vendredi 3 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2007212 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | ROULLEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 juillet 2020, M. A C, représenté par Me Julien Roulleau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet de Maine-et-Loire du 19 mai 2020 lui refusant la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer ce titre de séjour, dans un délai d'un mois, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocat en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et méconnait tant les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2023, le préfet de Maine-et-Loire demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par M. C.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. C par une décision du 29 mars 2021 de la section du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes en charge de l'examen des demandes relatives aux affaires portées devant le tribunal administratif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
- le code de justice administrative ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 11 octobre 2023 à partir de 9h45.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C est un ressortissant de nationalité géorgienne qui est né le 27 janvier 1985. Il est marié à une compatriote, Mme D qui est née le 9 octobre 1990. Ils sont entrés en France le 1er décembre 2017, accompagnés de leurs deux filles nées en Géorgie respectivement en 2010 et 2012. La demande d'asile de M. C a, comme d'ailleurs celle de son épouse, était rejetée par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides le 15 juin 2018, puis par la Cour nationale du droit d'asile le 12 février 2019. M. C a, en revanche, bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" sur la période du 19 mars au 18 juin 2019 aux fins d'être soigné en France. Il a sollicité la délivrance, pour le même motif, d'une nouvelle carte de séjour temporaire le 9 septembre 2019, demande pour l'instruction de laquelle il a bénéficié de récépissés dont le dernier expirait le 8 mars 2020. Par une décision du 21 janvier 2020, cette demande a été rejetée. M. C a, le 4 mars 2020, sollicité la délivrance d'une nouvelle carte de séjour temporaire en invoquant cette fois-ci sa situation familiale. Cette demande a été également rejetée par une décision du 19 mai 2020 dont M. C demande au tribunal l'annulation.
2. Pour rejeter, par la décision attaquée, la nouvelle demande de titre de séjour présentée par M. C, le préfet de Maine-et-Loire s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé ne justifiait pas d'une entrée régulière, ni de l'existence de motifs exceptionnels ou de considérations humanitaires et a relevé que si son épouse a obtenu un titre de séjour pour une durée de neuf mois jusqu'au 28 juillet 2020, cette circonstance ne suffisait pas à démontrer des liens personnels et familiaux intenses et stables en France.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " () la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 7° A l'étranger () dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
4. Si l'épouse de M. C était, à la date de la décision attaquée, en situation régulière, le titre de séjour dont elle disposait était une carte de séjour temporaire qui lui a été délivrée pour une durée de neuf mois et prenant fin au 28 juillet 2020. Ce titre de séjour a été délivré, sur le fondement des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 de ce même code, au motif que l'état de santé de Mme D nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la prise en charge médicale dont bénéficie Mme D en France ne pourrait pas lui permettre d'améliorer son état de santé, ni que son traitement ne deviendrait pas disponible en Géorgie, de sorte que, contrairement à ce que soutient le requérant, il n'existe aucune certitude que le titre de séjour dont elle bénéficie jusqu'au 28 juillet 2020, ce qui correspond à un peu plus de deux mois après la décision en litige, sera renouvelé. Certes, M. C justifie, par la production d'un certificat médical du 28 janvier 2020, que l'état de santé de son épouse, atteinte d'une paralysie totale du bras droit, nécessite sa présence permanente aux côtés de celle-ci, mais la décision attaquée n'ayant pas, par elle-même, pour objet d'imposer l'éloignement de l'intéressé du territoire français, elle n'affecte pas la possibilité pour le requérant d'apporter l'assistance que requiert l'état de santé de son épouse. De même cette décision n'affecte pas la scolarisation des deux enfants du couple, ni l'implication de leur père auprès d'eux, notamment dans leur scolarité. Il ressort enfin des pièces du dossier que, depuis son entrée en France, qui n'est antérieure que de deux ans et cinq mois par rapport à la décision attaquée, M. C n'a bénéficié d'un titre de séjour que pendant une durée de trois mois. Dans ces conditions, le refus de séjour en litige ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 () peut être délivrée () à l'étranger () dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2 ".
6. Au regard de ce qui a été dit au point 4 et alors que M. C fait seulement valoir par ailleurs sa qualité d'"usager de l'association pour la promotion et l'intégration dans la région d'Angers" et le suivi de cours de français pendant le dernier trimestre de l'année 2019, sa demande d'admission au séjour ne répond pas à des considérations humanitaires et ne se justifie pas par des motifs exceptionnels au sens des dispositions citées au point 5. Par suite, en écartant la mise en œuvre de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
7. En troisième lieu, un refus de séjour ne peut être légalement opposé s'il porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale d'un ressortissant étranger et s'il méconnait ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour l'application de ces stipulations, il appartient à l'autorité préfectorale d'apprécier notamment la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France.
8. Compte tenu de ce qui a été dit au point 4, et alors que la mère et la sœur de l'intéressé vivent en Géorgie, son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 32 ans et qu'il n'avait quitté que depuis deux ans et cinq mois à la date de la décision attaquée, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut également qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du préfet de Maine-et-Loire du 19 mai 2020 rejetant la demande tendant à la délivrance à M. C d'une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il présente sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Julien Roulleau.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Justine-Kozue Kubota, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2023.
Le rapporteur,
D. B
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026