanisme ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'occupation et d'utilisation des sols, et nul ne saurait se prévaloir d'un droit acquis au maintien d'un classement résultant d'un précédent plan, de sorte que les requérants ne peuvent utilement se prévaloir du précédent classement des parcelles. Enfin, les requérants ne peuvent davantage soutenir qu'un classement en zone urbaine aurait été plus adapté dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif de vérifier qu'un autre classement était possible, mais seulement de s'assurer que le classement retenu n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation du classement en zone agricole, secteur Ab, doit être écarté.
13. Aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : / 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques ; (). ". L'article L. 151-41 du code de l'urbanisme a pour objet de permettre aux auteurs d'un document d'urbanisme de réserver certains emplacements à des voies et ouvrages publics, à des installations d'intérêt général ou à des espaces verts, le propriétaire concerné bénéficiant en contrepartie de cette servitude d'un droit de délaissement lui permettant d'exiger de la collectivité publique au bénéfice de laquelle le terrain a été réservé qu'elle procède à son acquisition, faute de quoi les limitations au droit à construire et la réserve ne sont plus opposables. Le propriétaire reste libre de l'utilisation de son terrain sous réserve qu'elle n'ait pas pour effet de rendre ce dernier incompatible avec la destination prévue par la réservation. L'intention des auteurs de ce document de réaliser cette voie, cet ouvrage, cette installation d'intérêt général ou cet espace vert suffit à justifier légalement le classement en emplacement réservé en application de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme. Un tel classement n'est pas subordonné à la justification d'un projet déjà précis et déjà élaboré de voie ou d'ouvrage publics, d'équipement d'intérêt général ou d'espace vert. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que les choix des auteurs du document d'urbanisme de classer un terrain un emplacement réservé n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et qu'il répond à un intérêt général. En revanche, les dispositions de l'article L. 151-41 ne subordonnent pas l'institution d'un emplacement réservé à la démonstration de l'utilité publique de l'équipement ou installation d'intérêt général auquel est destiné l'emplacement réservé.
14. Le règlement du plan local d'urbanisme intercommunal grève une partie de la parcelle cadastrée section ZT n°441 d'un emplacement D 09 réservé aux fins de l'aménagement d'un carrefour, au profit de la commune d'Héric. La seule circonstance que le précédent document d'urbanisme couvrant le périmètre de cette commune, approuvé le 3 août 2007, réservait déjà cet emplacement pour le même objet n'est pas de nature à établir l'absence d'intention de la commune d'Héric de réaliser cet aménagement. Par ailleurs, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose que le rapport de présentation explicite de manière circonstanciée les raisons pour lesquelles la collectivité publique a décidé de réserver un emplacement. Enfin, le classement en zone agricole de la parcelle ZT n°441 ne fait pas obstacle à une telle réservation, les zones agricoles n'étant pas dépourvues par nature d'aménagements de voirie tels qu'un carrefour. Par suite, le moyen tiré de ce que la délibération attaquée serait " illégale " à raison de la réservation de l'emplacement D 09 doit être écarté.
15. Le règlement graphique du plan local d'urbanisme intercommunal fait état sur les parcelles cadastrées section ZT n°s 441 et 444 d'une zone humide présumée, sans y attacher de règles de constructibilité particulières. L'absence de motivation particulière de ce zonage dans le rapport de présentation et la circonstance que l'atlas des zones inondables n'identifie pas les parcelles concernées comme inondables ne sont pas de nature à établir le caractère infondé de cette signalisation d'une zone humide présumée, qui résulte du schéma directeur d'aménagement des eaux, les requérants ne contestant pas que les critères pédologique et botanique définis à l'article L. 211-1 du code de l'environnement seraient en l'espèce réunis. Enfin, le classement en zone agricole des deux parcelles n'est pas de nature à révéler l'absence de zone humide. Par suite, le moyen tiré de ce que la délibération attaquée serait " illégale " à raison de l'identification d'une zone humide présumée sur les parcelles ZT n°s 441 et 444 doit être écarté.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 7 février 2020 du maire d'Héric :
16. L'article L. 422-1 du code de l'urbanisme dispose que : " L'autorité compétente pou
délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet
faisant l'objet d'une déclaration préalable est :/ a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, () ; ". Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 7 février 2020 a été signé par le maire de la commune d'Héric. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs même pas allégué que la commune d'Héric aurait délégué la compétence prévue au a) de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme, comme elle en a la possibilité sur le fondement de l'article
L. 422-3 du même code. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 7 février 2020 doit donc être écarté.
17. Compte tenu de ce qui a été dit au point 12, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté serait illégal à raison de l'erreur manifeste d'appréciation entachant le classement de la parcelle ZT n°444 en zone agricole, secteur Ab, par le règlement du plan local d'urbanisme intercommunal d'Erdre et Gesvres.
18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des deux requêtes doivent être rejetées ainsi que, par conséquent, les conclusions à fin d'injonction de la requête n°2003992.
Sur les frais liés au litige :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes Erdre et Gesvres ou de la commune d'Héric, qui ne sont pas parties perdantes dans les présentes instances, les sommes demandées sur le fondement de cet article par les requérants. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants les sommes demandées par la communauté de communes Erdre et Gesvres et par la commune d'Héric sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°s 2001982 et 2003992 de M. et Mme D sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté de communes Erdre et Gesvres et par la commune d'Héric sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B et M. E D, à la communauté de communes d'Erdre et Gesvres et à la commune d'Héric.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. A de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.
La rapporteure,
C. C
Le président,
A. A DE BALEINELa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°s 2001982, 200399
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026