LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2004050

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2004050

mardi 27 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2004050
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSELARL LEXCAP RENNES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 avril 2020, le syndicat national de la publicité numérique demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler le règlement local de publicité intercommunal de la communauté urbaine de Le Mans Métropole dans son intégralité ;

2°) à titre subsidiaire d'annuler le règlement local de publicité intercommunal en tant qu'il soumet les dispositifs lumineux supportant des affiches éclairées par projection ou par transparence au régime des dispositifs non lumineux ; l'article 2.2.3, en tant qu'il fixe des règles de hauteur aux dispositifs numériques ; l'article 2.2.5, en tant qu'il limite à 2 m² la superficie des dispositifs publicitaires numériques implantés à moins de 50 mètres dans le champ d'une baie d'un immeuble d'habitation ; l'article 2.2.6, en tant qu'il impose aux dispositifs publicitaires scellés au sol situées à une distance inférieure ou égale à 5 mètres au droit d'un pignon aveugle d'un bâtiment existant d'être implantés parallèlement à ce pignon ; l'article 2.2.8, en raison de son imprécision et tant qu'il interdit aux dispositifs scellés au sol ou installés directement sur le sol d'avoir des fondations dépassant le niveau du sol ; l'article 2.2.9, en tant qu'il impose aux dispositifs publicitaires scellés au sol ou implantés directement sur le sol d'avoir des socles ou fondations recouverts de terre végétale et/ou de dalles de type 'Evergreen' sur une épaisseur minimale de 30 centimètres par rapport au niveau de terrain naturel ; l'article 3.6.2, en tant qu'il interdit les dispositifs publicitaires dans un rayon de 15 mètres à compter du bord extérieur de la chaussée de certains carrefours identifiés au plan de zonage ; l'article 3.5.1, en tant qu'il interdit les dispositifs publicitaires scellés au sol et la publicité numérique au sein du Parc des Expositions ; l'article 2.4, en tant qu'il soumet les dispositifs publicitaires numériques à une obligation d'extinction nocturne entre 23 heures et 7 heures du matin, de manière discriminatoire vis-à-vis des mobiliers urbains supportant de la publicité numérique ; l'article 3.2.5, en tant qu'il interdit la publicité numérique en zone 2 de manière discriminatoire vis-à-vis des mobiliers urbains supportant de la publicité numérique ; l'article 3.3.2, en tant qu'il interdit la publicité numérique en zone 2 de manière discriminatoire vis-à-vis des mobiliers urbains supportant de la publicité numérique ; l'article 3.5.2, en tant qu'il interdit la publicité numérique en zone 5 de manière discriminatoire vis-à-vis des mobiliers urbains supportant de la publicité numérique ;

3°) de mettre à la charge de Le Mans Métropole une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le règlement attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors que des modifications substantielles ont été apportées au projet de règlement après l'enquête publique compte tenu de ce que les dispositifs éclairés par projection ou par transparence ont été exclus de la définition de la publicité lumineuse ;

- le juge doit effectuer un contrôle de la proportionnalité des mesures eu égard aux principes de nécessité et de proportionnalité posés par la jurisprudence, par le droit interne et par l'article 16.1 de la directive 2006/123 du Parlement et du Conseil du 12 décembre 2016 relative aux services dans le marché intérieur de la directive service applicable en l'espèce et dès lors qu'est en cause la liberté du commerce et de l'industrie ;

- l'article 2.2.3 du règlement, en tant qu'il fixe des règles de hauteur aux dispositifs numériques, n'est ni nécessaire, ni proportionné ;

- l'article 2.2.5 du règlement, en tant qu'il limite à 2 m² la superficie des dispositifs publicitaires numériques implantés à moins de 50 mètres dans le champ d'une baie d'un immeuble d'habitation n'est ni nécessaire, ni proportionné ;

- l'article 2.2.6 du règlement, en tant qu'il impose aux dispositifs publicitaires scellés au sol situées à une distance inférieure ou égale à 5 mètres au droit d'un pignon aveugle d'un bâtiment existant d'être implantés parallèlement à ce pignon n'est ni nécessaire, ni proportionné, compte tenu de sa combinaison avec d'autres dispositions du règlement ;

- l'article 2.2.8 du règlement, qui est imprécis, en tant qu'il interdit aux dispositifs scellés au sol ou installés directement sur le sol d'avoir des fondations dépassant le niveau du sol, n'est ni nécessaire, ni proportionné ;

- l'article 2.2.9 du règlement, en tant qu'il impose aux dispositifs publicitaires scellés au sol ou implantés directement sur le sol d'avoir des socles ou fondations recouverts de terre végétale et/ou de dalles de type 'Evergreen' sur une épaisseur minimale de 30 centimètres par rapport au niveau de terrain naturel n'est ni nécessaire, ni proportionné ;

- l'article 3.6.2 du règlement, en tant qu'il interdit les dispositifs publicitaires dans un rayon de 15 mètres à compter du bord extérieur de la chaussée de certains carrefours identifiés au plan de zonage, n'est ni nécessaire, ni proportionné ;

- le classement du centre des expositions en zone 5a du règlement n'est pas justifié ;

- les articles 2.4, 3.2.5, 3.3.2, et 3.5.2 du règlement méconnaissent le principe d'égalité de traitement dès lors qu'ils discriminent les supports de publicité numérique au profit des supports de publicité sur mobilier urbain.

Par un mémoire, enregistré le 14 octobre 2022, Le Mans Métropole, représentée par Me Rouhaud, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Milin, première conseillère,

- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,

- les observations de Me Rouhaud, avocat de Le Mans Métropole.

Considérant ce qui suit :

1. Le syndicat national de la publicité numérique demande l'annulation de la délibération du 30 janvier 2020 par laquelle le conseil communautaire de Le Mans Métropole a approuvé le règlement local de publicité communautaire (RLPc).

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 123-14 du code de l'environnement : " () II. - Au vu des conclusions du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête, la personne responsable du projet, plan ou programme visé au I de l'article L. 123-2 peut, si elle estime souhaitable d'apporter à celui-ci des changements qui en modifient l'économie générale, demander à l'autorité organisatrice d'ouvrir une enquête complémentaire portant sur les avantages et inconvénients de ces modifications pour le projet et pour l'environnement. () ". Il résulte de ces dispositions qu'il est loisible à l'autorité compétente de modifier le projet de RLPc à l'issue de l'enquête publique, sous réserve d'une part, que ne soit pas remise en cause l'économie générale du projet et, d'autre part, que cette modification procède de l'enquête. Doivent être regardées comme procédant de l'enquête les modifications destinées à tenir compte des réserves et recommandations de la commission d'enquête, des observations du public et des avis émis par les collectivités et instances consultées et joints au dossier de l'enquête.

3. Il ressort des pièces du dossier que le projet de RLPc soumis à enquête publique définissait comme suit la publicité lumineuse et la publicité non-lumineuse : " publicité lumineuse : publicité à la réalisation de laquelle participe une source lumineuse spécialement prévue à cet effet (ex : néons, écrans vidéo) ; publicité numérique : sous-catégorie de publicité lumineuse qui repose sur l'utilisation d'un écran numérique. ". A l'issue de l'enquête publique, à la suite notamment d'une observation formulée par le syndicat requérant, la définition de la publicité lumineuse a été ainsi modifiée : " Publicité à la réalisation de laquelle participe une source lumineuse spécialement prévue à cet effet. (ex : néons, écrans vidéo). Les dispositions applicables à la publicité lumineuse ne concernent pas les dispositifs supportant des affiches éclairées par transparence ou par projection qui sont soumises aux dispositions des publicités non-lumineuses. ". Si cette modification a pour effet d'exclure les affiches éclairées par transparence ou par projection de l'application des dispositions applicables à la publicité lumineuse, cette modification n'emporte pas remise en cause de l'économie générale du plan mais constitue une simple mais nécessaire clarification dès lors que le projet de RPL disposait déjà, en son article 1.1.2 " champ d'application " demeuré inchangé, que " les dispositifs supportant des affiches éclairées par projection ou par transparence sont soumis aux dispositions qui régissent la publicité non lumineuse. Ces dispositifs sont toutefois soumis à l'extinction nocturne définie dans les règles communes. ". Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la délibération attaquée serait, à raison de cette modification du projet de RPL après enquête publique, entachée d'un vice de procédure.

4. Aux termes de l'article L. 581-1 du code de l'environnement : " Chacun a le droit d'exprimer et de diffuser informations et idées, quelle qu'en soit la nature, par le moyen de la publicité, d'enseignes et de préenseignes, conformément aux lois en vigueur et sous réserve des dispositions du présent chapitre. ". L'article L. 581-2 du même code dispose que : " Afin d'assurer la protection du cadre de vie, le présent chapitre fixe les règles applicables à la publicité, aux enseignes et aux préenseignes, visibles de toute voie ouverte à la circulation publique, au sens précisé par décret en Conseil d'État. Ses dispositions ne s'appliquent pas à la publicité, aux enseignes et aux préenseignes situées à l'intérieur d'un local, sauf si l'utilisation de celui-ci est principalement celle d'un support de publicité. ". Selon l'article L. 581-14 de ce code : " L'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de plan local d'urbanisme la métropole de Lyon ou, à défaut, la commune peut élaborer sur l'ensemble du territoire de l'établissement public ou de la commune un règlement local de publicité qui adapte les dispositions prévues aux articles L. 581-9 et L. 581-10. Sous réserve des dispositions des articles L. 581-4, L. 581-8 et L. 581-13, le règlement local de publicité définit une ou plusieurs zones où s'applique une réglementation plus restrictive que les prescriptions du règlement national. ". L'article L. 581-9 du même code dispose que : " Dans les agglomérations, et sous réserve des dispositions des articles L. 581-4 et L. 581-8, la publicité est admise. Elle doit toutefois satisfaire, notamment en matière d'emplacements, de densité, de surface, de hauteur, d'entretien et, pour la publicité lumineuse, d'économies d'énergie et de prévention des nuisances lumineuses au sens du chapitre III du présent titre, à des prescriptions fixées par décret en Conseil d'Etat en fonction des procédés, des dispositifs utilisés, des caractéristiques des supports et de l'importance des agglomérations concernées. Ce décret précise également les conditions d'utilisation comme supports publicitaires du mobilier urbain installé sur le domaine public ".

5. Les dispositions de l'article L. 581-14 du code de l'environnement précitées permettent au règlement local de publicité de définir une ou plusieurs zones où s'applique une réglementation plus restrictive que les prescriptions du règlement national. Ces dispositions confèrent aux autorités locales, en vue de la protection du cadre de vie et sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, un large pouvoir de réglementation de l'affichage, qui leur permet notamment d'interdire dans ces zones toute publicité ou certaines catégories de publicité en fonction des procédés ou des dispositifs utilisés. Ce pouvoir s'applique tant sur la délimitation des zones de publicité restreinte que sur les prescriptions spéciales qui y sont édictées, l'appréciation portée par l'autorité administrative ne peut être censurée par le juge que si elle est entachée, notamment, d'une erreur manifeste.

6. L'article 2.2.3 " hauteur " du règlement, relatif à la publicité lumineuse y compris numérique, dispose que " la hauteur des dispositifs scellés au sol ou installés directement sur le sol est limitée à 5 mètres par rapport au terrain naturel à l'aplomb du dispositif, sans excéder 6 mètres par rapport au niveau de l'emprise de la voirie (située au droit du dispositif). ". Il ressort du rapport de présentation que les auteurs du RLPc ont entendu encadrer plus strictement la règle de hauteur prévue à l'article R. 581-41 du code de l'environnement, en la limitant à 5 mètres au lieu de 6 mètres, dans la mesure où le territoire communautaire présente à plusieurs endroits des dénivelés encadrant des voies publiques. Ces dispositions répondent également à l'orientation n° 2 du rapport de présentation, " mieux encadrer l'installation des dispositifs publicitaires ", qui prévoit notamment de " diminuer le format des publicités ", motif pris du constat d'" une surabondance de dispositifs publicitaires de grands formats sur les grandes parcelles ainsi qu'une forte concentration aux abords des carrefours, notamment sur la rocade du Mans. ". Il s'ensuit que les règles posées par l'article 2.2.3 du RLPc poursuivent un objectif de protection du cadre de vie, nonobstant la circonstance que la surface maximale des dispositifs lumineux n'est pas modifiée par rapport aux dispositions du code de l'environnement et que l'existence de dénivelés topographiques n'est pas propre au territoire de Le Mans Métropole.

7. Aux termes de l'article 2.2.5. " Implantation par rapport aux baies des habitations " du règlement : " Un dispositif publicitaire lumineux ou numérique peut être implanté à moins de 50 mètres dans le champ de visibilité d'une baie d'un immeuble d'habitation à condition que sa surface totale n'excède pas 2m². ". Il ressort du rapport de présentation que cette règle a pour objet, outre les économies d'énergie, la " limit[ation de] la luminosité sur le paysage et sur le confort des habitants " par la " diminution des nuisances lumineuses ", de sorte que cette règle poursuit un objectif de protection du cadre de vie, sans que les auteurs du RLPc aient à justifier de circonstances particulières propres au territoire de Le Mans Métropole et nonobstant la circonstance, à la supposer avérée, que son objectif pourrait être atteint par la mise en œuvre de règles alternatives ou par l'application de l'article R. 581-41 du code de l'environnement qui prévoit que les seuls dispositifs publicitaires numériques situés en agglomération et dans les aéroports, gares et équipements sportifs sont équipés d'un système de gradation permettant d'adapter l'éclairage à la luminosité ambiante. Par ailleurs, et en tout état de cause, le requérant n'établit pas qu'il n'existerait pas de dispositif publicitaire numérique de 2m² ou moins, ni qu'un dispositif de cette taille ne permettrait pas de délivrer de message publicitaire. Enfin, ces dispositions, en tant qu'elles font obstacle à ce que des propriétaires fonciers fassent installer des dispositifs publicitaires lumineux de plus de 2m² sur leur terrain, ne portent pas une atteinte disproportionnée au droit de propriété.

8. Aux termes de l'article 2.2.6. " Implantation devant un pignon aveugle " du règlement local de publicité de Le Mans Métropole : " Les dispositifs publicitaires scellés au sol ou installés directement sur le sol, et situés à une distance inférieure ou égale à 5 mètres au droit d'un pignon aveugle d'un bâtiment existant, doivent être implantés parallèlement à ce pignon et ne pas dépasser les limites du mur dudit pignon, ni, le cas échéant, dépasser les limites de l'égout du toit. ". Si la combinaison de cette règle avec celle fixée à l'article 2.2.7. du règlement selon laquelle tout dispositif scellé au sol bordant une voie ouverte à la circulation publique doit être implanté perpendiculairement à cette voie aboutit à l'impossibilité d'installer un dispositif publicitaire dans un recul de moins de cinq mètres par rapport à un pignon qui ne serait pas perpendiculaire à la voie ouverte à la circulation publique le bordant, cette circonstance n'est pas de nature à entacher l'article 2.2.6 du règlement d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où ces deux articles visent un objectif de protection du cadre de vie, par une meilleure insertion paysagère des dispositifs publicitaires, et où il n'est pas établi que le cas de figure évoqué par le requérant présenterait une occurrence significative. Par ailleurs, les trois exemples illustrés produits par le requérant, supposés établir le caractère non-inesthétique de l'implantation d'un dispositif publicitaire à moins de cinq mètres d'un mur pignon n'étant pas perpendiculaire à une voie, ne démontrent pas le caractère fallacieux de l'objectif poursuivi de protection du cadre de vie.

9. Aux termes de l'article 2.2.8. " Aspect des dispositifs " du règlement en litige : " Lorsqu'ils sont scellés au sol ou installés directement sur le sol, les dispositifs publicitaires reposent sur un pied unique dont la largeur n'excède pas le quart de la largeur totale du dispositif. Les sections apparentes des profilés en I (flancs), ainsi que les jambes de force, pieds-échelle et fondations dépassant le niveau du sol sont interdites. ". Contrairement à ce que soutient le requérant, le seul emploi de termes techniques n'est pas de nature à rendre incompréhensibles ou inapplicables les dispositions précitées, notamment par les professionnels de la publicité auxquels elles s'adressent plus particulièrement. Il ressort du rapport de présentation que cet article tend à améliorer l'insertion visuelle des dispositifs publicitaires installés au sol et de limiter l'imperméabilisation de surfaces naturelles et poursuit ainsi un objectif de protection du cadre de vie, laquelle ne s'apprécie pas uniquement depuis l'espace public. Enfin, il n'est pas établi que cette règle présenterait une contrainte telle à l'égard des propriétaires fonciers que ceux-ci seraient privés de la jouissance de leur bien au sens et pour l'application de l'article 544 du code civil. Par conséquent, et nonobstant la circonstance, à la supposer avérée, que leur objectif pourrait être atteint par la mise en œuvre de règles alternatives moins contraignantes pour les pétitionnaires, les dispositions de l'article 2.2.8 ne sont pas entachées d'erreur manifeste d'appréciation.

10. Aux termes de l'article 2.2.9. " Préservation des espaces verts " du règlement : " Lorsqu'ils sont installés sur un espace laissé en pleine terre, enherbé ou planté, les dispositifs publicitaires scellés au sol ou installés directement sur le sol, les socles ou fondation des dispositifs doivent être recouverts de terre végétale et/ou dalles de type " Evergreen " sur une épaisseur minimale de 30 centimètres par rapport au niveau de terrain naturel, afin de préserver le caractère naturel de ces espaces et limiter l'imperméabilisation du sol. ". Il ressort du rapport de présentation que ces dispositions, comme celles évoquées au point précédent, tendent à améliorer l'insertion visuelle des dispositifs publicitaires installés au sol et à limiter l'imperméabilisation de surfaces naturelles et poursuivent ainsi un objectif de protection du cadre de vie, sans que leurs effets portent une atteinte disproportionnée au droit de propriété. Il ressort en outre des pièces du dossier que ces dispositions ne s'appliquent pas aux dispositifs existants y contrevenant, sous réserve qu'ils ne méconnaissent pas d'autres dispositions du règlement, compte tenu du faible nombre de dispositifs concernés et du coût de leur mise en conformité. Par ailleurs, et en tout état de cause, le requérant ne démontre pas qu'une règle alternative moins contraignante aurait le même effet. Par conséquent, les dispositions de l'article 2.2.9 ne sont pas entachées d'erreur manifeste d'appréciation.

11. Aux termes de l'article 3.6.2. " publicités et pré-enseignes dans les carrefours " du règlement, applicable dans la zone 6 recouvrant les voies de circulation et leurs abords sur une profondeur de 20 mètres de part et d'autre mesurée à partir de l'alignement, et certaines zones d'activités identifiées : " Aux abords des carrefours identifiés sur le plan de zonage, les dispositifs publicitaires lumineux ou non, sont interdits dans un rayon de 15 mètres à compter du bord extérieur de la chaussée. ". Contrairement à ce qui est soutenu, il ressort du rapport de présentation que cette règle est notamment justifiée par la volonté de limiter la concentration des dispositifs publicitaires, de mettre en valeur certains espaces très fréquentés, ou d'améliorer la visibilité et la lisibilité des activités situées à proximité de ces carrefours, et n'a pas pour but déterminant la préservation de la sécurité de la circulation routière. L'analyse paysagère a mis en évidence un phénomène de concentration importante de dispositifs publicitaires sur plusieurs carrefours, principalement les giratoires d'entrée de ville, les carrefours de la rocade et les intersections entre deux axes routiers majeurs, de nature à porter atteinte à la protection du cadre de vie, qui ne saurait se limiter à la protection des paysages présentant un caractère remarquable. Eu égard au contrôle restreint exercé par le juge, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'objectif poursuivi aurait pu être atteint en appliquant uniquement une règle de densité. Dans ces conditions, et dans la mesure où les dispositions attaquées ne s'appliquent que dans un rayon de 15 mètres autour de certains carrefours identifiés et situés dans la seule zone 6 qui représente 20,87% de la surface agglomérée de la communauté urbaine, le syndicat requérant n'est pas fondé à soutenir que l'article 3.6.2 du règlement contesté est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.

12. Il ressort des pièces du dossier que le centre des expositions situé avenue Félix Geneslay est classé en zone 5 secteur b, et non a comme le soutient le requérant, du règlement local de publicité, le règlement écrit dans le secteur 5b prévoyant l'interdiction des enseignes et pré-enseignes sur clôtures non-aveugles. Il ressort du rapport de présentation et du règlement que les auteurs du RLP ont souhaité classer dans la zone 5 les voies de circulation et les zones d'activités " à préserver ", par des règles plus restrictives que dans la zone 6, qui correspond aux entrées de ville / bourg, aux grands axes de circulation et aux zones d'activités. Le centre des expositions, s'il longe pour partie l'avenue Félix Geneslay qui est pour une grande part classée en zone 6, constitue en lui-même et par sa proximité avec le pôle d'excellence sportive comprenant notamment le circuit des 24 heures du Mans, un site à enjeux pour la communauté d'agglomération, sur lequel les auteurs du RLP ont souhaité instituer des règles plus restrictives " pour valoriser l'image de l'agglomération ". Il suit de là que le requérant, qui se borne à invoquer la proximité de l'avenue Félix Geneslay classée comme il a été dit en zone 6, n'est pas fondé à soutenir que le classement du centre des expositions en zone 5b serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

13. Aux termes du chapitre 2.4 " extinction nocturne " du règlement : " Sur l'ensemble du territoire communautaire, tout dispositif d'enseignes, publicités et pré-enseignes, lumineux ou éclairés, est éteint entre 23 heures et 7 heures, à l'exception des publicités éclairées par projection ou transparence supportées par le mobilier urbain et des publicités numériques supportées par le mobilier urbain, à condition que leurs images soient fixes. ". L'article 3.2.5. du règlement, applicable dans la zone 2, qui " recouvre le cœur marchand du centre-ville du Mans, le périmètre de 100 mètres autour de certains monuments historiques et le Site Patrimonial Remarquable ( ancienne ZPPAU) de la ville d'Allonnes " interdit la publicité lumineuse y compris numérique alors que la publicité sur mobilier y est, dans des conditions toutefois restrictives, autorisée. Aux termes de l'article 3.3.2 du règlement sont interdits dans la zone 3, qui recouvre tout ou partie des agglomérations ainsi que certaines voies de circulation identifiées traversant des centres urbains et leurs abords, sur une profondeur de 20 mètres de part et d'autre mesurée à partir de l'alignement, outre les dispositifs publicitaires scellés au sol, les dispositifs publicitaires sur les murs de clôture, les clôtures y compris non aveugles, en secteur 3a (Yvré L'Évêque et La Chapelle Saint Aubin), et les dispositifs muraux, la publicité lumineuse. Dans la zone 5, l'article 3.5.2 interdit également la publicité lumineuse, notamment numérique, ainsi que les dispositifs publicitaires scellés au sol, les dispositifs publicitaires sur les murs de clôture, les clôtures, y compris non aveugles, et dans le secteur 5a, tout dispositif publicitaire. Le requérant soutient que ces dispositions, en tant qu'elles imposent des contraintes aux dispositifs publicitaires numériques et pas aux mobiliers urbains supportant de la publicité numérique, introduisent entre ces deux types de publicité une différence de traitement injustifiée.

14. D'une part, le principe d'égalité ne s'oppose pas à ce que l'autorité investie du pouvoir réglementaire règle de façon différente des situations différentes ni à ce qu'elle déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt général, pourvu que, dans l'un comme dans l'autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport avec l'objet de la norme qui l'établit. Le mobilier urbain se différencie des autres dispositifs pouvant accueillir de la publicité numérique en ce qu'il n'a qu'une vocation publicitaire accessoire, et a pour objet principal de répondre aux besoins des administrés. D'autre part, les dispositions en cause, en ce qu'elles imposent des restrictions plus importantes à la publicité lumineuse, sont limitées à certaines zones du règlement, dans lesquelles les auteurs de celui-ci ont identifié des enjeux esthétiques plus importants et sont toutes justifiées dans le rapport de présentation par des considérations liées à la protection du cadre de vie, notamment dans l'explicitation de l'orientation n°4 " organiser l'implantation des publicités numériques et réduire l'impact de l'ensemble des dispositifs lumineux " et comme cela a été explicité pour certaines d'entre elles dans les points précédents. Dans ces conditions, en exonérant le mobilier urbain de la règle d'extinction de la publicité lumineuse pendant la nuit, et d'interdictions totales dans certaines zones identifiées du RLPc, les dispositions en cause n'ont pas institué de discrimination illégale et n'ont pas méconnu le principe d'égalité. Ces dispositions ne présentent pas davantage un caractère disproportionné qui serait incompatible avec les objectifs énoncés par les dispositions du point 1 de l'article 16 de la directive n°2006/123 du Parlement européen et du conseil du 12 décembre 2006.

15. Il résulte de tout ce qui précède que le syndicat national de la publicité numérique n'est pas fondé à demander l'annulation de la délibération du 30 janvier 2020 par laquelle le conseil communautaire de Le Mans Métropole a approuvé le règlement local de publicité communautaire.

Sur les frais liés au litige :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de Le Mans Métropole, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, le versement d'une somme sur ce fondement. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions que Le Mans Métropole présente également à ce titre.

D É C I D E :

Article 1er : La requête du Syndicat national de la publicité numérique est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de Le Mans Métropole présentées sur le fondement de l'article L. 761-1du code de l'urbanisme sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat national de la publicité numérique et à Le Mans Métropole.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Durup de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

Mme Milin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.

La rapporteure,

C. MILINLe président,

A. DURUP DE BALEINE

La greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe, en ce qui le concerne

ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2004050

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions