mardi 2 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2002074 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | KILINC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 février 2020, Mme A B épouse D, représentée par Me Kilinç, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours contre la décision du préfet du Bas-Rhin du 20 septembre 2019 rejetant sa demande de naturalisation ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors que le centre de ses attaches privées et matérielles se situe en France.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de la décision préfectorale sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par Mme B épouse D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les observations de Me Kilinç, avocat de Mme B épouse D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B épouse D, ressortissante turque née le 15 août 1981, a déposé une demande de naturalisation auprès du préfet du Bas-Rhin, qui a rejeté sa demande comme irrecevable par une décision du 20 septembre 2019. Elle a formé un recours contre cette décision auprès du ministre de l'intérieur. Le silence gardé par ce dernier a fait naître une décision implicite de rejet de sa demande, à laquelle s'est substituée une décision expresse de rejet, datée du 26 avril 2021. Mme B épouse D doit, dans ces conditions, être regardée comme demandant au tribunal l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur du 26 avril 2021.
2. Il ressort des termes de la décision contestée que pour rejeter, en application des articles 45 et 48 du décret du 30 décembre 1993, la demande de naturalisation présentée par Mme B épouse D, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur le motif tiré de ce que l'intéressée, qui exerce des fonctions de secrétaire au consulat général de Turquie à Strasbourg depuis 2016, a conservé avec son pays d'origine un lien particulier incompatible avec l'allégeance française.
3. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " Hors le cas prévu à l'article 21-14-1, l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 48 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : " () / Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation () sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte les renseignements recueillis sur le comportement du postulant, dont ceux relatifs à son loyalisme.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B épouse D est employée, depuis le 15 juin 2016, en qualité de secrétaire auprès du consulat général de Turquie à Strasbourg, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. L'activité professionnelle de la requérante révèle ainsi un lien particulier l'unissant à son pays d'origine, quand bien même l'intéressée n'exercerait, à titre professionnel, ni fonctions de responsabilités, ni fonctions diplomatiques. En outre, la circonstance que le mari de Mme B épouse D résiderait en France et travaillerait en Allemagne uniquement du fait d'un défaut de perspectives professionnelles en France est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, eu égard au motif sur lequel elle se fonde. Par suite, le ministre a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, refuser de faire droit à la demande de l'intéressée pour le motif cité au point 2.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B épouse D doit être rejetée en toutes ses conclusions, sans qu'il soit besoin de se prononcer la fin de non-recevoir soulevée par le ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B épouse D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B épouse D et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2023.
La rapporteure,
L. C
Le président,
S. DEGOMMIERLa greffière,
F. MERLET
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026