vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2006675 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | KADDOURI |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête n°2006675 enregistrée le 10 juillet 2020, M. C B, représenté par Me Hamid Kaddouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n°2020-1550 du 7 juillet 2020 par lequel le préfet de Maine-et-Loire l'a assigné à résidence sur le territoire de la commune d'Angers pour une durée de 6 mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros, au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé en fait ;
- il est entaché d'un défaut d'examen personnel de la situation du requérant ;
- la mesure l'obligeant à se présenter trois fois par semaine, avec ses effets personnels, au commissariat de police d'Angers, n'est pas adaptée à sa situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 octobre 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 mars 2021 de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes.
II. Par une requête n° 2009158 enregistrée le 11 septembre 2020, M. C B, représenté par Me Kaddouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 aout 2020 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation administrative dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de deux cent euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation de séjour et de travail en attendant qu'il soit statué à nouveau sur sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros, au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé en fait ;
- il porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 novembre 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l'ensemble des moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. B a obtenu le bénéfice d'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 avril 2021 de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code pénal ;
- le code de justice administrative.
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Les rapports de Mme A ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 22 mai 2024 à 9 heures 45.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant guinéen, né le 12 avril 1988, déclare être entré en France le 5 avril 2014. Après que sa demande d'asile a été définitivement rejetée, il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, prononcée par un arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 26 juillet 2017. Il a, par la suite, été condamné à deux ans d'emprisonnement par un arrêt de la cour d'appel d'Angers du 30 avril 2019, et à une peine complémentaire de cinq années d'interdiction du territoire français, notamment pour des faits de transport, d'importation, de trafic et de détention de stupéfiants. Par deux décisions du 19 mai 2020, le préfet de Maine-et-Loire, saisi par l'autorité judiciaire d'une demande d'exécution de la décision d'interdiction du territoire français, a fixé le pays de destination et assigné à résidence M. B pour une durée de 45 jours à compter du 27 mai 2020, puis, par un arrêté du 7 juillet 2020, ce même préfet a assigné l'intéressé à résidence pour une durée de six mois. Le 8 juillet 2020, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé sur le fondement de l'article L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet a rejeté cette demande par une décision du 25 aout 2020. Par les présentes requêtes, M. B demande l'annulation de la décision d'assignation à résidence du préfet de Maine-et-Loire du 7 juillet 2020 ainsi que la décision du 25 aout 2020 rejetant sa demande de titre de séjour.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°2006675 et n°2009158 visées ci-dessus sont présentées par le même requérant, présentent à juger des questions connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul et même jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'assignation à résidence :
3. Aux termes de l'article 131-30 du code pénal : " Lorsqu'elle est prévue par la loi, la peine d'interdiction du territoire français peut être prononcée, à titre définitif ou pour une durée de dix ans au plus, à l'encontre de tout étranger coupable d'un crime ou d'un délit. / L'interdiction du territoire entraine de plein droit la reconduite du condamné à la frontière, le cas échéant, à l'expiration de sa peine d'emprisonnement ou de réclusion. / () ". Aux termes de l'article R. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " L'autorité administrative compétente pour prononcer par arrêté, sur le fondement de l'article L. 561-1, l'assignation à résidence d'un étranger faisant l'objet de la peine d'interdiction du territoire français prévue à l'article L. 541-1 est le ministre de l'intérieur ".
4. Il résulte de ces dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le ministre de l'intérieur est le seul compétent pour prononcer une mesure d'assignation à résidence d'un étranger qui doit être reconduit à la frontière en exécution d'une interdiction judiciaire du territoire conformément au deuxième alinéa de l'article 131-30 du code pénal.
5. Par un arrêté du 7 juillet 2020, le préfet de Maine-et-Loire a assigné M. B à résidence pour une durée de six mois à compter du 9 juillet 2020, soit à compter de la notification de sa décision, sur le fondement de l'article L. 561-1 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, suite à l'interdiction judiciaire du territoire français qui avait été prononcée à son encontre. S'il fait valoir en défense qu'un arrêté aurait été pris par le ministre de l'intérieur le 19 aout 2020 notifié le 18 septembre 2020, cet arrêté, qui assigne M. B pour une durée de trois mois jusqu'au 20 décembre 2020, est postérieur à la date de décision attaquée à laquelle s'apprécie sa légalité. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier, que le préfet de Maine-et-Loire aurait procédé au retrait de l'acte attaqué. Par suite, le préfet de Maine-et-Loire était incompétent pour prendre l'arrêté n°2020-1550 du 7 juillet 2020.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté n°2020-1550 du 7 juillet 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour :
7. L'autorité administrative, saisie d'une demande de titre de séjour par un étranger frappé d'une peine d'interdiction du territoire français, est tenue de refuser le titre sollicité sauf dans le cas où la demande de titre est motivée par l'obligation faite à l'étranger de comparaître personnellement devant une juridiction française.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été interdit du territoire français pendant 5 ans, cette interdiction constituant une peine complémentaire à sa condamnation à deux ans d'emprisonnement prononcée par un arrêt de la cour d'appel d'Angers du 30 avril 2019. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier, ni n'est allégué que l'intéressé aurait sollicité le relèvement de cette peine complémentaire. Ainsi que le fait valoir en défense le préfet de Maine-et-Loire, il était en situation de compétence liée pour refuser un titre de séjour à M. B, qui ne pouvait être légalement autorisé à séjourner en France. Par suite, les moyens soulevés par le requérant à l'encontre de la décision portant refus de séjour, visés ci-dessus, sont inopérants et ne peuvent qu'être écartés.
9. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 25 aout 2020 du préfet de Maine-et-Loire, présentées par M. B, doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
En ce qui concerne l'instance n° 2006675 :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. B sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
En ce qui concerne l'instance n° 2009158 :
11. Les conclusions présentées sur le même fondement par M. B tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat au profit de son conseil, ne peuvent, dès lors que l'Etat n'est pas partie perdante, qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté n°2020-1550 du 7 juillet 2020 est annulé.
Article 2 : La requête n°2009158 est rejetée.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête n°2006675 est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à C B, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Hamid Kaddouri.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. Xavier Catroux, premier conseiller,
Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.
La rapporteure,
J-K. A
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Nos 2006675-2009158
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026