vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2002786 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | LEUDET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 mars 2020 et 24 février 2021, M. B C, représenté par Mes Saqot et Levelo, domiciliés chez Me Leudet, demande au tribunal d'annuler la décision du 3 juillet 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a déclaré irrecevable sa demande de réintégration dans la nationalité française.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'accusé de réception de sa demande n'est pas daté ni signé et ne comporte aucun nom de responsable ni cachet ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'appartenant à la communauté indopakistanaise de Madagascar et né avant l'indépendance intervenue le 26 juin 1960, il a demandé sa réintégration sur le fondement du décret n° 002/1084 du 23 janvier 2017, appelé " décret des oubliés de Madagascar ", qui n'impose pas la condition de résidence prévue à l'article 21-26 du code civil ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que l'intérêt particulier pour l'économie ou la culture française mentionné à cet article ne résulte pas nécessairement d'une activité professionnelle mais également du maintien de sa famille dans la langue et la culture françaises.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 janvier 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Diniz, rapporteure publique,
- et les observations de Mme A, représentant le ministre de l'intérieur.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 3 juillet 2019, le ministre de l'intérieur a déclaré irrecevable la demande de réintégration dans la nationalité française présentée par M. C, ressortissant malgache. Par une décision du 30 octobre 2019, le ministre de l'intérieur a rejeté son recours gracieux à l'encontre de la décision initiale. M. C demande au tribunal l'annulation de la décision du 3 juillet 2019.
2. En premier lieu, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure est dépourvu des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, M. C ne produisant pas, en tout état de cause, l'accusé de réception dont il conteste l'absence de date, de signature, de cachet et de qualité du signataire.
3. En second lieu, aux termes de l'article 21-16 du code civil : " Nul ne peut être naturalisé s'il n'a en France sa résidence au moment de la signature du décret de naturalisation ". Aux termes de l'article 21-26 de ce code : " Est assimilé à la résidence en France lorsque cette résidence constitue une condition de l'acquisition de la nationalité française : 1° Le séjour hors de France d'un étranger qui exerce une activité professionnelle publique ou privée pour le compte de l'Etat français ou d'un organisme dont l'activité présente un intérêt particulier pour l'économie ou la culture française ; 2° Le séjour dans les pays en union douanière avec la France qui sont désignés par décret ; 3° La présence hors de France, en temps de paix comme en temps de guerre, dans une formation régulière de l'armée française ou au titre des obligations prévues par le livre II du code du service national ; 4° Le séjour hors de France en qualité de volontaire du service national ".
4. Le ministre de l'intérieur a déclaré irrecevable la demande de réintégration de M. C dans la nationalité française au motif que le postulant ne remplit pas la condition de résidence en France, telle que précisée par l'article 21-26, 1° du code civil, comme n'exerçant en effet en qualité de commerçant aucune activité dans un organisme présentant un intérêt particulier pour l'économie ou la culture française au sens de cet article.
5. S'il n'est pas contesté par le ministre de l'intérieur qu'entre deux cents et trois cents personnes ne détenant aucune nationalité, appartenant à la communauté indopakistanaise de Madagascar et nées avant l'indépendance du 26 juin 1960, ont obtenu la réintégration dans la nationalité française après leur recensement en 2017 et 2018, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que leurs dossiers ont été traités sur le fondement d'un décret du 23 janvier 2017 dont le requérant n'établit pas l'existence. A supposer même que ces demandes aient pu être traitées selon des règles allégées de recevabilité, notamment s'agissant de la condition de résidence posée à l'article 21-16 du code civil, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C n'est pas de nationalité malgache, qu'il appartient à cette communauté ni qu'il est né avant l'indépendance de Madagascar.
6. En outre, il est constant que M. C réside à Madagascar et que sa situation n'entre dans aucune des hypothèses dans lesquelles la résidence hors de France d'un étranger est assimilée à la résidence en France. Par suite, le ministre de l'intérieur n'a pas entaché la décision attaquée d'une erreur de droit ni d'une erreur d'appréciation.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 3 juillet 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a déclaré irrecevable sa demande de réintégration dans la nationalité française. Par suite, sa requête doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mlle Wunderlich, présidente,
Mme Le Lay, première conseillère,
Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.
La rapporteure,
H. DLa présidente,
A.-C. WUNDERLICHLa greffière,
L. BILLAUDLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026