mercredi 8 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2007604 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SEGUIN & KONRAT |
Vu la procédure suivante n° 2007604 :
Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2020, B N'Deye Haa C, représentée par Me Denis Seguin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, opposée par un arrêté du préfet de Maine-et-Loire pris le 10 juin 2020 ;
2°) d'enjoindre à cette autorité d'examiner sa demande de titre de séjour conformément aux dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et de lui délivrer, dans un délai de huit jours, dans l'attente de la nouvelle décision, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Seguin en application des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée de vices de procédure dès lors, d'une part, que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne mentionne pas le nom du médecin ayant été l'auteur du rapport de sorte que le préfet de Maine-et-Loire n'a pu s'assurer de la régularité de la composition de ce collège, d'autre part, qu'il n'est pas justifié qu'il a bien été rendu par trois médecins l'ayant signé ;
- la décision méconnait les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2022, le préfet de Maine-et-Loire demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par B C.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à B C par une décision du 30 mars 2021 de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes.
II - Vu la procédure suivante n° 2201379 :
Par une requête, enregistrée le 3 février 2022, et un mémoire, enregistré le 8 juillet 2022, B N'Deye Haa C, représentée par Me Denis Seguin, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant son pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement, opposées par un arrêté du préfet de Maine-et-Loire pris le 7 janvier 2022 ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Seguin en application des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été opposée en méconnaissance des articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
- l'obligation de quitter le territoire français est privée de base légale dès lors que le refus de séjour est lui-même illégal ;
- elle méconnait les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
- la décision fixant le pays de renvoi est privée de base légale dès lors que le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français sont entachés d'illégalité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2022, le préfet de Maine-et-Loire demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par B C.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée par ordonnance au 15 juillet 2022 à 12h.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à B C par une décision du 23 mars 2022 de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. F a été entendu au cours de l'audience publique du 9 février 2023 qui s'est tenue à partir de 9h20.
Considérant ce qui suit :
1. B N'Deye Haa C est une ressortissante mauritanienne qui est née le 22 avril 1974. Elle est entrée en France au cours de l'année 2018 en compagnie de ses deux enfants. Le 18 avril 2018, elle a sollicité du préfet de Maine-et-Loire la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" en invoquant des raisons de santé. Ce titre de séjour lui a été délivré le 21 novembre 2018. Il était valable jusqu'au 20 mai 2019 et a été renouvelé jusqu'au 6 février 2020. B C a sollicité la délivrance d'un nouveau titre de séjour de même nature mais sa demande a été rejetée par un arrêté pris par le préfet de Maine-et-Loire le 10 juin 2020, dont l'intéressée demande l'annulation dans l'instance n° 2007604. Le 10 juin 2021, soit au cours de l'instruction du recours juridictionnel formé contre cet arrêté, B C a sollicité du préfet de Maine-et-Loire la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" en invoquant ses attaches, notamment familiales, en France. Par un arrêté du 7 janvier 2022, le préfet de Maine-et-Loire lui a refusé la délivrance de ce titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement. Dans l'instance n° 2201379, B C demande l'annulation de ces décisions.
2. Les instances nos 2007604 et 2201379 sont notamment relatives à des décisions concernant la situation d'une même personne au regard de la législation relative au séjour. Il y a dès lors lieu de joindre l'examen des conclusions correspondantes pour qu'il y soit statué par un seul et même jugement.
Sur les moyens dirigés contre le refus de séjour opposé le 10 juin 2020 :
3. Aux termes des dispositions au 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " () la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : () A l'étranger () si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.() ". En vertu de ce même article et des articles R. 313-22 et R. 313-23 du même code, l'autorité préfectorale apprécie s'il y a lieu de délivrer cette carte de séjour temporaire au regard d'un avis d'un collège de médecins à compétence nationale du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII).
4. En premier lieu, il résulte par ailleurs de ces dispositions réglementaires et de celles des articles 6 et 8 de l'arrêté interministériel du 27 décembre 2016, que cet avis doit être émis au vu notamment d'un rapport médical établi par un médecin instructeur de l'OFII, lequel ne doit pas siéger au sein du collège. Cet avis, selon les dispositions de cet article 6, est rendu à l'issue d'une délibération et doit être signé par les trois médecins composant le collège. En revanche, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire que ce même avis devrait porter la mention du nom du médecin qui a établi ce rapport médical.
5. La décision en litige a été prise au regard d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII émis le 3 juin 2020 à l'issue d'une délibération, ainsi qu'en atteste la mention "après en avoir délibéré", laquelle fait foi jusqu'à preuve du contraire qui n'est pas apportée en l'espèce. Ce collège était composé de trois médecins l'ayant chacun signé. Cet avis a été rendu au regard du rapport établi par un autre médecin de ce même établissement. Par suite, la requérante n'est pas fondée à invoquer un défaut de justification du caractère collégial de l'avis et à soutenir que la composition du collège de médecins l'ayant délivré aurait été irrégulière.
6. En second lieu, pour rejeter la demande présentée par B C, le préfet de Maine-et-Loire a estimé que si l'état de santé de l'intéressée nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir, pour elle, des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé en Mauritanie, y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et qu'elle peut voyager sans risque vers cet Etat.
7. B C ne conteste pas qu'elle peut voyager sans risque vers son pays d'origine. En revanche, elle soutient que les médicaments nécessaires pour le traitement de son diabète insulino-dépendant ne sont pas disponibles, ni accessibles dans ce pays.
8. Le préfet de Maine-et-Loire, pour opposer le motif tiré de la possibilité pour B C de bénéficier effectivement d'un traitement approprié en Mauritanie, s'est notamment appuyé sur l'avis du collège de médecins de l'OFII du 3 juin 2020. Pour émettre cet avis, le collège de médecins s'est fondé en particulier, ainsi que cela résulte des dispositions des articles R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur et 3 de l'arrêté du 5 janvier 2017 visé ci-dessus, sur un rapport médical d'un médecin instructeur de l'OFII établi à partir d'un certificat médical délivré par un médecin ayant suivi l'intéressée. Il s'est fondé également sur des informations relatives aux possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié en Mauritanie, mises à la disposition des médecins faisant partie du collège grâce à des outils d'aide à l'émission des avis et des références documentaires publiés au Journal Officiel de la République française, en annexe à l'arrêté du 5 janvier 2017. Cette annexe, également intitulée "bibliothèque d'information santé sur les pays d'origine", recense, le cas échéant avec leur adresse, les sites internet institutionnels et associatifs, français, étrangers et internationaux comportant des informations sur l'accès aux soins dans les pays d'origine des personnes ayant déposé une demande de titre de séjour pour raison médicale, ainsi que ceux relatifs aux pathologies les plus fréquemment rencontrées. Reprise sous la rubrique "ressources documentaires internationales de santé" en accès libre sur le site internet de l'OFII, cette annexe doit être regardée comme ayant fait l'objet d'une diffusion publique.
9. Pour étayer ses allégations concernant l'absence de disponibilité et d'accessibilité des médicaments nécessaires au traitement de sa pathologie, B C se borne à produire un certificat médical de la remplaçante de son médecin traitant établi le 20 juillet 2020 énonçant que l'intéressée est suivie au sein de ce cabinet. Ce certificat n'apporte ainsi aucun élément relatif à la disponibilité et à l'accessibilité, en Mauritanie, du traitement administré à B C, lequel n'est même pas précisé. Dès lors, et compte tenu des conditions, énoncées au point 8, dans lesquelles a été émis l'avis du collège de médecins de l'OFII la concernant, la requérante, qui ne conteste pas qu'elle peut voyager sans risque vers ce pays, n'est pas fondée à soutenir que les motifs du refus de séjour qui lui ont été opposés, mentionnés au point 6, seraient entachés d'une erreur d'appréciation et que cette décision méconnaîtrait ainsi les dispositions précitées du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les moyens dirigés contre le refus de séjour opposé le 7 janvier 2022 :
10. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger () qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an () / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. () ".
11. A l'appui de la demande de titre de séjour qu'elle a présentée sur le fondement de cet article, B C a fait valoir la durée de sa présence en France, la présence de M. G A, compatriote né le 19 septembre 1968 avec qui elle est mariée religieusement depuis 1992 et qui est titulaire d'un titre de séjour pour raisons de santé valable du 10 mars 2021 au 9 septembre 2022, ainsi que la présence de leurs trois enfants, les jeunes N'Doungue et E nés en 2007 et 2010, et B D A, née en 2001, laquelle bénéfice d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention "vie privée et familiale" valable du 29 mai 2021 au 28 mai 2023.
12. Il ressort de la motivation de l'arrêté que, pour estimer que le refus d'autoriser le séjour de B C ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée, le préfet de Maine-et-Loire a relevé que l'intéressée n'y avait séjourné régulièrement que pour raisons de santé et jusqu'au 10 juin 2020, que sa dernière entrée en France ne remonte qu'au mois de novembre de l'année 2018, qu'elle ne justifie pas d'une communauté de vie avec M. A, lequel ne séjourne en France que pour raisons de santé de sorte qu'il n'a pas vocation à s'y maintenir, que leurs deux enfants mineurs ont vocation à demeurer auprès de leur mère et qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses deux autres enfants majeurs, ses parents ainsi que ses frères et sœurs.
13. Il ressort des pièces du dossier que, comme il vient d'être dit, B C est entrée pour la dernière fois en France au cours du mois de novembre de l'année 2018. A la date de la décision attaquée, elle ne séjournait dans ce pays que depuis trois années et trois mois. Ce séjour a été régulier pendant une période de vingt mois, mais l'ensemble des moyens par lesquels la légalité du refus de séjour qui lui a été opposé le 10 juin 2020 a été contesté sont écartés par le présent jugement. S'il est constant que le compatriote qu'elle a épousée religieusement en 1992 et qui est le père de ses trois enfants, est titulaire d'un titre de séjour valable jusqu'au 9 septembre 2022, il ressort également des pièces du dossier qu'ils ne vivent pas ensemble. S'il est également constant que leurs deux enfants mineurs vivent chez la requérante et sont scolarisés, le premier, en classe de troisième, et le second, en classe de cours moyen, la seule double attestation d'un couple d'amis de leur père attestant de l'implication de ce dernier auprès de ces deux enfants ne permet pas d'établir la réalité d'une contribution effective à leur entretien et à leur éducation. L'attestation de B D A évoquant l'implication de son père auprès de "nous" ne permet pas davantage d'établir la réalité d'une contribution effective à l'entretien et à l'éducation des deux enfants mineurs de la requérante dès lors notamment qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils vivraient en compagnie de B A. Ces enfants mineurs étant entrés en France, en provenance de la Mauritanie, en compagnie de leur mère au mois de novembre de l'année 2018 à l'âge respectif d'environ 11 ans et 8 ans, ils ont nécessairement été scolarisés dans ce pays et aucun élément ne permet d'estimer que leur scolarité ne pourrait pas s'y poursuivre. Enfin, si la fille aînée de B C séjourne en France au moyen d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention "vie privée et familiale" valable du 29 mai 2021 au 28 mai 2023, il ressort des pièces du dossier que les deux autres enfants majeurs de la requérante vivent en Mauritanie, où résident également ses parents ainsi que ses frères et sœurs. Au regard de l'ensemble de ces éléments, le refus d'autoriser le séjour de B C ne peut être regardé comme portant une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale de sorte qu'elle n'est pas fondée à soutenir que cette décision méconnaîtrait les dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
14. En deuxième lieu, un refus de séjour ne peut être légalement opposé s'il porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale d'une ressortissante étrangère et s'il méconnait ainsi l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les raisons exposées au point précédent, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être écarté.
15. En dernier lieu, les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant obligent une autorité administrative à accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants de moins de 18 ans dans toutes les décisions les concernant. En conséquence, un refus de séjour qui concernerait des enfants au sens de cette convention et qui porterait atteinte à cet intérêt serait entaché d'illégalité. Au regard des éléments exposés au point 13 concernant la situation des deux enfants mineurs H B C relatifs tant à l'absence de justification de la contribution effective de leur père à leur entretien et à leur éducation qu'à leur scolarité, le refus de séjour opposé à leur mère le 7 janvier 2022 ne peut être regardé comme méconnaissant les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Sur les moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de renvoi :
16. En premier lieu, pour les motifs exposés au point 14 et 15, l'obligation de quitter le territoire français ne peut être regardée comme méconnaissant les stipulations, d'une part, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, d'autre part, du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant.
17. En second lieu, l'ensemble des moyens critiquant la légalité du refus de séjour opposé à la requérante le 7 janvier 2022 ayant été écartés aux points 13 à 15, B C n'est pas fondée à invoquer l'illégalité de cette décision pour obtenir l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français édictée le même jour à son encontre et, en tout état de cause, celle de la décision fixant son pays de renvoi. De même, l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité au regard des moyens précédemment examinés, elle n'est pas fondée à invoquer l'illégalité de cette mesure pour obtenir l'annulation de la décision relative au pays de renvoi.
18. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions à fin d'annulation présentées par B C doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent être également rejetées l'ensemble de ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées dans les deux instances sur le fondement des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes présentées par B C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à B N'Deye Haa C, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Denis Seguin.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
B Nathalie Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 mars 2023.
Le rapporteur,
D. F
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
S. BARBERA
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2007604 et 2201379
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026