jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2007121 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 12eme chambre |
| Avocat requérant | EVENO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 juillet 2020, M. A B, représenté par Me Eveno, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 octobre 2018 par lequel le maire de Vair-sur-Loire a procédé à une retenue sur son traitement pour cumul d'activités non-autorisé, pour un montant de 2 755,56 euros, ainsi que le titre exécutoire du 30 octobre 2018 et la décision de rejet du recours gracieux formé contre l'arrêté du 2 octobre 2018 en date du 12 décembre 2018 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vair-sur-Loire le versement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre exécutoire du 30 octobre 2018 et le bordereau de ce titre de recettes sont dépourvus de signature ;
- le titre exécutoire est insuffisamment motivé ;
- les décisions attaquées sont dépourvues de base légale dès lors qu'en l'absence de processus de protection des lanceurs d'alerte, au nombre desquels il figure, il n'a pas eu d'autre choix que de démissionner.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 janvier 2022, la commune de Vair-sur-Loire, représentée par Me Plateaux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions dirigées contre le titre exécutoire du 30 octobre 2018 sont irrecevables car tardives, le titre ayant été notifié le 30 octobre 2018 et le recours gracieux de M. B n'étant pas dirigé contre ce dernier ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Malingue, rapporteure publique ;
- les observations de Me Eveno, représentant M. B, et celles de Me Jouanneaux, substituant Me Plateaux, représentant la commune de Vair-sur-Loire.
Une note en délibéré a été enregistrée pour la commune de Vair-sur-Loire le 16 mai 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été recruté par la commune de Vair-sur-Loire sur un poste d'ingénieur, en qualité de responsable des services techniques, par un contrat de travail du 6 mars 2017 au 5 mars 2020. Par un courrier du 31 août 2018, M. B a présenté sa démission au maire de la commune. Par un arrêté du 28 septembre 2018, le maire de la commune a accepté la démission de M. B, à compter du 1er octobre 2018, l'intéressé ayant été placé durant le mois de préavis à cette démission en congé et sous autorisation spéciale d'absence. Par un arrêté du 2 octobre 2018, le maire de Vair-sur-Loire a procédé à une retenue de 2 755,56 euros sur le traitement de M. B pour cumul d'activités non-autorisé. Le 30 octobre 2018, il a émis un titre exécutoire portant sur la récupération de cette somme. M. B a formé contre l'arrêté du 2 octobre 2018 un recours gracieux qui a été rejeté par un courrier du 12 décembre 2018. M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 2 octobre 2018, le titre exécutoire du 30 octobre 2018 et la décision du 12 décembre 2018.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / (). ".
3. La date de notification du titre exécutoire du 30 octobre 2018 ne ressort pas des pièces du dossier. Si la commune de Vair-sur-Loire fait valoir que ce titre a été notifié le 30 octobre 2018, elle ne l'établit pas. Il suit de là que la fin de non-recevoir opposée en défense, tenant à la tardiveté des conclusions dirigées contre le titre exécutoire du 30 octobre 2018, doit être écartée.
Sur le moyen tiré du défaut de signature du titre exécutoire attaqué et du bordereau de titres :
4. Aux termes du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. () / En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation ".
5. Il résulte de ces dispositions d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif adressé au redevable doit mentionner les nom, prénom et qualité de la personne qui l'a émis et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur.
6. En l'espèce, le volet du titre exécutoire destiné au débiteur formant avis des sommes à payer indique le nom, le prénom, et la qualité de son auteur et n'avait pas à être signé. En revanche, la commune de Vair-sur-Loire n'a pas versé à l'instance avant la clôture de l'instruction, en dépit d'une mesure d'instruction diligentée en ce sens par le greffe du tribunal, le bordereau du titre exécutoire permettant de vérifier que ce bordereau avait bien été signé, cette signature étant contestée par le requérant. Le requérant est fondé à soutenir que le titre exécutoire en litige est irrégulier et, pour ce seul motif, à en demander l'annulation.
Sur le moyen tiré du défaut de base légale des décisions attaquées :
7. Le requérant soutient que les décisions attaquées sont " dépourvues de base légale " dès lors qu'il aurait été contraint de démissionner en l'absence, au sein de la commune de Vair-sur-Loire, de procédure de signalement à destination des " lanceurs d'alerte ", tels qu'ils sont définis à l'article 6 de la loi du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique. Toutefois, le requérant ne conteste pas qu'il a, durant le mois de septembre 2018, travaillé pour le compte de la communauté de communes Loire-et-Sillon alors que son contrat de travail auprès de la commune de Vair-sur-Loire n'était pas échu, sa démission n'ayant pris effet que le 1er octobre 2018, et qu'il était toujours rémunéré par la commune, ni qu'il n'avait pas sollicité d'autorisation de cumul d'activités. Par ailleurs, à supposer même que M. B ait souhaité effectuer une révélation ou un signalement au sens et pour l'application des dispositions susmentionnées mais ne l'ait pas fait en l'absence de procédure établie par la commune de Vair-sur-Loire, ce dont il ne justifie aucunement pas, ces circonstances sont sans rapport avec le cumul d'activités non-autorisé dont il s'est rendu coupable au mois de septembre 2018. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les décisions attaquées sont dépourvues de base légale.
8. Il résulte de ce qui précède que, par le seul moyen évoqué aux points 4 à 6 du présent jugement, M. B est fondé à demander l'annulation du seul titre exécutoire du 30 octobre 2018.
Sur les frais liés au litige :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre exécutoire du 30 octobre 2018 est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Vair-sur-Loire.
Copie en sera adressée à la direction départementale de finances publiques de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gourmelon, présidente,
Mme Milin, première conseillère,
M. Cordrie, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
La rapporteure,
C. MILIN
La présidente,
V. GOURMELON
La greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026