mardi 14 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2002310 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 février 2020, M. B C A, représenté par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin au bénéfice, à son profit, des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de procéder au calcul du montant de l'allocation pour demandeur d'asile non versée en exécution de la décision attaquée dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de procéder au versement de la somme due dans un délai de deux mois à compter de cette même notification ;
3°) à défaut, d'enjoindre à l'OFII de procéder au réexamen de ses droits aux conditions matérielles d'accueil dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de condamner l'OFII au versement du montant correspondant dans un délai de deux mois à compter de cette notification ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision méconnaît l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'un examen de sa vulnérabilité mené par un agent ayant reçu une formation spécifique à cette fin ;
- il n'a pas été informé, préalablement à la décision et dans une langue qu'il comprend, des conditions dans lesquelles la suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil était susceptible d'intervenir ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait dès lors que, contrairement à ce qu'a retenu l'OFII, il a bien exécuté la décision de transfert prise à son encontre ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête. Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 février 2020.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Delohen a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant somalien né en 1992, est entré en France en janvier 2019 et a déposé une demande d'asile à la préfecture de la Loire-Atlantique, enregistrée le 22 janvier 2019. Il a accepté à cette date les conditions matérielles d'accueil qui lui ont été proposées par l'Office de l'immigration et de l'intégration (OFII). L'intéressé a été placé en " procédure Dublin " et remis aux autorité italiennes, en exécution d'un arrêté préfectoral de transfert, le 26 juillet 2019. Il est revenu en France le 5 septembre 2019 et a déposé une nouvelle demande d'asile le 24 septembre 2019. Une nouvelle offre au titre des conditions matérielles d'accueil lui a été faite par l'OFII, qu'il a acceptée le 27 septembre 2019. Par un courrier du même jour, l'OFII a fait part à M. A de son intention de lui suspendre le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil. Par lettre reçue par l'OFII le 8 octobre 2019, M. A a produit ses observations et notamment sollicité le rétablissement à son profit du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision implicite par laquelle l'OFII a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil.
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a certifié avoir bénéficié d'un entretien sur sa situation préalablement à l'acceptation des conditions matérielles d'accueil proposées par l'OFII les 23 janvier et 27 septembre 2019. Ces entretiens n'ont pas fait apparaître de facteur particulier de vulnérabilité au sens des dispositions, alors applicables, de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Aucune disposition n'impose que soit portée la mention, sur le compte rendu de l'entretien d'évaluation, de l'identité de l'agent qui a conduit l'entretien. Enfin, le requérant ne fait état d'aucune circonstance qui conduirait à douter que cet agent n'aurait pas reçu la formation spécifique mentionnée par les dispositions de l'article L. 744-6. Dès lors et en tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne saurait être accueilli.
3. En deuxième lieu, il ressort des offres de prise en charge des 23 janvier et 27 septembre 2019 que M. A a certifié avoir été informé, dans une langue qu'il comprend, des conditions et modalités de suspension, de retrait et de refus des conditions matérielles d'accueil. Aussi, le moyen tiré de l'absence d'information préalable relative aux conditions de suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil doit être écarté.
4. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version alors applicable : " Outre les cas, mentionnés à l'article L. 744-7, dans lesquels il est immédiatement mis fin de plein droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le bénéfice de celles-ci peut être : / () 2° Refusé si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ou s'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2 () ". Aux termes de l'article L. 744-9 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur : " () Le versement de l'allocation prend fin () à la date du transfert effectif vers un autre Etat si sa demande relève de la compétence de cet Etat () ".
5. Lorsqu'un demandeur d'asile revient en France après avoir été transféré vers l'Etat responsable de l'examen de cette demande sans que celui-ci l'ait examinée, et présente une nouvelle demande d'asile, l'OFII peut refuser le bénéfice de ces droits, sauf si les autorités en charge de cette nouvelle demande décident de l'examiner ou si, compte tenu du refus de l'Etat responsable d'examiner la demande précédente, il leur revient de le faire.
6. Il ressort des pièces du dossier que, après son transfert vers l'Italie, pays responsable du traitement de sa demande d'asile, M. A est revenu en France le 5 septembre 2019 pour y présenter une nouvelle demande d'asile. Si l'intéressé allègue avoir exécuté la décision de transfert prise à son encontre en se rendant en Italie, il ne justifie d'aucun élément qui aurait fait craindre que sa demande d'asile n'y soit pas traitée dans des conditions conformes à la Convention de Genève et n'établit pas se trouver dans une situation de particulière vulnérabilité à la date de la décision qu'il attaque. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, la directrice territoriale de l'OFII aurait entaché sa décision d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A, à Me Rodrigues Devesas et à l'Office français de l'immigration de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 31 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
Mme Martel, première conseillère,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 novembre 2023.
Le rapporteur,
D. DELOHENLe président,
C. CANTIÉ
La greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
No 2002310
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026