jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2002202 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 12eme chambre |
| Avocat requérant | BARDOUL |
Vu les procédures suivantes :
I. Sous le numéro 2002202, par une requête enregistrée le 25 février 2020, M. C G, représenté par Me Bardoul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par la présidente de Nantes Métropole sur sa demande du 6 août 2019 tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie ;
2°) d'enjoindre à la présidente de Nantes Métropole de reconnaitre l'imputabilité au service de sa maladie dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de Nantes Métropole le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'avis de la commission de réforme n'a pas été recueilli ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 décembre 2020 et 30 septembre 2021, Nantes Métropole conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. G lui verse une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive dès lors que la demande de M. G, qui lui est parvenue le 8 août 2019, a fait naitre, à l'issue d'un délai de deux mois à compter de cette date, une décision implicite de rejet que M. G ne pouvait contester que dans un délai franc de deux mois, de sorte qu'il était forclos lorsqu'il a introduit sa requête le 25 février 2020 ;
- la requête se trouve dépourvue d'objet dès lors qu'elle a, le 26 juillet 2021, pris une décision explicite rejetant la demande de M. G, qui s'est substituée à la décision implicite attaquée ;
- les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.
II. Sous le numéro 2110562, par une requête enregistrée le 21 septembre 2021, M. C G, représenté par Me Bardoul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 juillet 2021 par laquelle la présidente de Nantes Métropole a rejeté sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie ;
2°) d'enjoindre à la présidente de Nantes Métropole de reconnaitre l'imputabilité au service de sa maladie dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de Nantes Métropole le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'aucun spécialiste de sa pathologie n'a siégé au sein de la commission de réforme qui a examiné sa situation le 22 avril 2021 ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'autrice de la décision attaquée s'est estimée liée par l'avis de la commission de réforme ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2021, Nantes Métropole conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. G lui verse une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.
Par un courrier du 5 juin 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la présidente de Nantes Métropole a méconnu le champ d'application de la loi en faisant application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires à la demande de M. G tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de ses congés de maladie, en tant qu'elle concerne ses arrêts de travail antérieurs à l'entrée en vigueur de ces dispositions intervenue le 12 avril 2019, date d'entrée en vigueur du décret n° 2019-301 du 10 avril 2019.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cordrie,
- les conclusions de Mme Malingue, rapporteure publique,
- les observations de Me Geffroy, substituant Me Bardoul, représentant M. G.
Des notes en délibéré, présentées par M. G, ont été enregistrées le 8 juin 2024.
Une note en délibéré, présentée par Nantes Métropole, a été enregistrée le 10 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2002202 et 2110562 concernent la situation d'un même agent et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
2. M. G, adjoint technique territorial, a été recruté par Nantes Métropole pour exercer, à compter du 1er avril 2018, les fonctions d'opérateur au centre de supervision urbain au sein de la direction de la tranquillité publique. Par un courrier du 6 août 2019, il a demandé à la présidente de Nantes Métropole de reconnaitre l'imputabilité au service des congés de maladie qui lui ont été accordés du 20 août 10 septembre 2018, du 22 septembre au 7 octobre 2018, du 12 octobre au 11 décembre 2018, du 11 février au 14 mai 2019 et du 27 mai au 21 juin 2019 en raison du syndrome anxio-dépressif qu'il a développé. Le silence gardé par l'administration sur cette demande a fait naitre une décision implicite de rejet, dont M. G demande l'annulation par sa requête n° 2002202. Postérieurement à cette décision, la présidente de Nantes Métropole a saisi la commission de réforme, qui a, lors de sa réunion du 24 juin 2021, rendu un avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie de l'intéressé. Par une décision du 26 juillet 2021, dont M. G demande l'annulation par sa requête n° 2110562, la présidente de Nantes Métropole a expressément rejeté la demande de M. G.
Sur la requête n° 2002202 :
3. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 26 juillet 2021, la présidente de Nantes Métropole a rejeté expressément la demande de M. G. Cette décision s'est substituée à la décision implicite, née du silence gardé par la métropole pendant deux mois sur cette demande, dont le requérant demande l'annulation par sa requête n° 2002202. Dès lors, Nantes Métropole est fondée à soutenir que les conclusions dirigées contre cette décision implicite se trouvent dépourvues d'objet. Par suite, il y a lieu d'accueillir l'exception de non-lieu qu'elle soulève.
Sur la requête n° 2110562 :
4. En premier lieu, par un arrêté du 21 juillet 2020, la présidente de Nantes Métropole a donné délégation à Mme A D, douzième vice-présidente chargée du personnel et signataire de la décision attaquée, à l'effet de signer les décisions relevant de son champ de compétence, et par un arrêté du 21 juillet 2021, elle a subdélégué sa signature à M. B F pour la période allant du 19 juillet au 1er août 2021. Il ressort des mentions de ces arrêtés qu'à la date à laquelle la décision attaquée a été prise, ils avaient été régulièrement affichés et transmis au préfet. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 31 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales, dans sa rédaction applicable au litige : " Une commission de réforme est constituée dans chaque département pour apprécier la réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service () ". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " () / Cette commission comprend : / 1. Deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, s'il y a lieu, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste qui participe aux débats mais ne prend pas part aux votes ; / 2. Deux représentants de l'administration ; / 3. Deux représentants du personnel. () ".
6. Il résulte des dispositions de l'article 3 de l'arrêté précité que, dans le cas où il est manifeste, eu égard aux éléments dont dispose la commission de réforme, que la présence d'un médecin spécialiste de la pathologie invoquée par un agent est nécessaire pour éclairer l'examen de son cas, l'absence d'un tel spécialiste est susceptible de priver l'intéressé d'une garantie et d'entacher ainsi la procédure devant la commission d'une irrégularité justifiant l'annulation de la décision attaquée.
7. S'il est exact que la commission de réforme, lors de la séance du 24 juin 2021, ne comprenait pas de médecin spécialiste en psychiatrie, elle disposait du rapport d'expertise établi le 27 janvier 2021 par le Dr E, psychiatre, et a ainsi pu s'appuyer sur un avis récent d'un médecin spécialiste de la pathologie de M. G. Dès lors, la commission de réforme a pu estimer qu'elle était suffisamment éclairée par le contenu de cette expertise, sans que la présence d'un psychiatre soit nécessaire, de sorte que le requérant ne peut être regardé comme ayant été effectivement privé d'une garantie. Le moyen tiré du vice de procédure constitué par l'irrégularité de la composition de la commission de réforme doit, par suite, être écarté.
8. En troisième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que la présidente de Nantes Métropole se serait estimée liée par l'avis de la commission de réforme et aurait ainsi entaché sa décision d'une erreur de droit en refusant d'exercer sa compétence. Le moyen doit, par suite, être écarté.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction antérieure à l'entrée en vigueur de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident (). / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () ".
10. L'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique a institué un " congé pour invalidité temporaire imputable au service " en insérant dans la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires un article 21 bis, qui n'est entré en vigueur, en tant qu'il s'applique à la fonction publique territoriale, qu'au 13 avril 2019, date d'entrée en vigueur du décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale. Si les dispositions résultant de cet article 21 bis ont vocation à s'appliquer aux situations en cours, c'est sous réserve des exigences attachées au principe de non rétroactivité, qui exclut que les nouvelles dispositions s'appliquent à des situations juridiquement constituées avant leur entrée en vigueur.
11. Aux termes des dispositions de cet article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, désormais reprises aux articles L. 822-18 et suivants du code de la fonction publique : " I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service (). Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. () / IV. - Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau () Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. () VI. - Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités du congé pour invalidité temporaire imputable au service mentionné au premier alinéa et détermine ses effets sur la situation administrative des fonctionnaires. () ". Aux termes de l'article 37-8 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa rédaction applicable au litige : " Le taux d'incapacité permanente servant de seuil pour l'application du troisième alinéa du même IV est celui prévu à l' article R. 461-8 du code de la sécurité sociale. / Ce taux correspond à l'incapacité que la maladie est susceptible d'entraîner. Il est déterminé par la commission de réforme compte tenu du barème indicatif d'invalidité annexé au décret pris en application du quatrième alinéa de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite. " Et aux termes de l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale : " Le taux d'incapacité mentionné au septième alinéa de l'article L. 461-1 est fixé à 25 %. "
12. Par ailleurs, les droits des agents publics en matière de maladie professionnelle sont constitués à la date à laquelle la maladie est diagnostiquée.
13. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le syndrome anxio-dépressif dont souffre M. G a été diagnostiqué le 28 août 2018. M. G a demandé à la présidente de Nantes Métropole de reconnaitre l'imputabilité au service des congés de maladie dont il a, du fait de cette affection anxio-dépressive, bénéficié du 20 août au 10 septembre 2018, du 22 septembre au 7 octobre 2018, du 12 octobre au 11 décembre 2018, le 11 février 2019, du 12 février au 14 mai 2019, du 27 mai au 21 juin 2019 et du 22 juin au 21 août 2019.
14. Pour rejeter la demande de M. G, la présidente de Nantes Métropole a fait application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 en se fondant sur le motif tiré de ce que sa pathologie n'était pas susceptible d'entrainer une incapacité permanente d'au moins 25 %.
15. L'article 15 du décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale a prévu les dispositions transitoires suivantes : " Le fonctionnaire en congé à la suite d'un accident ou d'une maladie imputable au service continue de bénéficier de ce congé jusqu'à son terme. Toute prolongation de ce congé postérieure à l'entrée en vigueur du présent décret est accordée dans les conditions prévues au chapitre Ier. () ". Ce décret étant entré en vigueur le 13 avril 2019, l'examen de la demande de M. G en tant qu'elle portait sur les congés de maladie dont il a bénéficié du 27 mai au 21 juin 2019 et du 22 juin au 21 août 2019 entrait dans le champ de ces dispositions transitoires.
16. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du rapport d'expertise établi par le Dr E le 27 février 2021, qui a fixé le taux d'incapacité permanente de M. G à 0 %, et de l'avis de la commission de réforme du 24 juin 2021, qui a considéré la pathologie de ce dernier n'entrainait pas d'incapacité permanente partielle (IPP) d'au moins 25 %, que le requérant ne satisfaisait pas à la condition de taux d'IPP fixée par les dispositions des articles 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 et 37-8 du décret du 30 juillet 1987. Par conséquent, et alors, au demeurant, que M. G ne conteste pas le motif de la décision attaquée, tiré de ce qu'il ne remplissait pas cette condition, la présidente de Nantes Métropole n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en rejetant sa demande en tant qu'elle portait sur les congés de maladie dont il a bénéficié du 27 mai au 21 juin 2019 et du 22 juin au 21 août 2019. Par suite, ses conclusions tendant à l'annulation de la décision du 26 juillet 2021, en tant que celle-ci rejette sa demande s'agissant des congés de maladie dont il a bénéficié du 27 mai au 21 juin 2019 et du 22 juin au 21 août 2019, doivent être rejetées.
17. Par ailleurs, dès lors que pour rejeter la demande de M. G tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie, la présidente de Nantes Métropole ne s'est pas fondée sur l'absence de lien entre cette pathologie et l'exercice par M. G de ses fonctions, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur d'appréciation en ce qu'elle ne retient pas l'existence d'un tel lien ne permet pas de critiquer utilement sa légalité et ne peut, par suite, qu'être écarté.
18. En revanche, les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 ne sont, ainsi qu'il a été dit au point 10, entrées en vigueur que le 13 avril 2019. Elles étaient dès lors inapplicables à la demande de M. G en tant que celle-ci portait sur les congés de maladie dont il a bénéficié du 20 août au 10 septembre 2018, du 22 septembre au 7 octobre 2018, du 12 octobre au 11 décembre 2018, le 11 février 2019 et du 12 février au 14 mai 2019. Par suite, en faisant application de ces dispositions à ces périodes pour rejeter la demande de M. G au motif que la pathologie du requérant n'était pas susceptible d'entraîner un taux d'IPP d'au moins 25%, la présidente de Nantes Métropole a méconnu le champ d'application de la loi et sa décision du 26 juillet 2021, en tant qu'elle porte sur ces périodes, doit être annulée.
19. Il résulte de ce qui précède que la décision du 26 juillet 2021 doit être annulée en tant seulement qu'elle rejette la demande de M. G s'agissant des congés de maladie dont il a bénéficié du 20 août au 10 septembre 2018, du 22 septembre au 7 octobre 2018, du 12 octobre au 11 décembre 2018, le 11 février 2019 et du 12 février au 14 mai 2019.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
20. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique seulement que la demande de M. G, en tant qu'elle porte sur les congés de maladie dont il a bénéficié du 20 août au 10 septembre 2018, du 22 septembre au 7 octobre 2018, du 12 octobre au 11 décembre 2018, le 11 février 2019 et du 12 février au 14 mai 2019, soit réexaminée au regard des dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction antérieure à l'entrée en vigueur de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à la présidente de Nantes Métropole de procéder à ce réexamen dans un délai deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. G, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Nantes Métropole demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
22. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Nantes Métropole le versement à M. G d'une somme de 1 500 euros au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2002202.
Article 2 : La décision du 26 juillet 2021 est annulée en tant qu'elle rejette la demande de M. G s'agissant des congés de maladie dont il a bénéficié du 20 août au 10 septembre 2018, du 22 septembre au 7 octobre 2018, du 12 octobre au 11 décembre 2018, le 11 février 2019 et du 12 février au 14 mai 2019.
Article 3 : Il est enjoint à la présidente de Nantes Métropole de procéder au réexamen de la demande de M. G en tant qu'elle porte sur les congés de maladie dont il a bénéficié du 20 août au 10 septembre 2018, du 22 septembre au 7 octobre 2018, du 12 octobre au 11 décembre 2018, le 11 février 2019 et du 12 février au 14 mai 2019 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Nantes Métropole versera à M. G une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. G est rejeté.
Article 6 : Les conclusions présentées par Nantes Métropole sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. C G et à Nantes Métropole.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gourmelon, présidente,
Mme Milin, première conseillère,
M. Cordrie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
Le rapporteur,
A. CORDRIE
La présidente,
V. GOURMELONLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2, 211056
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026