mardi 14 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2007457 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | NAITALI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 juillet 2020 et 7 juillet 2022, M. B A, représenté par Me Naitali, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 juin 2020 par laquelle le recteur de l'académie de Nantes a rejeté son recours formé contre le titre de perception émis le 14 février 2019 pour avoir paiement d'une somme de 1 174,65 euros au titre d'un trop-perçu de rémunération ;
2°) de le décharger de la somme de 1 174,65 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que le titre litigieux ait été signée par une autorité habilitée ;
- il ne fait pas mention des bases de liquidation de la créance litigieuse ;
- le bien-fondé de la créance en cause n'est pas établi.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 mai 2022, le recteur de l'académie de Nantes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que la contestation du titre de perception n'a pas été précédée du recours préalable obligatoire devant le comptable public ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martel,
- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Après avoir exercé les fonctions de professeur de mathématiques et de sciences physiques en collèges et lycées pendant plusieurs années dans le cadre de contrats à durée déterminée, M. A a été embauché par le recteur de l'académie de Nantes sous contrat à durée indéterminée, à compter du 1er septembre 2008. Par la suite, M. A a été reçu au concours interne en vue de l'obtention du certificat d'aptitude au professorat de lycée professionnel, au titre de la session 2016, dans la discipline " mathématiques et sciences physiques ". A compter du 1er septembre 2016, il a été nommé professeur stagiaire au lycée professionnel Henri Dunant d'Angers. Par une décision du 29 juin 2017, le recteur de l'académie de Nantes a refusé la prolongation de son stage ainsi que sa titularisation. Par un arrêté du 25 septembre 2017, le ministre de l'éducation nationale a prononcé son licenciement. Le 19 février 2018, M. A a signé un nouveau contrat à durée indéterminée à temps complet. M. A a été placé en congé maladie à compter du 20 mars 2018, qui a été régulièrement renouvelé par la suite. Par courrier du 28 novembre 2019, le recteur de l'académie de Nantes a informé M. A que des sommes lui ont été versées à tort lors du paiement de sa rémunération. Le 14 février 2019, a été émis à l'encontre de M. A un titre de perception d'un montant de 1 174,65 euros. Par un courrier du 5 mai 2020, M. A a adressé au recteur de l'académie de Nantes et à la direction régionale des finances publiques une réclamation préalable contre ce titre de perception, demandant à être déchargé de la somme ainsi mise à sa charge. Par une décision du 25 juin 2020, le recteur de l'académie de Nantes a rejeté cette contestation formée contre le titre de perception émis le 14 février 2019. M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler le titre de perception émis à son encontre et la décision rejetant son recours préalable ainsi que de le décharger de la somme dont ce titre fait mention.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article 118 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " En cas de contestation d'un titre de perception, avant de saisir la juridiction compétente, le redevable doit adresser cette contestation, appuyée de toutes pièces ou justifications utiles, au comptable chargé du recouvrement de l'ordre de recouvrer. / Le droit de contestation d'un titre de perception se prescrit dans les deux mois suivant la notification du titre ou, à défaut, du premier acte de poursuite qui procède du titre en cause. / Le comptable compétent accuse réception de la contestation en précisant sa date de réception ainsi que les délais et voies de recours. Il la transmet à l'ordonnateur à l'origine du titre qui dispose d'un délai pour statuer de six mois à compter de la date de réception de la contestation par le comptable. A défaut d'une décision notifiée dans ce délai, la contestation est considérée comme rejetée. / La décision rendue par l'administration en application de l'alinéa précédent peut faire l'objet d'un recours devant la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de cette décision ou, à défaut de cette notification, dans un délai de deux mois à compter de la date d'expiration du délai prévu à l'alinéa précédent. " Il résulte de ces dispositions qu'avant de saisir la juridiction administrative d'un recours dirigé contre un titre de perception, le recevable doit adresser une réclamation écrite au comptable chargé du recouvrement.
5. Il résulte de l'instruction que M. A a, par courrier du 5 mai 2020, adressé une contestation préalable à la direction régionale des finances publiques des Pays de la Loire et au recteur de l'académie de Nantes. Par courrier du 2 juin 2020, la directrice régionale des Finances publiques a accusé réception de sa contestation et lui a indiqué la transmettre au recteur de l'académie de Nantes. Par la décision du 25 juin 2020 précitée, le recteur a rejeté la contestation préalable de M. A. Il suit de là que la fin de non-recevoir opposée par le recteur, tirée de l'absence de recours préalable contre le titre de recettes, doit être écartée.
Sur le bien-fondé de la créance :
3. Il résulte de l'instruction, et notamment des mentions apposées sur le titre de perception litigieux, que celui-ci a été émis pour avoir paiement auprès de M. A d'une somme 1 174,65 euros au titre d'un indu de rémunération se rattachant au mois de novembre 2019. Or, ainsi que le fait valoir le requérant, il n'a pas perçu de rémunération au titre du mois de novembre 2019. Dès lors, M. A est fondé à soutenir que la créance en cause est infondée.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, il y a lieu d'annuler le titre de perception émis le 14 février 2020 à l'encontre de M. A ainsi que la décision rejetant son recours préalable, et de décharger l'intéressé de la somme de 1 174,65 euros au titre d'un indu de rémunération se rattachant au mois de novembre 2019.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser, à ce titre, à M. A.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre de perception émis le 14 février 2020 et la décision du 25 juin 2020 sont annulés.
Article 2 : M. A est déchargé de la somme de 1 174,65 euros au titre d'un indu de rémunération se rattachant au mois de novembre 2019.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée, pour information, à la rectrice de l'académie de Nantes.
Délibéré après l'audience du 31 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
Mme Martel, première conseillère,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2023.
La rapporteure,
C. MARTEL
Le président,
C. CANTIÉ La greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026