jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2005067 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | DEMIR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 mai 2020, M. B A, représenté par Me Demir, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 15 octobre 2019 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a ajourné à quatre ans sa demande de naturalisation et la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui accorder la nationalité française sous astreinte de 50 euros par jour ;
3°) à titre subsidiaire, de réduire la durée d'ajournement à un an ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision préfectorale est entachée d'une erreur de droit au regard des articles 21-23 et 21-27 du code civil dès lors qu'il n'a jamais été condamné et n'a jamais fait l'objet d'une procédure pénale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation pour les mêmes motifs dès lors qu'il a seulement été entendu par les services de police en octobre 2016 à la suite d'une plainte abusive classée sans suite et que son permis n'a jamais été invalidé ;
- la durée de l'ajournement est disproportionnée au regard des motifs de la décision.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 décembre 2020, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête doit être redirigée contre sa décision du 8 juillet 2020 ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 15 octobre 2019, le préfet de la Seine-Saint-Denis a ajourné à quatre ans la demande de naturalisation de M. A, ressortissant turc né le 16 avril 1968. Par une décision du 8 juillet 2020, le ministre de l'intérieur a rejeté le recours formé par le postulant à l'encontre de cette décision.
2. Aux termes de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " Dans les deux mois suivant leur notification, les décisions prises en application des articles 43 et 44 peuvent faire l'objet d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations, à l'exclusion de tout autre recours administratif. Ce recours, pour lequel le demandeur peut se faire assister ou être représenté par toute personne de son choix, doit exposer les raisons pour lesquelles le réexamen de la demande est sollicité. Il constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. () ". Il résulte de ces dispositions que la décision du ministre de l'intérieur du 8 juillet 2020 s'est substituée à la décision préfectorale du 15 octobre 2019. Par suite, les conclusions à fin d'annulation et les moyens doivent être regardés comme dirigés contre la seule décision ministérielle du 8 juillet 2020.
3. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger. " En outre, aux termes de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. () ". En vertu de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte les renseignements défavorables recueillis sur le postulant.
4. Le ministre de l'intérieur a ajourné à quatre ans la demande de naturalisation de M. A au motif que l'intéressé a été l'auteur de menace de mort par écrit ou objet, commis le 5 octobre 2016 à Paris 12ème et de conduite d'un véhicule sans permis commis le 27 février 2014 à Paris 18ème. La seule production de la dernière page d'un jugement, dont la juridiction auteure, la date et les éléments précis d'identité de la personne condamnée sont inconnus, déclarant coupable M. A de conduite d'un véhicule sans permis le 27 février 2014 et le dispensant de peine, ne permet pas d'établir la matérialité des faits de conduite sans permis retenus par le ministre, qui n'a pas produit l'intégralité de ce jugement malgré une demande en ce sens du tribunal. En revanche, il ressort des pièces du dossier que, par un jugement du 20 janvier 2017 du tribunal correctionnel de Paris, M. A a été déclaré coupable d'avoir menacé une personne avec un couteau le 5 octobre 2016. Dans ces conditions la matérialité de ces faits, qui ne sont pas dénués de gravité ni anciens à la date de la décision attaquée, est établie. Il résulte de l'instruction que le ministre aurait pris la même décision en se fondant uniquement sur ces faits. Dans ces conditions, et en dépit de la durée de la présence de M. A en France et de son insertion professionnelle, le ministre de l'intérieur n'a pas entaché sa décision d'erreur de droit ni d'erreur manifeste d'appréciation en ajournant à quatre ans la demande de naturalisation du postulant, sans que cette durée d'ajournement n'apparaisse, en tout état de cause, disproportionnée eu égard à la gravité des faits reprochés.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 8 juillet 2020. Par suite, sa requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mlle Wunderlich, présidente,
Mme Le Lay, première conseillère,
Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
La rapporteure,
H. CLa présidente,
A.-C. WUNDERLICH
La greffière,
C. GENTILS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026