mercredi 13 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2002071 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PHILIPPON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 20 février 2020, le 5 mai 2020 et le
8 juin 2020, M. B A, représenté par Me Philippon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 13 février 2020 par laquelle le préfet du Maine-et-Loire a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et la décision implicite par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale, dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans les mêmes conditions de délai ou d'astreinte, et de renouveler son attestation de demandeur d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Philippon, en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 13 février 2020 a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration;
- elle méconnaît les dispositions du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête et demande de condamner M. A à verser une amende de 1 500 euros en application de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la décision est devenue caduque dès lors que le délai de dix-huit mois imparti pour la prise en charge par l'Etat responsable de la demande d'asile est expiré ;
- la requête présente un caractère abusif ;
- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
26 mars 2020.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme El Mouats-Saint-Dizier,
- et les observations de Me Philippon, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant sénégalais né en 1990, a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile auprès du préfet de la Loire-Atlantique le 24 mai 2019. Il a fait l'objet d'un arrêté du préfet de Maine-et-Loire portant remise aux autorités italiennes le 17 juin 2019, ainsi que d'un arrêté portant assignation à résidence le 3 juillet 2019. Le 12 novembre 2019, le préfet de Maine-et-Loire a prolongé le délai de transfert de l'intéressé au motif qu'il était en fuite. M. A a sollicité un nouvel enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale le 12 février 2020. Par un courriel du 13 février 2020, le préfet de Maine-et-Loire a refusé de faire droit à sa demande. Par la présente requête, M. A demande d'annuler cette dernière décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 29, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, le transfert du demandeur vers l'Etat membre responsable de l'examen de sa demande d'asile doit s'effectuer " dès qu'il est matériellement possible et, au plus tard, dans un délai de six mois à compter de l'acceptation par un autre Etat membre de la requête aux fins de la prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée ou de la décision définitive sur le recours ou la révision lorsque l'effet suspensif est accordé conformément à l'article 27, paragraphe 3 ". Aux termes du paragraphe 2 du même article : " Si le transfert n'est pas exécuté dans le délai de six mois, l'État membre responsable est libéré de son obligation de prendre en charge ou de reprendre en charge la personne concernée et la responsabilité est alors transférée à l'État membre requérant. Ce délai peut être porté à un an au maximum s'il n'a pas pu être procédé au transfert en raison d'un emprisonnement de la personne concernée ou à
dix-huit mois au maximum si la personne concernée prend la fuite ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté une demande d'asile auprès des services de la préfecture de la Loire-Atlantique le 24 mars 2019. Le 17 juin 2019, soit dans le délai de six mois à compter de la date à laquelle est intervenu l'accord des autorités italiennes, le
10 juin 2019, conformément aux dispositions mentionnées au point 2 précédent, le préfet de Maine-et-Loire a décidé du transfert de l'intéressé en Italie. Ce délai a été interrompu par la requête introduite par M. A à l'encontre de cette décision et a recommencé à courir intégralement à compter du 16 juillet 2019, date à laquelle le préfet de Maine-et-Loire a reçu notification du jugement par lequel le magistrat désigné du tribunal a rejeté cette requête. Les autorités italiennes ont par la suite été informées de la prolongation du délai de transfert de dix-huit mois à raison de la fuite de l'intéressé, portant l'obligation de transférer au plus tard le 16 janvier 2021. Dès lors qu'il est constant que le transfert du requérant n'a pas été opéré dans le délai de dix-huit mois, la décision de transfert est devenue caduque. La demande d'asile présentée par M. A a été enregistrée en procédure normale le 22 février 2021. Cet enregistrement, postérieurement à l'introduction de sa requête, rend sans objet les conclusions de M. A tendant à l'annulation du refus opposé le 13 février 2020 et à ce qu'il soit enjoint au préfet d'enregistrer sa demande d'asile. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte présentées par M. A.
Sur les conclusions reconventionnelles du préfet de Maine-et-Loire :
4. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ". La faculté prévue par ces dispositions constituant un pouvoir propre du juge, les conclusions du préfet de Maine-et-Loire tendant à ce qu'il en soit fait application ne peuvent être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction sous astreinte présentées par M. A.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. A pour son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions présentées par le préfet de Maine-et-Loire au titre de l'article R. 741-12 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Philippon et au préfet de Maine-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2023.
La rapporteuse,
M. C
SAINT-DIZIER
La présidente,
S. RIMEULa greffière,
A. GOUDOU
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026