vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2003064 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | MANASSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 13 mars 2020 et le 6 novembre 2022, Mme C E doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 octobre 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a déclaré irrecevable sa demande de naturalisation, ainsi que la décision du 8 janvier 2020 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer sa demande de naturalisation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas établi que les décisions ont été prises par une autorité compétente ;
- les décisions sont entachées d'erreur de droit ;
- elle sont entachées d'erreur d'appréciation.
Par des mémoires en défense enregistrés le 20 octobre 2020 et le 15 novembre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme H a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C E a déposé une demande de naturalisation auprès du préfet des Alpes-Maritimes qui a transmis un avis favorable à cette demande au ministre de l'intérieur. Celui-ci a toutefois déclaré irrecevable la demande de naturalisation de Mme E par une décision du 15 octobre 2019. Mme E a formé un recours gracieux contre cette décision, qui a été rejeté par une décision du 8 janvier 2020. Par sa requête, Mme E doit être regardée comme demandant l'annulation des décisions du ministre de l'intérieur du 15 octobre 2019 et du 8 janvier 2020.
2. En premier lieu, conformément aux dispositions de l'article 1er du décret du
27 juillet 2005, le directeur de l'accueil, de l'accompagnement des étrangers et de la nationalité dispose de la délégation pour signer, au nom du ministre chargé des naturalisations, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous son autorité. Par un décret du 28 septembre 2016, publié le lendemain au Journal officiel de la République française, Mme A a été nommée directrice de l'accueil, de l'accompagnement des étrangers et de la nationalité. Par une décision du 30 août 2018, publiée au Journal officiel de la République française le 2 septembre 2018, Mme A a accordé à M. F G, attaché d'administration de l'Etat hors classe, signataire de la décision du 15 octobre 2019, et à M. D B, attaché d'administration de l'Etat hors classe, signataire de la décision du 8 janvier 2020, une délégation de signature à l'effet de signer, au nom du ministre de l'intérieur, tous actes, arrêtés et décisions relevant des attributions du bureau des naturalisations. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence des auteurs des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger. ". L'article 21-16 du code civil dispose que : " Nul ne peut être naturalisé s'il n'a en France sa résidence au moment de la signature du décret de naturalisation ". Il résulte de ces dispositions que la demande de naturalisation n'est pas recevable lorsque l'intéressé n'a pas fixé en France, de manière stable, le centre de ses intérêts. Pour apprécier si cette dernière condition est remplie, l'administration peut notamment se fonder, sous le contrôle du juge, sur la durée de la présence du demandeur sur le territoire français, sur sa situation familiale et sur le caractère suffisant et durable des ressources lui permettant de demeurer en France.
4. Pour déclarer irrecevable la demande de naturalisation de Mme E, le ministre de l'intérieur a estimé que la condition de résidence fixée par l'article 21-16 du code civil n'était pas remplie dès lors que ses ressources provenaient de l'étranger.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme E, ressortissante anglo-canadienne qui réside en France depuis le courant de l'année 2010, a travaillé en qualité de contrôleuse de gestion auprès d'une société monégasque entre 2011 et 2019, avant d'être employée, à compter du 2 mai 2019, en tant qu'administratrice de projet pour la société Ocean Crew Limited, établie aux Iles Caïman. Si la requérante soutient, au demeurant sans l'établir, avoir également exercé une activité d'auto-entrepreneure sur le territoire français, il est constant qu'à la date de la décision attaquée, la totalité de ses ressources provenaient de l'étranger. Dans ces conditions, et quand bien même l'intéressée est propriétaire de son logement en France et exercerait l'essentiel de son activité professionnelle depuis le territoire français, Mme E ne pouvait être regardée, à la date de cette décision, comme y ayant fixé, de manière durable, le centre de ses intérêts matériels. Par suite, et malgré les attaches personnelles dont Mme E soutient disposer sur le territoire, le ministre de l'intérieur n'a pas entaché sa décision d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation en déclarant irrecevable la demande de naturalisation au motif qu'elle ne satisfaisait pas à la condition de résidence en France posée par les dispositions précitées de l'article 21-16 du code civil.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme E doivent être rejetées de même que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 25 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 décembre 2022.
La rapporteure,
V. H
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026