LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2002675

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2002675

mardi 11 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2002675
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantRODRIGUES DEVESAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 mars 2020 et le 7 avril 2020, Mme F B, Mme H C et Mme I C, représentées par Me Rodrigues Devesas, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 21 août 2019 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) leur a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile ;

2°) d'enjoindre, à titre principal, à l'OFII de les rétablir dans leurs droits aux conditions matérielles d'accueil dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de leur verser le montant correspondant depuis la suspension de leurs droits dans un délai de deux mois à compter de cette notification, et, à titre subsidiaire, de réexaminer leurs droits aux conditions matérielles d'accueil dans un délai d'un mois à compter de cette notification ;

3°) de les admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement de la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elles soutiennent que :

- la motivation de la décision attaquée est insuffisante ;

- la compétence du signataire de la décision n'est pas démontrée ;

- la preuve n'est pas rapportée de ce qu'un entretien de vulnérabilité a été effectivement mené et ce par un agent de l'OFII ayant reçu une formation spécifique à cette fin, dans une langue comprise par elles conformément aux dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cette décision fait une inexacte application de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation en ce qu'elle se fonde sur un risque de fuite, dès lors qu'elles n'ont manqué qu'une seule convocation auprès des autorités de police du Mans, en raison de démarches médicales importantes qu'elles avaient entreprises et de leur crainte d'être renvoyées vers le Portugal sans avoir pu obtenir les résultats de leurs examens médicaux ;

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de leur situation de particulière vulnérabilité, dès lors qu'elles souffrent de nombreux problèmes de santé et ne bénéficient d'aucun hébergement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2020, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérantes ne sont pas fondés.

Mme F B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 avril 2020.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme G a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante angolaise née en 1961, est entrée en France en provenance du Portugal en octobre 2018, accompagnée de ses deux filles majeures nées respectivement en 1989 et 1997. Elles ont formé des demandes d'asile, enregistrées en préfecture de Maine-et-Loire le 19 novembre 2018. Elles ont, à cette même date, accepté les conditions matérielles d'accueil qui leur étaient proposées par l'Office de l'immigration et de l'intégration (OFII). Toutefois, par décision du 21 août 2019, dont Mme B et ses filles demandent au tribunal l'annulation, la directrice territoriale de l'OFII leur a fait savoir que le bénéfice de leurs conditions matérielles d'accueil leur était suspendu, au motif qu'elles n'avaient pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités.

2. Par une décision du 20 avril 2020, le bureau d'aide juridictionnelle a admis Mme F B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Les conclusions tendant à ce que les requérantes soient provisoirement admises au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sont ainsi devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

3. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise le motif de suspension des conditions matérielles d'accueil tiré de ce que les intéressées n'ont pas respecté l'obligation qui leur était faite de se présenter afin de signer leur assignation à résidence qui commençait le 12 février 2020. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que leur demande d'asile n'aurait pas fait l'objet d'un examen complet et sérieux, en particulier s'agissant de leur situation de vulnérabilité.

4. En deuxième lieu, par une décision du 1er janvier 2016, publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur n°2016-2 du 15 février 2016, le directeur général de l'OFII a donné à Mme A E, directrice territoriale à Nantes, délégation à l'effet de signer toutes les décisions se rapportant aux mission de l'OFII dans la région des Pays de la Loire. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué sera donc écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version alors applicable : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. L'évaluation de la vulnérabilité du demandeur est effectuée par des agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant reçu une formation spécifique à cette fin. ".

6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment des captures d'écran du dossier des requérantes, produites par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que Mme B et ses deux filles majeures ont bénéficié d'un entretien réalisé par un agent formé spécifiquement et dans une langue que les requérantes comprennent. Il ressort en outre des pièces du dossier que la situation personnelle et familiale des intéressées a fait l'objet d'un examen particulier de leur vulnérabilité. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'OFII ne se serait pas livré à une telle évaluation de la vulnérabilité des intéressées. Les requérantes ne sont ainsi pas fondées à soutenir que la décision attaquée aurait été prise au terme d'une procédure irrégulière, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précédemment rappelées.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction alors applicable : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : / 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile a abandonné son lieu d'hébergement déterminé en application de l'article L. 744-7, n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que Mme F B, Mme I C et Mme H C ont fait l'objet d'arrêtés du préfet de Maine-et-Loire portant remise aux autorités portugaises et assignation à résidence, en date du 28 décembre 2018, assignation renouvelée à deux reprises le 11 mars et le 17 avril 2019. Il ressort également d'un procès-verbal d'un officier de la police judiciaire que dans le cadre de la mise en œuvre de la procédure Dublin, un rendez-vous a été fixé le 23 mai 2019 aux requérantes avec leurs effets personnels en vue de leur escorte jusqu'à l'aéroport. Toutefois, celles-ci n'ont pas déféré à cette convocation sans justifier du motif de leur absence. Les requérantes, qui font état de problèmes médicaux, n'apportent toutefois pas d'élément de nature à établir un motif légitime de nature à les empêcher de se rendre à la convocation en vue de se rendre à l'aéroport le jour de leur transfert. Dans ces conditions, les requérantes doivent effectivement être regardées comme ayant pris la fuite au sens de l'article 29 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Dès lors, l'OFII, en se fondant sur la circonstance que les intéressées n'avaient pas respecté leurs obligations de présentation aux autorités, n'a entaché la décision attaquée ni d'une erreur de fait ni d'une erreur de droit ni d'une erreur d'appréciation.

9. En dernier lieu, si les requérantes produisent quelques pièces médicales, ces éléments ne sont pas suffisants pour établir que l'appréciation portée par l'OFII sur leur vulnérabilité serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de Mme B et de Mmes C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F B, à Mme H C, à Mme I C, à Me Rodrigues Devesas et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022 à laquelle siégeaient :

M. D de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

Mme Milin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.

La rapporteure,

S. G

Le président,

A. D DE BALEINE La greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions