jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2006348 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BERNIER |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, des pièces complémentaires et trois mémoires, enregistrés les 3 juillet 2020, 10 juillet 2020, 13 juillet 2020, 19 juillet 2020, 3 août 2020, 8 mars 2023 et 12 avril 2024 sous le n° 2006348, Mme D H, représentée par Me Bernier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 30 juin 2020 par laquelle l'université d'Angers a refusé d'évaluer sa candidature, en sa qualité d'étudiante du " F 3 Pluripass ", pour intégrer le dispositif " G " à la rentrée universitaire 2020 ;
2°) d'enjoindre à l'université d'Angers d'évaluer sa candidature dans le cadre de ce dispositif ;
3°) de condamner l'université d'Angers à réparer les préjudices qu'elle a subis, résultant de l'illégalité fautive entachant la décision attaquée ;
4°) de mettre à la charge de l'université d'Angers une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la compétence du signataire de la décision attaquée n'est pas démontrée ;
- la décision attaquée ne comporte pas la mention des voies et délais de recours ;
-l'université d'Angers a méconnu son obligation de transparence et de communication alors que les modalités d'évaluation pour un accès en deuxième année des études de santé doivent être diffusées, avant chaque année universitaire, dans le cadre de la procédure nationale de préinscription mentionnée à l'article L. 612-3 du code de l'éducation, conformément aux dispositions de l'arrêté du 30 mai 2018 : d'une part, la modification du pourcentage du numerus clausus accordé à " G " a été publiée le 20 décembre 2019, soit après que les étudiants ayant terminé leur L1 " Pluripass " ont dû faire leur choix pour la rentrée de septembre 2019 entre les dispositifs " G " et " F 3 Pluripass ", alors que la suppression du " F 3 Pluripass ", qui engendrait nécessairement le report des places sur le dispositif " G ", avait été votée dès le mois d'avril 2019 ; d'autre part, les règles ont été modifiées en cours d'année, puisqu'au moment où le choix entre les dispositifs " F 3 Pluripass " et " G " a été effectué pour la rentrée universitaire 2019-2020, le pourcentage du numerus clausus réservé au dispositif " G " était de 10% et non de 30% comme il l'a finalement été pour les étudiants ayant opté pour le dispositif " G ", consécutivement à la suppression du " F 3 Pluripass " ; enfin, les critères de sélection pour le dispositif " G " n'ont pas été clairement énoncés ;
- la décision attaquée méconnaît la charte des droits et des libertés de la personne, selon laquelle " toute personne a le droit à l'information, dans la mesure prévue par la loi " ;
- elle constitue une atteinte à la sécurité juridique et au principe de non-rétroactivité des actes administratifs ;
- elle méconnaît le principe d'égalité dès lors que certains étudiants de la promotion 2015-2016 ont eu la possibilité d'intégrer le dispositif " G " après avoir été étudiants du " F 3 Pluripass " ;
- elle méconnaît l'arrêté du 28 octobre 2009 relatif à la première année commune aux études de santé dès lors qu'elle n'a pas été autorisée à prendre deux inscriptions en première année des études de santé ;
- elle méconnaît son droit à présenter deux fois sa candidature pour une admission dans les études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et maïeutiques ;
- le refus d'évaluer sa candidature pour le dispositif " G " n'est pas en accord avec la réforme des études de santé issue de la loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l'organisation et à la transformation du système de santé ;
- elle a subi un préjudice consistant en une perte de chance d'accéder en deuxième année des études de santé.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 4 novembre 2021 et 29 mars 2024, l'université d'Angers conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables dès lors que la requérante n'a pas formulé auprès de l'université d'Angers une demande préalable indemnitaire en méconnaissance des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;
- les conclusions tendant à ce que la requérante puisse candidater au dispositif " G " afin de lui permettre de bénéficier d'une troisième possibilité d'accès aux études de santé sont irrecevables en ce que l'université d'Angers n'est pas l'autorité compétente pour répondre à cette demande et en ce qu'elle conduirait le tribunal à faire œuvre d'administrateur ;
- l'université était en situation de compétence liée ;
- les moyens soulevés par Mme H ne sont pas fondés.
II. Par une requête et cinq mémoires, enregistrés les 17 juillet 2020, 4 août 2020, 17 août 2020, 26 août 2020, 9 mars 2023 et 12 avril 2024 sous le n° 2007257, Mme E C, représentée par Me Bernier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 30 juin 2020 par laquelle l'université d'Angers a refusé d'évaluer sa candidature, en sa qualité d'étudiante du " F 3 Pluripass ", pour intégrer le dispositif " G " à la rentrée universitaire 2020 ;
2°) d'enjoindre à l'université d'Angers d'évaluer sa candidature dans le cadre de ce dispositif ;
3°) de condamner l'université d'Angers à lui verser la somme de 60 000 euros en réparation des préjudices subis, résultant de l'illégalité fautive entachant la décision attaquée ;
4°) de mettre à la charge de l'université d'Angers une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la compétence du signataire de la décision attaquée n'est pas démontrée ;
- la décision attaquée ne comporte pas la mention des voies et délais de recours ;
- l'université d'Angers a méconnu son obligation de transparence et de communication alors que les modalités d'évaluation pour un accès en deuxième année des études de santé doivent être diffusées, avant chaque année universitaire, dans le cadre de la procédure nationale de préinscription mentionnée à l'article L. 612-3 du code de l'éducation, conformément aux dispositions de l'arrêté du 30 mai 2018 : d'une part, la modification du pourcentage du numerus clausus accordé à " G " a été publiée le 20 décembre 2019, soit après que les étudiants ayant terminé leur L1 " Pluripass " ont dû faire leur choix pour la rentrée de septembre 2019 entre les dispositifs " G " et " F 3 Pluripass ", alors que la suppression du " F 3 Pluripass ", qui engendrait nécessairement le report des places sur le dispositif " G ", avait été votée dès le mois d'avril 2019 ; d'autre part, les règles ont été modifiées en cours d'année, puisqu'au moment où le choix entre les dispositifs " F 3 Pluripass " et " G " a été effectué pour la rentrée universitaire 2019-2020, le pourcentage du numerus clausus réservé au dispositif " G " était de 10% et non de 30% comme il l'a finalement été pour les étudiants ayant opté pour le dispositif " G ", consécutivement à la suppression du " F 3 Pluripass " ; enfin, les critères de sélection pour le dispositif " G " n'ont pas été clairement énoncés ;
- la décision attaquée méconnaît la charte des droits et des libertés de la personne, selon laquelle " toute personne a le droit à l'information, dans la mesure prévue par la loi " ;
- elle constitue une atteinte à la sécurité juridique et au principe de non-rétroactivité des actes administratifs ;
- elle méconnaît le principe d'égalité dès lors que certains étudiants de la promotion 2015-2016 ont eu la possibilité d'intégrer le dispositif " G " après avoir été étudiants du " F 3 Pluripass " ;
- elle méconnaît l'arrêté du 28 octobre 2009 relatif à la première année commune aux études de santé dès lors qu'elle n'a pas été autorisée à prendre deux inscriptions en première année des études de santé ;
- elle méconnaît son droit à présenter deux fois sa candidature pour une admission dans les études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et maïeutiques ;
- le refus d'évaluer sa candidature pour le dispositif " G " n'est pas en accord avec la réforme des études de santé issue de la loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l'organisation et à la transformation du système de santé ;
- elle a subi un préjudice consistant en une perte de chance d'accéder en deuxième année des études de santé.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 9 novembre 2021 et 29 mars 2024, l'université d'Angers conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables dès lors que la requérante n'a pas formulé auprès de l'université d'Angers une demande préalable indemnitaire en méconnaissance des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;
- les conclusions tendant à ce que la requérante puisse candidater au dispositif " G " afin de lui permettre de bénéficier d'une troisième possibilité d'accès aux études de santé sont irrecevables en ce que l'université d'Angers n'est pas l'autorité compétente pour répondre à cette demande et en ce qu'elle conduirait le tribunal à faire œuvre d'administrateur ;
- l'université était en situation de compétence liée ;
- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
III. Par une requête, des pièces complémentaires et trois mémoires, enregistrés les 6 août 2020, 7 août 2020, 25 août 2020, 8 mars 2023 et 12 avril 2024 sous le n° 2007824, Mme A B, représentée par Me Bernier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 30 juin 2020 par laquelle l'université d'Angers a refusé d'évaluer sa candidature, en sa qualité d'étudiante du " F 3 Pluripass ", pour intégrer le dispositif " G " à la rentrée universitaire 2020 ;
2°) d'enjoindre à l'université d'Angers d'évaluer sa candidature dans le cadre de ce dispositif ;
3°) de condamner l'université d'Angers à lui verser la somme de 60 000 euros en réparation des préjudices subis, résultant de l'illégalité fautive entachant la décision attaquée ;
4°) de mettre à la charge de l'université d'Angers une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la compétence du signataire de la décision attaquée n'est pas démontrée ;
- la décision attaquée ne comporte pas la mention des voies et délais de recours ;
- l'université d'Angers a méconnu son obligation de transparence et de communication alors que les modalités d'évaluation pour un accès en deuxième année des études de santé doivent être diffusées, avant chaque année universitaire, dans le cadre de la procédure nationale de préinscription mentionnée à l'article L. 612-3 du code de l'éducation, conformément aux dispositions de l'arrêté du 30 mai 2018 : d'une part, la modification du pourcentage du numerus clausus accordé à " G " a été publiée le 20 décembre 2019, soit après que les étudiants ayant terminé leur L1 " Pluripass " ont dû faire leur choix pour la rentrée de septembre 2019 entre les dispositifs " G " et " F 3 Pluripass ", alors que la suppression du " F 3 Pluripass ", qui engendrait nécessairement le report des places sur le dispositif " G ", avait été votée dès le mois d'avril 2019 ; d'autre part, les règles ont été modifiées en cours d'année, puisqu'au moment où le choix entre les dispositifs " F 3 Pluripass " et " G " a été effectué pour la rentrée universitaire 2019-2020, le pourcentage du numerus clausus réservé au dispositif " G " était de 10% et non de 30% comme il l'a finalement été pour les étudiants ayant opté pour le dispositif " G ", consécutivement à la suppression du " F 3 Pluripass " ; enfin, les critères de sélection pour le dispositif " G " n'ont pas été clairement énoncés ;
- la décision attaquée méconnaît la charte des droits et des libertés de la personne, selon laquelle " toute personne a le droit à l'information, dans la mesure prévue par la loi " ;
- elle constitue une atteinte à la sécurité juridique et au principe de non-rétroactivité des actes administratifs ;
- elle méconnaît le principe d'égalité dès lors que certains étudiants de la promotion 2015-2016 ont eu la possibilité d'intégrer le dispositif " G " après avoir été étudiants du " F 3 Pluripass " ;
- elle méconnaît l'arrêté du 28 octobre 2009 relatif à la première année commune aux études de santé dès lors qu'elle n'a pas été autorisée à prendre deux inscriptions en première année des études de santé ;
- elle méconnaît son droit à présenter deux fois sa candidature pour une admission dans les études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et maïeutiques ;
- le refus d'évaluer sa candidature pour le dispositif G n'est pas en accord avec la réforme des études de santé issue de la loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l'organisation et à la transformation du système de santé ;
- elle a subi un préjudice consistant en une perte de chance d'accéder en deuxième année des études de santé.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 9 novembre 2021 et 29 mars 2024, l'université d'Angers conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables dès lors que la requérante n'a pas formulé auprès de l'université d'Angers une demande préalable indemnitaire en méconnaissance des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;
- les conclusions tendant à ce que la requérante puisse candidater au dispositif " G " afin de lui permettre de bénéficier d'une troisième possibilité d'accès aux études de santé sont irrecevables en ce que l'université d'Angers n'est pas l'autorité compétente pour répondre à cette demande et en ce qu'elle conduirait le tribunal à faire œuvre d'administrateur ;
- l'université était en situation de compétence liée dès lors qu'elle ne peut pas autoriser un candidat à présenter trois fois sa candidature pour une admission dans les études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n° 2013-660 du 22 juillet 2013 relative à l'enseignement supérieur et à la recherche;
- la loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l'organisation et à la transformation du système de santé ;
- le décret n° 2014-189 du 20 février 2014 tendant à l'expérimentation de modalités particulières d'admission dans les études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et maïeutiques ;
- le décret n° 2018-423 du 30 mai 2018 modifiant le décret n° 2014-189 du 20 février 2014 tendant à l'expérimentation de modalités particulières d'admission dans les études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et maïeutiques ;
- le décret n° 2019-1125 du 4 novembre 2019 relatif à l'accès aux formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique ;
- l'arrêté du 28 octobre 2009 relatif à la première année commune aux études de santé ;
- l'arrêté du 20 février 2014 modifié relatif à l'expérimentation de nouvelles modalités d'admission dans les études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et maïeutiques ;
- l'arrêté du 2 mai 2017 modifiant l'arrêté du 20 février 2014 modifié relatif à l'expérimentation de nouvelles modalités d'admission dans les études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et maïeutiques ;
- l'arrêté du 4 novembre 2019 relatif à l'accès aux formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huet,
- les conclusions de Mme Diniz, rapporteure publique.
- et les observations de Me Bernier, représentant les requérantes.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre de l'expérimentation instituée par l'article 39 de la loi du 22 juillet 2013, Mme D H, Mme E C et Mme A B ont suivi, à l'université d'Angers, une première année commune aux études de santé adaptée au titre de l'année universitaire 2018-2019. Les intéressées, qui ont validé cette première année commune aux études de santé adaptée, ont toutefois échoué aux épreuves d'accès en deuxième année de la filière de médecine. En application de l'article 4-1 du décret du 20 février 2014 susvisé, elles se sont trouvées dans l'impossibilité de redoubler cette première année commune. Les intéressées, qui ont suivi le dispositif " F 3 Pluripass " à partir de septembre 2019, ont alors bénéficié, en application des dispositions du III de l'article 4-3 de ce décret, et conformément à l'article 4-1, d'une poursuite d'études dans un cursus conduisant à un diplôme national de licence leur permettant de présenter à nouveau leur candidature à une admission en deuxième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques par la voie de l'admission directe dans les conditions définies aux II et III de l'article 5. Mme H, Mme C et Mme B ont toutefois échoué, de nouveau, aux épreuves d'accès en deuxième année de la filière de médecine en décembre 2019. Mme H, Mme C et Mme B demandent au tribunal d'annuler la décision du 30 juin 2020 par laquelle l'université d'Angers a refusé d'évaluer leur candidature, compte tenu de leur qualité d'étudiante du " F 3 Pluripass ", pour intégrer le dispositif " G " à la rentrée universitaire 2020.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ". Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable.
3. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que les requérantes aient formé une demande indemnitaire préalable auprès de l'administration avant l'introduction de leur requête ou même en cours d'instance, tendant à la réparation des préjudices qu'elles estiment avoir subis. Dans ces conditions, à la date du présent jugement, aucune décision expresse ou implicite de l'administration refusant de les indemniser n'est née. Ainsi, les fins de non-recevoir opposées en défense tirées de l'absence de demande préalable indemnitaire doivent être accueillies. Par suite, les conclusions indemnitaires des requérantes doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le cadre juridique :
4. Aux termes de l'article 39 de la loi n° 2013-660 du 22 juillet 2013, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " A titre expérimental, pour une durée de huit ans, et par dérogation aux dispositions du I de l'article L. 631-1 du code de l'éducation, des modalités particulières d'admission dans les études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et de maïeutique peuvent être fixées par décret sous la forme : / () / 1° bis D'une première année commune aux études de santé adaptée pour permettre aux étudiants qui ont validé cette première année mais n'ont pas été admis en deuxième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et de maïeutique de poursuivre leurs études dans des formations conduisant à un diplôme national de licence ou à un autre diplôme de l'enseignement supérieur. Les modalités d'organisation de cette première année des études de santé adaptée et le nombre des étudiants admis en deuxième année après cette première année adaptée sont fixés par arrêté des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé. Les étudiants ayant validé un à six semestres d'une formation conduisant à un diplôme national de licence après la première année des études de santé adaptée bénéficient du dispositif d'admission directe en deuxième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et de maïeutique mentionné au 2° ; 2° D'une admission en deuxième ou en troisième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou de maïeutique après une à trois années d'un premier cycle universitaire adapté conduisant à un diplôme national de licence. Le nombre des étudiants admis en deuxième année après la première année commune ou la première année commune adaptée mentionnée au 1° bis et le nombre des étudiants admis directement en deuxième ou en troisième année au titre du 1° bis et du présent 2° sont fixés, pour chaque université concernée et pour chacune des filières, par arrêté conjoint des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé. / () ".
5. Aux termes de l'article 1er du décret n° 2014-189 du 20 février 2014 visé ci-dessus : " Les universités autorisées, après délibération favorable de leur conseil d'administration précédée de l'avis de la commission de la formation et de la vie universitaire du conseil académique, à mettre en œuvre l'expérimentation prévue par l'article 39 de la loi du 22 juillet 2013 susvisée sont désignées par arrêté conjoint des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé. / () ". Aux termes du premier alinéa de l'article 2 du même décret : " Tout candidat peut, lorsque l'offre de formation dans son université d'inscription le permet et quelles que soient la ou les filières des études de santé auxquelles il postule, présenter deux fois sa candidature pour une admission dans les études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques, soit au titre du I de l'article L. 631-1 du code de l'éducation soit au titre des procédures expérimentales prévues au 1° bis ou au 2° de l'article 39 de la loi du 22 juillet 2013 susvisée ". Aux termes de l'article 4-1 de ce décret, dans sa rédaction issue de l'article 7 du décret du 30 mai 2018 : " En application du 1° bis de l'article 39 de la loi du 22 juillet 2013 susvisée, les universités désignées par arrêté des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé peuvent mettre en place une expérimentation en vue d'adapter la première année commune aux études de santé de sorte que les étudiants non admis en deuxième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques ne redoublent pas cette première année commune et poursuivent leurs études dans un cursus conduisant à un diplôme national de licence leur permettant de présenter à nouveau leur candidature à une admission en deuxième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques par la voie de l'admission directe dans les conditions définies aux II et III de l'article 5 ". Aux termes de l'article 4-2 du même décret, dans sa rédaction issue de l'article 7 du décret du 30 mai 2018 : " La première année commune aux études de santé adaptée répond aux caractéristiques suivantes : / - les articles 1, 2 et l'annexe de l'arrêté du 28 octobre 2009 mentionné à l'article 3-1 lui sont applicables ; / () ". Aux termes du III de l'article 4-3 du même décret, dans sa rédaction issue de l'article 7 du décret du 30 mai 2018 : " 1° Les étudiants qui ont échoué aux épreuves mentionnées au II mais qui ont validé la première année commune aux études de santé adaptée se voient proposer par l'université expérimentatrice une ou plusieurs admissions en deuxième année d'un cursus conduisant à un diplôme national de licence ou à un autre diplôme de l'enseignement supérieur dont au moins une admission en deuxième année d'un cursus conduisant à un diplôme national de licence permettant une admission directe en deuxième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques dans les conditions définies aux II et III de l'article 5 / () ". Aux termes du II de l'article 5 de ce décret : " Les universités figurant sur l'arrêté des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé mentionné à l'article 1er définissent les formations conduisant à un diplôme national de licence éligibles aux dispositifs expérimentaux d'admission directe en deuxième ou troisième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques prévus par les 1° bis et 2° de l'article 39 de la loi du 22 juillet 2013 susvisée, en collaboration avec les universités et les structures de formation de sage-femme susceptibles d'accueillir les étudiants admis. Elles informent les étudiants sur les formations conduisant à un diplôme national de licence éligibles à l'un de ces dispositifs expérimentaux et sur le calendrier de la ou des procédures. ".
6. Aux termes des dispositions du I bis de l'article 1er de l'arrêté du 20 février 2014 visé ci-dessus, alors en vigueur à la date de la décision attaquée : " Sont autorisées à mettre en place des modalités expérimentales d'admission dans les études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques sur le fondement du 1° bis de l'article 39 de la loi du 22 juillet 2013 susvisée, les universités suivantes : / - l'université d'Angers ; / () ". Le titre III de cet arrêté, relatif aux expérimentations concernant de nouvelles modalités d'admission en deuxième ou en troisième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques, comporte un chapitre Ier portant sur la première année commune aux études de santé adaptée prévue par le 1° bis de l'article 39 de la loi du 22 juillet 2013 susvisée (articles 4 à 8) et comporte un chapitre II portant sur l'admission directe en deuxième ou troisième année des études de santé au cours d'un premier cycle universitaire adapté conduisant à un diplôme national de licence (article 9 à 15). Aux termes de l'article 7 de cet arrêté : " Les candidats non admis à l'issue du deuxième semestre de la première année commune aux études de santé adaptée ne sont pas autorisés à se présenter une seconde fois aux épreuves de fin de deuxième semestre de cette même première année commune en vue de la poursuite des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques, sauf dérogation accordée par le président de l'université sur proposition du ou des directeurs des unités de formation et de recherche concernés. ". Aux termes de l'article 8 du même arrêté : " Les candidats non admis à l'issue du deuxième semestre de la première année commune aux études de santé adaptée sont admis par l'université expérimentatrice, selon leurs résultats, en première ou en deuxième année d'un premier cycle universitaire conduisant à un diplôme national de licence ou, s'ils le souhaitent, d'une formation conduisant à un autre diplôme de l'enseignement supérieur. / Ils sont autorisés à se présenter une seconde fois à l'admission en deuxième année des études de santé, par la voie de l'admission directe prévue au 2° de l'article 39 de la loi du 22 juillet 2013 susvisée, après avoir validé un à six semestres d'une formation conduisant à un diplôme national de licence après l'année de première année commune aux études de santé adaptée, dans les conditions mentionnées à l'article 4-4 du décret du 20 février 2014 susvisé et au chapitre II du présent arrêté ". Et, aux termes du deuxième alinéa de l'article 11 de cet arrêté : " Les candidats ayant été inscrits une seule fois en première année commune aux études de santé régie par l'article L. 631-1 du code de l'éducation et l'arrêté du 28 octobre 2009 ou en première année commune aux études de santé adaptée peuvent présenter une fois leur candidature à l'admission directe en deuxième ou troisième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques au titre des dispositifs expérimentaux prévus par le présent arrêté ".
7. Les dispositions précitées de l'arrêté du 20 février 2014 visé ci-dessus ont été abrogées par l'article 17 de l'arrêté du 4 novembre 2019 relatif à l'accès aux formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique. Toutefois, le I. de l'article 18 de cet arrêté prévoit que " Les dispositions du présent arrêté sont applicables à compter de la rentrée universitaire 2020. ", soit postérieurement à la date de la décision attaquée.
8. Aux termes du VII de l'article 1er de la loi du 24 juillet 2019 : " Les I, II et III sont applicables à compter de la rentrée universitaire 2020. / Les étudiants ayant suivi () soit une première année commune aux études de santé adaptée prévue au 1° bis de l'article 39 de la loi n° 2013-660 du 22 juillet 2013 relative à l'enseignement supérieur et à la recherche, soit une à trois années d'un premier cycle universitaire adapté conduisant à un diplôme national de licence prévues au 2° du même article 39, avant la publication de la présente loi, et qui auraient eu, en application des dispositions antérieures à la présente loi, la possibilité de présenter pour la première ou la seconde fois leur candidature à l'accès en deuxième année des études médicales, pharmaceutiques, odontologiques ou maïeutiques conservent cette possibilité selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes de l'article 6 du décret du 4 novembre 2019 : " I.- Les dispositions du présent décret sont applicables à compter de la rentrée universitaire 2020. / () / III.- () / Les étudiants ayant suivi une première année commune aux études de santé adaptée régie par le chapitre II du décret du 20 février 2014 au cours de l'année universitaire précédant celle de l'application des dispositions du présent décret et qui n'ont pas été admis en deuxième année de ces formations peuvent s'inscrire, s'ils ont validé cette première année, dans un parcours de formation mentionné au 1° de l'article R. 631-1 du code de l'éducation dans sa rédaction résultant du présent décret. Les étudiants n'ayant pas validé cette première année doivent à nouveau participer à la procédure nationale de préinscription mentionnée au I de l'article L. 612-3 du même code. / Les étudiants ayant suivi une à trois années d'un premier cycle universitaire adapté régi par le chapitre III du décret du 20 février 2014 susvisé et ayant déjà présenté une fois sans succès leur candidature au cours de l'année universitaire précédant celle de l'application des dispositions du présent décret peuvent poursuivre leur cursus dans un parcours de formation mentionné au 1° de l'article R. 631-1 du code de l'éducation dans sa rédaction résultant du présent décret. / () ".
9. En application des dispositions citées aux points 4, 5 et 6 du présent jugement, l'université d'Angers a mis en œuvre l'expérimentation prévue par l'article 39 de la loi du 22 juillet 2013 en mettant en place un parcours pluridisciplinaire dédié et commun à un ensemble de licences, à compter de l'année universitaire 2015-2016, en lieu et place de la PACES. Dans le cadre de ce parcours pluridisciplinaire, les étudiants peuvent être admis à poursuivre leurs études dans les filières de santé à l'issue d'épreuves de classement organisées à la fin du deuxième semestre, c'est-à-dire en fin de première année commune aux études de santé adaptée. Les candidats non admis à l'issue du deuxième semestre de la première année commune aux études de santé adaptée, qui ne sont pas autorisés à redoubler, sont autorisés à se présenter une seconde fois à l'admission en deuxième année des études de santé, par la voie de l'admission directe prévue au 2° de l'article 39 de la loi du 22 juillet 2013 susvisée, après avoir validé un semestre d'une formation conduisant à un diplôme national de licence après l'année de première année commune aux études de santé adaptée, dans le cadre du dispositif dit " F 3 Pluripass ". L'université d'Angers a également permis aux étudiants, par le dispositif dit " G ", d'être admis en deuxième ou en troisième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou de maïeutique après une à trois années d'un premier cycle universitaire adapté conduisant à un diplôme national de licence.
En ce qui concerne l'examen des moyens :
10. D'abord, l'article 7 de l'arrêté du 20 février 2014 susvisé n'autorise pas les candidats non admis à l'issue du deuxième semestre de la première année commune aux études de santé adaptée à se présenter une seconde fois aux épreuves de fin de deuxième semestre de cette même première année commune en vue de la poursuite des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques, sauf dérogation accordée par le président de l'université. En application de l'article 8 du même arrêté, ces candidats sont seulement autorisés à se présenter une " seconde fois " à l'admission en deuxième année des études de santé, par la voie de l'admission directe prévue au 2° de l'article 39 de la loi du 22 juillet 2013 susvisée, après avoir validé un à six semestres d'une formation conduisant à un diplôme national de licence après l'année de première année commune aux études de santé adaptée, dans les conditions mentionnées à l'article 4-4 du décret du 20 février 2014 susvisé et au chapitre II de cet arrêté.
11. Ensuite, le deuxième alinéa de l'article 11 de l'arrêté du 20 février 2014 prévoit que l'étudiant ayant été inscrit une seule fois en première année commune aux études de santé adaptée peut présenter " une fois " sa candidature à l'admission directe en deuxième ou troisième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques au titre des dispositifs expérimentaux. Ces dispositions s'opposent ainsi à ce qu'un étudiant ayant suivi une première année commune aux études de santé adaptée puis ayant présenté une fois sa candidature à l'admission directe en deuxième ou troisième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques au titre des dispositifs expérimentaux puisse présenter ultérieurement une deuxième fois sa candidature à l'admission directe en deuxième ou troisième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques au titre des dispositifs expérimentaux.
12. Les requérantes soutiennent que le " F 3 Pluripass " correspond à " la première année commune aux études de santé adaptée, dans sa première et unique année et tentative " et que " le F 3 n'est que la finalisation de la première chance ", de sorte qu'elles auraient dû être autorisées, par l'intermédiaire du dispositif " G ", à se présenter une seconde fois à l'admission en deuxième année des études de santé ou à présenter leur candidature une première fois à l'admission directe en deuxième ou troisième année des études de santé au titre des dispositifs expérimentaux.
13. Il ressort des pièces du dossier que, dans le cadre de l'expérimentation instituée par l'article 39 de la loi du 22 juillet 2013, Mme H, Mme C et Mme B ont suivi, à l'université d'Angers, une première année commune aux études de santé adaptée au titre de l'année universitaire 2018-2019. Les intéressées, qui ont validé cette première année commune aux études de santé adaptée, ont toutefois échoué aux épreuves d'accès en deuxième année de la filière de médecine. En application de l'article 4-1 du décret du 20 février 2014 susvisé, elles se sont trouvées dans l'impossibilité de redoubler cette première année commune. Les intéressées ont alors bénéficié, en application des dispositions du III de l'article 4-3 de ce décret, et conformément à l'article 4-1, d'une poursuite d'études dans un cursus conduisant à un diplôme national de licence leur permettant de présenter à nouveau leur candidature à une admission en deuxième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques par la voie de l'admission directe dans les conditions définies aux II et III de l'article 5. Il ressort effectivement des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas contesté, que Mme H, Mme C et Mme B ont suivi, à partir de septembre 2019, le dispositif expérimental " F 3 Pluripass ", qui est un des deux dispositifs institués par l'université d'Angers au titre de la voie d'admission directe en deuxième année des études de santé ainsi que cela ressort précisément du tableau figurant au sein de l'arrêté du 20 février 2014 notamment modifié par l'arrêté du 2 mai 2017 susvisé, et qu'elles ont échoué, de nouveau, aux épreuves d'accès en deuxième année de la filière de médecine en décembre 2019.
14. Les requérantes étant seulement autorisées, d'une part, à se présenter une seconde fois à l'admission en deuxième année des études de santé en application de l'article 8 précité de l'arrêté du 20 février 2014, et, d'autre part, à présenter une fois leur candidature à l'admission directe en deuxième ou troisième année des études de santé au titre des dispositifs expérimentaux en application du deuxième alinéa de l'article 11 précité de l'arrêté du 20 février 2014, ce qui a été le cas en décembre 2019, elles ne sont pas fondées à soutenir qu'elles auraient été privées du bénéfice de se présenter deux fois à l'admission en deuxième année des études de santé ou à présenter leur candidature une première fois à l'admission directe en deuxième ou troisième année des études de santé au titre des dispositifs expérimentaux, en application des dispositions précitées.
15. Dans ces conditions, et indépendamment de la part des places attribuées au bénéfice de la voie d'admission directe qui est fixée par arrêté ministériel, les requérantes ne pouvaient pas être autorisées à s'inscrire, lors de la rentrée universitaire 2020, au dispositif expérimental " G " leur permettant, de nouveau, de présenter leur candidature à l'admission directe en deuxième ou troisième année des études de santé. Il s'ensuit que le président de l'université d'Angers était, ainsi que le soutient l'université, en situation de compétence liée pour rejeter la demande des requérantes tendant à ce qu'elles soient autorisées à se présenter une troisième fois à l'admission en deuxième année des études de santé ou à présenter leur candidature une deuxième fois à l'admission directe en deuxième ou troisième année des études de santé au titre des dispositifs expérimentaux. Par suite, tous les moyens invoqués contre les décisions de rejet attaquées sont inopérants et donc insusceptibles d'en entraîner l'annulation.
16. Au demeurant et en tout état de cause, les intéressées n'avaient plus en application des dispositions antérieures à la loi du 24 juillet 2019, ainsi qu'il a été exposé, la possibilité de présenter pour la première ou la seconde fois leur candidature à l'accès en deuxième année des études médicales, pharmaceutiques, odontologiques ou maïeutiques lors de la rentrée universitaire 2020, conformément aux dispositions du VII de l'article 1er de la loi du 24 juillet 2019.
17. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation des requêtes de Mme H, Mme C et Mme B doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
18. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation des requêtes, n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a donc lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme H, Mme C et Mme B.
Sur les frais de l'instance :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'université d'Angers, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse aux requérantes une somme que celles-ci demandent au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme H, Mme C et Mme B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D H, à Mme E C, à Mme A B et à l'université d'Angers.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Giraud, président,
Mme Beyls, conseillère,
M. Huet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le rapporteur,
F. HUET
Le président,
T. GIRAUD
La greffière,
C. GENTILS
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Nos 2006348, 2007257 et 2007824
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026