mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2005251 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PHILIPPON |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le numéro 2005251 le 31 mai 2020, le 16 juin 2021, M. B C, représenté par Me Naux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 décembre 2019 par lequel le maire de commune de Vigneux-de-Bretagne n'a pas fait opposition à la déclaration préalable de travaux présentée par M. A pour le compte de la SCI la Roubretière, tendant au changement de destination d'une annexe située sur la parcelle cadastrée section YI n°143 en bâtiment de stockage et abri équins et caprins et pour l'exécution de travaux d'affouillement du sol et l'installation d'une dalle de béton en pente sur ce bâtiment, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux contre cette décision ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vigneux-de-Bretagne une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué du 4 décembre 2020 est entaché d'un détournement de procédure ;
- le dossier de déclaration préalable de travaux est incomplet ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions du c) de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions des articles A1 et A2 du règlement du plan local d'urbanisme applicables à la zone agricole relatives aux changements de destinations de bâtiments, ainsi que les dispositions du 2.2.7 de l'article A2 de ce règlement, dès lors que la SCI n'a pas la qualité d'exploitant agricole ;
- il méconnaît les dispositions des articles A10 et A7 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone agricole, relative à la hauteur et à l'implantation des bâtiments ;
- il méconnaît l'article L. 111-3 du code rural et de la pêche maritime ainsi que les dispositions du règlement sanitaire départemental de Loire-Atlantique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2021, la commune de Vigneux-de-Bretagne, représentée par Me Eveno, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par des mémoires enregistrés le 8 février 2021 et le 26 août 2021, la SCI La Roubretière, représentée par Me Philippon, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit sursis à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, à titre infiniment subsidiaire à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, et demande au tribunal de mettre à la charge du requérant la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et la somme de 10 000 euros au titre de l'article R. 741-12 de ce code.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir de M. C ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;
- les moyens tirés de la méconnaissance des articles R. 111-6 et R. 111-26 du code de l'urbanisme sont irrecevables, par application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
II. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le numéro 2009252 le 15 septembre 2020, le 16 juin 2021 et le 14 septembre 2023, M. B C, représenté par Me Naux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 décembre 2019 par laquelle le maire de commune de Vigneux-de-Bretagne n'a pas fait opposition à la déclaration préalable de travaux présentée par M. A pour le compte de la SCI la Roubretière, tendant au changement de destination d'une annexe située sur la parcelle cadastrée section YI n°143 en bâtiment de stockage et abri équins et caprins et pour l'exécution de travaux d'affouillement du sol et l'installation d'une dalle de béton en pente sur ce bâtiment, le rejet de son recours gracieux contre cette décision, ainsi que la décision du 23 juillet 2020 par laquelle le maire de la commune de Vigneux-de-Bretagne a refusé de retirer pour fraude l'arrêté du 4 décembre 2019 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vigneux-de-Bretagne une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué du 4 décembre 2020 portant non-opposition à déclaration préalable de travaux a été obtenu par fraude ;
- il est entaché d'un détournement de procédure et d'un détournement de pouvoir ;
- il méconnaît les articles R. 111-2et R. 111-26 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2021, la commune de Vigneux-de-Bretagne, représentée par Me Eveno, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par des mémoires, enregistrés le 29 mars 2021 et le 11 septembre 2023, la SCI La Roubretière, représentée par Me Philippon, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge du requérant la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir de M. C ;
- les moyens tirés du détournement de pouvoir et d'un détournement de procédure, ainsi que de la méconnaissance des articles R. 111-6 et R. 111-26 du code de l'urbanisme sont irrecevables, par application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thomas, première conseillère
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Hervé du Penhoät, substituant Me Naux, avocat de M. C,
- les observations de Me Krawczyk, substituant Me Eveno, avocat de la commune de Vigneux-de-Bretagne,
- et les observations de Me Philippon, avocat de la SCI Le Roubretière.
Une note en délibéré présentée par la SCI La Roubretière a été enregistrée le 17 janvier 2024.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI La Roubretière, dont M. A est le gérant, est propriétaire des parcelles cadastrées section YI n°s 143 et 145,au lieu-dit " La Roubretière " à Vigneux-de-Bretagne, classées respectivement en zone agricole Aa et en zone naturelle NT par le plan local d'urbanisme communal. M. A a fait construire, sans autorisation, sur son terrain, en 1997, deux bâtiments accolés, dits " annexes ", à destination de garage et d'espace de rangement. M. A a également fait construire en 2001, sans autorisation d'urbanisme, un préau à l'arrière de sa maison d'habitation correspondant à un hangar à chevaux, d'une surface de plancher de 31,60 mètres carrés, en limite nord du terrain de M. C, sur la parcelle cadastrée section YI n°143, classée en zone agricole Aa du plan local d'urbanisme. M. C a saisi le juge judiciaire. Afin de régulariser la situation de ces constructions, le 19 avril 2006, M. A a déposé à la mairie de Vigneux-de-Bretagne, pour le compte de la SCI La Roubretière, une demande de permis de construire pour la réalisation d'un préau, attenant à l'arrière de la maison principale et d'une " annexe " composée de deux corps de bâtiments accolés l'un à l'autre. Par un arrêté du 15 mai 2006, le maire de Vigneux-de-Bretagne a fait droit à sa demande. Par un arrêt du 16 novembre 2007, devenu définitif, la cour d'appel de Rennes a condamné M. A à remettre les lieux en l'état et à mettre le hangar litigieux en conformité avec la destination que lui assigne son permis de construire, sous astreinte de 80 euros par jour de retard. Le 24 mars 2008, M. A a sollicité, pour le compte de la SCI La Roubretière, la délivrance d'un permis de construire modificatif portant, notamment, sur l'aspect extérieur et les dimensions de l'" annexe ". Par un arrêté du 8 avril 2008, le maire de Vigneux-de-Bretagne a fait droit à sa demande. Il lui a également délivré, quatre jours plus tard, un certificat de non-opposition à la déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux. Par un arrêt du 12 octobre 2012, devenu définitif, la cour administrative d'appel de Nantes a annulé ce certificat au motif que la hauteur au faîtage de l'" annexe " n'était pas conforme à celle de 3,20 mètres autorisée par son permis de construire. Par une décision du 13 avril 2015, la commune de Vigneux-de-Bretagne a mis M. A en demeure d'apporter la preuve de l'exécution de travaux visant à régulariser la hauteur au faîtage de l'annexe. Le 3 septembre 2015, M. A a déposé à la mairie de Vigneux-de-Bretagne, pour le compte de la SCI La Roubretière, une déclaration préalable pour l'exécution de travaux d'affouillement du sol, en vue d'augmenter la hauteur intérieure du bâtiment à usage de hangar composant l'" annexe " et l'installation sous ce bâtiment d'une dalle en béton en pente destinée à l'évacuation des eaux de pluie. Par un arrêté du 4 juillet 2016, le maire de Vigneux-de-Bretagne ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable au motif que la société pétitionnaire établissait que le bâtiment objet des travaux litigieux était un bâtiment agricole participant à l'activité d'élevage de M. A. Par un jugement du 24 juillet 2018, le tribunal administratif de Nantes a annulé l'arrêté du 4 juillet 2016 au motif qu'il incombait à la SCI La Roubretière, qui n'avait pas obtenu postérieurement au permis délivré en 2006 d'autorisation de transformer le bâtiment édifié comme annexe à l'habitation en bâtiment agricole, de déposer une déclaration préalable portant à la fois sur ce changement de destination et les travaux litigieux. M. A a déposé pour le compte de la SCI La Roubretière, le 28 mars 2019, une nouvelle demande de permis de construire pour un projet présenté comme " la régularisation de la construction d'un bâtiment agricole (stockage et abri pour animaux) ". Par un arrêté du 21 juin 2019, le maire de la commune de Vigneux-de-Bretagne a refusé de délivrer le permis de construire sollicité au motif que le projet de construction, concernant un bâtiment à usage agricole alors que le demandeur n'a pas la qualité de chef d'exploitation, méconnaît les articles A1 et A2 du règlement du plan local d'urbanisme. Par une ordonnance du 6 novembre 2019, le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a suspendu l'exécution de cette décision de refus de permis de construire. La SCI La Roubretière s'est par la suite désistée de son recours au fond tendant à l'annulation de cette décision. M. A a déposé pour le compte de la SCI La Roubretière le 26 septembre 2019 une nouvelle déclaration préalable tendant au changement de destination de ce bâtiment en bâtiment de stockage et abri équins et caprins ainsi qu'à la réalisation de travaux d'affouillement du sol et d'installation d'une dalle béton sous cette construction. Par la requête n° 2005251, M. C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 décembre 2019 par lequel le maire de la commune de Vigneux-de-Bretagne n'a pas fait opposition à cette déclaration préalable de travaux, ainsi que de la décision du 24 mars 2020 de rejet de son recours gracieux contre cet arrêté. Par la requête enregistrée sous le n° 2009252, M. C demande au tribunal d'annuler la décision du 23 juillet 2020 par laquelle le maire de la commune de Vigneux-de-Bretagne a refusé de faire droit à sa demande de retrait pour fraude de cet arrêté du 4 décembre 2019.
Sur la jonction :
2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2005251 et 2009252 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ". Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". Aux termes de l'article R. 424-15 du même code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. Cet affichage n'est pas obligatoire pour les déclarations préalables portant sur une coupe ou un abattage d'arbres situés en dehors des secteurs urbanisés. / () / Un arrêté du ministre chargé de l'urbanisme règle le contenu et les formes de l'affichage. ". Aux termes de l'article A. 424-16 du même code : " Le panneau prévu à l'article A. 424-15 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, le nom de l'architecte auteur du projet architectural, la date de délivrance, le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. (). ".
4. L'affichage du permis de construire sur le terrain d'assiette de la construction autorisée doit être effectué de telle façon que les mentions qu'il comporte soient lisibles de la voie publique ou, lorsque le terrain n'est pas desservi par une voie publique, d'une voie privée ouverte à la circulation du public. Lorsque le terrain d'assiette n'est pas desservi par une telle voie et que l'affichage sur le terrain ne pourrait, dès lors, satisfaire à cette exigence, seul un affichage sur un panneau placé en bordure de la voie publique ou de la voie privée ouverte à la circulation du public la plus proche du terrain fait courir le délai de recours contentieux à l'égard des tiers autres que les voisins qui empruntent la voie desservant le terrain pour leurs besoins propres.
5. Les photographies et attestation succinctes et non circonstanciées produites par la SCI la Roubretière sont insuffisantes pour établir la date de début d'affichage sur le terrain de la décision attaquée de non-opposition à déclaration préalable de travaux. Dans ces conditions, la SCI La Roubretière n'est pas fondée à soutenir que le recours gracieux de M. C contre la décision attaquée, reçu par la commune de Vigneux-de-Bretagne le 11 février 2020, aurait été tardif. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne () n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / (). ".
7. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet en cours de construction.
8. Le requérant est propriétaire du terrain contiguë au terrain d'assiette du projet. Il a ainsi la qualité de voisin immédiat du projet. Par ailleurs, l'extension autorisée par l'arrêté attaqué sera visible depuis sa propriété, alors que le hangar en cause est susceptible de donner lieu à des nuisances, s'agissant en particulier de l'écoulement des eaux pluviales. Compte tenu de son ampleur, le projet est susceptible d'affecter directement les conditions de jouissance de son bien. Dans ces conditions, le requérant justifie d'un intérêt lui donnant qualité à agir en excès de pouvoir contre l'arrêté du 4 décembre 2020.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les fins de non-recevoir opposées en défense doivent être écartées et que la requête n° 2105251 de M. C est recevable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 4 décembre 2020 et la décision de rejet du recours gracieux présenté contre cet arrêté :
10. Aux termes de l'article A1.2.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vigneux-de-Bretagne, applicable en zone agricole, sont interdites " les occupations et utilisations du sol non citées à l'article A2 ". L'article A2 de ce règlement autorise pour le secteur Aa, à son paragraphe 2.2.7, " les constructions et installations directement nécessaires aux exploitations agricoles telles que bâtiments d'exploitation, bâtiments d'élevage, construction à usage de stockage ".
11. M. C soutient que le projet faisant l'objet de la déclaration préalable de travaux ne pouvait être autorisé au regard des articles A1 et A2 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la pétitionnaire ne justifie pas que l'annexe en cause serait une construction directement nécessaire à une exploitation agricole. Il est constant que la demande préalable de travaux a été présentée par la SCI La Roubretière, qui n'est pas exploitante agricole. Si l'associé majoritaire de la SCI la Roubretière a une activité d'exploitation agricole située en Normandie, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette activité présenterait un quelconque lien avec le projet autorisé par la décision attaquée. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le gérant de cette SCI exercerait à la date de l'arrêté du 4 décembre 2020 une activité agricole. Si la SCI présente les certificats d'immatriculation de quatre poneys en retraite et d'une ânesse, ces documents, qui attestent de la seule qualité de propriétaire de ces animaux, ne sont pas propres à caractériser l'existence d'une exploitation agricole au sens des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme. Si la SCI se prévaut également d'un document dépourvu de toute garantie d'authenticité de l'établissement départemental d'élevage ainsi que de trois factures relatives au paiement de la contribution volontaire obligatoire relative à l'équarrissage, ces documents ne permettent que d'attester de la détention par M. A de caprins. Or, la qualité de détenteur d'animaux, en particulier d'équidés ou de caprins à titre de loisir, ne caractérise pas une exploitation agricole au sens des dispositions précitées. Si M. A produit les statuts d'une association relative notamment à la prise en pension d'équidés, ces éléments sont postérieurs à la date de l'arrêté attaqué, alors qu'au demeurant, l'intéressé ne justifie pas assurer la pension d'autres équidés que les siens. Enfin, la SCI ne peut utilement se prévaloir de ce que le hangar en cause aurait une " vocation " agricole. Dans ces conditions, l'annexe dont la SCI a demandé le changement de destination ne constitue pas une construction directement nécessaire à une exploitation agricole au sens des dispositions du 2.2.7 de l'article A2 du plan local d'urbanisme. Par suite, elle constitue une construction interdite par les dispositions précitées de l'article A1 du plan local d'urbanisme. Il en résulte que M. C est fondé à soutenir que, pour ce motif, l'arrêté attaqué du 4 décembre 2020 est contraire à ces dispositions.
12. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens de la requête n'est susceptible, en l'état du dossier soumis au tribunal, de fonder l'annulation de l'arrêté du 4 décembre 2020.
13. Il résulte de ce qui précède que l'illégalité de l'arrêté attaqué, tenant à la méconnaissance des dispositions des articles A1 et A2 du plan local d'urbanisme, affecte la totalité du projet. Dans ces circonstances, la régularisation du vice précédemment relevé, qui subordonne le changement de destination de l'annexe en cause en un bâtiment agricole autorisé à la démonstration d'une part de la réalité d'une exploitation agricole et d'autre part du caractère nécessaire de la construction à cette activité, est susceptible d'apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Par conséquent, en l'absence de possible régularisation de ce vice entachant l'arrêté attaqué, il y a lieu d'annuler l'arrêté attaqué portant non-opposition à déclaration préalable de travaux, sans faire application de l'article L. 600-5 ou de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
14. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant est fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 4 décembre 2020. Par voie de conséquence, il est également fondé à demander l'annulation de la décision de rejet de son recours gracieux contre cet arrêté.
En ce qui concerne la décision du 23 juillet 2020 :
15. Dès lors que l'arrêté du 4 décembre 2019 portant non-opposition à déclaration préalable de travaux est annulée par le présent jugement, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2009252 de M. C tendant à l'annulation de la décision du 23 juillet 2020 du refus du maire de la commune de Vigneux-de-Bretagne de procéder au retrait pour fraude de cet arrêté.
Sur les conclusions présentées par la SCI La Roubretière tendant à la mise en œuvre de l'article R. 741-12 du code de justice administrative :
16. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ". La faculté prévue par ces dispositions constituant un pouvoir propre du juge, les conclusions de la SCI La Roubretière tendant à ce que le requérant soit condamné à une telle amende ne sont pas recevables.
Sur les frais liés au litige :
17. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. C, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la SCI La Roubretière ou à la commune de Vigneux-de-Bretagne les sommes que celles-ci réclament au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
18. D'autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Vigneux-de-Bretagne le versement à M. C d'une somme de 1 500 euros à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Vigneux-de-Bretagne du 4 décembre 2019 portant non-opposition à déclaration préalable de travaux ainsi que la décision de rejet du recours gracieux de M. C contre cet arrêté sont annulés.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. C à fin d'annulation de la décision du maire de Vigneux-de-Bretagne du 23 juillet 2020 portant refus de retrait de l'arrêté du 4 décembre 2019.
Article 3 : La commune de Vigneux-de-Bretagne versera à M. C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la SCI La Roubretière au titre de l'article L. 761 et de l'article R. 741-12 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Les conclusions de la commune de Vigneux-de-Bretagne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la commune de Vigneux-de-Bretagne et à la SCI La Roubretière.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.
La rapporteure,
S. THOMAS
Le président,
A. DURUP DE BALEINELa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°s 2005251, 200925
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026