mercredi 12 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2003053 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | LAPORTE |
Vu la procédure suivante :
I, Par une requête enregistrée sous le n° 1914396, le 31 décembre 2019, M. D B, représenté par Me Laporte demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a confirmé la décision du 27 mai 2019 par laquelle le préfet de police a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation ainsi que cette dernière décision ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur ou au préfet de police de lui octroyer la nationalité française dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision méconnaît les dispositions de l'article 21-16 du code civil et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation compte tenu du caractère stable et permanent de sa résidence en France depuis 28 ans et de la fixation de ses attaches familiales et matérielles en France ;
- la décision méconnaît l'article 21-23 du code civil et la circulaire DPM n° 2000-254 du 12 mai 2000 en ce qu'il n'a jamais eu l'intention de se soustraire systématiquement à ses obligations fiscales mais a seulement, en raison de son âge, commis une erreur dans sa première tentative de déclaration en ligne de ses revenus au titre de l'année 2017, laquelle demeure sans importance dès lors qu'il n'est pas imposable.
- ce seul motif méconnaît les dispositions de la loi du 31 juillet 2018 qui reconnaît un droit à l'erreur pour les personnes s'étant trompées de bonne foi dans leur déclaration ;
Par un mémoire en défense enregistré le 1er octobre 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés, sollicite la neutralisation du motif tiré du séjour en France de l'épouse du requérant sous couvert d'un récépissé de première demande de titre de séjour et, à titre subsidiaire, soutient qu'une injonction de réexamen de la demande ne devrait pas être inférieure au délai de neuf mois.
La clôture de l'instruction est intervenue le 2 février 2022.
II, Par une requête enregistrée sous le n° 2003053, le 13 mars 2020, M. D B, représenté par Me Laporte demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 janvier 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a confirmé la décision du 27 mai 2019 par laquelle le préfet de police a ajourné à deux ans sa demande de naturalisation ainsi que cette dernière décision ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur ou au préfet de police de lui octroyer la nationalité française dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa demande dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision méconnaît les dispositions de l'article 21-16 du code civil et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation compte tenu du caractère stable et permanent de sa résidence en France depuis 28 ans et de la fixation de ses attaches familiales et matérielles en France ;
- la décision méconnaît l'article 21-23 du code civil et la circulaire DPM n° 2000-254 du 12 mai 2000 en ce qu'il n'a jamais eu l'intention de se soustraire systématiquement à ses obligations fiscales mais a seulement, en raison de son âge, commis une erreur dans sa première tentative de déclaration en ligne de ses revenus au titre de l'année 2017, laquelle demeure sans importance dès lors qu'il n'est pas imposable.
- ce seul motif méconnaît les dispositions de la loi du 31 juillet 2018 qui reconnaît un droit à l'erreur pour les personnes s'étant trompées de bonne foi dans leur déclaration ;
Par un mémoire en défense enregistré le 1er octobre 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés, sollicite la neutralisation du motif tiré du séjour en France de l'épouse du requérant sous couvert d'un récépissé de première demande de titre de séjour et, à titre subsidiaire, soutient qu'une injonction de réexamen de la demande ne devrait pas être inférieure au délai de neuf mois.
La clôture de l'instruction est intervenue le 2 février 2022.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant vénézuélien, a déposé une demande de naturalisation auprès du préfet de police, qui, par une décision du 27 mai 2019 a ajourné la demande à deux ans. M. B a formé un recours contre cette décision devant le ministre de l'intérieur, qui a confirmé d'abord implicitement puis par une décision du 8 janvier 2020 l'ajournement à deux ans de la demande de naturalisation. M. B demande l'annulation de ces décisions.
2. Les requêtes n° 1914396 et n° 2003053 de M. B présentent à juger des questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du préfet de police du 27 mai 2019 et de la décision implicite du ministre de l'intérieur :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993 visé ci-dessus, les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur statue sur les recours préalables obligatoires se substituent à celles des autorités préfectorales qui lui sont déférées. Ainsi, la décision du 8 janvier 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur, saisi d'un recours hiérarchique contre la décision du préfet de police du 27 mai 2019, a ajourné à deux ans la demande de naturalisation de M. B, s'est substituée à cette décision. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation de la décision préfectorale doivent être rejetées comme irrecevables, et que les moyens dirigés contre cette décision sont inopérants et doivent être écartés.
4. En second lieu, le silence gardé par l'administration sur un recours hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir. Toutefois, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite, se substitue à la première décision. Il en résulte que, dans cette hypothèse, des conclusions aux fins d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
5. Il résulte de ce qui précède que la décision expresse du ministre de l'intérieur du 8 janvier 2020 s'est substituée à sa décision implicite par laquelle il a rejeté le recours formé par M. B à l'encontre de la décision initiale de l'autorité préfectorale. Par suite, les conclusions des présentes requêtes doivent être regardées comme exclusivement dirigées contre la décision ministérielle du 8 janvier 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du ministre de l'intérieur du 8 janvier 2020 :
6. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger. ". Aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. () ". Il appartient ainsi au ministre de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation à l'étranger qui la demande. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte le centre des intérêts matériels du postulant.
7. Pour rejeter le recours hiérarchique formé par M. B et confirmer l'ajournement à deux ans de la demande de naturalisation présentée par celui-ci, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur la circonstance que le comportement fiscal de l'intéressé était sujet à critique.
8. En premier lieu, dès lors que la décision attaquée a été prise sur le fondement des dispositions du décret du 30 décembre 1993, M. B ne peut utilement soutenir qu'elle méconnaîtrait les dispositions des articles 21-16 et 21-23 du code civil, relatives aux conditions de recevabilité de la demande de naturalisation. Il ne peut davantage utilement se prévaloir de la circulaire du 12 mai 2000 du ministre de l'intérieur, dépourvue de valeur réglementaire.
9. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a omis de déclarer auprès de l'administration fiscale le montant de ses retraites, pour les années 2017 et 2018. Si le requérant fait valoir qu'il s'agit d'une simple erreur de sa part, sans volonté de fraude, en raison de son âge et de ses difficultés à effectuer ses déclarations en ligne et qu'il a spontanément procédé à la correction de cette erreur dès qu'elle a été portée à sa connaissance par les services préfectoraux, alors, au demeurant qu'il n'est pas imposable, ces circonstances, ainsi que l'invocation du droit à l'erreur issu de la loi du 31 juillet 2018 -uniquement applicable aux relations avec l'administration fiscale- demeurent sans incidence sur la matérialité des faits constatés, lesquels ne sont pas exagérément anciens et ne sont pas dépourvus de gravité. Dans ces conditions, le ministre, a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, faire usage de son large pouvoir d'appréciation de l'opportunité d'accorder ou non la nationalité à l'étranger qui la sollicite, pour ajourner à deux ans la demande présentée par M. B. Il résulte de l'instruction que le ministre de l'intérieur aurait pris la même décision s'il avait entendu se fonder sur ce seul motif sans retenir les conditions du séjour en France de l'épouse du requérant.
10. En dernier lieu, les circonstances que fait valoir le requérant quant au caractère stable et permanent de sa résidence en France depuis 28 ans et à la fixation de ses attaches familiales et matérielles en France sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, compte tenu du motif qui la fonde.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées de même que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 1914396 et n° 2003053 de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Echasserieau, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2022.
Le rapporteur,
B. A
La présidente,
M. C
La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N° 1914396 2003053
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026