jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2005294 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 12eme chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEXCAP ANGERS |
Vu les procédures suivantes :
I. Sous le numéro 2005294, par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 juin 2020 et 20 avril 2023, M. D Gautier, représenté par Me Meunier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 mai 2020 par lequel le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la Sarthe l'a placé en disponibilité d'office pour une durée de trois mois à compter du 13 mai 2020 ;
2°) d'enjoindre au président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe de le placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service et d'en tirer les conséquences sur sa situation administrative et financière, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation en lui accordant, dans l'attente de ce réexamen, un congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire, en tout état de cause dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du SDIS de la Sarthe le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il aurait dû être placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire à compter du 5 août 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2022, le SDIS de la Sarthe, représenté par Me Poput, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. Gautier lui verse une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 7 mai 2020 dès lors qu'il a été retiré par un arrêté du 26 juin 2020 ;
- les moyens soulevés par M. Gautier ne sont pas fondés.
II. Sous le numéro 2006191, par une requête et des mémoires, enregistrés les 30 juin, 7 juillet 2020 et 20 avril 2023, M. D Gautier, représenté par Me Meunier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 juin 2020 par lequel le président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe a " suspendu l'exécution " de l'arrêté du 7 mai 2020 et l'a placé à demi-traitement dans l'attente de la décision statuant sur sa demande tendant à la reconnaissance d'une maladie professionnelle, et l'arrêté du 26 juin 2020 par lequel cette même autorité a retiré les arrêtés des 7 mai et 9 juin 2020 et l'a placé à demi-traitement dans l'attente de la décision statuant sur sa demande tendant à la reconnaissance d'une maladie professionnelle ;
2°) d'enjoindre au président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe de le placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service et d'en tirer les conséquences sur sa situation administrative et financière, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation en lui accordant, dans l'attente de ce réexamen, un congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire, en tout état de cause dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du SDIS de la Sarthe le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 9 juin 2020 est entaché d'illégalité dès lors qu'il n'entre pas dans les pouvoirs d'une autorité administrative de prononcer la suspension de l'exécution d'une décision ;
- l'arrêté du 26 juin 2020 est entaché d'illégalité en tant qu'il ne le place pas en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire à plein traitement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2022, le SDIS de la Sarthe, représenté par Me Poput, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. Gautier lui verse une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 9 juin 2020 dès lors qu'il a été retiré par un arrêté du 26 juin 2020 ;
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 juin 2020 en tant qu'il maintient le placement de M. Gautier à demi-traitement à compter du 13 mai 2020 dès lors qu'il doit être regardé comme ayant été retiré par l'arrêté du 18 septembre 2020 par lequel le requérant a été placé en disponibilité d'office à compter du 13 mai 2020 ;
- les moyens soulevés par M. Gautier ne sont pas fondés.
III. Sous le numéro 2103242, par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 mars 2021 et 20 avril 2023, M. D Gautier, représenté par Me Meunier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2020 par lequel le président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe a rejeté sa demande de congé pour invalidité temporaire imputable au service d'une part, sa demande de congé de longue maladie d'autre part, et l'a placé en disponibilité d'office à compter du 13 mai 2020 pour une durée de trois mois, ainsi que la décision rejetant son recours gracieux contre cet arrêté ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise médicale avant dire droit ;
3°) de mettre à la charge du SDIS de la Sarthe le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché d'un vice de procédure tenant à l'irrégularité de l'avis de la commission de réforme dès lors que : l'expertise du Dr A ne lui a pas été transmise avant la séance de la commission de réforme du 30 juillet 2020 ; l'expert aurait dû solliciter l'avis d'un médecin agréé ; l'expertise est entachée de partialité dès lors que le Dr A a sollicité des informations auprès du médecin-chef du SDIS de la Sarthe, qui se trouve placé sous l'autorité de l'auteur de l'arrêté attaqué ;
- il est entaché d'un vice de procédure tenant à l'irrégularité de l'avis du comité médical dès lors que : il n'est pas justifié de la qualité du médecin de prévention qui est intervenu lors de la séance du comité médical du 30 juillet 2020 ; aucun médecin spécialiste de l'affection en cause n'a siégé lors de cette séance ; il n'est pas motivé ;
- il est entaché de rétroactivité illégale ;
- le rejet de sa demande de congé pour invalidité temporaire imputable au service est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- dès lors qu'il a statué sur cette demande au-delà du délai fixé par les dispositions de l'article 37-5 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987, le président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe ne disposait plus de la faculté de la rejeter ;
- le rejet de sa demande de congé de longue maladie est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- son placement en disponibilité d'office est entaché d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2022, le SDIS de la Sarthe, représenté par Me Poput, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. Gautier lui verse une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par M. Gautier ne sont pas fondés.
IV. Sous le numéro 2103243, par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 mars 2021 et 20 avril 2023, M. D Gautier, représenté par Me Meunier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 septembre 2020 par lequel le président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe a prolongé sa disponibilité d'office pour une durée de trois mois à compter du 13 août 2020, ainsi que la décision rejetant son recours gracieux contre cet arrêté ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise médicale avant dire droit ;
3°) de mettre à la charge du SDIS de la Sarthe le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est illégal du fait de l'illégalité de l'arrêté du 18 septembre 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2022, le SDIS de la Sarthe, représenté par Me Poput, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. Gautier lui verse une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par M. Gautier ne sont pas fondés.
V. Sous le numéro 2105955, par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 mai 2021 et 20 avril 2023, M. D Gautier, représenté par Me Meunier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 décembre 2020 par lequel le président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe a prolongé sa disponibilité d'office du 13 novembre 2020 au 31 janvier 2021, ainsi que la décision rejetant son recours gracieux contre cet arrêté ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise médicale avant dire droit ;
3°) de mettre à la charge du SDIS de la Sarthe le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est illégal du fait de l'illégalité de l'arrêté du 18 septembre 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2022, le SDIS de la Sarthe, représenté par Me Poput, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. Gautier lui verse une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. Gautier ne sont pas fondés.
VI. Sous le numéro 2106656, par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 juin 2021 et 20 avril 2023, M. D Gautier, représenté par Me Meunier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2021 par lequel le président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe a prolongé sa disponibilité d'office du 1er février 2021 au 31 mars 2021, ainsi que la décision rejetant son recours gracieux contre cet arrêté ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise médicale avant dire droit ;
3°) de mettre à la charge du SDIS de la Sarthe le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est illégal du fait de l'illégalité de l'arrêté du 18 septembre 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2022, le SDIS de la Sarthe, représenté par Me Poput, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. Gautier lui verse une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. Gautier ne sont pas fondés.
VII. Sous le numéro 2109056, par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 août 2021 et 20 avril 2023, M. D Gautier, représenté par Me Meunier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 avril 2021 par lequel le président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe a prolongé sa disponibilité d'office à compter du 1er avril 2021 jusqu'à l'intervention d'un nouvel avis du comité médical, ainsi que la décision rejetant son recours gracieux contre cet arrêté ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise médicale avant dire droit ;
3°) de mettre à la charge du SDIS de la Sarthe le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est illégal du fait de l'illégalité de l'arrêté du 18 septembre 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2022, le SDIS de la Sarthe, représenté par Me Poput, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. Gautier lui verse une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. Gautier ne sont pas fondés.
VIII. Sous le numéro 2212540, par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 septembre 2022 et 13 septembre 2024, M. Gautier demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 mars 2022 par lequel le président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe l'a réintégré dans ses fonctions à compter du 28 mars 2022 ;
2°) d'enjoindre au président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe de le réintégrer à compter du 1er janvier 2022.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;
- le SDIS était tenu de le réintégrer à compter du 1er janvier 2022 dès lors que le comité médical l'a estimé apte à reprendre ses fonctions à compter de cette date et que le poste sur lequel il a été affecté lors de sa réintégration à compter du 28 mars 2022 était vacant depuis le 14 septembre 2021 ;
- il conteste les allégations du SDIS selon lesquelles il aurait lui-même sollicité le report de sa réintégration au 28 mars 2022 pour des motifs personnels.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2024, le SDIS de la Sarthe, représenté par Me Poput, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. Gautier lui verse une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. Gautier ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 30 août 2024, la clôture de l'instruction a été fixé au 16 septembre 2024.
Le SDIS de la Sarthe a produit un mémoire le 30 septembre 2024 qui n'a pas été communiqué.
Dans les instances nos 2103242, 2103243, 2105955, 2106656 et 2109056, par des courriers du 30 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de prononcer d'office, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, une injonction tendant à ce que le président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe octroie à M. Gautier un congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 13 mai 2019 jusqu'à la date de reprise de ses fonctions.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cordrie,
- les conclusions de Mme Malingue, rapporteure publique,
- les observations de Me Oueslati, substituant Me Meunier, représentant M. Gautier, et celles de Me Poput, représentant le SDIS de la Sarthe.
Des notes en délibéré, présentées par le SDIS de la Sarthe dans les affaires nos 2103242 et 2212540, ont été enregistrées le 10 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2005294, 2006191, 2103242, 2103243, 2105955, 2106656, 2109056 et 2212540 concernent la situation d'un même agent et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
2. M. Gautier est lieutenant de première classe des sapeurs-pompiers professionnels. Il a été placé en congé de maladie ordinaire à compter du 13 mai 2019 en raison d'une tendinopathie des deux tendons d'Achille. Par un courrier du 4 juin 2019, dont le SDIS de la Sarthe indique qu'il n'aurait pas été " enregistré " par ses services, il a sollicité l'octroi d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service au titre de cette pathologie. Par un arrêté du 7 mai 2020, M. Gautier a été placé en disponibilité d'office pour une durée de trois mois à compter du 13 mai 2020. Par un arrêté du 9 juin 2020, le président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe a " suspendu l'exécution " de l'arrêté du 7 mai 2020 et placé M. Gautier à demi-traitement à titre conservatoire dans l'attente de la décision statuant sur sa demande tendant à la reconnaissance d'une maladie professionnelle. Par un arrêté du 26 juin 2020, il a retiré les arrêtés des arrêtés des 7 mai 2020 et 9 juin 2020 et prononcé de nouveau le placement de M. Gautier à demi-traitement à titre conservatoire. Le 30 juin 2020, M. Gautier a sollicité l'octroi d'un congé de longue maladie dans l'hypothèse où sa demande de congé pour invalidité temporaire imputable au service serait rejetée. Lors de sa séance du 30 juillet 2020, la commission de réforme a émis un avis défavorable à l'octroi d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service. Dans son avis du même jour, le comité médical a estimé que la situation de M. Gautier relevait d'un congé de maladie ordinaire et non d'un congé de longue maladie. Par un arrêté du 18 septembre 2020, le président du conseil d'administration a rejeté les demandes de M. Gautier tendant à l'octroi d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service ou d'un congé de longue maladie et l'a placé en disponibilité d'office à compter du 13 mai 2020 pour une durée de trois mois. Cette disponibilité d'office a été prolongée par des arrêtés des 21 septembre 2020, 23 décembre 2020, 22 mars 2021 et 30 avril 2021. Lors de sa séance du 23 décembre 2021, le comité médical a estimé que M. Gautier était apte à la reprise de ses fonctions à compter du 1er janvier 2022. Par un arrêté du 16 mars 2022, M. Gautier a été réintégré dans ses fonctions à compter du 28 mars 2022. Le requérant demande l'annulation de l'ensemble des arrêtés précités ainsi que des décisions rejetant les recours gracieux qu'il a présentés contre ces arrêtés.
Sur les conclusions dirigées contre les arrêtés des 7 mai et 9 juin 2020 :
3. Par un arrêté du 26 juin 2020, le président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe a retiré l'arrêté du 7 mai 2020 plaçant M. Gautier en disponibilité d'office pour une durée de trois mois à compter du 13 mai 2020 et l'arrêté du 9 juin 2020 prononçant la " suspension de l'exécution " de l'arrêté du 7 mai 2020, et a placé l'intéressé à demi-traitement dans l'attente de la décision statuant sur sa demande de congé pour invalidité temporaire imputable au service. Si dans sa requête n° 2006191, M. Gautier a également présenté des conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 juin 2020, celles-ci ne sont dirigées contre cet arrêté qu'en tant qu'il ne le place pas en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire, de sorte que le retrait des arrêtés des 7 mai et 9 juin 2020 a acquis un caractère définitif. Dès lors, le SDIS de la Sarthe est fondé à soutenir que les conclusions dirigées contre les arrêtés des 7 mai et 9 juin 2020 ont perdu leur objet et qu'il n'y a, par suite, plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 26 juin 2020 :
S'agissant de l'exception de non-lieu soulevée par le SDIS :
4. Le SDIS fait valoir que l'arrêté du 18 septembre 2020 par lequel le président de son conseil d'administration, tirant les conséquences du rejet des demandes de congé pour invalidité temporaire imputable au service et de congé de longue maladie présentées par M. Gautier sur la situation administrative de ce dernier, a placé l'intéressé en disponibilité d'office à compter du 13 mai 2020 doit être regardé comme portant retrait de l'arrêté du 26 juin 2020 en tant qu'il prononce le placement de M. Gautier à demi-traitement dans l'attente de la décision statuant sur sa demande de congé pour invalidité temporaire imputable au service. Toutefois, par sa requête enregistrée sous le numéro n° 2103242, M. Gautier a contesté l'arrêté du 18 septembre 2020 dans toutes ses dispositions, de sorte que le retrait de l'arrêté du 26 juin 2020 révélé par cet arrêté ne peut être regardé comme ayant acquis un caractère définitif. Dès lors, le SDIS de la Sarthe n'est pas fondé à soutenir que les conclusions dirigées contre l'arrêté du 26 juin 2020 auraient perdu leur objet et l'exception de non-lieu qu'il soulève doit être écartée.
Au fond :
5. Aux termes des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, désormais reprises aux articles L. 822-18 et suivants du code de la fonction publique : " I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service (). Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. () / VI. - Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités du congé pour invalidité temporaire imputable au service mentionné au premier alinéa et détermine ses effets sur la situation administrative des fonctionnaires. () ". Et aux termes de l'article 37-5 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Pour se prononcer sur l'imputabilité au service de l'accident ou de la maladie, l'autorité territoriale dispose d'un délai : / () / 2° En cas de maladie, de deux mois à compter de la date de réception de la déclaration prévue à l'article 37-2 et, le cas échéant, des résultats des examens complémentaires prescrits par les tableaux de maladies professionnelles. / Un délai supplémentaire de trois mois s'ajoute aux délais mentionnés au 1° et au 2° en cas d'enquête administrative diligentée à la suite d'une déclaration d'accident de trajet ou de la déclaration d'une maladie mentionnée au troisième alinéa du IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée, d'examen par le médecin agréé ou de saisine de la commission de réforme compétente. Lorsqu'il y a nécessité d'examen ou d'enquête complémentaire, l'employeur doit en informer l'agent ou ses ayants droit. / Au terme de ces délais, lorsque l'instruction par l'autorité territoriale n'est pas terminée, l'agent est placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire pour la durée d'incapacité de travail indiquée sur le certificat médical prévu au 2° de l'article 37-2 ou au dernier alinéa de l'article 37-9. Cette décision, notifiée au fonctionnaire, précise qu'elle peut être retirée dans les conditions prévues à l'article 37-9. "
6. Il n'est pas contesté que par un courrier du 4 juin 2019 adressé au SDIS de la Sarthe en recommandé avec accusé de réception, et reçu le 12 juin 2019 par ce dernier, qui se borne à indiquer que ses services ne l'auraient pas enregistré, sans pour autant contester sa date de distribution, M. Gautier a présenté une demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service d'une tendinopathie des deux tendons d'Achille. Dès lors, le délai d'instruction de cette demande doit être regardé comme ayant commencé à courir le 12 juin 2019. Par conséquent, en application des dispositions citées au point précédent, le SDIS aurait dû, au terme d'un délai maximal de cinq mois après cette date, et dès lors que M. Gautier avait continué à produire des certificats médicaux d'arrêt de travail prescrits au titre de sa tendinopathie jusqu'à la date à laquelle l'arrêté attaqué a été pris, placer l'intéressé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'illégalité en tant qu'il le place à demi-traitement dans l'attente de la décision statuant sur sa demande tendant à la reconnaissance d'une maladie professionnelle et non en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire. Cet arrêté doit ainsi, dans cette mesure, être annulé.
Sur la requête n° 2103242 :
S'agissant de la fin de non-recevoir soulevée par le SDIS :
7. Si le SDIS fait valoir que le courrier du 5 octobre 2020 contenant l'arrêté du 18 septembre 2020, qui contenait également l'arrêté du 21 septembre 2020, a été notifié à M. Gautier le 6 octobre 2020, de sorte qu'à la date du 14 décembre 2020 à laquelle ce dernier a déposé son recours gracieux contre ces deux arrêtés, le délai de recours contentieux était expiré, l'arrêté du 18 septembre 2020 mentionne à tort que l'exercice d'un recours gracieux contre cet acte constitue un préalable obligatoire à tout recours contentieux, sans indiquer dans quel délai un tel recours gracieux devrait être présenté pour conserver le délai de recours contentieux. Cette mention erronée étant de nature à induire M. Gautier en erreur sur son droit au recours et les conditions d'exercice de celui-ci, la notification de l'arrêté litigieux ne peut être regardée comme ayant fait courir le délai de recours contentieux. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée par le SDIS, tirée de ce que les conclusions dirigées contre l'arrêté du 18 septembre 2020 seraient tardives, doit être écartée.
Au fond :
S'agissant de l'arrêté du 18 septembre 2020 pris dans son ensemble :
8. Pour justifier de la compétence de la signataire de l'arrêté attaqué, Mme B C, première vice-présidente, le SDIS de la Sarthe a produit un arrêté du 26 octobre 2017 par lequel le président de son conseil d'administration lui a délégué sa signature à l'effet de signer les décisions relatives aux sapeurs-pompiers professionnels à l'exclusion des arrêtés individuels relatifs à la carrière de ces derniers autres que ceux relatifs aux avancements et classements indiciaires. Eu égard à la nature de l'arrêté attaqué, relatif à la carrière de M. Gautier en tant qu'il le place en disponibilité d'office, son autrice n'était pas compétente pour le signer. Le requérant est dès lors fondé à soutenir que cet arrêté est entaché d'incompétence.
S'agissant de l'arrêté du 18 septembre 2020 en tant qu'il porte refus de congé pour invalidité temporaire imputable au service :
9. Aux termes des dispositions du point IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 alors en vigueur : " IV.-Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. ". Il résulte de ces dispositions que lorsque la maladie déclarée par le fonctionnaire est désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et qu'il est établi qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions, elle doit être reconnue imputable au service sans que la condition de taux d'incapacité prévue au troisième alinéa de ce point IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983.
10. Par ailleurs, la tendinopathie du tendon d'Achille est désignée au point E du tableau n° 57 de l'annexe II de l'article R. 461-3 du code de la sécurité sociale, qui constitue l'un des tableaux mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale. Dès lors, cette pathologie doit être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire établit qu'elle est directement causée par l'exercice de ses fonctions.
11. Il ressort des pièces du dossier qu'à l'appui de sa demande de congé pour invalidité temporaire imputable au service, M. Gautier a transmis des certificats médicaux établis par son médecin généraliste faisant état d'une tendinopathie des deux tendons d'Achille et indiquant que cette pathologie serait liée au port de chaussures de sécurité de type " rangers ". M. Gautier a subi un traitement chirurgical par peignage des tendons d'Achille les 3 octobre 2019 et 9 juillet 2020. Pour rejeter la demande de M. Gautier, le président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe a estimé que la pathologie de ce dernier n'était pas liée au service et en particulier au port de chaussures de sécurité. Il ressort des termes de l'arrêté du 18 septembre 2020 que pour fonder sa décision, le président du conseil d'administration s'est appuyé sur l'avis de la commission de réforme, lequel renvoie à l'expertise du Dr A, chirurgien orthopédiste. Toutefois, le rapport établi par cet expert le 22 juillet 2020 se borne à indiquer que si la pathologie de M. Gautier est désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale, et en l'espèce par le tableau n° 57 de l'annexe II prévue par l'article R. 461-1 de ce code, elle n'a pas été contractée par l'intéressé dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau, à savoir en effectuant des travaux comportant de manière habituelle des efforts pratiqués en station prolongée sur la pointe des pieds. Or si cette circonstance est de nature à exclure l'application de la présomption d'imputabilité au service posée par les dispositions du premier alinéa du point IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, elle ne saurait en revanche permettre d'exclure une telle imputabilité au service. Par ailleurs, il ressort des multiples rapports et études médicales produits par M. Gautier que l'existence de risques de lésions articulaires causées par le port de chaussures de sécurité est documentée par la littérature spécialisée. En outre, il ressort du rapport d'expertise précité que M. Gautier ne présentait aucun antécédent médical aux tendinopathies qu'il a contractées. Dès lors, celles-ci doivent être regardées comme présentant un lien direct avec le port par M. Gautier de chaussures de sécurité. Si le SDIS soutient en défense que l'activité professionnelle du requérant était principalement consacrée à l'exercice de missions de nature administrative (service hors-rang) n'impliquant pas le port de chaussures de sécurité, par opposition aux activités de nature opérationnelle lors desquelles il est obligatoire, M. Gautier soutient sans être contredit qu'à titre d'exemple, il a consacré au cours de l'année 2018 plus de cent journées au service opérationnel, qui comprend notamment la formation, laquelle implique le port de chaussures de sécurité. Eu égard aux obligations en matière d'équipement de service auxquelles était astreint M. Gautier, les tendinopathies des deux tendons d'Achille qu'il a déclarées doivent être regardées comme directement liées au service. Par suite, il est fondé à soutenir que le président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en refusant de lui accorder un congé pour invalidité temporaire imputable au service au titre de cette pathologie.
S'agissant de l'arrêté du 18 septembre 2020 en tant qu'il porte refus de congé de longue maladie :
12. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de cette décision ou s'il a privé les intéressés d'une garantie.
13. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale alors en vigueur : " Le fonctionnaire en activité a droit : / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. " Et aux termes de l'article 3 du décret du 30 juillet 1987, dans sa rédaction applicable au litige : " Dans chaque département, un comité médical départemental est constitué auprès du préfet. / () / Chaque comité comprend deux praticiens de médecine générale et, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste de l'affection dont est atteint le fonctionnaire qui demande à bénéficier du congé de longue maladie ou de longue durée prévu au 3° ou au 4° de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 susvisée. () ".
14. Il ressort du procès-verbal de la séance du comité médical du 30 juillet 2020 qu'aucun médecin spécialiste de l'affection dont était atteint M. Gautier n'a siégé en son sein lors de l'examen de la situation de ce dernier. Cette absence a nécessairement privé le requérant de la garantie prévue par les dispositions précitées de l'article 3 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987. M. Gautier est, par suite, fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure en tant qu'il porte refus de congé de longue maladie.
S'agissant de l'arrêté du 18 septembre 2020 en tant qu'il porte placement en disponibilité d'office à compter du 13 mai 2020 :
15. En raison des effets qui s'y attachent, l'annulation pour excès de pouvoir d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l'annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n'auraient pu légalement être prises en l'absence de l'acte annulé ou qui sont en l'espèce intervenues en raison de l'acte annulé. Il incombe au juge de l'excès de pouvoir, lorsqu'il est saisi de conclusions recevables dirigées contre de telles décisions consécutives, de prononcer leur annulation par voie de conséquence, le cas échéant en relevant d'office un tel moyen qui découle de l'autorité absolue de chose jugée qui s'attache à l'annulation du premier acte.
16. Les dispositions de l'article 72 de la loi du 26 janvier 1984 alors en vigueur prévoient que la disponibilité est prononcée soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration de ses droits à congés de maladie.
17. Il résulte de ces dispositions que l'arrêté du 18 septembre 2020, en tant qu'il place M. Gautier en disponibilité d'office à compter du 13 mai 2020 à l'expiration de ses droits à congés de maladie ordinaire, ne pouvait légalement être pris en l'absence des décisions rejetant les demandes de congé pour invalidité temporaire imputable au service et de congé de longue maladie présentées par M. Gautier, et dont l'annulation par le présent jugement entraine la disparition de l'ordonnancement juridique. Par suite, le placement en disponibilité d'office de M. Gautier à compter du 13 mai 2020 doit être annulé par voie de conséquence de l'annulation de ces décisions.
18. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés par M. Gautier, que l'arrêté du président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe du 18 septembre 2020 doit être annulé dans toutes ses dispositions, de même que la décision implicite rejetant son recours gracieux dirigé contre cet arrêté.
Sur les requêtes nos 2103243, 2105955, 2106656 et 2109056 :
19. En premier lieu, la fin de non-recevoir opposée par le SDIS de la Sarthe dans l'instance n° 2103243, qui porte sur l'arrêté du 21 septembre 2020, doit être écartée pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7, cet arrêté comportant la même mention erronée des voies et délais de recours que celui du 18 septembre 2020.
20. En second lieu, les arrêtés des 21 septembre 2020, 23 décembre 2020, 22 mars 2021 et 30 avril 2021 par lesquels le président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe a successivement prolongé les périodes de disponibilité d'office de M. Gautier à compter du 13 août 2020, contre lesquels ce dernier a présenté des conclusions recevables, ne pouvaient légalement être pris en l'absence de l'arrêté du 18 septembre 2020 portant placement initial en disponibilité d'office, et dont l'annulation par le présent jugement entraine la disparition de l'ordonnancement juridique. Il y a lieu dès lors lieu de prononcer, par voie de conséquence de l'annulation de cet arrêté, celle des arrêtés des 21 septembre 2020, 23 décembre 2020, 22 mars 2021 et 30 avril 2021, ainsi que des décisions implicites rejetant les recours gracieux présentés par M. Gautier contre ces arrêtés.
Sur la requête n° 2212540 :
21. Il ressort des pièces du dossier que M. Gautier a sollicité, par courrier du 1er décembre 2021, sa réintégration à compter du 1er janvier 2022 et que le comité médical s'est prononcé, par un avis du 23 décembre 2021, en faveur de sa reprise de fonctions à compter de cette même date sans aucune restriction. Dès lors, le requérant est fondé à soutenir qu'il aurait dû être réintégré à compter du 1er janvier 2022, peu important à cet égard que le SDIS ait estimé que son affectation sur un poste précis, acte qui ne saurait se confondre avec la réintégration, doive ensuite être déterminée au regard des conclusions d'une visite médicale effectuée auprès d'un médecin sapeur-pompier. A cet égard, la circonstance qu'il ait fait part au SDIS de son indisponibilité ponctuelle, au mois de février 2022, pour se présenter à un rendez-vous ayant pour objet d'évoquer les modalités de sa réaffectation est sans incidence sur l'obligation dans laquelle se trouvait l'administration de le réintégrer au 1er janvier 2022.
22. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 16 mars 2022 doit être annulé.
Sur l'injonction prononcée d'office :
23. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. "
24. Eu égard aux motifs d'annulation retenus, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que le président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe octroie à M. Gautier un congé pour invalidité temporaire imputable au service du 13 mai 2019, date de première constatation de sa pathologie, jusqu'au 31 décembre 2021, et de le réintégrer juridiquement au 1er janvier 2022. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. Gautier, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le SDIS de la Sarthe demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
26. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de du SDIS de la Sarthe le versement à M. Gautier d'une somme globale de 2 500 euros au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation des arrêtés des 7 mai et 9 juin 2020.
Article 2 : L'arrêté du président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe du 26 juin 2020 est annulé en tant qu'il place M. Gautier à demi-traitement dans l'attente de la décision statuant sur sa demande tendant à la reconnaissance d'une maladie professionnelle.
Article 3 : Les arrêtés du président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe des 18 septembre 2020, 21 septembre 2020, 23 décembre 2020, 22 mars 2021 et 30 avril 2021, ainsi que les décisions rejetant les recours gracieux présentés par M. Gautier contre ces arrêtés, sont annulés.
Article 4 : L'arrêté du 16 mars 2022 est annulé.
Article 5 : Il est enjoint au président du conseil d'administration du SDIS de la Sarthe d'accorder à M. Gautier un congé pour invalidité temporaire imputable au service du 13 mai 2019 jusqu'au 31 décembre 2021 et de le réintégrer juridiquement au 1er janvier 2022, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 6 : Le SDIS de la Sarthe versera à M. Gautier une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : Le surplus des conclusions de M. Gautier est rejeté.
Article 8 : Les conclusions présentées par le SDIS de la Sarthe sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 9 : Le présent jugement sera notifié à M. D Gautier et au SDIS de la Sarthe.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gourmelon, présidente,
Mme Milin, première conseillère,
M. Cordrie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le rapporteur,
A. CORDRIE
La présidente,
V. GOURMELONLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2, 2006191, 2103242, 2103243, 2105955, 2106656, 2109056, 2212540
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026