mardi 13 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2003481 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CORNET VINCENT SEGUREL |
Vu les procédures suivantes :
I - Par une requête et un mémoire enregistrés les 23 mars 2020 et 1er février 2021, sous le numéro 2003481, M. et Mme B A, représentés par Me Lefèvre, demandent au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la délibération du 4 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération de la région nazairienne et de l'estuaire (la Carene) a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler cette délibération en tant qu'elle grève la parcelle cadastrée section AN n°70, sur le territoire de la commune de Saint-André-des-Eaux, d'un classement en zone agricole ;
3°) de mettre à la charge de la Carene une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- faute pour la collectivité de justifier du respect des formalités prévues aux articles L. 2121-13 et L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales et de l'article R. 153-21 du code de l'urbanisme, et notamment de l'affichage et de l'insertion des délibérations en caractères apparents dans un journal diffusé dans le département, la délibération du 4 février 2020 doit être regardée comme votée à la suite d'une procédure irrégulière;
- la délibération attaquée méconnaît l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que les convocations aient été adressées par l'exécutif aux conseillers communautaires, au moins cinq jours francs avant la tenue de la délibération ni qu'elles aient été mentionnées au registre des délibérations ou affichées ou publiées ;
- la délibération attaquée méconnaît les articles L. 2121-12 et L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales dès lors qu'il ne ressort pas de la délibération du conseil communautaire que les conseillers communautaires aient eu une information suffisante ;
- la délibération méconnaît l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme dès lors qu'il n'est pas établi que la conférence des maires se soit tenue, le 17 décembre 2019 ;
- la délibération, en tant qu'elle classe la parcelle cadastrée section AN n°70 sur le territoire de la commune de Saint-André-des-Eaux, méconnaît l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires, enregistrés les 9 décembre 2020 et 22 mars 2022, la Carene, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- au besoin, il sera fait application des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme.
Un mémoire a été enregistré le 28 mars 2022 pour les requérants.
II - Par une requête enregistrée le 28 mars 2022, sous le numéro 2203962, Mme C A, représentée par Me Lefèvre, demande au tribunal :
1°) d'annuler le certificat d'urbanisme opérationnel du 13 octobre 2021 par lequel le maire de Saint-André-des-Eaux a déclaré irréalisable une opération de construction sur la parcelle cadastrée section AN n°70, sur le territoire de la commune de Saint-André-des-Eaux ainsi que la décision du 13 février 2022 par laquelle le maire de la commune a rejeté son recours gracieux formé contre le certificat d'urbanisme ;
2°) d'enjoindre au maire de Saint-André-des-Eaux de délivrer un certificat d'urbanisme mentionnant que les dispositions applicables à la parcelle cadastrée section AN numéro 170 sont celles du règlement du PLU approuvé par délibération du Conseil Municipal du 14 septembre 2007 applicables à la zone Uhb, dans un délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-André-des-Eaux une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la signataire de la décision attaquée ne justifie pas de sa compétence ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme dès lors qu'elle repose sur le classement en zone AA1b de la parcelle par la délibération du 4 février 2020 approuvant le plan local d'urbanisme intercommunal, classement entaché d'illégalité ;
- le classement de la parcelle en zone AA1b par la délibération du 26 juin 2018 approuvant le plan local d'urbanisme de Saint-André-des-Eaux est également entaché d'illégalité comme en a jugé ce tribunal par un jugement n°1807919 du 16 mars 2021 ;
- les dispositions applicables sont celles de la délibération du 14 septembre 2007 par laquelle le conseil municipal a classé en zone Uhb le terrain.
Par un mémoire, enregistré le 27 juin 2022, la commune de Saint-André-des-Eaux, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin, première conseillère,
- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,
- les observations de Me Gallot, substituant Me Lefèvre, avocat des requérants,
- les observations de Me Léon, substituant Me Marchand, avocat de la communauté d'agglomération de la région nazairienne et de l'estuaire.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 15 décembre 2015, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération de la région nazairienne et de l'estuaire (la Carene) a prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme intercommunal. Par une délibération du 30 avril 2019, le conseil communautaire a arrêté le projet de plan local d'urbanisme intercommunal, qui a fait l'objet d'une enquête publique du 20 août au 23 septembre 2019. Par une délibération du 4 février 2020, la Carene a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal, qui classe en zone agricole la parcelle cadastrée section AN n°70 située sur le territoire de la commune de Saint-André-des-Eaux dont Mme A sont propriétaires. Par un certificat d'urbanisme du 13 octobre 2021, le maire de Saint-André-des-Eaux a indiqué que la parcelle AN n°70 se situe dans la zone AA1b du plan local d'urbanisme intercommunal puis a par une décision du 13 février 2023 a rejeté le recours gracieux formé contre le certificat d'urbanisme. Par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre, les requérants demandent au tribunal d'annuler la délibération du 4 février 2020, le certificat d'urbanisme du 13 octobre 2021 et la décision du 13 février 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la délibération du 4 février 2020 :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation totale de la délibération du 4 février 2020 portant approbation du plan local d'urbanisme intercommunal :
2. Aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales, applicable en l'espèce en vertu de l'article L. 5211-1 du même code : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. / Si la délibération concerne un contrat de service public, le projet de contrat ou de marché accompagné de l'ensemble des pièces peut, à sa demande, être consulté à la mairie par tout conseiller municipal dans les conditions fixées par le règlement intérieur. / Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs. En cas d'urgence, le délai peut être abrégé par le maire sans pouvoir être toutefois inférieur à un jour franc. ". La délibération attaquée fait état d'une convocation des conseillers communautaires à la séance du 4 février 2020 en date du 28 janvier 2020, convocation dont il ressort des pièces du dossier qu'elle a été transmise par voie électronique le jour même. Les conseillers ont également reçu par voie postale le projet de PLUi devant être soumis à leur approbation, le courrier accompagnant le projet de plan faisant état d'une séance du conseil communautaire du 4 février 2020 à l'occasion de laquelle serait mis aux votes l'approbation du document d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales doit être écarté.
3. Aux termes de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales, applicable en l'espèce en vertu de l'article L. 5211-1 du même code : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal ". Le défaut d'envoi, avec la convocation aux réunions du conseil municipal d'une commune de 3 500 habitants et plus, de la note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour prévue à cet article entache d'irrégularité les délibérations prises, à moins que le maire n'ait fait parvenir aux membres du conseil municipal, en même temps que la convocation, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Elle n'impose pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises.
4. Il ressort des pièces du dossier que la convocation susmentionnée était accompagnée d'une note de synthèse, rappelant en préambule les objectifs poursuivis et les grandes étapes de la procédure, faisant état des avis et observations émis lors de la consultation, précisant les principales évolutions du document depuis l'arrêt du projet de plan et présentant les pièces constitutives du dossier de PLUi. Par conséquent, le moyen tiré de ce que les conseillers communautaires auraient été insuffisamment informés de l'objet de la délibération attaquée avant la séance du conseil communautaire doit être écarté.
5. Aux termes de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : / 1° L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale à la majorité des suffrages exprimés après que les avis qui ont été joints au dossier, les observations du public et le rapport du commissaire ou de la commission d'enquête aient été présentés lors d'une conférence intercommunale rassemblant les maires des communes membres de l'établissement public de coopération intercommunale et, le cas échéant, après que l'avis des communes sur le plan de secteur qui couvre leur territoire a été recueilli ; / 2° Le conseil municipal dans le cas prévu au 2° de l'article L. 153-8. ". Il ressort des pièces du dossier que la conférence intercommunale prévue par les dispositions précitées s'est tenue le 17 décembre 2019. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme à raison de l'absence de conférence intercommunale doit être écarté.
6. Si le respect des mesures de publicité est une condition du caractère exécutoire des délibérations approuvant l'élaboration d'un document d'urbanisme et approuvant celui-ci, ces mesures de publicité n'ont en revanche aucune influence sur leur légalité. Par suite, le moyen tiré du non-respect des mesures de publicité instituées par les articles R. 153-20 et R. 153-21 du code de l'urbanisme doit, en tout état de cause, être écarté comme étant inopérant.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation partielle de la délibération du 4 février 2020 portant approbation du plan local d'urbanisme intercommunal :
7. Aux termes de l'article R. 151-17 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite, sur le ou les documents graphiques, les zones urbaines, les zones à urbaniser, les zones agricoles, les zones naturelles et forestières. / Il fixe les règles applicables à l'intérieur de chacune de ces zones dans les conditions prévues par la présente section. ". L'article R. 151-22 du même code dispose que : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. ".
8. D'une part, pour apprécier la cohérence exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables (PADD), il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou à un objectif du PADD ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
9. D'autre part, il résulte des dispositions précédemment citées qu'une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles. Si, pour apprécier la légalité du classement d'une parcelle en zone A, le juge n'a pas à vérifier que la parcelle en cause présente, par elle-même, le caractère d'une terre agricole et peut se fonder sur la vocation du secteur auquel cette parcelle peut être rattachée, en tenant compte du parti urbanistique retenu ainsi que, le cas échéant, de la nature et de l'ampleur des aménagements ou constructions qu'elle supporte, ce classement doit cependant être justifié par la préservation du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles de la collectivité concernée, à plus forte raison lorsque les parcelles en cause comportent des habitations voire présentent un caractère urbanisé.
10. Il est de la nature de toute réglementation d'urbanisme de distinguer des zones où les possibilités de construire sont différentes. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par ce plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir mais sans être lié par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts. La légalité des dispositions du règlement d'un plan local d'urbanisme s'apprécie au regard du parti d'urbanisme retenu, défini notamment par les orientations générales et par les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables. L'appréciation des auteurs du plan sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif que si elle est fondée sur des faits matériellement inexacts ou entachée d'une erreur manifeste ou d'un détournement de pouvoir.
11. Aux termes du projet d'aménagement et de développement durables du PLUi de la Carene : " L'agglomération à la campagne / habiter la ville-campagne. / Encadrer strictement l'urbanisation " à la campagne " pour ne pas déstabiliser les équilibres communaux et préserver la qualité architecturale et paysagère de ces espaces. / () Les écarts ont vocation à demeurer des lieux d'habitat ponctuels en interface directe avec les espaces agricoles et naturels dans lesquels ils s'inscrivent. Ils n'ont ainsi vocation ni à s'étoffer ni à s'étendre. L'implantation de nouvelles constructions à usage d'habitation n'est pas autorisée, la réhabilitation de certains bâtis qui n'étaient pas à vocation d'habitation est autorisée. Les possibilités d'évolution du bâti y sont limitées. ". Le PADD définit l'écart comme étant " constitué d'une ou plusieurs habitations isolées. Il peut aussi bien être groupé que linéaire, et comprendre des dents creuses. Ils sont situés hors de l'enveloppe urbaine. ".
12. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle AN n°70, de 0,12 ha, située dans le secteur de Marland à Saint-André-des-Eaux, se trouve en bordure immédiate d'une voie publique, la route de la ville au Gal, à proximité du croisement de plusieurs voies, dont cette route, voies le long desquelles les parcelles de premier rideau, voire certaines de second rideau, sont bâties. Compte tenu du nombre de ces constructions, et de la densité de leur maillage, ce secteur de la commune, bien que n'étant situé ni dans le bourg, ni dans un village ou un hameau identifié par les auteurs du PLUi, mais se trouvant relié au bourg par une urbanisation linéaire continue et ne se caractérisant pas par des habitations isolées, ne saurait être regardé comme un " écart ", tel que défini ci-dessus. La parcelle AN n°70 jouxte au nord-ouest, au nord-est et au sud-est des parcelles bâties. A l'ouest, elle est bordée par la route de la ville au Gal, de l'autre côté de laquelle les parcelles, à l'exception d'une d'entre elles de faibles dimensions, sont toutes bâties. Si des espaces végétalisés non bâtis se situent à proximité de la parcelle, celle-ci en est toutefois séparée par au moins une parcelle bâtie. Par ce positionnement en bordure de voie, et compte tenu de l'absence de communication directe avec un espace naturel ou agricole, il n'est pas établi que la parcelle AN n°70 présenterait un quelconque potentiel agronomique. Par conséquent, son classement en zone agricole ne peut être justifié par la cohérence avec les orientations du PADD tendant à la " réduction de la consommation d'espaces agricoles, naturels et forestiers de 35% par rapport aux extensions d'urbanisation (à vocation résidentielle ou économique) observées entre 1999 et 2012 ". Si les installations d'un groupement agricole d'exploitation en commun, accueillant notamment des animaux d'élevage, se situent à environ 125 mètres de la parcelle, cette circonstance, si elle tend à établir que le secteur n'est pas dépourvu de tout potentiel agricole, ne faisait toutefois pas en elle-même obligation aux auteurs du PLUi de classer la parcelle en zone agricole, notamment pour éviter de potentiels conflits d'usage, comme le fait valoir la Carene en défense. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que, du fait de la situation et de la configuration de leur parcelle, son classement en zone A est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, la délibération litigieuse doit être annulée en tant qu'elle a procédé à ce classement.
13. Il résulte de ce qui précède que les consorts A sont fondés à demander l'annulation la délibération du 4 février 2020 par laquelle le conseil communautaire de la Carene a approuvé le plan local d'urbanisme intercommunal en tant qu'elle classe la parcelle AN n°70 sur le territoire de Saint-André-des-Eaux en zone agricole.
14. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen ne paraît de nature à justifier l'annulation partielle prononcée par le présent jugement.
15. Eu égard au motif retenu par le présent jugement pour prononcer l'annulation de la délibération du 4 février 2020 en tant qu'elle classe la parcelle des requérants en zone A, il n'y a pas lieu, pour le tribunal, de faire application des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme et de prononcer un sursis à statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation du certificat d'urbanisme du 13 octobre 2021 de la requête n°2203962 :
16. Aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; (). ". Aux termes de l'article L. 600-12 du même code : " Sous réserve de l'application des articles L. 600-12-1 et L. 442-14, l'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'un document d'urbanisme en tenant lieu ou d'une carte communale a pour effet de remettre en vigueur le schéma de cohérence territoriale, le plan local d'urbanisme, le document d'urbanisme en tenant lieu ou la carte communale immédiatement antérieur. ".
17. Il ressort des pièces du dossier que le certificat d'urbanisme délivré le 13 octobre 2021 par le maire de Saint-André-des-Eaux à Mme A sur le fondement du a) de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme indique que la parcelle cadastrée section AN n°70 se trouve dans la zone AA1b du plan local d'urbanisme intercommunal approuvé le 4 février 2020. Compte tenu de ce qui a été dit au point 8, la requérante sont fondée à soutenir que cette mention du certificat d'urbanisme est erronée. Par ailleurs, dès lors que par un jugement n°1807919 du 16 mars 2021 définitif, ce tribunal a annulé le classement en zone agricole A, sous-secteur Ap, de la parcelle AN n°70 par la délibération du 26 juin 2018 du conseil communautaire de la Carene portant approbation de la révision du plan local d'urbanisme de Saint-André-des-Eaux, soit le document d'urbanisme immédiatement antérieur au PLUi de la Carene, les dispositions applicables au zonage de la parcelle sont celles du règlement du plan local d'urbanisme de Saint-André-des-Eaux approuvé par une délibération du conseil municipal du 14 septembre 2007. Il résulte de ce qui précède que la requérante sont fondée à soutenir que le certificat d'urbanisme du 13 octobre 2021 est illégal en tant qu'il indique que la parcelle AN n°70 se situe en zone agricole du plan local d'urbanisme intercommunal de la Carene et non en zone Uhb du plan local d'urbanisme de Saint-André-des-Eaux du 14 septembre 2007 remis en vigueur sur ce point.
18. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation du certificat d'urbanisme du 13 octobre 2021 du maire de Saint-André-des-Eaux.
19. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen ne paraît de nature à justifier l'annulation prononcée par le présent jugement.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
20. Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision ". Le présent jugement implique que le maire de Saint-André-des-Eaux procède au réexamen de la demande de certificat d'urbanisme. Il y a lieu, dès lors, de prescrire une injonction en ce sens et de lui impartir, pour ce faire, un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
21. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de la Carene et de la commune de Saint-André-des-Eaux la somme de 1 000 euros chacune au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens. Ces mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de ces derniers, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, le versement à la Carene et à la commune de Saint-André-des-Eaux des sommes qu'elles demandent à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération du 4 février 2020 du conseil communautaire de la communauté d'agglomération de la région nazairienne et de l'estuaire portant approbation de du plan local d'urbanisme intercommunal est annulée en tant qu'elle a classé en zone agricole A la parcelle cadastrée AN n° 70 située sur le territoire de la commune de Saint-André-des-Eaux.
Article 2 : Le surplus des conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2003481 est rejeté.
Article 3 : Le certificat d'urbanisme du 13 octobre 2021 du maire de Saint-André-des-Eaux est annulé.
Article 4 : Il est enjoint au maire de Saint-André-des-Eaux de réexaminer la demande de certificat d'urbanisme de Mme A dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Article 5 : La communauté d'agglomération de la région nazairienne et de l'estuaire et la commune de Saint-André-des-Eaux verseront chacune aux requérants la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B, à Mme C A, à la communauté d'agglomération de la région nazairienne et de l'estuaire et à la commune de Saint-André-des-Eaux.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023.
La rapporteure,
C. MILINLe président,
A. DURUP DE BALEINE
La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°s 2003481, 220396
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026