mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2002011 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | DUPLANTIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 février et 6 juin 2020, M. A B, représenté par Me Duplantier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 mai 2019 par laquelle le préfet du Loiret a décidé de rejeter sa demande de naturalisation, ainsi que la décision du 26 novembre 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a substitué à cette décision de rejet une décision d'ajournement pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire droit à sa demande de naturalisation, au besoin sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision préfectorale du 2 mai 2019 est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle ne tient pas compte de sa réhabilitation de plein droit s'agissant de la condamnation dont il a fait l'objet le 22 octobre 2017 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que les faits objet de la condamnation sont anciens ; s'il ne conteste pas la condamnation prononcée pour avoir organisé le mariage de son frère avec une ressortissante française en vue d'obtenir une carte de séjour, le couple a cependant eu trois enfants en commun attestant ainsi de ce que l'union n'était pas frauduleuse ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il justifie de son insertion professionnelle et qu'il s'occupe de ses enfants et de sa famille.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions de la requête dirigées contre la décision préfectorale du 2 mai 2019 sont irrecevables dès lors que la décision ministérielle du 26 novembre 2019 s'y est substituée ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Martel a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né le 11 octobre 1976, a sollicité l'acquisition de la nationalité française par naturalisation. Sa demande a été rejetée par décision du préfet du Loiret du 2 mai 2019. Saisi du recours préalable obligatoire prescrit par le décret du 30 décembre 1993, le ministre de l'intérieur a, par décision du 26 novembre 2019, substitué à ce rejet une décision d'ajournement pour une durée à deux ans de sa demande de naturalisation. M. B demande au tribunal d'annuler ces deux décisions.
Sur la fin de non-recevoir :
3. Aux termes de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " Dans les deux mois suivant leur notification, les décisions prises en application des articles 43 et 44 peuvent faire l'objet d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations, à l'exclusion de tout autre recours administratif. / Ce recours () constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. / Le silence gardé par le ministre chargé des naturalisations sur ce recours pendant plus de quatre mois vaut décision de rejet du recours ".
4. Il résulte de ces dispositions que la décision du ministre de l'intérieur du 26 novembre 2019 s'est substituée à la décision du préfet du Loiret du 2 mai 2019. Par suite, ainsi que le fait valoir le ministre en défense, les conclusions de la requête dirigées contre la décision préfectorale du 2 mai 2019 ne sont pas recevables.
Sur la légalité de la décision du 26 novembre 2019 :
5. En premier lieu, le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'une erreur de droit dès lors que le requérant a fait l'objet d'une réhabilitation de plein droit à la suite de la condamnation prononcée à son encontre le 22 octobre 2007 est inopérant dès lors que cette mesure ne se fonde pas sur cette condamnation, mais sur la circonstance qu'il n'aurait pas pleinement réalisé son insertion professionnelle. De même, la circonstance qu'il se conduit en bon père de famille est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée eu égard au motif sur lequel elle se fonde.
6. En second lieu, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 précité : " () / Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Ce délai une fois expiré ou ces conditions réalisées, il appartient à l'intéressé, s'il le juge opportun, de déposer une nouvelle demande ". L'autorité administrative dispose, en matière de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française, d'un large pouvoir d'appréciation. Elle peut, dans l'exercice de ce pouvoir, prendre en considération notamment, pour apprécier l'intérêt que présenterait l'octroi de la nationalité française, l'intégration de l'intéressé dans la société française, son insertion sociale et professionnelle et le fait qu'il dispose de ressources lui permettant de subvenir durablement à ses besoins en France.
7. Il ressort des pièces du dossier que si M. B a travaillé du 3 juillet 2006 au 15 décembre 2017 pour la même entreprise en qualité de peintre, il a, à cette date, été licencié pour motif économique. Depuis lors, après avoir perçu l'allocation de sécurisation professionnelle versée par Pôle emploi, il a, à compter du 7 février 2019, créé son entreprise en qualité d'auto-entrepreneur. S'il ressort de la déclaration au titre de la cotisation foncière des entreprises qu'il a, au titre de l'année 2019, généré un chiffre d'affaire de 17 769 euros hors taxe, il ne justifie cependant pas des revenus procurés par cette activité. Dans ces conditions, le ministre qui dispose d'un large pouvoir d'apprécier l'opportunité d'accorder la nationalité française a pu, sans entacher sa décision d'erreur manifeste d'appréciation, ajourner à deux ans la demande de naturalisation présentée par M. B, en retenant que celui-ci n'avait pas réalisé pleinement son insertion professionnelle, dans la mesure où son activité commerciale présentait un caractère récent et il ne disposait pas de ressources stables.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
Mme Martel, première conseillère,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.
La rapporteure,
C. MARTEL
Le président,
C. CANTIELa greffière,
F. MERLET
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026