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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2005794

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2005794

mardi 2 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2005794
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantBARDOUL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 juin 2020 et le 19 avril 2022, M. D B, représenté par Me Bardoul, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 20 décembre 2019 par laquelle le conseil municipal de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez a approuvé la révision n°1 du plan local d'urbanisme de la commune ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la délibération a été prise dans des conditions irrégulières, en l'absence de convocation régulière des conseillers municipaux ;

- la délibération prescrivant la révision du plan local d'urbanisme n'a pas prévu les dispositions du premier alinéa de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme ;

- le rapport de présentation est insuffisant, en méconnaissance de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme et du 1° et du 4° de l'article R. 151-2 du code de l'urbanisme ; les données sur lesquelles il se fonde sont obsolètes ;

- l'évaluation environnementale est insuffisante ;

-le plan local d'urbanisme approuvé par la délibération attaquée méconnaît l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme ;

- l'orientation d'aménagement et de programmation relative au secteur des Pineaux, qui prévoit une densité de 40 logements par hectare et la construction de 88 logements méconnaît l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, relatif à l'extension en continuité du périmètre bâti dans un espace proche du rivage ;

- elle méconnaît l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme relatif à l'extension limitée de l'urbanisation dans un espace proche du rivage ;

-le classement de la parcelle cadastrée section BN n°477 pour partie en zone 1AUb est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation

Par des mémoire en défense, enregistrés le 22 décembre 2020 et le 16 décembre 2022, la commune de Saint-Hilaire-de-Riez, représentée par Me Marchand, conclut à titre principal au rejet de la requête, ou à titre subsidiaire à ce que le tribunal fasse application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme, et à ce que soit mis à la charge du requérant la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,

- les observations de Me Bardoul, avocate de M. B,

- et les observations de Me Léon, substituant Me Marchand, avocate de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 19 octobre 2018, le conseil municipal de Saint-Hilaire-de-Riez a prescrit la révision du plan local d'urbanisme de la commune. Une enquête publique s'est tenue du 30 septembre au 30 octobre 2019. Par une délibération du 20 décembre 2019, le conseil municipal de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez a approuvé le plan local d'urbanisme communal. M. B, qui est propriétaire de la parcelle cadastrée section BN n°0477 sur le territoire de la commune, demande au tribunal d'annuler cette délibération.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la convocation des conseillers municipaux :

2. Aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales, applicable en l'espèce en vertu de l'article L. 5211-1 du même code : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est adressée par écrit, au domicile des conseillers municipaux ou, s'ils en font la demande, envoyée à une autre adresse ou transmise de manière dématérialisée ". Aux termes de l'article L. 2121-12 du même code : " Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs. En cas d'urgence, le délai peut être abrégé par le maire sans pouvoir être toutefois inférieur à un jour franc ".

3. Si le requérant soutient, sans apporter d'éléments circonstanciés à l'appui de ce moyen, que les conseillers municipaux n'auraient pas été convoqués à la séance du conseil du 20 décembre 2019, la délibération attaquée dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, fait état d'une convocation des membres du conseil communautaire en date du 12 décembre 2019, qui a été également versée aux débats. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le rapport de présentation :

4. Aux termes de l'article L. 151-4, dans sa rédaction applicable en l'espèce, où l'élaboration du plan local d'urbanisme a été prescrite avant le 24 novembre 2018 : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements et de services. / En zone de montagne, ce diagnostic est établi également au regard des besoins en matière de réhabilitation de l'immobilier de loisir et d'unités touristiques nouvelles. / Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'approbation du plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. / Il établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités. ".

5. Aux termes de l'article R. 151-1 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction alors applicable : " Pour l'application de l'article L. 151-4, le rapport de présentation : / 1° Expose les principales conclusions du diagnostic sur lequel il s'appuie ainsi que, le cas échéant, les analyses des résultats de l'application du plan prévues par les articles L. 153-27 à L. 153-30 et comporte, en annexe, les études et les évaluations dont elles sont issues ; / 2° Analyse les capacités de densification et de mutation des espaces bâtis identifiés par le schéma de cohérence territoriale en vertu du deuxième alinéa de l'article L. 141-3 ainsi que des autres espaces bâtis identifiés par le rapport lui-même en vertu du troisième alinéa de l'article L. 151-4 ; / 3° Analyse l'état initial de l'environnement, expose la manière dont le plan prend en compte le souci de la préservation et de la mise en valeur de l'environnement ainsi que les effets et incidences attendus de sa mise en œuvre sur celui-ci. ". Aux termes de l'article R. 151-2 du même code : " Le rapport de présentation comporte les justifications de : / 1° La cohérence des orientations d'aménagement et de programmation avec les orientations et objectifs du projet d'aménagement et de développement durables ; / 2° La nécessité des dispositions édictées par le règlement pour la mise en œuvre du projet d'aménagement et de développement durables et des différences qu'elles comportent, notamment selon qu'elles s'appliquent à des constructions existantes ou nouvelles ou selon la dimension des constructions ou selon les destinations et les sous-destinations de constructions dans une même zone ; / 3° La complémentarité de ces dispositions avec les orientations d'aménagement et de programmation mentionnées à l'article L. 151-6 ; / 4° La délimitation des zones prévues par l'article L. 151-9 ; / 5° L'institution des zones urbaines prévues par l'article R. 151-19, des zones urbaines ou zones à urbaniser prévues par le deuxième alinéa de l'article R. 151-20 lorsque leurs conditions d'aménagement ne font pas l'objet de dispositions réglementaires ainsi que celle des servitudes prévues par le 5° de l'article L. 151-41 ; / 6° Toute autre disposition du plan local d'urbanisme pour laquelle une obligation de justification particulière est prévue par le présent titre. / Ces justifications sont regroupées dans le rapport ". L'article R. 151-3 du code de l'urbanisme dispose, dans sa rédaction applicable à la délibération attaquée : " Au titre de l'évaluation environnementale lorsqu'elle est requise, le rapport de présentation : / 1° Décrit l'articulation du plan avec les autres documents d'urbanisme et les plans ou programmes mentionnés à l'article L. 122-4 du code de l'environnement avec lesquels il doit être compatible ou qu'il doit prendre en compte ; / 2° Analyse les perspectives d'évolution de l'état initial de l'environnement en exposant, notamment, les caractéristiques des zones susceptibles d'être touchées de manière notable par la mise en œuvre du plan ; / 3° Expose les conséquences éventuelles de l'adoption du plan sur la protection des zones revêtant une importance particulière pour l'environnement, en particulier l'évaluation des incidences Natura 2000 mentionnée à l'article L. 414-4 du code de l'environnement ; / 4° Explique les choix retenus mentionnés au premier alinéa de l'article L. 151-4 au regard notamment des objectifs de protection de l'environnement établis au niveau international, communautaire ou national, ainsi que les raisons qui justifient le choix opéré au regard des solutions de substitution raisonnables tenant compte des objectifs et du champ d'application géographique du plan ; / 5° Présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, si possible, compenser, s'il y a lieu, les conséquences dommageables de la mise en œuvre du plan sur l'environnement ; / 6° Définit les critères, indicateurs et modalités retenus pour l'analyse des résultats de l'application du plan mentionnée à l'article L. 153-27 et, le cas échéant, pour le bilan de l'application des dispositions relatives à l'habitat prévu à l'article L. 153-29. Ils doivent permettre notamment de suivre les effets du plan sur l'environnement afin d'identifier, le cas échéant, à un stade précoce, les impacts négatifs imprévus et envisager, si nécessaire, les mesures appropriées ; / 7° Comprend un résumé non technique des éléments précédents et une description de la manière dont l'évaluation a été effectuée. / Le rapport de présentation au titre de l'évaluation environnementale est proportionné à l'importance du plan local d'urbanisme, aux effets de sa mise en œuvre ainsi qu'aux enjeux environnementaux de la zone considérée. ".

S'agissant du rapport de présentation :

6. Le rapport de présentation, qui est distinct tant du projet d'aménagement et de développement durables que du règlement et des orientations d'aménagement et de programmation, ne fixe pas de mesures réglementaires et, par suite, ne présente pas un caractère normatif. Le moyen tiré de ce que le contenu du rapport de présentation ne comporte pas des indications répondant aux prescriptions des articles L. 151-4 et R. 151-2 du code de l'urbanisme, moyen relatif à la légalité externe du plan local d'urbanisme, se rapporte à sa régularité mais non à l'appréciation de son bien-fondé.

7. En l'espèce, le rapport de présentation rappelle l'état existant, présente le scénario retenu d'évolution de la population de la commune prévoyant que la commune accueille 14 000 habitants à l'horizon 2030, en prenant en compte les tendances démographiques observées de 2008 à 2015 ainsi que la composition du parc de logements et de la morphologie urbaine existants en 2015, pour justifier du besoin de la commune en logements et en surfaces économiques compatible avec l'objectif de logements nouveaux à l'horizon 2030 fixé par le schéma de cohérence territoriale. Si le requérant fait valoir que les données sur lesquelles se fonde ce diagnostic de l'état existant, seraient obsolètes à la date de la délibération attaquée, il n'apporte pas d'élément suffisant pour démontrer que les évolutions projetées retenues par le rapport de présentation seraient effectivement erronées. Il ressort des pièces du dossier que le rapport de présentation justifie de façon suffisamment précise et étayée les choix retenus pour établir les orientations d'aménagement et de programmation en cohérence avec les orientations du projet d'aménagement et de développement durable et en complémentarité avec les dispositions du règlement relatives aux zones urbaines et à urbaniser. En particulier, l'objectif de l'orientation d'aménagement et de programmation relative au secteur des Pineaux, qui tient notamment à " la densification du tissu urbain existant, en rendant accessibles les parcelles enclavées " et à " programmer un quartier d'habitat favorisant la mixité sociale par une offre de logements diversifiée ", " dont 20 % de logements locatifs sociaux ", est cohérent avec l'axe du projet d'aménagement et de développement durable qui définit " une stratégie de densification de l'entité urbaine ", consistant à " limiter la part de la consommation d'espace en extension au profit de la densification et du renouvellement urbain ". Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 151-1 et du 1° et du 3° de l'article R. 151-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.

S'agissant de l'évaluation environnementale :

8. Le rapport de présentation comporte deux parties relatives à l'état initial de l'environnement et à l'évaluation environnementale, ainsi qu'un résumé non technique. Il inclut un bilan de l'impact des zones, des incidences dommageables et de l'identification des espaces d'intérêt majeur susceptibles d'être impactés, ainsi que sur l'ensemble du territoire et des mesures d'évitement, de limitation et de compensation. Il comporte une description suffisamment détaillée de l'état initial de l'environnement comme de l'ensemble des mesures actuelles de protection des sites naturels de la commune. Cette analyse de l'état initial est proportionnée aux enjeux environnementaux du plan local d'urbanisme et précise de façon suffisante les incidences du projet sur les espaces agricoles et naturels de la commune, ainsi qu'un détail précis des mesures de compensation envisagées et de leurs effets. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance du rapport de présentation et de l'évaluation environnementale du plan local d'urbanisme au regard des dispositions législatives précitées doit être écarté.

En ce qui concerne la concertation :

9. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente mentionnée à l'article L. 153-8 prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme et précise les objectifs poursuivis et les modalités de concertation, conformément à l'article L. 103-3 ". Aux termes de l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme : " Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : 1° Les procédures suivantes : a) L'élaboration et la révision du schéma de cohérence territoriale et du plan local d'urbanisme ". Aux termes de l'article L. 103-3 du code de l'urbanisme : " Les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation sont précisés par : () 3° L'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement public dans les autres cas ". Il résulte des dispositions du dernier alinéa de cet article du code de l'urbanisme que la légalité d'une délibération approuvant un plan local d'urbanisme ne saurait être contestée au regard des modalités de la concertation qui l'a précédée dès lors que celles-ci ont respecté les modalités définies par la délibération prescrivant l'élaboration de ce document d'urbanisme.

10. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la délibération du 19 octobre 2018 définissant les objectifs poursuivis par la révision du plan local d'urbanisme a également défini les modalités de la concertation du public, résidant dans l'organisation d'au moins deux réunions publiques aux grandes étapes d'avancement du projet, la mise à disposition des habitants d'un registre de concertation sous forme papier et dématérialisée et d'éléments d'informations sur le site internet de la commune, ainsi que la publication d'articles dans le magazine de la commune. Par suite, les requérants ne sont, en tout état de cause, pas fondés à soutenir que le conseil municipal n'aurait pas défini les modalités de cette concertation.

11. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que les modalités de la concertation telles qu'elles ont été prévues par la délibération du 19 octobre 2018 ont été effectivement réalisées, entre octobre 2018 et le 20 mai 2019, avec notamment la tenue de deux réunions publiques le 4 janvier 2019 et le 20 mai 2019, et près d'un millier de visites sur le registre dématérialisé, le bilan de la concertation ayant été dressé par une délibération du 20 juin 2019 du conseil municipal de Saint-Hilaire-de-Riez. Si le requérant fait état de ce que des réunions supplémentaires non prévues par la délibération du 19 octobre 2018 ont été organisées, notamment avec les aménageurs, il ne ressort pas du dossier que cette circonstance aurait, dans les circonstances de l'espèce, eu pour effet d'entacher d'irrégularité la concertation menée dans les conditions prévues par la délibération du 19 octobre 2018. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'irrégularité de la concertation menée avec le public doit être écarté.

En ce qui concerne l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme :

12. Aux termes de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : 1° L'équilibre entre : a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; b) Le renouvellement urbain maitrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux ; c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; () 3° La diversité des fonctions urbaines et rurales et la mixité sociale dans l'habitat, en prévoyant des capacités de construction et de réhabilitation suffisantes pour la satisfaction, sans discrimination, des besoins présents et futurs de l'ensemble des modes d'habitat, d'activités économiques, touristiques, sportives, culturelles et d'intérêt général ainsi que d'équipements publics et d'équipement commercial, en tenant compte en particulier des objectifs de répartition géographiquement équilibrée entre emploi, habitat, commerces et services, d'amélioration des performances énergétiques, de développement des communications électroniques, de diminution des obligations de déplacements motorisés et de développement des transports alternatifs à l'usage individuel de l'automobile ; / () 6° La protection des milieux naturels et des paysages, la préservation de la qualité de l'air, de l'eau, du sol et du sous-sol, des ressources naturelles, de la biodiversité, des écosystèmes, des espaces verts ainsi que la création, la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques ; / 7° La lutte contre le changement climatique et l'adaptation à ce changement, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l'économie des ressources fossiles, la maîtrise de l'énergie et la production énergétique à partir de sources renouvelables ; () ". Ces dispositions imposent seulement aux auteurs des documents d'urbanisme d'y faire figurer des mesures tendant à la réalisation des objectifs qu'elles énoncent. Il en résulte que le juge administratif exerce un simple contrôle de compatibilité entre ces documents et les dispositions de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme.

13. Le requérant fait état d'une disproportion entre les possibilités de construction que retient le plan local d'urbanisme et la réalité des besoins en logements de la commune. Toutefois, le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme prévoit une évolution mesurée des zones urbaines et à urbaniser au regard de la superficie des zones naturelles et agricoles de la commune, aboutissant à un zonage équilibré. Ces possibilités encadrées d'urbanisation par densification sont d'ailleurs conformes à l'objectif d'utilisation économe des espaces naturels, de préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et de protection des sites, des milieux et paysages naturels énoncé à l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme précité. Par suite, le moyen tiré de l'incompatibilité de ce plan avec les objectifs mentionnés par cet article doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens relatifs à l'orientation d'aménagement et de programmation sectorielle " Les Pineaux " :

14. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 151-7 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable à la délibération attaquée : " I. - Les orientations d'aménagement et de programmation peuvent notamment : / 1° Définir les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur l'environnement, notamment les continuités écologiques, les paysages, les entrées de villes et le patrimoine, lutter contre l'insalubrité, permettre le renouvellement urbain, favoriser la densification et assurer le développement de la commune ; / 2° Favoriser la mixité fonctionnelle en prévoyant qu'en cas de réalisation d'opérations d'aménagement, de construction ou de réhabilitation un pourcentage de ces opérations est destiné à la réalisation de commerces ; / 3° Comporter un échéancier prévisionnel de l'ouverture à l'urbanisation des zones à urbaniser et de la réalisation des équipements correspondants ; / 4° Porter sur des quartiers ou des secteurs à mettre en valeur, réhabiliter, restructurer ou aménager ; / 5° Prendre la forme de schémas d'aménagement et préciser les principales caractéristiques des voies et espaces publics ; / 6° Adapter la délimitation des périmètres, en fonction de la qualité de la desserte, où s'applique le plafonnement à proximité des transports prévu aux articles L. 151-35 et L. 151-36 () ". Aux termes de l'article R. 151-6 du code de l'urbanisme : " Les orientations d'aménagement et de programmation par quartier ou secteur définissent les conditions d'aménagement garantissant la prise en compte des qualités architecturales, urbaines et paysagères des espaces dans la continuité desquels s'inscrit la zone, notamment en entrée de ville. / Le périmètre des quartiers ou secteurs auxquels ces orientations sont applicables est délimité dans le ou les documents graphiques prévus à l'article R. 151-10 ".

15. D'autre part, aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. () ". Il résulte de ces dispositions que les constructions peuvent être autorisées dans les communes littorales en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions. En revanche et sous la réserve des dispositions du second alinéa de cet article aucune construction ne peut être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages. Par ailleurs, il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de sa compatibilité avec les dispositions du code de l'urbanisme particulières au littoral. Dans le cas où le territoire concerné est couvert par un schéma de cohérence territoriale, cette compatibilité s'apprécie en tenant compte des dispositions de ce document relatives à l'application des dispositions du code de l'urbanisme particulières au littoral, dont celles déterminant les critères d'identification des villages, agglomérations et autres secteurs déjà urbanisés et définissant leur localisation, sans pouvoir en exclure certaines au motif qu'elles seraient insuffisamment précises, sous la seule réserve de leur propre compatibilité avec ces dispositions du code de l'urbanisme.

16. Il ressort des pièces du dossier que l'environnement du secteur des Pineaux, couvert par l'orientation d'aménagement et de programmation(OAP) en cause, est caractérisé par un habitat pavillonnaire relativement récent et dense, proche du bourg de Saint-Hilaire-de-Riez. Dans ces conditions, le secteur couvert par cette OAP est en continuité avec une zone déjà urbanisée se caractérisant par un nombre et une densité significatifs de constructions et, par suite, avec une agglomération au sens du premier alinéa de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, cette orientation ne méconnaît pas l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, dont le requérant par suite n'est pas fondé à se prévaloir de la méconnaissance.

17. En revanche, en second lieu, aux termes de l'article L. 121-13 du même code : " L'extension limitée de l'urbanisation des espaces proches du rivage ou des rives des plans d'eau intérieurs désignés au 1° de l'article L. 321-2 du code de l'environnement est justifiée et motivée dans le plan local d'urbanisme, selon des critères liés à la configuration des lieux ou à l'accueil d'activités économiques exigeant la proximité immédiate de l'eau. Toutefois, ces critères ne sont pas applicables lorsque l'urbanisation est conforme aux dispositions d'un schéma de cohérence territoriale ou d'un schéma d'aménagement régional ou compatible avec celles d'un schéma de mise en valeur de la mer. En l'absence de ces documents, l'urbanisation peut être réalisée avec l'accord de l'autorité administrative compétente de l'Etat après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites appréciant l'impact de l'urbanisation sur la nature. Le plan local d'urbanisme respecte les dispositions de cet accord. () ". L'objectif d'urbanisation limitée visé par cet article implique que soit retenu dans sa totalité, comme espace proche du rivage, un territoire dont le développement urbain forme un ensemble cohérent. Une opération conduisant à étendre l'urbanisation d'un espace proche du rivage ne peut être légalement autorisée que si elle est, d'une part, de caractère limité, et, d'autre part, justifiée et motivée dans le plan local d'urbanisme selon les critères que l'article L. 121-13 énumère. Doivent être regardées comme une extension de l'urbanisation au sens de cet article l'ouverture à la construction de zones non urbanisées ainsi que la densification significative de zones déjà urbanisées. Le caractère limité de cette extension s'apprécie eu égard à l'implantation, à l'importance, à la densité, à la destination des constructions envisagées et à la topographie des lieux.

18. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que le document d'orientation et d'objectifs (DOO) du schéma de cohérence territoriale (SCoT) du Pays de Saint-Gilles-Croix-de Vie librement accessible au public précise les modalités de développement au sein des espaces du rivage et précise que " seront considérées comme des extensions limitées les opérations qui visent à densifier de manière mesurée les quartiers existants dans le respect des caractéristiques des lieux, soit au travers des rythmes créés par le parcellaire, les volumétries et typologies architecturales des quartiers urbains et des villages, sans rupture ou perte de l'échelle architecturale et urbaine existantes ". Il est expressément renvoyé à une annexe 1 intitulée " cartographie des espaces proches du rivage ", localisant les espaces proches du rivage, dont la délimitation précise par parcelle doit être définie par les plans locaux d'urbanisme. Il ressort du DOO du SCoT que le secteur sud des Pineaux couvert par l'orientation d'aménagement et de programmation en cause est inclus parmi les espaces proches du rivage. Si le DOO du SCoT mentionne l'urbanisation limitée du secteur de Sion sur la commune de Saint-Hilaire-de-Riez, au titre de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme, il ne fait pas mention, en revanche, de l'urbanisation de ce secteur des Pineaux.

19. En l'espèce, au vu des pièces du dossier, le secteur nord-ouest des Pineaux, situé à l'est de la rue de l'Yser, qui constitue une limite géographique claire, n'est pas en covisibilité avec la mer, dont il est séparé d'environ 400 mètres par un front urbanisé. Compte tenu de la configuration des lieux, ce secteur ne constitue pas un espace proche du rivage. Par suite, le requérant ne peut utilement soutenir que l'orientation d'aménagement et de programmation, en tant qu'elle couvre ce secteur nord-ouest des Pineaux, méconnaîtrait l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme.

20. En revanche, le secteur sud-est des Pineaux, également couvert par cette OAP et qui est inclus parmi les espaces proches du rivage délimité par le SCoT, est situé entre la mer et la rue de l'Yser et son extrémité sud-ouest est en covisibilité avec la mer à environ 150 mètres et directement accessible par une voie publique. Ce secteur sud des Pineaux doit ainsi être regardé comme un espace proche du rivage, au sens des dispositions de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme.

21. Or, d'une part, le rapport de présentation fait état de ce que " le secteur des Pineaux () s'inscrit au sein d'une zone urbaine existante, et () au travers du règlement qui y est proposé dans le PLU permet une opération qui vise à densifier de manière mesurée le quartier existant. L'opération d'aménagement devra respecter les caractéristiques des lieux, aussi bien en termes de forme parcellaire, de gabarit du bâti et de typologie architecturale, sans rupture ou perte de l'échelle urbaine existante. Pour optimiser cette approche, ce secteur fait l'objet d'une orientation d'aménagement et de programmation. De plus, le règlement de cet espace s'appuie de manière forte sur ceux des espaces urbanisés limitrophes ". Il ressort ainsi du rapport de présentation du plan local d'urbanisme attaqué que le choix d'urbaniser ce secteur sud-est des Pineaux, pourtant situé dans un espace proche du rivage, procède d'un choix de densification des parties urbanisées de la commune. Toutefois, alors que ce secteur est composé pour partie d'une vaste zone de jardins et de dunes, et dès lors que la construction de logements ne constitue pas une activité économique exigeant la proximité immédiate de l'eau au sens de l'article L. 121-13 précité du code de l'urbanisme, les auteurs du plan local d'urbanisme n'ont pas justifié et motivé en quoi la configuration des lieux, eu égard à la finalité des dispositions de protection du littoral, justifierait cette extension de l'urbanisation sur un espace proche du rivage, compte tenu notamment de l'existence d'alternatives réalistes situées dans des espaces ne bénéficiant pas d'une telle protection. Dans ces conditions, l'extension de l'urbanisation dans un espace proche du rivage induite par l'orientation d'aménagement et de programmation relative au secteur sud-est des Pineaux, laquelle extension n'est au demeurant pas conforme aux dispositions du SCoT du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, n'est pas justifiée et motivée par le plan local de l'urbanisme de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez selon les exigences du premier alinéa de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme.

22. D'autre part, cette orientation d'aménagement et d'orientation prévoit la construction dans le secteur sud-est des Pineaux d'environ 80 logements, avec une densité attendue de 40 logements par hectare. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que ce secteur est actuellement composé d'une zone de jardins et de dunes, et son environnement proche est constitué d'un habitat d'une densité modéré caractérisé par des maisons individuelles. Dans ces conditions, l'extension de l'urbanisation du secteur sud-est des Pineaux, classé en zone 1AU, extension dont l'objet est l'ouverture immédiate à l'urbanisation de ce secteur, ne peut être regardée comme présentant le caractère limité imposé par l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme.

23. Pour ces deux motifs, cette orientation d'aménagement et de programmation en cause, en tant qu'elle concerne le secteur sud-est des Pineaux, méconnaît les dispositions de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme.

En ce qui concerne le classement en zone 1AUb de la parcelle cadastrée section BN n°0477 :

24. Aux termes de l'article R. 151-18 du code de l'urbanisme : " Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter ". Aux termes de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation ".

25. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section BN n°0477 appartenant au requérant est située dans le secteur nord-est des Pineaux couvert par l'orientation d'aménagement de programmation précédemment mentionnée. Si ce terrain supporte au nord une construction, il est bordé à l'ouest et au sud par un espace non urbanisé. En outre, quand bien même cette parcelle disposerait de raccordements aux réseaux de nature à permettre l'implantation de construction au sud de celle-ci, la circonstance qu'elle soit bordée à l'est et au nord de constructions ne suffit pas à regarder cette parcelle comme déjà urbanisée. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le classement de celle-ci en zone 1AUb serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

26. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la délibération attaquée en tant que le plan local d'urbanisme qu'elle approuve comporte une orientation d'aménagement et d'orientation prévoyant l'urbanisation du secteur sud-est des Pineaux, en méconnaissance de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme.

Sur les conséquences à tirer de l'annulation prononcée :

27. Aux termes de l'article L. 153-7 du code de l'urbanisme : " En cas d'annulation partielle par voie juridictionnelle d'un plan local d'urbanisme, l'autorité compétente élabore sans délai les nouvelles dispositions du plan applicables à la partie du territoire communal concernée par l'annulation. ". Ces dispositions font obligation à l'autorité compétente d'élaborer, dans le respect de l'autorité de la chose jugée par la décision juridictionnelle ayant partiellement annulé un plan local d'urbanisme, de nouvelles dispositions se substituant à celles qui ont été annulées par le juge, alors même que l'annulation contentieuse aurait eu pour effet de remettre en vigueur, en application des dispositions de l'article L. 600-12 du même code ou de son article L. 174-6, des dispositions d'un plan local d'urbanisme ou, pour une durée maximale de vingt-quatre mois, des dispositions d'un plan d'occupation des sols qui ne méconnaîtraient pas l'autorité de la chose jugée par ce même jugement d'annulation. Les dispositions de l'article L. 153-7 du code de l'urbanisme n'ont pas pour effet de permettre à l'autorité compétente de s'affranchir, pour l'édiction de ces nouvelles dispositions, des règles qui régissent les procédures de révision, de modification ou de modification simplifiée du plan local d'urbanisme prévues, respectivement, par les articles L. 153-31, L. 153-41 et L. 153-45 du même code. Ainsi, lorsque l'exécution d'une décision juridictionnelle prononçant l'annulation partielle d'un plan local d'urbanisme implique nécessairement qu'une commune modifie le règlement de son plan local d'urbanisme dans un sens déterminé, il appartient à la commune de faire application, selon la nature et l'importance de la modification requise, de l'une de ces procédures, en se fondant le cas échéant, dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sur certains actes de procédure accomplis pour l'adoption des dispositions censurées par le juge.

28. Eu égard à son dispositif comme à ses motifs, le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint à la commune de Saint-Hilaire-de-Riez d'élaborer sans délai les nouvelles dispositions du plan applicables à la partie du territoire communal concernée par l'annulation prononcée par la présente décision, relative secteur sud-est de l'OAP des Pineaux, conformément à l'article L. 153-7 du code de l'urbanisme.

Sur les frais liés au litige :

29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la commune la somme demandée par le requérant à ce même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La délibération du 20 décembre 2019 approuvant le plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez est annulée, en tant que ce plan local d'urbanisme comporte une orientation d'aménagement et d'orientation relative au secteur sud-est des Pineaux.

Article 2 : Il est enjoint à la commune de Saint-Hilaire-de-Riez d'élaborer sans délai les nouvelles dispositions du plan applicables à la partie du territoire communal concernée par l'annulation prononcée par l'article 1er de la présente décision, conformément à l'article L. 153-7 du code de l'urbanisme.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Hilaire-de-Riez au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à la commune de Saint-Hilaire-de-Riez.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. A de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

Mme Milin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2023.

La rapporteure,

S. C

Le président,

A. A DE BALEINELa greffière,

J. DIONIS

La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2005794

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