mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2007685 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GENTY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 août 2020 et le 8 février 2022, Mme C B épouse F, M. E B et Mme A D, représentés par Me Genty, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 20 décembre 2019 par laquelle le conseil municipal de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez a approuvé la révision n°1 du plan local d'urbanisme de la commune, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le classement en zone N des parcelles cadastrées section A n°1513, n°2552, n°2574, n°2576, n°2578 et pour partie des parcelles cadastrées section A n°1523, n°1524, situées 14 chemin des Hommeaux, est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît le principe d'égalité de traitement.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 22 décembre 2020 et le 14 mars 2022, la commune de Saint-Hilaire-de-Riez, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et que soit mis à la charge des requérants le versement de la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thomas,
- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,
- et les observations de Me Léon, substituant Me Marchand, avocat de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 19 octobre 2018, le conseil municipal de Saint-Hilaire-de-Riez a prescrit la révision du plan local d'urbanisme de la commune. Une enquête publique s'est tenue du 30 septembre au 30 octobre 2019. Par une délibération du 20 décembre 2019, le conseil municipal de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez a approuvé le plan local d'urbanisme communal. Mme B épouse F, M. B et Mme D demandent au tribunal d'annuler cette délibération et la décision implicite rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, en vertu de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme définit notamment " Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ". Aux termes de l'article L. 151-9 du même code : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes de l'article R. 151-17 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite, sur le ou les documents graphiques, les zones urbaines, les zones à urbaniser, les zones agricoles, les zones naturelles et forestières. / Il fixe les règles applicables à l'intérieur de chacune de ces zones dans les conditions prévues par la présente section. ". L'article R. 151-24 du même code dispose que : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : / 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; / 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; / 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues. ".
3. Il est de la nature de toute réglementation d'urbanisme de distinguer des zones où les possibilités de construire sont différentes. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par ce plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir mais sans être lié par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à classer en zone naturelle, pour les motifs énoncés à l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme un secteur qu'ils entendent soustraire, pour l'avenir, à l'urbanisation. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste, fondée sur des faits matériellement inexacts ou entachée d'un détournement de pouvoir. En particulier, le fait que les terrains soient déjà équipés ou accueillent déjà des constructions non agricoles ne fait pas en lui-même obstacle à leur classement en zone naturelle.
4. D'une part, le projet d'aménagement et de développement durables du plan local d'urbanisme de Saint-Hilaire-de-Riez fixe comme orientation de " limiter la part de la consommation d'espace en extension au profit de la densification et du renouvellement urbain ", et vise à l'horizon 2023 " une modération de la consommation foncière de 30% " par une " densification adaptée aux spécificités de tissus urbanisés existants ". Il dispose également que " dans un souci de préservation des espaces naturels et agricoles de la commune et du cadre de vie existant, mais aussi afin que les logements soient édifiés en priorité au sein des secteurs historiques à vocation d'habitat (où se concentrent services, équipements et commerces de proximité), il s'agit de venir conforter et renforcer les polarités existantes que sont le centre-bourg, Sion, Terre-Fort et la Fradinière. L'enjeu est de permettre à la fois un fonctionnement clair du territoire et une moindre consommation d'espace. Ainsi, l'urbanisation s'effectuera principalement au sein de ces polarités historiques ou fonctionnelles ". Aux termes de ce projet, " afin de préserver les milieux naturels et les multiples entités paysagères que l'activité agricole concoure à créer et/ou protéger (marais, prairies et cultures), il convient de définir une limite claire à l'urbanisation en vue de limiter l'étalement de l'agglomération et de l'urbanisation en règle générale ". Ce projet fixe également comme objectif de concentrer au maximum les opérations d'urbanisation au sein des polarités que sont le centre-bourg, les extensions de l'agglomération, Terre-Fort, Sion et la Fradinière. Il prévoit également de " privilégier la production de logements à proximité de la polarité historique " du bourg de Saint-Hilaire.
5. D'autre part, le projet d'aménagement et de développement durables prévoit également " d'inscrire le projet urbain en tenant compte de la trame verte et bleue. A l'interface entre marais, forêt et océan, la commune dispose d'un environnement exceptionnel qu'il convient de maintenir et de protéger afin de préserver la richesse de la biodiversité locale et des paysages ". Il retient ainsi pour objectifs de " poursuivre la protection et la mise en valeur des réservoirs de biodiversité (littoral, forêt et marais) " et de " préserver et renforcer les continuités écologiques et les coupures d'urbanisation ". A ce titre, il dispose qu'" afin de maintenir la qualité de son milieu naturel dans son ensemble, les continuités écologiques situées entre les milieux naturels () seront renforcées et valorisées ".
6. Le rapport de présentation expose que les auteurs du plan local d'urbanisme ont entendu freiner " de manière très significative " le mitage de l'espace agricole et naturel. Le rapport de présentation mentionne ainsi : " Le projet a été défini de manière à maîtriser le développement et limiter la consommation des espaces naturels et agricoles de la commune. Ainsi, par rapport au PLU, aucune nouvelle zone en extension de l'enveloppe urbaine n'a été définie ". Ce rapport explicite la méthode retenue par les auteurs du plan local d'urbanisme pour délimiter les zones urbaines, en prenant en compte " la taille du groupement bâti, les groupements inférieurs à 10 bâtis et les fermes isolées n'ayant pas vocation à accueillir de nouvelles habitations ", " la morphologie du groupement bâti ", ainsi que " la capacité de fonctionnement et le cadre de vie ". Le rapport de présentation mentionne, en outre, que " les principales continuités et les boisements de qualité et d'intérêt (paysager, écologique, hydraulique) sont identifiés " et qu'" afin d'affiner la protection des boisements hilairois et de manière exhaustive, une étude boisement a permis de redéfinir précisément les boisements remarquables à préserver ainsi que les arbres de qualité sur la zone rétro-littorale. En effet, secteur le plus exposé aux pressions urbaines, il s'est agi de prioriser les protections et interventions règlementaires aux secteurs à enjeux, à savoir le nord de la commune ". Enfin, ce rapport de présentation mentionne que " l'évolution principale concerne le secteur de la Fradinière, où des secteurs classés en zone UD ou A ont été rebasculés en zone N du fait de leur caractère arboré dominant ".
7. Il ressort des pièces du dossier que les parcelles cadastrées section A n°1513, n°2552, n°2574, n°2576, n°2578 et pour partie les parcelles cadastrées section A n°1523 et n°1524, précédemment classées en zone UD, sont classées en zone naturelle par le plan local d'urbanisme approuvé par la délibération attaquée. Il ressort des pièces du dossier que ces terrains non bâtis et boisés, bordés au sud par la route du Perrier et à l'est par le chemin des Beaux Pins, constituent un cœur d'ilot arboré qui s'insère dans un espace naturel et agricole plus vaste composé à l'est de marais et exploité à l'ouest. En outre, les parcelles cadastrées section A n°2552, n°2574 et n°2576 sont grevées en totalité ou en partie d'un espace boisé classé au titre de l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme et le règlement graphique du plan identifie sur la parcelle cadastrée section A n°2578 un arbre remarquable à préserver. Les terrains en cause présentent ainsi le caractère d'espace naturel au sens de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que, compte tenu des partis d'urbanisme qu'ils ont définis comme des caractéristiques de ces parcelles, les auteurs du plan local d'urbanisme intercommunal les ont classées en zone naturelle.
8. Si les requérants font valoir que seul un classement en zone urbaine aurait été approprié, il ne ressort pas de l'office du juge de l'excès de pouvoir de se prononcer sur la question de savoir si eût été légalement possible un autre classement que celui qu'ont choisi de retenir, sans erreur manifeste d'appréciation, les auteurs du plan local d'urbanisme, compte tenu de leurs partis d'aménagement et de la configuration des lieux. En outre, le classement des parcelles en cause n'étant pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation, les requérants ne sont pas fondés à se prévaloir de l'illégalité d'autorisations d'urbanisme délivrées à des tiers et du classement de parcelles voisines, pour contester celui de leurs propriétés.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération attaquée et par suite de la décision rejetant leur recours gracieux dirigé contre cette délibération.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme demandée par la commune à ce même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B épouse F, M. B et de Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Hilaire-de-Riez au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B épouse F, représentante unique désignée en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, et à la commune de Saint-Hilaire-de-Riez.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Durup de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
La rapporteure,
S. THOMAS
Le président,
A. DURUP DE BALEINELa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2007685
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026