vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2004022 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL SOLIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 avril 2020, la société par actions simplifiée (SAS) Naviline industries, représentée par Me Solin, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception d'un montant de 16 025,04 euros émis à son encontre par la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique le 7 août 2019, ainsi que la décision du 18 février 2020 rejetant le recours formé contre ce titre ;
2°) de la décharger du paiement de la somme de 16 025,04 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- c'est à tort que l'administration lui a demandé de rembourser l'avance de 16 025,04 euros qui a été versée à la société Navi Line dans le cadre d'une convention de soutien datée du 14 septembre 2009, avant sa liquidation judiciaire en 2010 et la cession de son fonds de commerce à la société Navilines Industries, dès lors que cette cession n'emportait pas le transfert de la convention ;
- elle a signé l'avenant à la convention qui lui a été présenté alors que ses effets étaient achevés à la date de cette signature, sans savoir qu'il lui serait demandé de rembourser une somme non reprise dans le cadre du plan de cession.
Par un mémoire enregistré le 28 septembre 2020, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut à sa mise hors de cause.
Elle soutient qu'elle n'est pas compétente pour connaître du présent litige.
Par un mémoire enregistré le 11 avril 2023, l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction des grandes entreprises conclut à sa mise hors de cause.
Elle soutient qu'elle n'est pas compétente pour connaître du présent litige.
Le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Frelaut,
- et les conclusions de M. Huin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Navi Line a conclu, le 14 septembre 2009, avec le fonds de compétitivité des entreprises, une convention de soutien de l'Etat à des actions de recherche et d'innovation par voie de subvention à hauteur de 30 % du montant total du projet " NWC-X ", au titre de laquelle elle a bénéficié d'une avance d'un montant de 16 025,04 euros. La société Navi Line a fait l'objet d'une liquidation judiciaire et a été cédée à la SAS Naviline Industries par un jugement du tribunal de commerce de Nantes du 26 mai 2010. La société Naviline Industries a signé, le 19 mars 2014, un avenant à cette convention. Par un courrier du 26 mars 2019, la direction générale des entreprises a informé la société requérante qu'elle était redevable du montant de l'avance de 16 025,04 euros. La SAS Naviline Industries a contesté cette créance par un recours du 12 avril 2019, rejeté par l'administration par un courrier du 20 mai 2019. Le 7 août 2019, un titre de perception d'un montant de 16 025,04 euros a été émis à l'encontre de la société requérante par la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique. Par sa requête, la SAS Naviline Industries demande au tribunal d'annuler ce titre de perception, et de la décharger du paiement de la somme de 16 025,04 euros mise à sa charge.
2. Aux termes de l'article 4.2 des conditions générales des conventions de soutien de l'Etat à des actions de recherche et d'innovation par voie de subvention : " Les demandes de paiement, accompagnées de tous les justificatifs nécessaires, doivent parvenir au service dans un délai maximum de 12 mois après la fin du projet. A défaut, la convention sera clôturée en l'état, l'Etat étant dégagé de toute obligation de versement de l'aide ". Aux termes de l'article 10.1 de ces conditions : " Le service exigera le reversement de tout ou partie des sommes versées au titre de la convention en cas d'inexécution par le titulaire de ses obligations contractuelles, notamment en cas de refus de communiquer au service les documents prévus aux articles 4 et 6 () ".
3. Il résulte de l'instruction que pour mettre à la charge de la société requérante la créance litigieuse d'un montant de 16 025,04 euros, l'administration s'est fondée sur le motif tiré de ce que l'avance de subvention du même montant versée à la société Navi Line en 2009 n'avait pas été justifiée par la transmission d'un relevé global des dépenses réalisées.
4. La SAS Naviline Industries conteste tant l'existence que l'exigibilité de la créance mise à sa charge, faisant valoir que la subvention litigieuse a été versée à la société Navi Line avant l'ouverture de la procédure collective la concernant, que l'administration aurait ainsi dû déclarer sa créance au passif de cette société, et qu'en l'absence d'une telle déclaration, aucune dette ne peut lui être transmise en sa qualité d'acquéreur du fonds de commerce de la société Navi Line. Elle soutient en outre que la convention du 14 septembre 2009 ne figurant pas dans la liste des contrats continués, malgré la liquidation judiciaire figurant dans le jugement du tribunal de commerce du 26 mai 2010, elle n'a donc pas été reprise par la SAS Naviline Industries.
5. Il résulte de l'instruction que par un courrier du 17 octobre 2011, la SAS Naviline Industries a informé la direction générale des entreprises qu'elle se substituait à la société Navi Line pour le projet " NWC-X ", au titre duquel la subvention litigieuse avait été accordée, et qu'elle a, avec ses partenaires, sollicité une prolongation de la durée des travaux pour le mener à bien. En outre, contrairement à ce que fait valoir la SAS Naviline Industries, il résulte des termes mêmes de l'avenant à la convention initiale du 14 septembre 2009, qui mentionne qu'une avance de subvention avait déjà été versée et qui rappelle les conditions financières de l'attribution de la subvention, que son objet n'était pas de " permettre à la direction générale des entreprises de clôturer le dossier concernant l'ancienne société Navi Line " mais, ainsi que le stipule son article 1, de lui transférer les droits et obligations issus de cette convention. En conséquence, elle doit être regardée comme ayant consenti à sa poursuite en signant cet avenant le 19 mars 2014. Enfin, la circonstance que l'avenant mentionne une date prévisionnelle d'achèvement des travaux le 14 janvier 2014, antérieure à la date de la signature de l'avenant, est à cet égard sans incidence. Dans ces circonstances, la SAS Naviline Industries n'est pas fondée à contester l'existence de la créance litigieuse.
6. D'autre part, si la créance née de l'avance de subvention versée en 2009 à la société Navi Line ne figure pas, ainsi que le soutient la société requérante dans le plan de cession arrêté par le jugement du tribunal de commerce de Nantes du 26 mai 2010, il résulte de ce qu'il a été dit au point précédent que cette dernière a repris à sa charge la dette de la société Navi Line postérieurement à ce jugement. L'administration n'était donc pas tenue de déclarer au passif de la société repreneuse la créance existante sur la société reprise, de sorte que la SAS Naviline Industries n'est pas fondée à en contester l'exigibilité.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SAS Naviline Industries doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Naviline Industries est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la Société par actions simplifiée Naviline industries, au directeur régional par intérim des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique, et au ministre de l'économie et des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Benoist, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.
La rapporteure,
L. FRELAUT
La présidente,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAULa greffière,
C. MICHAULT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026