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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2006871

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2006871

jeudi 2 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2006871
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantMAZEAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 juillet 2020 et le 23 juin 2021, Mme'B A, représentée par Me Alexandre Mazéas, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision préfectorale du 1er aout 2019 d'ajournement de sa demande de naturalisation ainsi que la décision du 24 janvier 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a maintenu cet ajournement ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine Saint-Denis de réexaminer sa demande de naturalisation dans un délai d'un mois, à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de cent cinquante euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réduire la durée de la période d'ajournement ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.

Mme A soutient que la décision attaquée :

- méconnait les articles 21-23 et 21-27 du code civil ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle est légitime à déclarer à charger les enfants qui ne résident pas avec elle mais pour lesquels elle bénéficie d'une délégation d'autorité parentale et a agi de bonne foi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les conclusions dirigées contre la décision préfectorale sont irrecevables ;

- aucun des moyens soulevés par Mme A n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Jégard a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A demande tribunal d'annuler la décision du 1er aout 2019 par laquelle le préfet de la Seine Saint Denis a ajourné à trois ans sa demande d'acquisition de la nationalité française ainsi que la décision du 24 janvier 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours formé contre ladite décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision préfectorale :

2. En application des dispositions de l'article 45 du décret du 30 décembre 1993, les décisions par lesquelles le ministre statue sur les recours préalables obligatoires se substituent à celles des autorités préfectorales qui lui sont déférées. Ainsi la fin de non-recevoir opposée par le ministre doit-elle être accueillie, les conclusions dirigées contre la décision préfectorale étant irrecevables.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision ministérielle :

3. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". En vertu des dispositions de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française, si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Une fois ce délai expiré ou ces conditions réalisées, il appartient au postulant, s'il le juge opportun, de formuler une nouvelle demande. Il appartient ainsi au ministre de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation au ressortissant étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte les renseignements défavorables recueillis sur le comportement du postulant.

4. Pour ajourner la demande d'acquisition de la nationalité française de Mme A, le ministre s'est fondé sur le motif tiré de ce qu'elle a déclaré à charge à l'administration fiscale ses nièces qui résident et sont scolarisées aux Comores.

5. Au soutien de sa requête, Mme A se prévaut d'un jugement du tribunal de première instance de Moroni (Comores) du 24 octobre 2017 lui délégant l'autorité parentale sur ses nièces et de la possibilité qu'elle a, en application de l'instruction fiscale

n°'BOI-IR-LIQ-10-10-10-10, de déclarer ses nièces comme enfants à charge. Ces éléments ne sont pas véritablement contestés par le ministre de l'intérieur en défense qui n'a pas demandé au tribunal, même implicitement, de procéder à une substitution de motifs. Il suit de là que le ministre s'est fondé sur un motif erroné pour ajourner à trois ans la demande de l'intéressée, entachant sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision attaquée.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

7. Le présent jugement implique nécessairement qu'il soit procédé au réexamen de la demande de Mme A dans un délai de six mois suivant sa notification. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

8. Il y a lieu, en vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'État, qui est la partie perdante dans la présente instance, une somme de 1'200 euros au titre des frais exposés par la requérante.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 24 janvier 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a ajourné la demande de naturalisation de Mme A est annulée.

Article 2': Il est enjoint au ministre de l'intérieur de statuer à nouveau sur la demande de naturalisation de Mme A dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'État versera à Mme A une somme de 1 200 euros en application de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 4 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Rimeu, présidente,

M. Jégard, premier conseiller,

Mme El Mouats St Dizier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2023.

Le rapporteur,

X. JÉGARDLa présidente,

S. RIMEU

La greffière,

P. LABOUREL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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