mercredi 29 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2007384 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | ROULLEAU |
Vu la procédure suivante n° 2007384 :
Par une requête, enregistrée le 28 juillet 2020, M. C G, représenté par Me Julien Roulleau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la mesure d'assignation à résidence sur le territoire de la commune de Saint-Jean-de-Linières (Maine-et-Loire) prononcée pour une durée de quatre mois par un arrêté du 2 juin 2020 pris par le préfet de Maine-et-Loire ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de procéder à un nouvel examen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocat en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;
- elle a été prise en méconnaissance du 1° de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée est entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2023, le préfet de Maine-et-Loire demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par M. G.
Il soutient que l'unique moyen de légalité externe soulevé et le moyen tiré de la méconnaissance du 1° de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée par ordonnance au 18 septembre 2023 à 12h00.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. G par une décision du 22 mars 2021 de la section du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes en charge de l'examen des demandes relatives aux affaires portées devant le tribunal administratif.
Vu la procédure suivante n° 2107971 :
Par une requête, enregistrée le 11 juillet 2021, M. C G, représenté par Me Hélène Doumbe, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet de Maine-et-Loire du 13 juillet 2021 lui refusant la délivrance d'une carte de séjour temporaire ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de prendre, dans un délai de 15 jours, une nouvelle décision après un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, un "récépissé avec autorisation de travail", sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocate en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité qui n'était pas habilitée à cette fin ;
- elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire garanti par l'article 41§2 de la charte des droits fondamentaux de l'union Européenne, et des dispositions de l'article 24 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il n'a pas été procédé à un examen approfondi de sa situation ;
- la décision attaquée méconnait l'article L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le refus de séjour méconnaît les articles 8 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2023, le préfet de Maine-et-Loire demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par M. G.
Il soutient que les moyens tirés de l'incompétence et de l'insuffisante motivation ainsi que les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, du défaut d'examen et de l'erreur manifeste d'appréciation ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée par ordonnance au 5 octobre 2023 à 12h00.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. G par une décision du 31 décembre 2021 de la section du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes en charge de l'examen des demandes relatives aux affaires portées devant le tribunal administratif.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'union Européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;
- le code de justice administrative. ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et les décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 et n° 2020-1717 du 28 décembre 2020.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. F a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 3 novembre 2023 à partir de 14h15.
Considérant ce qui suit :
1. La requête n° 2007384 est dirigée contre une mesure d'assignation à résidence liée à l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre d'un ressortissant étranger. La requête n° 2107971 tend à l'annulation d'une décision refusant, à ce même ressortissant étranger, la délivrance d'un titre de séjour. Ces requêtes ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu d'en joindre l'examen pour statuer sur les conclusions de ces requêtes par un seul et même jugement.
2. M. C G est un ressortissant russe d'origine géorgienne qui est né le 20 mai 1980. Il est entré en France pour y déposer une demande d'asile qui a été rejetée le 11 octobre 2013 par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Le recours contre cette décision a été rejeté par la Cour nationale du droit d'asile le 23 décembre 2014. M. G a été, en vain, obligé de quitter le territoire français, à cinq reprises, en vertu d'arrêtés préfectoraux pris respectivement les 4 mars 2015, 13 avril 2016, 10 février 2017, 17 avril 2018 et 21 octobre 2019. Dans l'attente de l'exécution de cette dernière mesure d'éloignement, M. G a été assigné à résidence pendant une durée de six mois par un arrêté pris par le préfet de Maine-et-Loire le même jour. Par un arrêté pris le 2 juin 2020, cette même autorité l'a de nouveau assigné à résidence, toujours dans l'attente de l'exécution de cette obligation de quitter le territoire français, pour une durée de 4 mois sur le territoire de la commune de Saint-Jean-de-Linières (Maine-et-Loire). L'annulation de cet arrêté est sollicitée par la requête n° 2007384. Le 5 novembre 2020, soit postérieurement à l'enregistrement de cette requête, M. G a fait l'objet d'une nouvelle obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans. L'intéressé a, le 30 avril 2021, saisi le préfet de Maine-et-Loire d'une demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour, laquelle a été rejetée par une décision du 13 juillet 2021, dont l'annulation est sollicitée par la requête n° 2107971.
Sur les conclusions à fin d'annulation et à fin d'injonction présentées dans l'instance n° 2007384 :
3. Aux termes de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " Lorsqu'un étranger justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne peut regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, l'autorité administrative peut, jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, l'autoriser à se maintenir provisoirement sur le territoire français en l'assignant à résidence, dans les cas suivants : 1° Si l'étranger fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire sans délai () ".
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 561-1 du même code : " L'autorité administrative compétente pour assigner un étranger à résidence en application des 1° à 4° de l'article L. 561-1 () est le préfet de département () ". Selon l'article 43 du décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements : " Le préfet de département peut donner délégation de signature () 7° Aux agents en fonction dans les préfectures, pour les matières relevant des attributions du ministre de l'intérieur () ".
5. L'arrêté du 2 juin 2020 a été signé, non par le préfet de Maine-et-Loire, mais "pour le préfet" par Mme E B en qualité de directrice de l'immigration et des relations avec les usagers de la préfecture de ce département. Cette dernière bénéficiait, par arrêté du préfet de Maine-et-Loire pris le 22 avril 2020 d'une délégation à l'effet de signer les arrêtés relatifs aux assignations à résidence en relation avec l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français. Cet arrêté a été publié le 23 avril suivant au recueil des actes administratifs de ce même département. Par suite, et alors qu'il ne résulte pas des dispositions des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration qu'une décision administrative doive, contrairement à ce qui est soutenu dans la requête, "comporter () la délégation de pouvoir" donnée à l'autorité signataire de cette décision, le moyen tiré de l'absence d'habilitation exécutoire de la signataire de l'assignation à résidence en litige doit être écarté.
6. En deuxième lieu, M. G estime que les dispositions précitées du 1° de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues dès lors qu'il n'existe pas de perspective raisonnable d'exécution de l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet le 21 octobre 2019. Il fait valoir qu'à cette date, il entendait déposer une demande de titre de séjour qui ne pouvait qu'être accueillie dès lors qu'il remplissait les conditions prévues pour l'obtention de cette autorisation.
7. Toutefois, les dispositions de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 2 ne subordonnent pas le prononcé d'une mesure d'assignation à résidence à l'existence d'une perspective raisonnable d'exécution de la décision d'éloignement au titre de laquelle cette assignation à résidence a été prise. Au contraire, une telle mesure ne peut intervenir qu'en l'absence d'une telle perspective à la date à laquelle elle est prononcée. Par suite, le moyen énoncé au point 6 ne peut qu'être écarté.
8. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un détournement de pouvoir n'est assorti d'aucune précision de sorte qu'il ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'assignation à résidence de M. G pendant une durée de 4 mois prononcée par le préfet de Maine-et-Loire le 2 juin 2020 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il présente sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction présentées dans l'instance n° 2107971 :
En ce qui concerne la légalité externe :
10. En premier lieu, aux termes de l'article R. 311-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence () ".
11. L'arrêté attaqué a été signé par M. D A, préfet de Maine-et-Loire, et non par une autorité qui aurait agi en vertu d'une délégation de signature. Par suite, le moyen tiré de ce que le signataire du refus de séjour n'aurait pas été habilité à cette fin doit être écarté.
12. En deuxième lieu, si en vertu de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, dont le requérant invoque la méconnaissance, toute personne bénéficie du droit d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre, cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article ne peut être utilement invoqué pour contester une décision qui est prise par une autorité d'un Etat membre. De même, n'est pas opérant le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 24 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relatives à la procédure contradictoire, lequel a été abrogé le 1er janvier 2016, ces dispositions ayant été reprises au sein de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors que ces mêmes dispositions ne s'appliquent pas lorsque, comme c'est le cas en l'espèce, la décision statue sur une demande de l'intéressé.
13. En dernier lieu, en vertu des dispositions combinées des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, qui constitue une mesure de police, doit être motivée, c'est à dire qu'elle doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.
14. Il ressort de la lecture de l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 13 juillet 2021 qu'il vise les dispositions de l'article L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le fondement desquelles M. G a sollicité le titre de séjour dont la délivrance a été refusée par cet arrêté, et qu'il expose de manière suffisante les raisons pour lesquelles cette autorité a estimé que l'intéressé ne pouvait se voir accorder ce titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du refus de séjour doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger accueilli par les organismes mentionnés au premier alinéa de l'article L. 265-1 du code de l'action sociale et des familles et justifiant de trois années d'activité ininterrompue au sein de ce dernier, du caractère réel et sérieux de cette activité et de ses perspectives d'intégration, peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale" () ". Selon le premier alinéa de l'article L. 265-1 du code de l'action sociale et des familles : " Les organismes assurant l'accueil ainsi que l'hébergement ou le logement de personnes en difficultés et qui ne relèvent pas de l'article L. 312-1 peuvent faire participer ces personnes à des activités d'économie solidaire afin de favoriser leur insertion sociale et professionnelle ".
16. Aux termes de l'article R. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 435-2, lorsqu'il envisage d'accorder un titre de séjour, le préfet apprécie, au vu des circonstances de l'espèce, s'il délivre une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale" ". Selon l'article R. 435-1 du même code : " L'étranger qui sollicite l'admission exceptionnelle au séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ". Cette annexe indique que, parmi les pièces à fournir à l'appui de la première demande fondée sur l'article L. 435-2 de ce code, figurent celles justifiant du caractère réel et sérieux de l'activité et des perspectives d'intégration, telles que notamment des diplômes, attestations de formation, certificats de présence, attestations de bénévoles, ainsi que le rapport établi par le responsable de l'organisme d'accueil, à la date de la demande, mentionnant l'agrément et précisant la nature des missions effectuées par l'intéressé, leur volume horaire, la durée d'activité, le caractère réel et sérieux de l'activité, ainsi que les perspectives d'intégration au regard notamment du niveau de langue, des compétences acquises, le projet professionnel et des éléments relatifs à la vie privée et familiale du ressortissant étranger.
17. Il ressort de la motivation de l'arrêté du 13 juillet 2021 que, pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. G sur le fondement de l'article L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de Maine-et-Loire a relevé, d'une part, que l'intéressé s'était maintenu irrégulièrement en France depuis 2012 en dépit de nombreux refus de séjour assortis chacun d'une obligation de quitter le territoire français, qu'il est célibataire, sans enfant et ne justifie dès lors pas de liens anciens, intenses et stables en France compte tenu notamment du fait qu'il a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 32 ans et qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales, d'autre part, que l'intéressé ne justifiait pas de perspectives professionnelles hors de la communauté Emmaüs dont il fait partie, ni de motifs exceptionnels ou de considération humanitaire particulière et qu'il ressort du bulletin n° 2 de son casier judiciaire qu'il a été condamné le 2 mai 2017 à deux mois d'emprisonnement avec sursis pour vol.
18. Contrairement à ce qu'affirme M. G au soutien de son moyen tiré du défaut d'examen par le préfet de Maine-et-Loire de sa situation, cette autorité ne s'est pas limitée, comme le montre le rappel du contenu de la motivation de l'arrêté du 13 juillet 2021 effectué au point précédent, à "lister l'ensemble des décisions prises à [son] encontre, rejetant [ses] demande[s] de titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire ou l'interdiction de retour sur le territoire français". Par ailleurs, la seule mention de l'arrêté relative à l'absence de justification de perspectives professionnelles de l'intéressé en dehors de la communauté Emmaüs d'Angers ne permet pas de considérer que le préfet de Maine-et-Loire n'aurait pas apprécié l'ensemble des éléments de la situation qui ont été soumis à son examen. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'examen de cette situation ne peut qu'être écarté.
19. M. G a, au sein de la communauté d'Emmaüs d'Angers qu'il a rejointe le 23 août 2018, exercé une activité de "rippeur" consistant à collecter les objets donnés par les particuliers puis celle de cuisinier. Selon la responsable de cet organisme, les compétences et les qualités démontrées par l'intéressé dans l'exercice de ses tâches et plus largement dans le fonctionnement de la communauté pourront être mises à profit "pour des futures missions que pourraient lui proposer diverses entreprises". Cependant, M. G n'a pas fait état, lors de l'instruction de sa demande de titre de séjour, ni devant le tribunal, d'une perspective d'embauche, ni, plus largement, de son projet professionnel. Si, en l'absence de titre de séjour et d'autorisation de travailler, aucun organisme ou entreprise ne peut l'embaucher, la situation irrégulière d'un ressortissant étranger ne fait pas, par elle-même obstacle, à ce qu'un organisme ou une entreprise puisse s'engager à recruter un tel ressortissant en conditionnant cet engagement à la régularisation de sa situation au regard de la législation relative au séjour. Au regard notamment de ces éléments, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire usage des dispositions précitées de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour lui délivrer l'une des cartes de séjour temporaire qu'elles prévoient.
20. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier la pertinence. Il en va de même du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la même convention, lequel est au demeurant inopérant dès lors qu'un refus de séjour n'emporte pas, en lui-même, l'obligation pour le ressortissant étranger de retourner dans un pays déterminé.
21. Il résulte de tout ce qui précède que doivent être rejetées les conclusions à fin d'annulation de la décision du préfet de Maine-et-Loire du 13 juillet 2021 rejetant la demande tendant à la délivrance à M. G de l'une des cartes de séjour temporaire prévue à l'article L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés aux litiges :
22. L'Etat n'est la partie perdante dans aucune des instances introduites par M. G de sorte que les conclusions qu'il présente, dans chacune de ces instances, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes présentées par M. G sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C G, au préfet de Maine-et-Loire, à Me Julien Roulleau et à Me Hélène Doumbe.
Délibéré après l'audience du 3 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2023.
Le rapporteur,
D. F
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Nos 2007384 et 2107971
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026