vendredi 21 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2005667 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BARDOUL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 14 juin 2020 et le 11 février 2022, M. B A, représenté par Me Bardoul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 16 décembre 2019 par laquelle le conseil municipal du Pouliguen a approuvé la modification simplifiée n°3 du plan local d'urbanisme ainsi que la décision par laquelle le maire de la commune a implicitement rejeté son recours gracieux du 13 février 2020 formé contre cette délibération ;
2°) de mettre à la charge de la commune du Pouliguen une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la modification en litige est incohérente avec le rapport de présentation et le projet d'aménagement et de développement durables qui entendent favoriser les modes de déplacements doux et limiter l'imperméabilisation des sols ;
- il ne ressort d'aucune disposition législative ou règlementaire que les auteurs d'un document d'urbanisme pourraient fixer un nombre minimal de logements ou une densité minimale de sorte que l'orientation d'aménagement et de programmation Cornin est illégale ;
- la délibération attaquée méconnaît l'article L. 153-47 du code de l'urbanisme dès lors que les modalités de mise à disposition n'ont pas été portées à la connaissance du public au moins huit jours avant cette mise à disposition ;
- compte tenu de l'objet de la délibération, qui a pour effet de changer les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durable, celle-ci relevait de la procédure de révision de l'article L. 153-31 du code de l'urbanisme ou, à tout le moins, de la procédure de modification prévue à l'article L. 153-36 du code de l'urbanisme dès lors que l'objet de la délibération dépasse la simple rectification d'erreur matérielle ;
- la délibération est illégale à défaut de réalisation d'une évaluation environnementale alors que la délibération a pour effet de réduire les modes de déplacements doux.
Par un mémoire, enregistré le 20 janvier 2021, la commune du Pouliguen, représentée par Me Bernot, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin, première conseillère ;
- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public ;
- les observations de Me Bardoul, avocate du requérant, et celles de Me William, substituant Me Bernot, avocat de la commune du Pouliguen.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 28 janvier 2014, le conseil municipal du Pouliguen a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune. Celui-ci a fait l'objet de deux modifications simplifiées en date des 23 octobre 2015 et 17 décembre 2018. Par une délibération du 26 juillet 2019, le conseil municipal du Pouliguen a prescrit une modification du plan local d'urbanisme de la commune portant sur l'adaptation du règlement, d'annexes, d'une OAP et sur la correction d'erreurs matérielles. Par une délibération du 18 septembre 2019, le conseil municipal a défini les conditions de mise à disposition du public du dossier de modification simplifiée. Par une délibération du 16 décembre 2019, la commune du Pouliguen a approuvé la modification simplifiée n°3 du plan local d'urbanisme. Le 13 février 2020, M. A a formé contre cette délibération un recours gracieux qui a été implicitement rejeté. Le requérant demande au tribunal d'annuler la délibération du 16 décembre 2019 et cette décision implicite de rejet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ". Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet. Par ailleurs, le juge de l'excès de pouvoir exerce un contrôle d'erreur manifeste sur la conformité du règlement d'un plan local d'urbanisme aux objectifs définis dans le rapport de présentation de ce plan.
3. Le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme du Pouliguen prévoit d'" affirmer et développer des déplacements alternatifs à la voiture " en " confort[ant] et développ[ant] le réseau de circulation douce de la commune " notamment par le développement de liaisons douces entre et au sein des quartiers. Le rapport de présentation du plan local d'urbanisme prévoit quant à lui de " renforcer la cohérence des territoires et des politiques publiques " " par la limitation de l'imperméabilisation des sols, notamment dans les OAP sur les zones à urbaniser ". Le rapport de présentation prévoit également d'affirmer et développer des déplacements alternatifs à la voiture : " Le maillage de liaisons douces devra comprendre des liaisons entre et au sein des quartiers ainsi qu'entre les divers équipements de la ville (y compris touristiques). De plus, une sécurisation des traversées modes doux est nécessaire.".
4. La modification en litige a pour objet de modifier le tracé des liaisons douces au sein de l'orientation et d'aménagement et de programmation Cornin. A supposer que ces modifications entraînent une réduction de la longueur de ce tracé, ce qui ne ressort pas nécessairement de la comparaison des documents graphiques illustrant l'OAP avant et après la modification, cette réduction ne serait pas de nature à caractériser une incohérence entre le règlement du plan local d'urbanisme et l'orientation susmentionnée du projet d'aménagement et de développement durable compte tenu de sa très faible importance, à l'échelle du plan et de l'ensemble de ses liaisons douces. Il en va d'autant plus ainsi que le principe de liaisons douces au sein du quartier Cornin est maintenu. Par ailleurs, la modification de l'emplacement de la desserte principale est sans incidence sur cette orientation et le requérant n'établit pas en quoi elle serait susceptible d'aggraver les conditions de sécurité de circulation sur ces liaisons douces, quand bien même celles-ci jouxtent pour partie la voie de desserte principale ouverte à la circulation automobile, une telle proximité n'impliquant pas nécessairement un caractère de dangerosité. Il suit de là que le moyen tiré de l'incohérence entre le PADD et le règlement du PLU modifié doit être écarté.
5. La modification en litige n'a ni pour objet, ni pour effet de modifier le nombre minimal de logements de l'OAP Cornin ou la densité minimale de cette OAP qui ont été fixés dès la délibération approuvant le plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de la fixation d'une densité et d'un nombre de logements minimaux doit être écarté comme inopérant.
6. Aux termes de l'article L. 153-47 du code de l'urbanisme : " Le projet de modification, l'exposé de ses motifs et, le cas échéant, les avis émis par les personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 sont mis à disposition du public pendant un mois, dans des conditions lui permettant de formuler ses observations. / Ces observations sont enregistrées et conservées. / Les modalités de la mise à disposition sont précisées, selon le cas, par l'organe délibérant de l'établissement public compétent ou par le conseil municipal et portées à la connaissance du public au moins huit jours avant le début de cette mise à disposition. (). ".
7. Il ressort des pièces du dossier que les modalités de mise à la disposition du public du projet de modification simplifiée n° 3 ont été portées à la connaissance du public par un avis publié, le 3 octobre 2019, dans un journal local, soit au moins huit jours avant le début de cette mise à disposition le 14 octobre 2019, et que cet avis a également été affiché en 7 endroits de la commune. Il suit de là que le moyen tiré de l'absence de justification de ce que les modalités de mise à la disposition du projet de modification simplifiée ont été portées à la connaissance du public au moins huit jours avant le début de cette mise à disposition doit être écarté.
8. Aux termes de l'article L. 153-36 du code de l'urbanisme : " Sous réserve des cas où une révision s'impose en application de l'article L. 153-31, le plan local d'urbanisme est modifié lorsque () la commune décide de modifier le règlement, les orientations d'aménagement et de programmation ou le programme d'orientations et d'actions ". Aux termes de l'article L. 153-31 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme est révisé lorsque l'établissement public de coopération intercommunale ou la commune décide : / 1° Soit de changer les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables ; (). ". Aux termes de l'article L. 153-41 du même code : " Le projet de modification est soumis à enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre I du code de l'environnement par le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou le maire lorsqu'il a pour effet : / 1o Soit de majorer de plus de 20 % les possibilités de construction résultant, dans une zone, de l'application de l'ensemble des règles du plan ; / 2o Soit de diminuer ces possibilités de construire ; / 3o Soit de réduire la surface d'une zone urbaine ou à urbaniser ". Aux termes de l'article L. 153-45 de ce code : " La modification peut être effectuée selon une procédure simplifiée : 1o Dans les cas autres que ceux mentionnés à l'article L. 153-41; / 2o Dans les cas de majoration des droits à construire prévus à l'article L. 151-28 : / 3o Dans le cas où elle a uniquement pour objet la rectification d'une erreur matérielle () ".
9. L'arrêté du 26 juillet 2019 portant prescription de la modification simplifiée n°3 du plan local d'urbanisme fait état de ce que cette modification porte sur des adaptations du règlement écrit, des adaptations d'une OAP, des corrections d'erreurs matérielles relatives au règlement écrit et des adaptations des annexes. La délibération du 18 septembre 2019 du conseil municipal portant sur les modalités de mise à disposition du public du dossier de modification évoque quant à elle, outre les points précédemment mentionnés, l'objectif d' " engager la mise en compatibilité du PLU avec le Scot communautaire approuvé le 29 mars 2018 pour les points relevant de ce type de procédure ".
10. D'une part, contrairement à ce que soutient le requérant, qui se borne à faire état de ce que les cheminements doux de l'OAP Cornin seraient réduits, la modification en litige n'a ni pour objet ni pour effet de changer l'orientation du projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme portant sur le développement du réseau de circulation douce de la commune, de sorte que le conseil municipal n'était pas tenu de recourir à la procédure de révision, sur le fondement du 1° précité de l'article L. 153-31 du code de l'urbanisme. D'autre part, la procédure de modification simplifiée n'étant pas réservée aux seules rectifications d'erreurs matérielles, la circonstance que l'objet de la délibération en litige ne porte pas uniquement sur de telles rectifications n'est pas de nature à établir que le conseil municipal était tenu de recourir à la procédure de modification non simplifiée. Enfin, aucune des modifications en cause ne relève de l'article L. 153-41 du code de l'urbanisme encadrant le recours à la procédure de révision du plan local d'urbanisme. Il suit de là que le moyen tiré de ce que l'objet de la délibération en cause ne relève pas de la procédure de modification simplifiée du plan local d'urbanisme doit être écarté.
11. Aux termes de l'article L. 104-3 du code de l'urbanisme : " Sauf dans le cas où elles ne prévoient que des changements qui ne sont pas susceptibles d'avoir des effets notables sur l'environnement, au sens de l'annexe II à la directive 2001/42/ CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001, les procédures d'évolution des documents mentionnés aux articles L. 104-1 et L. 104-2 donnent lieu soit à une nouvelle évaluation environnementale, soit à une actualisation de l'évaluation environnementale réalisée lors de leur élaboration ".
12. Pour établir que la modification en litige aurait dû être précédée d'une nouvelle évaluation environnementale, le requérant se borne à soutenir que cette modification " réduit les modes de déplacement doux " et qu'elle est susceptible de porter atteinte à une zone humide et à une zone marécageuse. Toutefois, la modification en litige n'a, comme il a été dit, ni pour objet ni pour effet de réduire les modes de déplacements doux. En outre, le requérant ne démontre pas en quoi la modification serait susceptible de porter atteinte à une zone humide et à une zone marécageuse, la zone humide dont il fait état étant en outre localisée en dehors du périmètre de l'OAP Cornin. Par suite, en l'absence de changements susceptibles d'avoir des effets notables sur l'environnement, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la délibération en litige est illégale à raison de l'absence de nouvelle évaluation environnementale.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la délibération du 16 décembre 2019 par laquelle le conseil municipal du Pouliguen a approuvé la modification simplifiée n°3 du plan local de cette commune.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune du Pouliguen, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, le versement d'une somme sur ce fondement. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions que cette commune présente également à ce titre.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune du Pouliguen présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune du Pouliguen.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Iselin, président du tribunal,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2023.
La rapporteure,
C. MILINLe président,
B. ISELIN
La greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de Loire-Atlantique, en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2005667
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026