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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2007275

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2007275

mardi 3 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2007275
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantJEAN-MEIRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 23 juillet 2020, le 18 janvier 2021 et le 21 septembre 2021, l'association de protection de la plage de Boisvinet et son environnement, représentée par Me Jean-Meire, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 mars 2020 par lequel le maire de la commune de Saint-Gilles-Croix-de-Vie a délivré à la société Sea View un permis de construire sur une superficie de 190 m2 sur le domaine public maritime ;

2°) de mettre à la charge la commune de Saint-Gilles-Croix-de-Vie une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-le dossier de demande de permis de construire est incomplet en méconnaissance des articles R. 431-7, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme, en raison de l'absence d'indication quant à l'état initial du terrain, à la couleur des toitures, à l'insertion du projet dans son environnement et faute d'indiquer les modalités de raccordement aux réseaux d'assainissement ;

-le dossier de demande de permis de construire est incomplet en méconnaissance des articles R. 431-30 du l'urbanisme et des dispositions des articles R. 111-19-18, R. 111-19-18 et R. 123-22 du code de la construction et de l'habitation ;

-l'arrêté portant délivrance d'un permis de construire méconnaît les règles de hauteur fixées par la charte paysagère et environnementale du cahier des charges applicable à la sous-concession de plage dont est titulaire la société pétitionnaire ;

-il méconnaît les dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme ;

-il méconnaît les dispositions de l'article N 4.3.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme ;

-il méconnaît les dispositions de l'article N 5.1 du règlement du plan local d'urbanisme ;

-il méconnaît les dispositions des articles N 6.3.3, N 6.3.4 et N 6.3.6 du règlement du plan local d'urbanisme.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 novembre 2020 et le 1er juin 2021, la commune de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, représentée par Me Vic, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'association requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,

- les observations de Me Vic, avocat de la commune de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.

Considérant ce qui suit :

1.L'association de protection de la plage de Boisvinet et son environnement demande au tribunal l'annulation de l'arrêté en date du 12 mars 2020 par lequel le maire de Saint-Gilles-Croix-de-Vie a délivré à la société Sea View un permis de construire une terrasse, un bloc sanitaire et un bloc bar-restauration, sur la plage de Boisvinet, appartenant au domaine public maritime, classée en zone Np par le plan local d'urbanisme correspondant au " secteurs naturels des plages sur le domaine public maritime ".

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 12 mars 2020 :

En ce qui concerne la composition du dossier de demande de permis de construire :

2. Aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 31-5 à R. 431-12 ; / b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. 431-33-1 ; / c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. / Pour l'application des articles R. 423-19 à R. 423-22, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations mentionnées au a et au b ci-dessus. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ". L'article R. 431-9 du code de l'urbanisme dispose : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

3. Par ailleurs, l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme dispose : " Lorsque les travaux projetés portent sur un établissement recevant du public, la demande est accompagnée des dossiers suivants, fournis en trois exemplaires : / a) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées, comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 111-19-18 et R. 111-19-19 du code de la construction et de l'habitation ; / b) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles de sécurité, comprenant les pièces mentionnées à l'article R. 123-22 du même code ".

4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

5. D'une part, il ressort des pièces du dossier notamment des plans de coupe et en particulier de la coupe transversale AA du dossier de demande de permis de construire que le niveau initial du terrain comme l'accolement de la construction à l'ouest le long du débord de platelage de bois déjà existante sont indiqués de façon suffisamment claire et précise pour l'instruction du dossier. Si l'association requérante fait valoir que ces plans ne correspondent pas à la déclivité de la plage, les seules photographies de mai 2020 produites ne suffisent à établir que les plans produits seraient effectivement erronés et ne permettent de considérer que le maire n'aurait pas disposé des éléments utiles pour porter une appréciation en toute connaissance de cause sur le projet qui lui était soumis. De plus, s'agissant de la teinte de la toiture plate des deux structures, il est mentionné qu'elle sera de teinte bleu pastel, à l'instar des autres façades. Par ailleurs, le plan de masse comporte des indications suffisantes quant aux modalités de raccordement des éléments bâtis au réseau d'assainissement existants, qui est mentionné également dans la notice. Enfin, le dossier de demande comporte deux modélisations du projet, ainsi que des vues des bâtiments situés au nord du boulevard de la plage, qui suffisent, compte tenu du caractère modeste du projet, à apprécier son insertion dans son environnement proche. Compte tenu des documents produits, la maire de Saint-Gilles-Croix-de-Vie a disposé des éléments utiles pour porter une appréciation en toute connaissance de cause sur le projet qui lui était soumis. Par suite, les dispositions précitées du code de l'urbanisme n'ont pas été méconnues.

6. D'autre part, il est constant que le projet en cause, dont seule la terrasse et le bloc sanitaire sont accessibles au public, constitue un établissement recevant du public de cinquième catégorie. Si les travaux prévus ne sont pas soumis aux dispositions relatives à la sécurité contre les risques d'incendie dans les établissements recevant du public, le dossier de permis de construire se rapportant à un tel établissement devait néanmoins comporter les pièces requises par l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme de sorte à permettre à l'administration de vérifier que le projet respecte les règles d'accessibilité qui lui sont opposables. En particulier, un établissement de cinquième catégorie est soumis aux exigences des articles R.111-19-8 et R.111-19-18 du code de la construction et de l'habitation, dont le respect doit s'apprécier au vu du dossier de demande de permis de construire. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire comportait un dossier spécifique dont les pièces, jointes à celles de la demande de permis de construire, étaient t suffisantes pour vérifier la conformité du projet aux règles d'accessibilité d'un tel établissement recevant du public. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles R. 111-19-8, R. 111-19-18 et R. 123-22 du code de la construction et de l'habitation doit être écarté.

En ce qui concerne la charte paysagère et environnementale annexée au contrat de sous-concession :

7.D'une part aux termes de l'article L. 421-26 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique ".

8.D'autre part, revêtent un caractère réglementaire les clauses d'un contrat qui ont, par elles-mêmes, pour objet l'organisation ou le fonctionnement d'un service public. En revanche, les stipulations relatives notamment au régime financier de la concession ou à la réalisation des ouvrages, qu'il s'agisse de leurs caractéristiques, de leur tracé, ou des modalités de cette réalisation, sont dépourvues de caractère réglementaire et revêtent un caractère purement contractuel.

9.L'association requérante fait valoir que le projet ne respecte pas les règles de hauteurs figurant dans la charte architecturale et paysagère annexé au contrat de sous-concession de la plage de Boisvinet dont la société pétitionnaire est titulaire pour l'occupation temporaire du domaine public maritime sur l'emplacement du projet. Les clauses de cette charte relatives à la hauteur des constructions n'ont pas un caractère réglementaire mais contractuel. Elles ne sont pas au nombre des règles au regard desquelles s'apprécie la légalité d'un permis de construire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme :

10.Aux termes de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme : " En dehors des espaces urbanisés, les constructions ou installations sont interdites sur une bande littorale de cent mètres à compter de la limite haute du rivage ou des plus hautes eaux pour les plans d'eau intérieurs désignés au 1° de l'article L. 321-2 du code de l'environnement ".

11.Il ressort toutefois des pièces du dossier que, même si le projet est séparé par un platetage en bois dédié à la la circulation cycliste et piétonne ainsi que par le boulevard de la mer des habitations qui le longe, la plage du Boisvinet se situe dans une partie urbanisée de la commune de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, au sens de ces dispositions. Par suite, l'association requérante n'est, en tout état de cause, pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué aurait été pris en méconnaissance de l'article L.121-16 du code de l'urbanisme.

En ce qui concerne les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone Np :

12. En premier lieu, aux termes de l'article N 4.3.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone Np : " Les constructions ou installations nouvelles doivent être édifiées en retrait des voies et emprises publiques. La distance minimale est de 15,00 mètres de l'axe des voies publiques ou privées, existantes ou à créer, ouvertes à la circulation ".

13.Contrairement à ce que soutient la commune en défense, d'une part, ces dispositions n'excluent pas l'application de la règle qu'elles prévoient aux constructions et installations édifiées sur le domaine public, et d'autre part, le bloc sanitaire, quand bien même il est destiné à être périodiquement démonté et réinstallé, constitue une installation nouvelle. Néanmoins, alors que l'association requérante se borne à soutenir que la construction projetée serait à moins de quinze mètres de la limite de la voie publique, il ressort des pièces du dossier que celle-ci sera implantée à plus de quinze mètres de l'axe du boulevard de la mer. Par suite, l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que le permis de construire délivré méconnaît les dispositions de l'article N. 4.3.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme.

14.En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article N 6.3.3 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone Np : " Toute construction ou installation nouvelle doit comporter une gestion intégrée des eaux pluviales à la parcelle ou à l'échelle d'une opération groupée. Ainsi les eaux de ruissellement doivent être prioritairement infiltrées dans le sol ". D'autre part, aux termes de l'article N 6.3.4 de ce même règlement : " Les eaux pluviales de toitures et de ruissellement (voies et parkings et terrasses, etc.) doivent être recueillies, stockées sauf impossibilité technique. En l'absence d'exutoire, les eaux pluviales doivent être totalement infiltrées à la parcelle sans aucun ruissellement sur les propriétés voisines ". Enfin, en application de l'article N 6.3.6 de ce règlement : " Seules les eaux pluviales résiduelles qui ne peuvent être absorbées par le terrain doivent être dirigées vers le réseau public d'assainissement pluvial lorsqu'il existe, avec un débit de rejet maximum de 3 l/s/ ha aménagé ".

15.Il est constant que le terrain d'assiette du projet n'est pas relié à un réseau d'eaux pluviales. Alors que l'avis émis le 10 février 2020 par le directeur des services techniques de la communauté de communes du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie mentionne qu'un " nouveau branchement d'eaux pluviales pourra être réalisé aux frais du pétitionnaire s'il souhaite en créer un ", si les plans produits portent la mention d'une descente de toit, le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas d'élément ni indication quant au recueil, stockage et gestion des eaux pluviales et de ruissellement et l'arrêté attaqué est dépourvu de toute prescription sur ce point. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet de permis de construire serait conforme aux dispositions précitées des articles N 6.3.3, N 6.3.4 et N 6.3.6 du règlement du plan local d'urbanisme, auxquels le caractère saisonnier des installations ne permet pas de déroger.

16.En revanche, en troisième lieu, l'article 5.1 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à zone Np qui fixe les objectifs généraux que doivent poursuivre les projets : " () 5.1.2 Conformément à l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions, ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. / 5.1.3 Les construction et/ ou installations de tout nature doivent être conçues de façon à : s'insérer dans leurs abords ; et participer à la qualité architecturale et paysagère ; et permettre la conservation et la mise en valeur des éléments ayant une valeur patrimoniale. /5.1.4 Les constructions doivent être adaptées, par leur type ou leur conception, à la topographie du terrain naturel et non l'inverse ".

17.Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la construction, dans le prolongement du platelage en bois bordant le boulevard de la mer réalisé par la commune, d'un bloc sanitaire et un bloc de bar-restauration non accessible au public, à toit plat, d'une hauteur de 2,73 m et d'une surface de plancher totale de 23,38 m2. Le projet prévoit l'habillement des façades par un bardage horizontal de bois laqué de teinte bleu pastel, ainsi qu'une terrasse de 190 m2 en platetage de bois massif. Il ressort également des dispositions de l'article 2 de l'arrêté attaqué que ces constructions sont destinées à être périodiquement démontées pendant la période du 15 novembre au 15 mars et réinstallées en application de l'article L. 432-1 du code de l'urbanisme. Alors qu'il ressort des pièces du dossier que la plage de Boisvinet n'est pas située à l'intérieur d'une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager, le projet, dont l'architecture et les matériaux sont d'inspiration balnéaire, ne portent atteinte ni au caractère ni à l'intérêt des lieux avoisinants. Dans ces conditions, c'est en faisant une exacte application des dispositions précitées que le maire a pu délivrer le permis de construire contesté.

18.Il résulte de ce qui précède que l'arrêté attaqué méconnaît seulement les dispositions des articles N 6.3.3, N 6.3.4 et N 6.3.6 du règlement du plan local d'urbanisme.

Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :

19.Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ".

20. Les illégalités relevées précédemment affectent des parties identifiables du projet de construction autorisée et peuvent être régularisées par un permis de construire modificatif qui n'apporterait pas au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Il y a lieu en conséquence d'annuler, sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, l'arrêté attaqué en tant que le projet ne prévoit pas dispositif de recueil, de stockage, et de gestion des eaux pluviales et de ruissellement, et de fixer à trois mois à compter de la notification du présent jugement le délai dans lequel la société " Sea View " pourra, en application des dispositions précitées, en demander la régularisation.

Sur les frais liés au litige :

21.Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'association requérante, qui n'est pas la partie perdante, au titre des frais liés au litige. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la commune de Saint-Gilles-Croix-de-Vie la somme de 1 500 euros à verser à l'association requérante à ce même titre.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté attaqué du 12 mars 2020 du maire de Saint-Gilles-Croix-de-Vie est annulé en tant que le projet qu'il autorise ne comporte pas un dispositif de recueil, de stockage et de gestion des eaux pluviales et de ruissellement.

Article 2 : La société Sea View dispose d'un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement pour présenter une demande de permis de construire de régularisation.

Article 3 : La commune de Saint-Gilles-Croix-de-Vie versera à l'association de protection de la plage de Boisvinet et son environnement la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Gilles-Croix-de-Vie au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à l'association de protection de la plage de Boisvinet et son environnement, à la commune de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et à la société Sea View.

Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. A de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

Mme Milin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 janvier 2023.

La rapporteure,

S. B

Le président,

A. A DE BALEINELa greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne

au préfet de la Vendée en ce qui la concerne

ou à tous commissaires de justice à ce

requis en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir

à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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