mercredi 9 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2003335 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PRONOST |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 mars 2020, M. B E, représenté par
Me Pronost, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 décembre 2018 par laquelle l'office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'obtention du statut d'apatride ;
2°) d'enjoindre à l'office français de protection des réfugiés et apatrides de lui accorder le statut d'apatride, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est illégale dès lors qu'il n'est pas établi que cette décision ait été signée par une autorité compétente ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 avril 2020, l'office français de protection des réfugiés et apatrides conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 février 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de New-York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. E a indiqué être né le 16 mars 1976 en Arménie, d'un père devenu russe et d'une mère arménienne, et avoir résidé en Arménie jusqu'en 2009, année de son entrée en France. Ses demandes d'asile ont été rejetées par des décisions des 26 août 2010, 17 mai 2011 et 24 septembre 2013 du directeur de l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), respectivement confirmées par la cour nationale du droit d'asile les 9 mars 2011,
24 novembre 2012 et 6 février 2014. Il a sollicité le 10 février 2016 la reconnaissance du statut d'apatride. M. E demande au tribunal d'annuler la décision du 11 décembre 2018 par laquelle directeur de l'OFPRA a rejeté sa demande.
2. En premier lieu, par une décision du 1er octobre 2018 portant délégation de signature du directeur général de l'OFPRA, régulièrement publiée le 16 novembre 2018 au bulletin officiel du ministère de l'intérieur, M. C A, attaché d'administration de l'Etat, et signataire de la décision attaquée, bénéficiait en matière de décisions individuelles relatives à la reconnaissance du statut d'apatride d'une délégation de signature du directeur général de l'OFPRA. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1er de la convention de New York du 28 septembre 1954 : " Aux fins de la présente convention, le terme " apatride " désigne une personne qu'aucun Etat ne considère comme son ressortissant par application de sa législation ".
4. Pour rejeter la demande de M. E, le directeur de l'OFPRA a relevé que l'intéressé, qui déclarait ne pas connaître les motifs de sa perte de la nationalité arménienne, a perdu cette nationalité par un décret du 4 juin 2008 suite à sa demande d'acquisition de la nationalité russe, et qu'à supposer que l'intéressé n'ait finalement pas acquis la nationalité russe, il n'a accompli aucune démarche aux fins de réintégration dans la nationalité arménienne auprès des autorités arméniennes.
5. Il ressort des pièces du dossier, en particulier d'une lettre du 23 juillet 2018, adressée par le chef du service consulaire de l'ambassade d'Arménie en France à l'OFPRA, que M. E peut solliciter la restitution de la nationalité arménienne en produisant les documents nécessaires, notamment une attestation prouvant qu'il n'a pas obtenu la nationalité russe. Or si M. E prétend que ses démarches auprès des autorités compétentes visant à se voir réintégrer dans la nationalité arménienne seraient demeurées vaines, il n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité de telles démarches. Par suite, en refusant de reconnaître à M. E la qualité d'apatride, le directeur de l'OFPRA n'a pas entaché sa décision du
11 décembre 2018 d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. E ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, à Me Pronost et à l'office français de protection des réfugiés et apatrides.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Marowski, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2022.
Le rapporteur,
E. D
La présidente,
C. LOIRAT La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026