jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2002461 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | KADDOURI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 mars 2020, M. B A D, représenté par Me Hamid Kaddouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 janvier 2020 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer une attestation de demande d'asile ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte d'un montant de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à Me Kaddouri en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Une mise en demeure de produire un mémoire en défense a été adressée au préfet de Maine-et-Loire le 14 décembre 2021.
Un mémoire en défense, présenté par le préfet de Maine-et-Loire, a été enregistré le 28 mars 2023, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, intervenue trois jours francs avant l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. A D par une décision du 19 janvier 2021 de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'ordonnance n° 2020-1733 du 16 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 30 mars 2023 à partir de 9h45.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A D est un ressortissant de nationalité soudanaise qui est né le 18 mars 1979. Il est entré en France pour la première fois au cours de l'année 2003 et a sollicité vainement dans ce pays le bénéfice de l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée ainsi que ses trois demandes de réexamen au titre de l'asile. Le 20 janvier 2020, il a déposé une quatrième demande de réexamen de sa demande d'asile. Par un arrêté du 21 janvier 2020, le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer l'attestation de demande d'asile. M. A D demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente, qui enregistre sa demande et procède à la détermination de l'Etat responsable en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013 (). / () / Lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voit remettre une attestation de demande d'asile dont les conditions de délivrance et de renouvellement sont fixées par décret en Conseil d'Etat. La durée de validité de l'attestation est fixée par arrêté du ministre chargé de l'asile. / La délivrance de cette attestation () ne peut être refusée que dans les cas prévus aux 5° et 6° de l'article L. 743-2. () ".
3. Aux termes de l'article L. 743-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " () sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention relative au statut des réfugiés, signée à Genève le 28 juillet 1951, et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, adoptée à Rome le 4 novembre 1950, () l'attestation de demande d'asile peut être refusée, () lorsque : () 5° L'étranger présente une nouvelle demande de réexamen après le rejet définitif d'une première demande de réexamen ; 6° L'étranger fait l'objet d'une décision définitive d'extradition vers un Etat autre que son pays d'origine ou d'une décision de remise sur le fondement d'un mandat d'arrêt européen ou d'une demande de remise par une cour pénale internationale ; () ".
4. En premier lieu, la décision refusant la délivrance d'une attestation de demande d'asile doit être motivée en application des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Cette exigence de motivation impose seulement à l'autorité administrative de prendre une décision comportant l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et non pas de l'ensemble des éléments soumis à son examen. Eu égard à la finalité de l'obligation de motivation, est sans incidence sur le respect de celle-ci la circonstance que l'énoncé de ces considérations révèlerait un défaut d'examen de la situation du demandeur.
5. Il ressort de la lecture de l'arrêté formalisant la décision en litige qu'il se réfère aux dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique, de manière précise, le motif pour lequel M. A D ne peut se voir délivrer une attestation de demande d'asile. Par suite, cet arrêté énonce les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de cette décision de sorte que le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.
6. En second lieu, il n'est pas contesté que, le 20 janvier 2020, M. B A D a déposé une nouvelle demande de réexamen de sa situation au titre de l'asile alors qu'une précédente demande de réexamen avait été définitivement rejetée. Il figurait dès lors au nombre des étrangers, relevant du 5° de l'article L. 743-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, auxquels le préfet peut refuser la délivrance d'une attestation de demande d'asile. Si M. A D soutient que sa demande de réexamen était justifiée par des faits qu'il étayera devant l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides par la production de documents, il ressort du compte-rendu de l'entretien qui s'est tenu dans les locaux de la préfecture de Maine-et-Loire le 20 janvier 2020 qu'il n'a pas été en mesure de présenter ces documents, l'intéressé ayant fait état de ce qu'il les obtiendra "dans les semaines ou les mois qui viennent". M. A D a lui-même indiqué qu'il n'était pas retourné au Soudan et il ne justifie pas des problèmes de santé qu'il allègue. Au regard de l'ensemble de ces éléments, et pour regrettable que soit la circonstance que le refus de délivrance d'une attestation de demande d'asile le prive de la possibilité de bénéficier des conditions matérielles d'accueil alors qu'il indique être dépourvu de ressources et de logement, le préfet de Maine-et-Loire en opposant cette décision de refus, n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 21 janvier 2020 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer une attestation de demande d'asile. Ses conclusions à fin d'annulation doivent dès lors être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A D, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Hamid Kaddouri.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Nathalie Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
Le rapporteur,
D. C
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
No 2002461
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026